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jeudi 11 juillet 2013

Inactualités

posté à 13h40, par Serge Quadruppani et Odile Henry
101 commentaires

Clément Méric, mort pour ses idées dans un monde sans idées

En une récente tribune publiée dans Siné Mensuel, le cinéaste Pierre Carles avance l’idée qu’il faudrait aussi analyser le récent meurtre de Clément Méric par des nervis d’extrême-droite à l’aune de l’opposition de classes. C’est cette grille de lecture très simplifiée que réfutent ici Serge Quadruppani et Odile Henry.

Incipit A11 : Le texte de Serge Quadruppani et Odile Henry mis en ligne ci-dessous se veut une réponse à une tribune de Pierre Carles sur la mort de Clément Méric, récemment publiée dans Siné Mensuel. Ladite tribune avait été proposée à Article11 en même temps qu’à Siné Mensuel. Nous avions décidé de ne pas la publier, Siné Mensuel l’a fait.
En mettant en ligne cette réponse argumentée et nécessaire de Serge et Odile, nous ne souhaitons pas susciter une énième polémique (d’autant que nous admirons le travail de ce cinéaste - d’ailleurs interviewé par Article11 en décembre 2009). Mais simplement ouvrir un débat nécessaire sur les réponses à apporter au renouveau de l’extrême droite la plus rance. Punto.

*

La volonté, fort utile, d’aller à contre-courant des discours tenus par les médias dominants peut aussi conduire à des raccourcis et des amalgames dignes des éditocrates qui y sévissent. Pierre Carles en offre une illustration dans une récente tribune publiée par Siné Mensuel1. Convoquant dès les premières lignes Karl Marx et Pierre Bourdieu, le cinéaste soutient que « la lutte de classes » est une « dimension fondamentale » de la bagarre qui s’est terminée par la mort de Clément Méric. Pour en arriver à cette énormité, il commence par un coup de force intellectuel : par le détour d’une interrogation purement rhétorique, il soutient que Clément et ses amis ont été « victimes d’un certain complexe de supériorité intellectuelle ». Avec les informations accessibles au public (et si Carles en possède d’autres, qu’il les communique), il faut être soi-même doté d’une confiance peu banale dans ses propres capacités intellectuelles pour prétendre connaître la psychologie des acteurs de ce drame. En matière de « capital culturel », pour utiliser le même terme bourdieusien que Carles, ce qu’on sait de Clément Méric donne à penser qu’en effet, il était mieux pourvu qu’Esteban Morillo, le skin qui l’a tué. Mais pour tous les autres participants à la rixe, des deux côtés, on ne sait rien. C’est un peu insuffisant pour transformer de jeunes antifascistes en petits bourges prenant de haut des prolos.

Quand, ensuite, Carles affirme que « la plupart des responsables de l’information ont intuitivement perçu cette agression comme étant dirigée contre eux », il se livre à une extrapolation que les amis de Clément Méric seront fondés à trouver ignoble. La plupart des rédac-chefs ont surtout vu dans ce drame une affaire à sensation riche en possibles rebondissements, polémiques et mouvements d’émotions, donc une occasion d’attirer du temps de cerveau disponible. Induire d’une éventuelle proximité de capital culturel une complicité de classe est une opération dont la grossièreté laisse pantois2. Marx et Bourdieu n’ont-ils pas eu, chacun en leur temps, un capital culturel équivalent à ceux des maîtres de leur époque ? Cela fait-il automatiquement de ces deux théoriciens des complices de la bourgeoisie ?

Bien sûr, les mécanismes du spectacle doivent être critiqués. La simplification et le sensationnalisme qui leur sont inhérents ne sont pas pour rien dans l’insistance des médias sur les brillantes études de Clément Méric. Mais s’il est vrai que dans un premier temps, une partie de la presse avait tendance à le transformer en icône, elle a ensuite, suivant une tendance qu’on a vu à l’œuvre tant de fois, cherché à brûler ce qu’elle avait adoré. Ce qu’on a reproché alors à Clément Méric, c’est précisément ce pour quoi sa mort nous touche particulièrement : d’avoir voulu se battre, par tous les moyens disponibles, contre la présence dans les rues de nos villes, d’individus dont le modèle revendiqué, ce sont les S.A3. (Voir notamment cette interview de Serge Ayub dans Libération).

C’est ici que nous devons assumer tout le poids de nos responsabilités. Nous tolérons chaque jour d’obéir à un État qui a fait de la chasse aux Roms un des arguments de sa légitimité, nous tolérons d’entendre des députés, pas tous niçois, et des causeurs professionnels, pas tous zemmouriens, proclamer leur racisme, leur islamophobie, leur misogynie, leur homophobie. Nous tolérons que les amis de Morillo tuent un arabe en marge d’un cortège du FN, saccagent des bars homos, cassent du pédé, chassent la bougnoule rebaptisée pour les besoins de leur cause « femme voilée ». Nous tolérons une politique dÉtat vieille de plusieurs décennies qui, avec ses programmes dits « d’accession à la propriété individuelle », a délibérément séparé les plus pauvres des moins pauvres4 et créé ainsi des ghettos. Qui, à travers son aménagement du territoire et son discours sur la « métropolisation », a créé ces zones périurbaines où prospère le front national. Nous tolérons que la banalisation du discours frontiste se retrouve dans tout l’arc parlementaire, nous tolérons la création d’un terreau culturel et spatial propice aux ligues fascistes.

Et si, dans nos fors intérieurs ou sur Facebook, tout cela, nous ne le tolérons pas, que faisons-nous concrètement, pour nous y opposer ? Clément et ses amis, eux, s’y essayent. On peut critiquer leur tactique et leur stratégie. Ce serait encore mieux d’en proposer d’autres. Mais là, nous touchons du doigt la faiblesse de l’époque, cette incapacité à repenser la lutte en dehors des cadres de la vieille politique. Les idées qu’on agite encore ici et là sont pour la plupart si fatiguées, creusées de l’intérieur, qu’elles méritent tout au plus d’être appelées « non-idées ». En tout cas, tous ceux qui se reconnaissent dans le projet d’une société plus juste et moins mortifère ne peuvent que reconnaître la légitimité du combat de Clément et des siens. Après cela, les considérations sociologiques fumeuses comme celles de Pierre Carles, qu’on a connu mieux inspiré, ne font que rajouter au bruit médiatique ambiant.

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Cette malencontreuse tribune est en résonance avec une vision pour le moins sommaire du monde social, qui voudrait faire de la lutte antiraciste et antifasciste un hobby de bobo, tandis que les prolétaires seraient, par la faute de la trahison de la gauche, naturellement portés vers le camp contraire. Ce qui est démenti aussi bien par la recherche que par les constats empiriques : les tenants de ce discours devraient aller faire un tour, par exemple, à Riace, petit bourg calabrais où les gens du peuple local ont retapé des appartements pour accueillir des migrants débarqués sur leur plage - ce qui a, au passage, joliment revitalisé les lieux. On peut aussi penser à la solidarité magnifique du peuple tunisien envers les Libyens qui franchissaient la frontière, aux beaux temps de la révolution arabe, ou à l’attitude de bien des habitants de Lampedusa, allant à l’inverse des postures de leur maire. Les pauvres ne sont pas plus prédisposés au racisme que les riches : pour s’ancrer dans la haine de l’autre, il faut chaque fois la rencontre singulière de discours, de dispositions, et de situations matérielles. Et aussi d’une volonté : ce n’est pas seulement parce qu’il était pauvre qu’Esteban Morillo était fasciné non par un joueur de foot ou un rappeur mais par un nervi malfaisant comme Batskin. Il y a là une forme de « choix », à l’inverse de ceux qu’on fait tant d’ouvriers du XIXe et du XXe siècle en décidant de s’exprimer autrement que par les poings et en acquérant d’eux-mêmes le capital culturel les aidant à remettre en cause leur condition5. À l’inverse aussi de tant de précaires d’aujourd’hui : s’il avait envie de joindre l’action à la réflexion, Esteban Morillo aurait pu se retrouver à la Coordination des Intermittents et Précaires ou à Notre-Dame des Landes.

Derrière les discours comme celui de Pierre Carles, on perçoit la vulgate anti-bobos et anti-classes moyennes qui a tant brouillé la compréhension des mouvements sociaux au niveau mondial6. Il y a cette absence d’idée selon laquelle plus on est dominé, et plus on a ontologiquement raison. En réalité, les dominés ont raison – et ont quelque chance de faire partager leurs raisons à beaucoup de monde - quand ils se révoltent contre la domination. Mais quand ils persécutent d’autres dominés, et participent ainsi au maintien de la domination, ce sont des ennemis qui doivent être traités comme tels.



1 « L’affaire Clément Méric », n° 22, Juillet-août 2013, p.5.

2 Surtout de la part de quelqu’un qu’on considère comme de notre camp, et avec qui on a eu des rapports personnels sympathiques.

3 Sturmabteilung (bataillon d’assaut), première organisation militaire nazie qui, dans un premier temps, comptait une tendance « de gauche » et recrutait dans le prolétariat.

4 Voir cet article de Métro Politiques, ainsi que : « L’économie de la maison », Actes de la recherche en sciences sociales, Vol. 81-82, mars 1990.

5 Voir par exemple : Jacques Rancière, La Parole ouvrière, (rééd.) La Fabrique, 2007. Et sur le rôle d’une élite ouvrière instruite (et qui a voulu rester ouvrière) dans les débuts du PCF, lire l’ouvrage de Bernard Pudal, Prendre parti. Pour une sociologie historique du PCF, Paris, Presses de la fondation nationale des sciences politiques, 1989.

6 Se reporter ici à ce billet publié sur Les Contrées magnifiques, ainsi qu’à cette tribune de Sylvie Tissot.


COMMENTAIRES

 


  • jeudi 11 juillet 2013 à 14h09, par le grand jeu

    Les nervis d’extrême gauche, sous traitants de la gôche, sont bourrés d’idées très frustrantes, çà c’est sûr et prouvé depuis 140 ans. La frustration de ne pas pouvoir les réaliser est la source de toute violence de ses éternels incompris.Voilà une belle névrose qui se termine, enfin,dans une sorte de suicide.Une théorie fausse dès le départ mais vraisemblable, pardonnez leur il ne savent pas ce qu’ils font disait, un collègue encore plus mythique MAIS obsédé de notoriété jusqu’à mettre sa mort en scène.
    Le complexe du sauveur est un énorme complexe, fascinant et intraitable par la psychanalyse.
    Connaissez vous les uns les autres.

    • jeudi 11 juillet 2013 à 14h31, par le grand jeu

      Petit ajout,toujours le détail qui tue, confondre la lutte des places avec la lutte DE classe, c’est énorme en tant que possibilités d’exploitation.... de non sens,LE crime contre le sens, çà commence à se voir et à ne plus IMPRESSIONNER, les planches à billets ce n’est pas seulement dans la sphère de la finance, queeee d’impressions avec l’accent mittérandien, çà fonctionne bien sur les têtes singulières, privées comme on dit mais de quoi ?.

    • lundi 15 juillet 2013 à 16h36, par Nicolas

      Pierre Carles le maquisard...

      http://lahorde.samizdat.net/2013/07...

      • mercredi 17 juillet 2013 à 01h00, par Claire

        Merci pour ce lien, j’avais rarement lu un tel ramassis de conneries !
        L’auteur de l’article s’émeut du fait que Marc-Edouard Nabe (l’antéchrist) ait été présent à une projection de Choron Dernière, que le fils de Zaninni ait passé son enfance dans les locaux de Charlie et Hara-Kiri et que Choron n’ait pas été à proprement parler un gauchiste, hein, on s’en fout, ce qui compte c’est de montrer la roublardise de l’infect Pierre Carles. CQFD (c’est le cas de le dire).

        Si c’est pour ces « idées »-là que ce malheureux garçon est mort, sa fin est encore plus tragique et vide de sens que je ne le pensais.

        Je ne résiste pas à citer un commentaire signé par Antifa75 (!!!!) Le style vous rappellera peut-être quelqu’un...
        "Antifa75 dit :
        15 juillet 2013 à 15:35
        "De pire en pire Pierre Carles. mais ce n’est pas une première : son film récent « DSK, Hollande, etc. » a été réalisé avec une proche du dieudonniste Olivier Mukuna, la colloniste Aurore Van Opstal. On peut y visionner une séquence et dans laquelle François Ruffin du journal Fakir fait l’apologie de Cheminade et Dupont-Aignan. Rien de surprenant donc à ce que Carles salisse aujourd’hui la mémoire de Clément.
        A propos de Ruffin, avez-vous lu le dernier Fakir ? Il y est fait l’apologie de Chouard (dont Ruffin, tout comme Lordon, est un ami) et de la nation et Ruffin y rend hommage à « l’hyper-efficacité » du FN dans une interview assez hallucinante d’Emmanuel Todd. A noter que dans ce journal une rubrique est tenue par les souverainistes de Bastille-République-Nations qui compte parmi ses membres le négationniste Bruno Drewski et le cadre de l’UPR Laurent Dauré (aussi membre d’Acrimed, qui a pourtant parfaitement connaissance de sa double étiquette), ceci sans compter les nombreux autres dérapages passés de Fakir (apologie des « matons humanistes » de la prison d’Amiens, des super flics que sont les douaniers ou interview de l’économiste larouchiste Maurice Allais). Mais comme dirait Bricmont, c’est sûrement de la « culpabilité par association »… En tout cas tous ces nationaux-staliniens moisis n’ont vraiment aucune leçon d’antifascisme à donner !"

        Et au passage :D en voyant que Brygo, saint parmi les saints il y a quelques jours à peine est à présent associé à une entreprise de blanchiment de fachos intitulée « DSK, Hollande, etc », à laquelle participe une narcissique pervers faisant l’apologie de Cheminade.

        Merci à Article 11, qu’est-ce qu’on se marre quand même chez vous !

        • mercredi 17 juillet 2013 à 07h34, par frustré

          Cet article est pertinent par rapport à (ce qu’on sait de)l’article de M. Carles. Il est dit ceci : « le meurtre de Clémént Méric serait le résultat de la lutte des classes avec (...)Clément dans le rôle de l’affreux bourgeois cultivé, et Morillo dans celui de la pauvre victime prolétaire. Bien qu’il ne fasse en réalité que reprendre le discours misérabiliste que l’extrême droite relaie depuis des semaines, accordons lui la possibilité d’une lecture « marxiste » de l’événement, mais pour lui rappeler que Morillo, c’est le Lumpenproletariat, un supplétif de la bourgeoisie, le bras armé de sa domination  »

          Il y a aussi deux liens très intéressants dans les commentaires, l’un sur la misère de la gauche qui se prétend radicale :(critique d’un film de M. Carles)
          et un autre Pierre Carles et la psychologie du S.A. dont je cite la conclusion : « Il n’a pas que ça à faire, Pierre : il a la lutte des classes contre ses collègues à préparer. Faut comprendre. »

          Il faut reconnaitre que sont toujours les mêmes non-dits et les mêmes (au mieux) ambiguités idéologiques qui sont relevés dans certaines équipes (problématiques de : souverainisme, oligarchie, manque de démocratie des médias, valeurs républicaines,confiance en l’Etat etc...) et qui ne pouvaient que déboucher que sur cette catastrophe.

          • mercredi 17 juillet 2013 à 10h04, par claire

            Déjà le mot « pertinent »

            Ouais, j’ai lu ce ramassis de conneries en suivant les liens sur ce site de débiles mentaux volontaires.

            OK, on y va franco : une bagarre de petits cons adeptes de fringues punkies qui s’est très mal terminée. Une guerre de pétasses qui s’arrachent des articles (XI) en soldes. Un fait divers dénué de tout sens, comme l’ont bien souligné Pièces et main d’oeuvre. Et un bon prétexte conmme d’hab, de la part des « frangins » pour foutre la merde. Des peigne-cul.

            Mais je me suis bien marrée, l’important c’est l’entertainment, n’est-ce pas. Continuez tous à danser sur la tombe de ce garçon, bande de charognards

            • mercredi 17 juillet 2013 à 10h36, par frustré

              Tant qu’à y a aller franco...

              D’abord les charognards sont plutôt ceux qui vendent un journal en utilisant ce meurtre avec une accroche pour épater le (petit) bourgeois : « l’inégalité de capital culturel » pour qualifier un néo nazi : on hésite entre la crétinerie et la crapulerie.

              Ensuite les critiques de la gauche radicale autoproclamée, dont fait partie P. Carles, sont assez pertinentes, ce n’est pas en cumulant les adjectifs insultants que ça y changera quelque chose. Au contraire.

              Enfin, et c’est le pire : opposer l’imagerie de big brother (PMDO), qui serait le vrai danger, et celles des mouvements fascistes et d’extrême droite n’a pas de sens non plus : les deux se complètent et se renforcent mutuellement : c’est même la même chose. Cela donne la triste impression que chacun défend sa boutique sans vouloir voir la totalité.



  • jeudi 11 juillet 2013 à 15h14, par le moine bleu

    Il est bon de vouloir « susciter le débat », selon les termes employés par Article XI. Pourquoi, alors, avoir refusé de publier le texte initiant le débat en question, c’est-à-dire celui de Pierre Carles ? Il y a là une subtilité qui nous échappe.
    Par ailleurs, un soupçon d’analyse historique - voire politique - ne ferait vraiment pas de mal sur ces questions de fascisme, d’antifascisme et de bastons de rue.
    « Ni pleurer ni rire, comme disait l’autre : Comprendre. »
    Il est ainsi fatiguant, dans ce pays, de ne voir opposés à ce mouvement politique qu’est le fascisme - lequel est en train de triompher, partout, dans les têtes - que de simples et pathétiques adjectifs moralistes ou citoyens, tels que, par exemple, « nauséabond » ou « rance ».
    Il se trouve que le fascisme - contrairement à l’antifascisme - séduit les prolétaires, qu’il les séduit en masse : Français(e)s « de souche » aussi bien qu’« Immigré(e)s d’origine ». Par millions. Et qu’il les trompe. Car il les trompera, bien entendu. Comme il l’a toujours fait, conformément à son intangible fonction.
    On peut, alors, choisir de se foutre de tout cela, de prétendre, même, que ces prolétaires n’existent pas, qui choisissent le fascisme. On peut choisir de refuser l’analyse de ce processus de séduction propre au fascisme, et qui explique son incontestable succès de masse.
    Sans lesdits prolétaires, cependant, pas de révolution.
    Pas de révolution, du moins, au sens où nous l’entendons.
    Faut-il rappeler que l’antifascisme théorique se sera trouvé dans l’histoire défait partout, la conflagration internationale de 1939-45 ne pouvant être qualifiée en substance de « guerre antifasciste » ?
    La bataille contre le fascisme, s’il est encore possible de la mener, doit être AUTANT intellectuelle, historique, politique, voire esthétique que vouée à « libérer » militairement les rues de la présence JNR ou Troisième voie.
    Libérer les rues ?
    D’accord.
    Pour y faire quoi, au juste ?

    • jeudi 11 juillet 2013 à 15h24, par JBB

      Je réponds juste sur un point.

      « Pourquoi, alors, avoir refusé de publier le texte initiant le débat en question, c’est-à-dire celui de Pierre Carles ? Il y a là une subtilité qui nous échappe. »

      Il n’y a là aucune subtilité. Juste, nous ne sommes pas une plate-forme de publication libre et revendiquons une politique éditoriale. En l’espèce, nous ne reconnaissions pas dans le texte proposé par Pierre Carles.

      Je ne vois guère ce qu’il y a de surprenant dans le fait de refuser de publier certains textes et de choisir d’en mettre en ligne d’autres. Encore une fois, cela relève de la plus élémentaire politique éditoriale.

      • jeudi 11 juillet 2013 à 16h14, par frustré

        Pour le texte de Pierre Carles : il y a un choix éditorial, d’accord, mais comme le texte ci-dessus répond à celui de Pierre Carles c’est un peu frustrant pour ceux qui ne l’ont pas lu.
        Sur le fond, le rôle du lumpen proletariat est bien connu dans les mouvements fascistes et ces néo nazis sont plus près du lumpen que d’autre chose, et ça ne les excuse pas.

        • jeudi 11 juillet 2013 à 16h19, par JBB

          Cela, je comprends tout à fait. Mais il appartient à Siné Mensuel, qui a publié ce texte, de décider ou non de le mettre en ligne.

          • vendredi 12 juillet 2013 à 08h02, par frustré

            N’ayant pas lu le texte de P. Carles l’analyse de classe dans le fascisme a déjà été beaucoup expliquée :
            par exemple : dans « psychologie de masse du fascisme (reich) » et
            sur le lumpenproletariat .Si on avait fait ce genre d’analyse ( à la P. Carles) au moment de la résistance en France il ne serait pas resté grand monde (déjà qu’ils n’étaient pas nombreux) et il y aurait eu des zozos pour dire que certains antifascistes étaient des bobos.
            Il y a aussi le rôle de l’apolitisme et des classes moyennes déclassées qui est bien connu : Trotsky a écrit dessus notamment. Rien de nouveau , donc, on dirait. A part que certains Ont l’air de se sentir autorisés à utiliser les mannes de Bourdieu et Marx pour faire du confusionnisme.

            • dimanche 14 juillet 2013 à 02h20, par Sunno

              Même les forums de médias alternatifs ou libertaires, sont maintenant envahis de petits émules de Soral, Chouard et Asselineau. Pénible à la longue.

              Merci Serge pour cette mise au point indispensable.

              Sunno, fils d’antifa espagnol.

            • samedi 27 juillet 2013 à 19h31, par Triste

              Merci pour ses propositions de lectures, notamment le compte-rendu de l’ouvrage de Wilhem Reich.

              En ce qui concerne l’analyse par Marx du lumpen-prolétariat dans le 18 brumaire, je reste un peu perplexe. En tout cas, la citation de l’extrait choisi me semble un peu caricaturale. Quoiqu’il en soit, à d’autres périodes dans l’histoire, on a pu voir ce lumpen-prolétariat prendre fait et cause pour l’ordre établi. Je pense par exemple à l’échec de la révolution napolitaine de 1799.

              Au-delà des structures idéologiques qui façonnent ce que Reich appelle la « psychologie des profondeurs », je crois que les beaucoup de personnes réagissent en voulant défendre leurs intérêts propres immédiats, notamment matériels (aussi précaires soient-ils). L’explication la plus simple, analysée au prisme de l’expérience quotidienne et personnelle sans aucun recul critique, facilite l’incorporation des idées dégueulasses véhiculées par de nombreux médias. Il est plus facile de taper sur le voisin immigré que sur les actionnaires d’un fonds de pension. Le premier est à porté de main, pas le second...

              En revanche, en ce qui concerne les fascistes embrigadés dans des organisations politiques (comme l’assassin de Clément Méric), on ne peut pas nier qu’ils n’ont pas une conscience politique. Ils ne sont pas que « déterminé par » la classe dont ils sont issus. Cette extrême droite active a ses corpus théoriques, ses idôles, ses hommes politiques, et un système de formation propre des militants. Et il y a des moments historiques où elle est particulièrement dangereuse parce qu’elle accède au pouvoir avec une assise sociale qui la légitime.

              • dimanche 28 juillet 2013 à 10h31, par ZeroS

                En ce qui concerne une grille de lecture en matière de lutte des classes, pour aller un peu plus loin, Pierre Carles ferait bien de lire Consciousness and the Urban Experience du géographe David Harvey :

                « L’individualisme de l’argent, la conscience de la famille et de la communauté, le chauvinisme de l’Etat et des autorités locales contrecarrent l’expérience des rapports de classes sur le lieu de travail et créent une cacophonie d’idéologies discordantes que nous intériorisons tous à des degrés divers. »
                « L’urbanisation du capital » dans Géographie et capital, éd. Syllepse p. 139.

                Son interprétation de la classe est sociologisante, et non politique. Il devrait relire Karl Marx, ou Mario Tronti dans Nous opéraïstes (p. 145), Pierre Bourdieu ne suffit pas...

                « [...] qu’il n’y a pas de classe sans lutte de classes, parce que la classe n’est pas une pure agrégation sociologique ; les classes sont potentiellement des puissances politiques.Marx avait déjà vu cela. Les classes ont besoin l’une de l’autre. Elles ne sont jamais en soi. Elles deviennent des classes, disait Marx, quand elles deviennent pour soi quand elles deviennent classe pour la classe qui est contre soi. Et doivent donc s’élever, soutenait Marx, à une conscience de classe. »

    • jeudi 11 juillet 2013 à 16h09, par Quadruppani

      Cher moine bleu, on ne peut que partager ta fatigue devant la faiblesse d’un antifascisme qui ne fait que répéter les trémolos démocratiques, et tes questions sur comment combattre le fascisme « en train de triompher » selon toi dans les têtes, en tout cas bien présent. On aimerait bien quand même que tu ailles au-delà de la fatigue et que tu commences à tenter d’esquisser des réponses à tes questions, si possible avec d’autres et pas seulement sur internet. En attendant, les jeunes qui essaient, y compris avec leurs petits poings, de s’opposer dans la rue à la présence des fachos revendiqués, ont toute notre estime et notre solidarité. Et à propos de fatigue, nous sommes aussi un peu fatigués de ces évaluations à la louche, qui parlent de millions de prolétaires gagnés par le fascisme sans rien qui vienne étayer sérieusement de telles affirmations, sans prendre en compte non plus toutes les contre-tendances dont nous avons signalé quelques-unes.

      • jeudi 11 juillet 2013 à 17h46, par le moine bleu

        Cher M. Quadruppani,

        Excusez-nous de vous fatiguer d’être fatigué de toutes sortes de choses et de gens. La dépression, on vous l’accorde, n’est pas sexy pour deux sous. Vous avez raison sur un point fondamental : les prolétaires soutenant ce qui - pour nous - constitue aujourd’hui le fascisme NORMAL, soit : le Front National, bien entendu, plus une fraction majoritaire de la droite, minoritaire de la gôche, les salafistes de TOUTES religions, sans oublier l’essentiel représenté à nos yeux par le pouvoir de la saillie fasciste de base, xénophobe, identitaire, décomplexée, la plus spontanée, autonome et inorganisée qui soit, tout cela ne fait pas des millions mais bien des DIZAINES de millions d’hommes et de femmes.
        On vous souhaite néanmoins un bon courage.
        La lutte devrait finir par payer.

        • jeudi 11 juillet 2013 à 22h32, par Quadruppani

          Tout ce qui est discuté ici, c’est que le fascisme, en particulier dans sa version tueuse (militante exhibitionniste comme les skins et les identitaires) soit surtout l’apanage de prolétaires. Et quant aux votes Le Pen, il est très discutable d’y voir une surreprésentation ouvrière et/ou populaire, ne serait-ce que par la difficulté de préciser ce dernier terme. Ce qui est frappant, c’est la surreprésentation du péri-urbain, ce qui est tout autre chose.
          Votre définition du fascisme est intéressante mais discutable. En tout cas,ce qui est discuté ici, c’est l’idée reçue que les antifascistes seraient plutôt des bobos, et les fascistes des prolos. Quant aux salafistes, s’ils recrutent chez les très pauvres, on y trouve aussi énormément de commerçants moyens et gros, et d’intellectuels, en particulier dans les disciplines scientifiques. Cela dit, vu votre conclusion, si ça ne vous intéresse pas de lutter, Moine Bleu, on peut savoir pourquoi ça vous intéresse de discuter ? Juste pour passer le temps ?
          Mais si je me trompe et qu’au contraire l’idée de lutte fait encore partie de votre horizon, je suis très intéressé, sans aucune ironie, par une discussion sur l’autre type de lutte antifasciste que vous proposez. Ici ou ailleurs.

          • vendredi 12 juillet 2013 à 15h16, par le moine bleu

            Le fascisme est populaire en parole. Ce qui est déjà beaucoup, serions-nous tentés de dire, par les temps qui courent.
            Il se livre à une continuelle apologie idéologique du Prolétariat, qu’il trahit en actes pour le compte de la bourgeoisie.
            Telle est, dès son apparition historique, après la grande boucherie de 14-18, la fonction qui lui est dévolue par la bourgeoisie, en Italie.
            C’est à notre sens, pour juger de la progression actuelle du fascisme, à cette période, extrêmement précise, et en particulier à ce pays qu’il convient de se réintéresser, plutôt qu’aux années 1930-40, où les choses sont déjà pliées en sa faveur, partout en Europe. Historiquement, l’antifascisme (de type « front uni ») de cette dernière période est largement une création stalinienne, autrement dit une création des PIRES ENNEMIS des libertaires révolutionnaires, notamment espagnols, auxquels Clément Méric était pourtant associé, ainsi que vous le rappelez. Les ignobles trahisons de ces « antifascistes »-là ne doivent jamais être oubliées. Elles discréditent, pour jamais, les descendants idéologiques (type PC, FG, etc) des staliniens prétendant aujourd’hui nous intéresser à leur belle lutte citoyenne, démocratique, etc. Il n’y a pas à marcher avec eux. Il n’y a pas à marcher avec cette vermine.
            La polémique qu’il convient de reprendre avec les fascistes eux-mêmes est précisément celle ayant opposé après 14-18 les deux pôles constituant, juste auparavant, une même tendance générale - appelons-la futuriste - destinée à se scinder ensuite en deux lignes rivales : une révolutionnaire (communiste, ou anarchiste-communiste) et l’autre, conservatrice (fasciste). En Italie, cette fracture interviendra, comme on le sait, chez les Arditi, c’est-à-dire des militaires organisés, lesquels fourniront des bataillons aux rouges et aux fascistes, ces derniers jetant finalement le masque, se révélant finalement la voiture-balai de l’ordre existant. Mais l’AMBIVALENCE profonde existant alors, ce moment précis où une même tendance - confuse - à la révolte, à la vitesse, au goût de la violence, au mépris des valeurs bourgeoises, choisit de basculer ensuite soit dans un sens soit dans l’autre, voilà à notre avis ce que la période contemporaine, percluse de frustrations, de haines et de misères disséminées, reproduit à la perfection.
            Là-dessus, maintenant, une précision : nous n’avons rien contre « la lutte ». Pourquoi nous faire ce procès, typiquement basiste ? La question n’est pas là. Nous n’avons rien ni contre la lutte ni contre le désespoir, si ce dernier signifie lucidité. Le désespoir n’implique pas pour nous, de toute nécessité, la passivité définitive. Désespérer d’un certain militantisme, ce n’est pas renoncer à la lutte, laquelle passe aussi, de manière décisive, par l’affrontement des idées, la dispute - et donc, nous l’accordons, la RENCONTRE, d’une certaine façon (de même qu’un engagement armé constitue une rencontre sur le terrain commun de la guerre) avec des ennemis mortels qui, souvent, savent lire et écrire, et dont le mensonge fondamental n’aura, de fait, hélas ! que plus de poids. Lisez, par curiosité, certains journaux ou blogs fascistes d’aujourd’hui : vous y trouverez des choses parfois étonnantes sur le rapport au travail, au salariat, à la marchandise, à la littérature. La reprise, ou plutôt l’assomption FORMELLE par les fascistes, en France, en Italie ou en Allemagne, d’une foule d’habitudes ou de techniques autrefois, semble-t-il, réservées aux révolutionnaires : les squats, une prétendue « autonomie » mise à toutes les sauces, l’anti-impérialisme systématique, etc, tout cela participe bien d’une offensive culturelle à vocation hégémonique, à laquelle il convient de répondre sur le même mode, les Fred Perry ou Ben Sherman, ainsi qu’une certaine posture viriliste également prisée des antifas et des fascistes, ne représentant que l’aspect superficiel d’une telle confusion générale.
            Dire - donc - aux fascistes leur fait, révéler à ceux qu’ils draguouillent à quel point ce fameux sentiment de révolte - abstraite - dont ils font profession, ce sentiment étreignant toute la jeunesse presque par définition, ce sentiment qu’ils exaltent à longueur de journée, a toujours ensuite été DÉMENTI par l’ensemble de leur pratique politique, en tous temps et en tous lieux : voilà un travail (qui n’en est pas un, d’ailleurs, au sens militant du terme) méritant à notre sens d’être mené.
            Mais nous craignons de vous fatiguer.
            Vous trouverez ici un texte où ces idées éparses se trouvent réunies, et que vous irez voir si bon vous semble.
            http://lemoinebleu.blogspot.fr/2013...

            Une dernière chose : le texte de Pierre Carles accuse des insuffisances et des postulats contestables, comme celui associant, par exemple, systématiquement - mécaniquement - le goût de la violence physique à la prôlitude quand le bourgeois préfèrerait le discours organisé. Nous ne le défendons pas outre-mesure. Bourdieu nous emmerdera toujours plus que Karl Marx.
            Mais le retour qu’il fait sur cette nécessité stricte, pour comprendre les choses et refuser que l’émotion légitime paralyse le raisonnement, d’une analyse de classe du phénomène fascisme/antifascisme, nous paraît néanmoins salutaire. Et nous persistons à regretter qu’Article XI, dans cette perspective de « débat », n’ait pas publié les deux textes concernés en regard.
            Autant eût-il valu, alors, ne rien publier du tout.
            Amitiés.

            • vendredi 12 juillet 2013 à 16h58, par frustré

              Ce n’est qu’un détail dans votre commentaire qui est par ailleurs intéressant mais j’ai déjà vu cette étrange affirmation : « Historiquement, l’antifascisme (de type « front uni ») de cette dernière période est largement une création stalinienne, autrement dit une création des PIRES ENNEMIS des libertaires révolutionnaires, notamment espagnols »

              C’est faux. Les anarchistes étaient les premiers à porter l’étendard du bloc et du front antifasciste c’est très bien expliqué dans cet article et illustré dans cette superbe affiche du FAI de la guerre d’Espagne
              où il y a la liste de tous les signataires du front antifasciste (sauf les staliniens).

              Ce que les staliniens reprochaient aux anarchistes était de vouloir faire une révolution sans eux et de se situer à leur gauche. Lorsqu’ils ont mis par centaines des anarchistes en prison ceux ci se faisaient appeler « prisonniers antifascistes ».

              • vendredi 12 juillet 2013 à 18h43, par le moine bleu

                Frustré, il n’était évidemment pas question de dire que tous les antifascistes étaient ou sont des staliniens d’origine. Quand on est communiste ou anarchiste, la haine du fascisme est une banalité de base, tout comme celle du racisme. C’est une question dépassée. C’est acquis. Cela ne peut faire de nous des « antiracistes » ou des « antifascistes », des spécialistes de ce genre de chose. Les fascistes sont des ennemis parmi d’autres, voilà tout, comme les staliniens ou les libéraux.
                Ce dont nous parlons ici, c’est donc d’une idéologie bien particulière perdurant jusqu’à aujourd’hui, qui procède justement de ce fameux « front commun » à opposer au fascisme, un « front républicain » pourquoi pas ?
                C’est au nom de ce front uni contre le fascisme que le stalinisme s’opposera à la révolution sociale en Espagne, pour ne pas effrayer le bourgeois, etc. Tout cela est connu de l’univers entier.
                Et puisque vous nous parlez des anarchistes espagnols des années 36-39, devons-nous vous rappeler à quel point ce mouvement aura lui-même connu des divergences extrêmement aiguës, quant à la participation à telle ou telle instance de décision gouvernementale, par exemple ?
                Anarchiste, en Espagne et ailleurs, cela peut signifier tellement de choses différentes.

                • vendredi 12 juillet 2013 à 21h49, par frustré

                  En Espagne : les staliniens étaient un mouvement contre révolutionnaire et l’argument du « front uni »(contre le fascisme) pour ce faire était un pur prétexte qui n’a aucune valeur objective.

                  Les anarchistes n’ont jamais été dupes de cet argument politicien mais ils étendaient bien plus loin leur vision de l’antifascisme :

                  Durruti écrit dans une lettre aux travailleurs russes « aujourd’hui travailleurs russes c’est à nous de remettre entre vos mains la défense de notre révolution ; nous n’accordons pas la moindre confiance à quelque politicien prétendûment démocrate ou antifasciste que ce soit ; nous ne nous fions qu’à nos frères de classe, les travailleurs »
                  puis il dit quelques jours plus tard : « car si certains ne voient le fascisme que chez Mola, Franco ou Queipo, pour notre part nous appelons fasciste tout ce qui gaspille ou corrompt l’oeuvre de la révolution ».

                  Donc l’antifascisme des anarchistes allait bien au delà des ennemis du « front uni ».

                  • samedi 13 juillet 2013 à 18h27, par le moine bleu

                    Bien d’accord avec vous, frustré.
                    Vous nous accorderez que Durruti était un « anarchiste » parmi d’autres (incarnant pour nous, de l’Anarchie, la tendance la plus admirable). On sent clairement chez lui, dans le texte que vous citez, une grande méfiance (l’alarme, même) devant la tentative qui s’annonce de récupération, puis de maquereautage, « politiciens » (cette tentative se présentât-elle comme « antifasciste ») de la révolution espagnole.
                    Les staliniens non seulement se lancèrent, en effet, dans une telle tentative, mais y triomphèrent.
                    Leur « antifascisme » à eux prima celui des anarchistes, si vous voulez, par le fer, le feu, autant que la calomnie. Puis, au cours des décennies suivantes, ledit « antifascisme » ainsi défini par eux comme la nécessité absolue de faire barrage au fascisme à n’importe quel prix, fût-ce en s’alliant aux secteurs « progressistes » de la bourgeoisie, s’imposa comme une évidence aux bonnes consciences de gôche. Les anarchistes et trotskistes type POUM, etc, furent rendus quasi-responsables stratégiques de la victoire de Franco, traités de crypto-hitlériens, etc. Vous savez tout cela, bien sûr.
                    L’antifascisme, aujourd’hui encore, se nourrit hélas ! largement (pas complètement, certes) souvent par ignorance à ce genre de source. D’où une nécessaire vigilance historique, sur ces questions somme toute très actuelles. Clément Méric, lui, est mort à dix-huit ans.
                    Sa curiosité intellectuelle était, de l’avis de tous ceux qui l’ont approché et connu, impressionnante, bouillonnante même.
                    Nul doute que son « antifascisme », même s’il le reconnaissait suffire à définir l’essence de son engagement politique, n’était pas identique à la pure idéologie que nous avons évoquée.
                    Bien à vous.

            • vendredi 12 juillet 2013 à 19h16, par Quadruppani

              Voilà un échange, finalement, qui ne me fatigue point. Je souscris à beaucoup de choses que vous écrivez, à propos du fascisme. Je pense néanmoins qu’aujourd’hui, il faut distinguer entre les activistes fascistes et les électeurs sensibles aux rhétoriques xénophobes et autoritaires, et que le comportement à l’égard des premiers ne peut pas être le même qu’à l’égard des seconds, qui seront toujours fluctuants en fonction des circonstances. Je trouve qu’on doit reconnaître aux amis de Clément le mérite de vouloir s’opposer aux premiers de manière offensive. Personnellement, ça me donne envie de vomir de penser que ces S.A. revendiqués puissent parader dans les rues. J’ai la chance de ne plus faire que passer dans les grandes villes, mais je sais que si je me trouvais devant ce genre de parade, je serais partagé entre la trouille, la tentation suicidaire de m’en prendre à eux (je ne suis pas adepte des arts martiaux ni habitués à la castagne), ou la honte de me défiler. Je leur tire mon chapeau, à ces jeunes, pour leur volonté de troubler l’existence publique de cette racaille, malgré leur faible nombre.
              A première lecture, j’avais eu, à propos du texte de Carles, une impression proche de la vôtre, et je m’étais dit qu’il aurait fallu le publier avec une réponse. Mais en le regardant de près, j’ai quand même trouvé inacceptable cette façon de prêter à priori à Clément et à ses amis une suffisance de petits bourges et très fausse, très pernicieuse cette caractérisation de classe à la hache : antifachos-bobos, fachos-prolos.
              Quant à votre analyse historique de la naissance du fascisme, elle est stimulante et très discutable.
              J’espère avoir un jour le temps d’en discuter de manière approfondie.

            • lundi 15 juillet 2013 à 16h52, par Aurel

              « Elles discréditent, pour jamais, les descendants idéologiques (type PC, FG, etc) des staliniens prétendant aujourd’hui nous intéresser à leur belle lutte citoyenne, démocratique, etc. Il n’y a pas à marcher avec eux. Il n’y a pas à marcher avec cette vermine. »

              C’est sûr qui si les anars revendiquent l’exclusivité de la lutte antifasciste et considèrent comme de la vermine toutes les autres forces se revendiquant comme héritières de l’antifascisme, le fascisme a de beaux jours devant lui...

    • jeudi 11 juillet 2013 à 16h20, par melquiades

      une autre vision du fascisme et de l’anti-fascisme :

      http://www.piecesetmaindoeuvre.com/...

      • samedi 13 juillet 2013 à 20h51, par Mickael

        Merci pour ce lien Melquiades, qu’il me paraît bon de poster ici tant certains commentaires me rappellent ce que les penseurs du développement technique appelaient « sur-politisation » ; attitude qui consiste à réfléchir sur le monde, sur le réel, par le biais des seules catégories et concepts issus de l’analyse politique.

        D’autres mouvements et transformations (principalement d’ordre technique - pour faire court) sont à l’œuvre aujourd’hui qui s’accommodent de toutes les alternances gouvernementales, de toutes les opinions politiques individuelles et collectives (et a plus forte raison de celles dites « extrêmes »), et qui rendent caduques et inopérants des concepts et des théories vidés de leur pertinence historique.

        Des antifascistes comme Weil ou Orwell ont lutté contre le fascisme en tant que totalitarisme. Totalitarisme qui, en leur temps, prenait les formes spécifiques du fascisme, du nazisme voire de la bureaucratie d’état soviétique.
        Le totalitarisme d’aujourd’hui a aussi sa forme et elle tient en partie à ceci qu’« il s’est infiltré jusque dans nos innervations les plus profondes » ; que nous baignons dedans alors même que nous nous croyons au sec, menacés mais vigilants, attelés au lit de Procuste notre bien-pensance (politique, ça va sans dire).

        Ressusciterions-nous Weil pour la jeter dans notre siècle qu’elle répèterait, et moi en cœur avec elle, que « la politique me fait l’effet d’une mauvaise blague. »



  • jeudi 11 juillet 2013 à 15h52, par rob

    On doit pas tous avoir la même définition du fascisme.
    Peut être le « fascisme du marché » est-il en marche, mais sinon ? Des régimes fascistes, j’en vois pas, sauf peut être en Corée du Nord...
    Nationalisme, xénophobie, réaction, volonté d’imposer un ordre moral, militarisme, d’accord, mais fascisme ?

    Faudrait peut être mettre des noms sur les régimes politiques actuels et leur évolution, sans aller faire des rapprochement parfois hasardeux.



  • jeudi 11 juillet 2013 à 16h19, par Mathieu

    Les antifas et les racistes participent à l’horizontalisation de la colère sociale. Ce sont tous des dominés qui se tapent les uns sur les autres pour le plus grand plaisir des dominants, cachés derrière de fausses menaces (fasciste, islam, immigration...).

    C’est ça le fond d’une analyse sociologique qui dit l’essentiel ! Rien de tout ça dans cet article ou l’analyse de Carles.

    Qu’en pensez-vous ?

    • vendredi 12 juillet 2013 à 09h15, par bob

      Je vous rejoins complètement, en quoi l’appel à la violence des antifas est-il plus légitime que ceux des ligues faschistes ?
      La violence ne résout rien, il a d’autres manières de lutter contre ces idées nauséabondes et notamment la loi, le débat argumenté, l’éducation populaire. Toutes questions ne sont pas soulevés et sont essentielles. Ce qui nourrit cet extrême droite c’est justement la martyrisation et la violence appel toujours la violence.

      • samedi 13 juillet 2013 à 03h09, par François

        « Je vous rejoins complètement, en quoi l’appel à la violence des antifas est-il plus légitime que ceux des ligues faschistes ? »

        Là je rêve !
        Le fascisme c’est une idéologie absurde qui fait passer une entité abstrainte (la nation) devant l’humain. Et une nation est par definition un ensemble de personne vivant dans un meme systeme politique. Rien a voir avec une couleur de peau ou une religion comme le pensent ces gens.
        Les antifas, ils combattent ça.
        Assimiler ce combat a des querelles d’extrêmes, c’est mettre sur le même plan la police et les braqueurs de banque si une fusillade éclate.
        Et là on se pose derrière son clavier et on donne des leçon de tolérence...
        C’est trop facile !

        Autre chose, je cottoie des sympatisants fn, ils peuvent se classer en 2 categories, les manipulateurs et les manipulés. Les manipulés que je cottoie sont peu éduqués au sens de la sensibilisation à l’universalité. Ils sont influencés par les medias et leur manque de vision large reduit leur sens critique. Leur manque de spiritualité n’est pas par principe correlée a un manque d’éducation, mais en pratique la corrélation est là. A l’opposé, les gens que je connais qui sont visceralement opposé à l’extreme droite (j’en fait partie) et susceptibles de defiler sont issus des bancs de la facs. Les autres qu’ils se declarent pour ou contre, ne defileront jamais. C’est pas une regle mais c’est mon experience.

        Je n’ai pas lu le billet de P. Carles et il devrait figurer ici, car l’analyse qui en est faite passe probablement par des raccourcis. Je ne pense pas que P. Carles puisse assimiler les antifas à des bobos. Mais la lutte des antifas, c’est effectivement une forme de lutte entre des gens dont la spiritualité a pu d’une maniere generale s’élever un peu par l’education, qu’elle soit universitaire ou issue d’un parcours personnel, et des gens dont la conditions sociale n’a pas permi cette élévation. Et en ce sens, la lutte peut être une réponse en urgence mais elle ne reglera pas le probleme.

        • lundi 15 juillet 2013 à 12h09, par bob

          Je n’associe en rien les antifas à des extrémistes au même plan que l’extrème droite, je dis juste que les méthodes de lutte sont parfois les mêmes, c’est à dire le recours à l’action violente, ce qui me parait pour le moins inefficace et contestable.



  • jeudi 11 juillet 2013 à 16h43, par wil

    « le récent meurtre de Clément Méric par des nervis d’extrême-droite »
    Euh le papier commence mal,meurtre ? DES nervis ?
    _Pour ce qui est de la lutte de classe en effet elle existe Clément était fils de prof et son « meurtrier » fils d’ouvier...



  • jeudi 11 juillet 2013 à 16h54, par Gnoppod

    Si jamais, une contribution au débat sur l’anti-fascisme par ses propres acteurs :

    Brève histoire du SCALP-Reflex
    http://nopasaran.samizdat.net/spip....

    Un fidèle abonné

    • vendredi 12 juillet 2013 à 17h08, par etienne

      Merci pour le lien.
      Ce texte est très éclairant sur la réalité et l’état du mouvement anti-fasciste aujourd’hui, et me fait penser que C. Méric est vraiment mort pour rien, ce qui est extrêmement triste et désolant.

      La stricte logique du « No pasaran » ne sert plus à rien sinon à se mobiliser contre un « ennemi » largement fantasmé et éventuellement se mettre inutilement en danger. Ce n’est pas dans la rue - en dehors de cas spécifiques comme à Lyon par exemple -qu’il faut chasser le « fascisme », mais partout ailleurs, ce qui est beaucoup plus difficile.

      C’est ce dont ce texte prend acte de façon très lucide, à savoir l’échec et l’essoufflement après 20 ans du mouvement anti-fa - ce qui n’enlève absolument rien au courage et à la détermination des militants actuels comme C. Méric.
      Cet échec est d’autant plus significatif que ce sont les antifas historiques qui le diagnostiquent eux(elles)-mêmes. Le texte est très dense et (trop ?) long, mais voici un passage qui résume très bien la question :

      « Cette reconstruction [du FN] s’accompagne d’un énorme travail médiatique, visant à occuper au maximum le temps d’antenne. C’est là, et non sur le fond, que réside le grand virage stratégique du FN – et l’une des grandes difficultés de l’antifascisme radical aujourd’hui : la stratégie n’est plus d’occuper la rue grâce à ses militant-e-s, mais d’occuper les plateaux télés grâce à ses porte-parole propres sur eux. Jusqu’à la scission de 1998, le FN était l’un des derniers partis de masse militants ; aujourd’hui, il n’a plus d’appareil de parti couvrant tout le territoire, et il peine à présenter des candidats dans toutes les circonscriptions. Autrement dit, comme le PS ou l’UMP, le FN est en train de devenir un parti purement électoral, animé par des professionnels de la communication, n’existant qu’entre leurs bureaux, leurs berlines et les antennes audiovisuelles. Cette évolution de la stratégie d’implantation de l’extrême droite rend du même coup beaucoup plus difficile l’action de rue antifasciste – pour la simple raison que les rares militants d’extrême droite encore dans la rue aujourd’hui sont ceux trop stupides ou trop insignifiants pour être acceptés même par le FN. L’antifascisme de rue (manifestations, marchés, etc.), aujourd’hui, est dans une impasse : soit il se confronte à des groupes d’extrême droite marginaux, sans envergure politique, mais dangereux physiquement ; soit il cherche à se confronter à des organisations ayant une certaine envergure politique, et il se trouve face à des partis qui non seulement sont absents de la rue, mais qui en plus sont désormais bien intégrés au jeu politique, soutenus par la force publique et perçus comme légitimes par la population, car au final pas si différents des partis de gouvernement… »

      La poussée du FN dans toutes les catégories sociales de la population - en particulier en milieu péri-urbain - et la « culturisation » des conflits sociaux et « ethniques » ne peut pas être stoppée par un simple slogan qui se réfère à une idéologie des années 1930. Les électeurs de base du FN aujourd’hui sont parfaitement insensibles aux slogans anti-fascistes pour la simple raison qu’il ne leur semble pas soutenir un mouvement de cette nature – voire quand ils ne comprennent pas la signification du terme « fascisme » tout court autrement que comme une vague insulte - ...d’autant plus que ces slogans proviennent d’une catégorie particulièrement honnie dans ces milieux - avec les « bobos » - ceux qu’ils appellent les « gauchos ».
      Il est parfaitement illusoire de vouloir « rediaboliser » le FN, ou le montrer sous son soi-disant « vrai visage », il faut prendre acte de sa « dédiabolisation » irrémédiable par le double effet de la stratégie efficace de M Le Pen et l’« extrême droitisation » irresponsable de l’UMP. En d’autres termes, le mal est fait.
      Ce qu’il faut faire - et la tâche est malaisée tant la société s’est lepénisée - c’est discuter avec ces électeurs, cesser de les prendre pour des prolos dominés ou des sales racistes – même s’il y en a pas mal - aller les voir chez eux, sur le lieu de travail, dans le voisinage si l’on veut vraiment combattre cette idéologie, et certainement pas défiler en criant « No pasaran » avec un T-shirt siglé antifa en défiant une trentaine de crânes rasés protégés par un cordon de CRS.
      Ca ne sert strictement à rien : ces gens-là sont ultra-minoritaires, méprisés par le FN et sont à la fois dangereux et insignifiants.



  • jeudi 11 juillet 2013 à 21h58, par Rosa luxembourg

    J’aimerais rajouter une critique concernant la dimension médiatique de la mort de Clément. L’analyse des médias est de renvoyer dos à dos les deux extrêmes, extrême gauche et extrême droite. Quand à Pierre Carles, après avoir critiqué ces mêmes médias surfe aujourd’hui sur une idée reçue que la classe ouvrière après avoir été au parti communiste (ce qui est historiquement faux)serait aujourd’hui raciste et fasciste.
    Pour avoir été membre actif du réseau No Pasaran, et du Scalp-reflex, la plupart de nos membres n’étaient ni super diplômés ni des enfants de bourges, ni vraiment fils ou filles d’ouvriers. Nous n’étions pas non plus que des petits bras armés cherchant à en découdre avec les Nazillons du coin. Nous étions et nous sommes surtout internationalistes,et nous avons été de toutes les luttes : contre la précarités, contre les expulsions, auprès des sans-papiers...bref de vrais anticapitalistes.

    Défendre des idées et se positionner contre ce système n’est ni l’apanage des classes laborieuses ni des nantis.

    Cela serait trop facile, non ?



  • jeudi 11 juillet 2013 à 22h07, par John

    Faire passer les nazis pour un groupe homogène de prolétaire, c’est sûr qu’il faudrait pas pousser non plus.

    De mon observation personnelle qui vaut ce qu’elle vaut, en suivant les affaires d’agressions racistes un peu partout en France, je constate souvent que l’extrême droite recrute avant tout chez les classes moyennes supérieures : FN, GUD, identitaires, fascisant entristes des mouvements hooligans sont souvent des fils d’avocats, de médecins, de chefs de PME, de commercants ou de grands exploitants agricoles.
    Pas vraiment 100% prolétaire-label-pur-jus non ?

    Il ne faudrait pas confondre une partie des électeurs du FN qui est effectivement « prolo » (ou sous le seuil de pauvreté pour être pour être plus moderne), et ces gens qui agissent au nom d’une idéologie fasciste revendiquée et qui sont souvent loin d’être des cul-terreux, avec de très bonnes références et une connaissance large des théoriciens facsistes, pétainistes et nazis...

    Et à l’inverse beaucoup de gens pauvres, et pas seulement des étudiants, sont radicalement antiracistes et antifascistes. Seulement ils n’ont pas forcément toute la visibilité qu’ils méritent,ils n’ont pas tous 20 ans, et ils ne viennent pas gémirs devant les caméras à tout bout de chant.
    Et quid des gens qui n’ont pas la peau toute blanche en France et qui sont pauvres ? Ils sont pas des pauvres légitimes ? Ils ne comptent pas oui, ce discours ambiant d’extrême droite leur arrache la parole, pourtant ce sont pourtant parmis les premiers concernés par les discours racistes qui sont effectivement RANCE ET PUANT. Merde. Les antiracistes n’ont jamais voulu tuer personne à part, pour une partie d’entre eux, des cinglés fan de génocide ethniques que l’état à toujours peiné à arrêter !

    Pourquoi encore aujourd’hui ? Parce que le discours des médias est influencé par la désormais respectable Marine Le pen, grande victime qui fait passer ses opposants pour des bourgeois. Bien jouée pour une dame fortunée. Merci les médias, les sophismes. Merci le pouvoir finalement...



  • vendredi 12 juillet 2013 à 01h25, par Herve

    Mais de quelles idées parlez-vous ? L’antifascisme n’est pas un programme mais plutôt une grille de lecture simpliste du monde... Qui peut conduire aussi bien à agresser des nervis férus de shopping qu’à discréditer sans argumenter des gens comme Lordon, Chouard, Ruffin et tant d’autres qui ont le malheur d’évoquer le protectionisme... Des fascistes également selon eux... On en rigolerait presque si ces abrutis n’étaient pas des idiots utiles du système.

    • vendredi 12 juillet 2013 à 09h54, par Quadruppani

      Faire de l’antifascisme la grille unique de lecture du monde est effectivement idiot et conduit à des idioties. Mais du peu que nous en savons, je ne crois pas que c’était la grille de Clément Méric, c’était un libertaire anticapitaliste. Il n’en reste pas moins que les fascistes, c’est-à-dire des activistes pratiquant notamment les agression physiques (dont la liste n’est plus à faire) et symboliques (les soupes aux cochons et autres occupations de mosquée sous le signe de Charles Martel) existent et en dehors de la déploration démocratique et des belles illusions sur « l’éducation populaire » (voir un autre commentaire), je ne vois personne d’autres que Clément et ses amis qui se soient confrontés à la question de les combattre. Et les banalités du genre « la violence appelle toujours la violence » montrent qu’effectivement, il y a un grand manque d’idées chez tous ceux qui prennent la pause anti-antifasciste. Et prenez la peine de lire l’histoire de scalp-reflexe : c’était clairement une organisation anticapitaliste.

      • vendredi 12 juillet 2013 à 10h12, par bob

        Est-ce que combattre les faschistes avec leurs armes est une manière efficace et légitime de le faire ? C’est votre droit de le penser mais pour moi ça ne fait aucunement changer ces mentalités et pire encore ça les conforte encore plus dans leur bétise. L’éducation populaire n’est pas une illusion si elle est bien faite, des meetings, des discussions ouvertes à tous sur les thèmes anticapitalistes (par exemple)sont bien plus utile à la lutte que des bastons de rues.

      • vendredi 12 juillet 2013 à 11h34, par Mathieu

        « les fascistes, c’est-à-dire des activistes pratiquant notamment les agression physiques (dont la liste n’est plus à faire) et symboliques ».

        Attendez, êtes-vous certains que la liste ait déjà été faite ? Moi j’aimerais qu’on dresse la liste des actes de cette nature sur ces dernières années, on arrive à combien ? 5 ? 10 ? 20 ? Et encore, faudrait compter ceux de la LDJ (j’ai pas l’impression qu’elle soit dans votre liste).

        Est-ce que c’est ça le problème des français et des peuples européens ? Bon...

        Vous participez à votre échelle à l’agitation de cette fausse menace fasciste.

        La préoccupation des français c’est la continuelle dégradation de leurs conditions matérielles d’existence... Emploi, précarité, insécurité, pouvoir d’achat, services publics... C’est ça la vraie menace... Par un pouvoir local ou européen soit disant démocratique mais qui dans la réalité impose et déroule tranquillement depuis 30 ans son projet néo-libéral contre les intérêts des peuples. Le terme fasciste est aujourd’hui complètement galvaudé mais semblerait pouvoir s’appliquer de façon plus approprié et utile à ce pouvoir qu’à des groupuscules de jeunes hormonés en mal de sensations fortes...

        Je comprends pas le raisonnement « les anti-fascistes sont anti-capitalistes, donc c’est bon, validé » ! Les organisations anti-capitalistes ces 30 dernières années ont empêché quoi du déroulement et de l’imposition du projet néo-libéral ? Strictement rien, zéro, nada. Et aujourd’hui, à un moment où les peuples européens sont plus que jamais menacés par ce projet, Besancenot appelle à un « sursaut » du mouvement antifas. Il se fait, peut-être malgré lui, le complice du système.

        • vendredi 12 juillet 2013 à 12h25, par frustré

          Il n’y a bien sûr que les « français et les peuples européens » qui sont « menacés » par le néo libéralisme ? C’est une plaisanterie et le vrai discours est celui-ci : une partie de la petite bourgeoisie en Europe se sent menacée par la crise du système économique qui ne lui garantit plus ce qu’elle espérait : une amélioration de ses conditions matérielles de vie dans le cadre du capitalisme même si c’est aux dépens du reste du monde.
          Si le néo libéralisme lui profitait elle le trouverait encore très bien.
          Alors, comme elle l’a toujours fait, elle se jette dans les bras du fascisme qui-espère-t-elle- va lui redonner tout son lustre et de l’espoir, et va sauver les « peuples européens ».
          C’est encore la peur du « petit blanc » qui, pour se donner bonne conscience dit que le mot fascisme est galvaudé. Ben voyons...

          • vendredi 12 juillet 2013 à 14h25, par Mathieu

            Je sais pas si vous considérez que mon opinion est celle d’un petit bourgeois et en tous cas vous devez projeter sur moi une incapacité à voir les choses au-delà de son propre point de vue.
            Etant sociologue, j’ai cette capacité-là, et la société française, les sociétés occidentales, c’est 2/3 de gens qui au mieux font partie de la classe moyenne. Regardez la distribution des revenus, vous verrez une grosse patate sur la partie inférieure de l’échelle représentant ces 2/3. Donc je parle ni de ma situation (personnellement tout va bien), ni de la petite bourgeoisie mais bien des peuples français et européens dans leur composante largement majoritaire.

            Les autres peuples ? Je sais que les mouvements gauchistes sont prompts à se préoccuper de sort des autres peuples, mais là aussi, vous n’avez jamais eu aucun impact sur leur sort, et ils ne vous restent plus que les produits commerce équitable pour vous donner bonne conscience...

            Les autres peuples, c’est un autre sujet et mon propos est de considérer ce qu’il se passe dans les sociétés occidentales, le rôle qu’y jouent le « fascisme » et l’anti-fascisme.

            Donc vous êtes dans la rhétorique et l’invective, rien de sérieux et valable sur le fond. J’attends toujours...

            • vendredi 12 juillet 2013 à 14h51, par frustré

              La petite bourgeoisie contient les classes dites « moyennes » (et en particulier les métiers de communication, de sociologie etc)...
              La vraie bourgeoisie,elle, n’est pas concernée par les « classes moyennes ». Ils ne jouent pas dans la même cour.
              C’est pourquoi le rôle de la petite bourgeoisie dans la résistible ascension du fascisme a toujours été fondamentale, pour les raisons dites plus haut. De ce point de vue vous en avez exprimé un point de vue assez caricatural. Au delà de votre situation personnelle (si vous allez bien tant mieux pour vous et vous en félicite)vous montrez beaucoup d’empathie par rapport à la classe à laquelle vous dites appartenir objectivement.

              Et justement, les autres peuples ne sont pas un autre sujet : parce qu’il y a un système économique avec une interaction de tous les peuples de la planète, et qu’aucun peuple ne pourrait s’en sortir sans tenir compte de cela. Il s’agit d’une lutte globale dans laquelle tout est lié.
              Autrement dit, la prise en compte du seul sort des « peuples français et européens » est vouée à l’échec et c’est ce que proposent les fascistes notamment avec leur repli identitaire . Comme d’habitude, leur problématique étant idiote, ils chercheraient à faire passer la nullité de leurs résultats par la violence et la recherche de boucs émissaires.
              Dernier point : vous écrivez gauchistes sans guillemets et fascistes avec guillemets : est il besoin d’aller plus loin ?

              • vendredi 12 juillet 2013 à 15h27, par Mathieu

                Oui bon, on va pas discuter des différentes acceptions de petite bourgeoisie... Originellement, selon Marx, ça désigne des petits propriétaires de leur moyen de production (artisan, commercant...). Les métiers de la communication, ça serait classe moyenne supérieure, pas propriétaires de leur moyen de production. Bref.

                Allez dire à l’ouvrier français que son sort est lié à celui du Péruvien, ça le dépasse ! Faut sortir des dogmes et des postures, et faire davantage de politique !

                Nous sommes TOUS face à une oligarchie mondialisée qui ne veut plus de frontière entre elle et des individus narcissiques, vides de toute dimension collective, dont elle pourra faire ce qu’elle veut.

                Ce projet est fasciste dans la mesure où il est imposé de façon subtile, longue mais autoritaire parce qu’imposé indépendamment de la volonté des peuples et de l’intérêt général.

                Donc sur « l’irrésistible ascencion du fascisme » dont vous parlez, ca n’existe pas et je ne vois pas ce que vous pourriez désigner au-delà des groupuscules affublés de cette catégorie. Le FN ? Rien de fasciste et faisant parti du système, jouant pour le système. D’où la distinction « fascisme » et fascisme. Sur le gauchisme, je parle du gauchisme défini par Lénine comme maladie infantile (et sénile...) du communisme... c’est clair.

                Donc faire de la politique, c’est faire preuve de pragmatisme et raisonner à cette échelle. Oui le mondialisme est mondial... Je vous dirai pas le contraire. Mais il s’agit pour tous les peuples du monde de retrouver leur souveraineté. Le Venezuela a par exemple retrouver la sienne, sans se préoccuper de savoir si nous allions retrouver la nôtre... Ils y sont parvenus, ils n’ont pas besoin de ces européens plein de bonnes intentions...

                • vendredi 12 juillet 2013 à 16h32, par frustré

                  La petite bourgeoisie est une classe bien définie, la « classe moyenne supérieure » c’est un mythe totalement inopérant. C’est important car j’ai mis des liens qui montrent bien l’importance de la petite bourgeoisie dans la résistible (j’ai dit résistible et pas irrésistible) ascension du fascisme.

                  Le mot d’oligarchie est lui aussi très connoté car il remplace l’idée de classe dominante qui correspond, justement, à une analyse de classe (à la différence du très douteux concept d’oligarchie). La classe dominante n’a pas de projet fasciste, elle se contente du système capitaliste dirigé à son profit.

                  Le fascisme est encore une étape supplémentaire, justement : quand ce système ne fonctionne plus les groupes et groupuscules fascistes prennent le relais.
                  C’est en effet ce qui est en train de se passer avec le FN (et oui...)et les nombreux groupes fascistes et identitaires qui pullulent en France et qui utilisent les sentiments xénophobes d’une partie de la petite bourgeoisie dépitée. Ce sont eux qui sauvent alors l’essentiel du système avec l’aval de la bourgeoisie.

                  La politique c’est se placer à la bonne échelle, c’est à dire essayer de comprendre ce qui se passe dans le monde, quels sont les phénomènes, puis en arriver progressivement à ce qui se passe dans son coin.
                  Faire le contraire est caractéristique de la droite : partir des ses intérêts particuliers pour les préserver contre le monde qui menace.

                  Il ne s’agit pas « pour tous les peuples du monde de retrouver leur souveraineté » (la souveraineté de la bourgeoisie française on s’en fiche) mais pour tous les individus de se libérer des conditions de vie aliénantes et en particulier de toute forme d’exploitation et de domination. Et finalement le fascisme consiste bien à essayer de les en empêcher.

                  • vendredi 12 juillet 2013 à 17h06, par Mathieu

                    Oui on sort d’une analyse de classe stricto sensu car l’oligarchie (bien dominante, faut pas être héleniste pour le comprendre..) est mondialisée, et la bourgeoisie française, comme les autres, s’y est rallié. On pourrait sans doute s’entendre là-dessus mais j’ai l’impression que vous êtes dans une bataille d’égo où il s’agit d’abord de ramener sa fraise quitte à amener le débat sur des éléments périphériques... Si on est pas capable de sortir de ça (produit de l’individualisme), c’est pas la peine...

                    Vous donnez le sentiment de raisonner « pour le plaisir » sans jamais confronter vos appréciations à la réalité. Le vote FN, un vote petit-bourgeois ? Ceci n’est pas conforme à la réalité. Les groupuscules fascistes qui pulullent, vous avez des chiffres ? Il faut aussi comprendre les ressorts des mouvements identaires et qui est-ce qui tire les ficelles... C’est des coups à plusieurs bandes et l’ingéniérie sociale de domination est très sophistiquée et difficile à saisir, soit ! Ca n’autorise pas le raisonnement binaire ! Les ouvriers gentils, les petits bourgeois méchants...

                    Le succès du FN est très fort chez les ouvriers. Si vous en fréquentiez davantage, vous le sauriez mais vous en êtes sans doute très éloigné !

                    Il s’agit bien, dans un cadre national, de reprendre le pouvoir à la bourgeoisie raliée à l’oligarchie (l’hyper-classe mondialisée si vous préférez) pour instaurer un pouvoir souverain du peuple pour le peuple !

                    • vendredi 12 juillet 2013 à 17h40, par frustré

                      Je vais arrêter là, car vos remarques personnelles ne m’intéressent pas particulièrement.
                      Seulement pour dire ceci : « la bourgeoisie française ralliée à l’oligarchie mondialisée » ça ne veut rien dire. Il y a une classe dominante dans le monde entier : c’est la même partout.

                      Le vote FN est surtout un vote petit bourgeois d’abord parce que les ouvriers s’abstiennent massivement (70% d’abstentions 90% des ouvriers ne votent pas FN) (donc que et qu’une partie importante de ce qu’on appelle aujourd’hui les ouvriers sont des petits bourgeois.
                      Pour les mouvements identitaires, il y en a beaucoup et on se passera volontiers de vos leçons autosatisfaites de complexité qui ne découlent pas vraiment du niveau de vos propos (euphémisme : Les gentils et les méchants dans la lutte des classes : quelle pitié...)

                      La preuve c’est que vous envisagez une solution nationaliste du « peuple qui reprendrait le pouvoir à la bourgeoisie raliée à l’oligarchie », ce qui, outre le fait que ça ne veut pas dire grand chose, est le prototype des formules fumeuses de l’extrême droite.

                      • vendredi 12 juillet 2013 à 20h36, par Mathieu

                        Vous me faites penser à ces universitaires enfermés dans leur tour d’ivoire qui raisonnent en boucle dans un paradigme mobilisant quelques concepts sans jamais les confronter à la réalité. On peut être capable des opérations intellectuelles les plus subtiles et rester dans l’erreur. Vous rabâchez une doxa que je connais très bien...

                        L’objet de mon intervention est de faire passer un message de façon simple et claire. Avec humilité et bonne foi.

                        La division droite / gauche, extrême droite / extrême gauche, est largement entretenue artificiellement dans l’effort de reproduction du rapport de domination. Il s’agit de diviser le peuple. Vous participez à cet entretien, sans doute bien malgré vous.

                        La classe dominante ce n’est pas qu’une abstraction, c’est une réalité, physique, et certainement pas monolithique. Avec ses organisations officielles et officieuses, ses réseaux, ses rapports de force internes, ses activités économiques bien sûr, ses individus et leur répartition géographique. Il est évident que le boss de Goldman Sachs à New York a plus de poids que la famille Peugeot à Sochaux ! Ca fait parti de ces réalités à confronter aux concepts...

                        Vous m’avez traité tour à tour souvent de façon détournée de clown, de petit-bourgeois, de petit blanc, de simpliste et concluez en m’accusant de me livrer à des attaques personnelles. Je parle de façon directe de votre discours et approche disons extrême-gauchiste, parce que c’est au coeur de mon propos ! Le discours, pas la personne. Comparez...

                        C’est désolant comme conclusion mais vous agissez en quelque sorte comme la police politique du système. D’ailleurs un commentateur avisé plus haut explique concrètement comment la mouvance antifa stigmatise les Lordon et autres Chouard. Il ne dit pas autre chose !

                        En espérant modestement et fraternellement faire bouger quelques lignes... Bien à vous !

                        • samedi 13 juillet 2013 à 06h58, par GoG

                          « La division droite / gauche, extrême droite / extrême gauche, est largement entretenue artificiellement dans l’effort de reproduction du rapport de domination. »

                          Intéressant...

                          En toute humilité et en toute bonne foi réciproque, je vous ferai remarquer que l’apolitisme ou encore le « dépassement des clivages gauche/droite » est le propre... de la droite, ou d’une droite qui ne dit pas encore son nom, comme chez les nombreuses mouvances identitaires, soraliennes et leurs ersatz gaucho-fascisants.

                          Etant moi même, jusqu’à récemment, encore imprégné d’un vocabulaire dominant, j’ai cru à la réalité d’une fausse opposition droite/gauche, ce, parce que le parti solférinien dit « socialiste » se déportait tellement sur le libéralisme qu’il en faisait oublier qu’une gauche ait jamais réellement eu d’existence propre... Ou que ce terme revêtait une quelconque réalité...

                          Aussi, je me permets brièvement et modestement de vous éclairer sur le sujet avant que vous ne fassiez complètement fausse route. Oui, les clivages gauche/ droite, extrême-gauche/extrême droite existent bel et bien et sous-tendent la société de façon bien plus prégnante que ce que les médias de masse voudraient nous le laisser penser. Ce sont avant tout des clivages idéologiques, mais également historiques et sociaux.

                          Ainsi, ce n’est pas parce que le capitalisme a évolué et est devenu plus pernicieux et plus efficace qu’il n’a plus de réalité, bien au contraire. Pour rappel, on pourra définir brièvement le capitalisme comme une volonté d’accumulation illimitée de richesses. Modèle qui sous-tend l’exploitation de l’homme et que la droite traditionnelle (UMP) ou complexée (social-démocratie) se fait fort de perpétuer.

                          Ainsi, ce n’est pas parce que l’extrême droite se pare des oripeaux de la gauche et d’une glose plus ou moins grossièrement empruntée au marxisme qu’elle cesse, comme par magie, de devenir un culte masculiniste à l’ordre et la patrie qui ne remet absolument pas en question les rapports de domination entre individus et se gausse de l’égalité ou des libertés individuelles. J’ose d’ailleurs vous rappeler que dans nazi il y a national _et_ socialisme.

                          Je vous suggère quelques lectures saines piochées çà et là dans la bibliothèque du parfait activiste de gauche, afin de vous débarrasser de cette confusion terminologique qui, je n’en doute pas, n’est que passagère.

                          GoG

                • samedi 13 juillet 2013 à 03h41, par François

                  Comment pouvez vous raisonablement penser que votre voie convrira celle des medias. Pour l’immense majorité des francais, les medias mainstream constituent l’unique source d’information et de discussion.
                  Personne ne s’interesse a ces problemes, les vrais sujets de discussion c’est le foot, la tele, les mariages princiers et les stars de cine et de la chanson...
                  Les manipulateurs sont tres experimentés, et ils ont aussi des techniques pour ceux comme nous qui ont evité les pièges les plus grossiers.

    • dimanche 14 juillet 2013 à 02h04, par Laurent

      Mélanger Lordon, Chouard et Ruffin, en plaçant soigneusement Chouard au milieu des deux autres, c’est pernicieux. Chouard est une passerelle. Pas les deux autres, même si on n’est pas forcément d’accord avec eux, à commencer par leur protectionnisme.

      Chouard fait régulièrement des allers-retours entre les fachos d’Egalité et Réconciliation et des assocs de gauche. C’est une couleuvre.

      Heureusement, il est grillé comme une sardine ;o)



  • vendredi 12 juillet 2013 à 12h57, par un afficionados d’A11

    « En mettant en ligne cette réponse argumentée et nécessaire de Serge et Odile, nous ne souhaitons pas susciter une énième polémique »

    Ben si, c’est ce que vous faites !
    Je ne comprend pas trop cette succession d’articles visant à taper sur son « camp », même si dans le fond je suis d’accord avec ce qu’ils développent. Mais, pour moi, cet article qui arrive quelques jours après la charge sur Mermet, décrédibilise le propos du premier. On a déjà du mal à faire entendre (dans diverses discussions) l’importance de l’article sur Mermet (bien résumé par Cyran en commentaire sur Fakir), là ça donne l’impression que vous tirez à vue sur tout le monde. C’est dommage.
    Quadrupani a plusieurs sites et blogs sur le net, non ? Il avait la possibilité de publier ce texte autre part, non ?

    • vendredi 12 juillet 2013 à 20h33, par JBB

      Je comprends que cela donne cette impression.

      Une nuance, toutefois. Quand le papier sur Mermet démonte un système et met à mal la stature d’un homme, il n’y a rien de tel dans cette réponse de Serge et Odile à la tribune de Pierre Carles. Ils font état de divergences politiques et pointent des analyses qu’ils ne partagent pas et trouvent dommageables. Cela relève simplement du débat d’idées.

      Quant à refuser ce texte, je crois que cela n’aurait eu guère de sens. Parce que c’est un bon texte, qui dépasse largement la question de la tribune de Pierre Carles : au fond, celle-ci est prétexte à réfléchir sur l’antifascisme, et à débattre de l’éternelle question du sujet révolutionnaire. Et parce que Serge n’est pas extérieur à notre collectif, mais fait partie d’A11 : il y publie quand il veut.

      • lundi 15 juillet 2013 à 17h03, par Rhhaaaaahh Je !

        Encore un dévoiement tranquille de sujet pour confirmer votre point de vue.

        Il est parfaitement lamentable de refuser la polémique alors même que vous cherchez à surfer dessus en éditant un droit de réponse sans proposer de droit de parole. Pour quelqu’un comme moi qui ait lu cet article de Pierre carles, je ne retrouve dans les commentaires de vos lecteurs aucun élément de réflexion sur le sujet apporté par Pierre Carles et dans « l’article » de votre blogeur aucune controverse sérieuse à la proposition écrite dans Siné Mensuel.

        Que vous ne soyez pas d’accord est une chose et il est parfait que vous y apportiez votre critique, mais les raccourcis de votre article -sentant la réaction petite bourgeoise mal à l’aise- obture le débat d’idée car vous ne cessez de ringardisez les propos du journaliste Pierre Carles et de les tourner en dérision voire en ridicule alors qu’ils ont le mérite d’être intéressants et d’apporter un angle nouveau dans ce « débat médiatique »

        De plus, il est étonnant que lorsque l’on cherche à se renseigner sur l’article de Pierre Carles extrait de Siné Mensuel, que l’on tombe directement sur votre site dans le top 3 de la recherche Gogole. Quelle explication à cela, si ce n’est récupérer la polémique levée par Pierre carles, ou de décrédibiliser un texte que peu de gens ont lu (uniquement les lecteurs de Siné Mensuel, qui même s’ils sont nombreux ne le sont pas autant que ceux qui surfent sur Gogole, pardon et merci à Siné).

        Soit si l’on cherche à s’informer sur ce sujet, on arrive directement à vos étalages de réflexions personnelles, voire étalages d’insultes à l’égard d’un journaliste-cinéaste qui a fait énormément pour la liberté d’expression en France, notamment au sujet de l’usage du pouvoir par les médias.

        Qui plus est, l’article de Pierre Carles met en avant l’inégalité des chances de l’accès au Savoir en France, alors pourquoi ne pas publier le texte qui vous a permis d’écrire un article, pourquoi ne pas aller dans le sens de la liberté d’expression ? Pourquoi considérer que les droits de réponse ne fonctionnent que dans un sens ? Pourquoi au final prendre les gens pour des cons en ne leur montrant que la critique négative d’un article ?

        Pourquoi ne pas combattre comme Pierre Carles la vision dominante de l’expression médiatique et essayer de donner des pistes de réflexion sur des sujets aussi complexes, au lieu d’user de mots-valises pour noyer le débat d’idées ?

        Peut être parce que tout cela vous agrée ?

        Soyez sûrs d’une chose, c’est gràce à Pierre Carles que j’ai découvert votre site internet Article 11 et c’est gràce à lui aussi visiblement que cela sera mon unique passage chez vous.

        Rester bien ensemble, n’ouvrez pas vos oeillères, continuez de déblatérez de la bétise crasse et si cela vous chante de prendre un peu d’air, allez sur le site officiel de Pierre Carles, on peut aussi y apprendre.

        Je vous coneille vivement de refuser de publier mon commentaire et d’y apporter droit de réponse en citant des extraits de 5 mots, cela confirmera votre vision obturée (voire constipée) de la liberté d’expression.

        Pour finir, il semble, à la lecture des commentaires, qu’il existe en France des « fascistes », des « racistes », des « anti-fascistes », des « anti-racistes », etc...
        Le découvrez vous seulement aujourd’hui ?
        Est-ce nouveau dans l’histoire des français, nous dont les ancètres ont inventé la notion de supériorité d’une race sur une autre ; nous dont les ancètres ont collaboré soigneusement avec les nazis tout en s’enrichissant gràce au marché noir ; nous dont les ancètres ont étés parmi les principaux acteurs de la mise en oeuvre de l’esclavage et de la domination coloniale ?

        Il est certain que toute les mouvances sont représentées en France, mais la construction de notre Société doit se faire avec tous ces gens là, sans exception. Nous ne pouvons considérer des points de vue radicalement opposés aux nôtres comme ceux d’ennemis ; il convient de les considérer, même si cela fait mal aux fesses parfois, comme ceux de concitoyens qui payent aussi des impôts et sont solidaires avec vous. L’échange entre les différents points de vue permet de trouver le consensus qui guide notre vision du vivre ensemble. Si tout le monde était d’accord sur tout, nous n’aurions jamais eu le besoin de créer des modèles de société. C’est la différence qui crée la richesse, c’est l’échange qui permet de créer des choses nouvelles, seul nous ne sommes rien et c’est pourquoi j’arrète d’écrire seul face à cette saleté d’ordi, rendez vous au café philo ou au PMU...

        • lundi 15 juillet 2013 à 17h37, par JBB

          C’est assez consternant de voir combien vous êtes complétement à côté de la plaque sur tout ; c’en est désarçonnant.

          « Je vous coneille vivement de refuser de publier mon commentaire et d’y apporter droit de réponse en citant des extraits de 5 mots, cela confirmera votre vision obturée (voire constipée) de la liberté d’expression. »

          On n’a pas attendu vos sous-entendus ridicules pour mettre en œuvre une vraie pratique de la liberté d’expression en commentaires. Par contre, on répond à ce qu’on veut comme on veut. Manquerait plus qu’il faille vous demander l’autorisation pour poster sur notre site....

          « car vous ne cessez de ringardisez les propos du journaliste Pierre Carles et de les tourner en dérision voire en ridicule alors qu’ils ont le mérite d’être intéressants et d’apporter un angle nouveau dans ce « débat médiatique » »

          Mais où avez-vous vu que les propos de Pierre Carles sont tournés en ridicule et ringardisés ? Sa tribune est simplement questionnée et discutée, comme peut et doit l’être tout article ou prise de position. Il n’y a nulle injure, nul raccourci - c’est l’expression argumentée d’une divergence politique et intellectuelle. Serge et Odile ont encore le droit de ne pas être d’accord avec ce que peut écrire telle ou telle personne, ou il faut vous demander l’autorisation avant ?

          « De plus, il est étonnant que lorsque l’on cherche à se renseigner sur l’article de Pierre Carles extrait de Siné Mensuel, que l’on tombe directement sur votre site dans le top 3 de la recherche Gogole. Quelle explication à cela, si ce n’est récupérer la polémique levée par Pierre carles, ou de décrédibiliser un texte que peu de gens ont lu »

          Ridicule aussi. Il se trouve que le site de Siné-Mensuel est réduit à sa plus simple expression. Et que les articles, sauf exception, n’y sont pas mis en ligne. Voilà pourquoi on apparaît dans les réponses avant Siné Mensuel. Si ça ne vous plaît pas, envoyez donc un mail à Siné en lui demandant de mettre les papiers sur le net, nous on n’y peut rien.

          « qui a fait énormément pour la liberté d’expression en France, notamment au sujet de l’usage du pouvoir par les médias. »

          Mais qui conteste cela ? On en est personnellement tellement convaincus qu’on a mis en ligne un entretien avec Pierre Carles sur notre site. A lire ICI.

          « pourquoi ne pas aller dans le sens de la liberté d’expression ? »

          Euh.... parce qu’on a ligne éditoriale et politique, peut-être ? Si elle ne vous plaît pas, allez donc faire un tours ailleurs.

          • mardi 16 juillet 2013 à 16h25, par Rhhaaaaahh Je !

            Cher JBB
            Vous commencez tout d’abord par discréditer d’emblée l’intégralité de ce qui est écrit par mes soins, certes de peu de valeurs – ce n’est que l’opinion d’un pauvre citoyen après tout, ce que j’assume parfaitement -, sans répondre aux différents points que je soulève et sans même essayer de débattre, c’est pour vous d’abord je te flingue et ensuite je t’explique pourquoi je t’ai flingué, c’est ce que je comprends dans votre première phrase rapportée ici :
            « C’est assez consternant de voir combien vous êtes complétement à côté de la plaque sur tout  »

            J’ai volontairement retiré le « c’est désarçonnant  » car je ne voulais pas que nous montions chacun sur nos grands chevaux – en fait je n’ai pas les moyens car je n’ai qu’un vélo –. Je dois au moins reconnaître que vous citez longuement mon précédent post dans votre réponse, ce qui est loin d’être le cas de Serge et d’Odile vis-à-vis de l’article de Pierre Carles (les citations représentent de l’ordre de 15 mots environ pour un article tenant sur une pleine page)

            Vous indiquez ensuite : « On n’a pas attendu vos sous-entendus ridicules pour mettre en œuvre une vraie pratique de la liberté d’expression en commentaires. » Cela me convient, sauf quand vous indiquez dans votre propre commentaire : « Euh.... parce qu’on a ligne éditoriale et politique, peut-être ? Si elle ne vous plaît pas, allez donc faire un tours ailleurs. »J’ai là du mal à concevoir le principe de liberté d’expression, mais je vois une réponse à mon attaque gratuite disant que je ne reviendrai pas chez vous, dans le précédente missive, je me contredits d’ailleurs parfaitement puisque j’y reviens.

            Cela ne répond pourtant pas à la question soulevée par mon commentaire –que je reconnais bien volontiers ironique sous certains aspects - qui est : pourquoi ne pas publier l’article de Pierre Carles comme droit de parole à votre droit de réponse ? Ou plutôt : pourquoi avoir refusé de publier Pierre Carles ? Vous êtes évidemment à l’abri de devoir y répondre, c’est juste une question que je me pose. Vous avez aussi une ligne éditoriale à ce que je crois comprendre, mais je n’ai toujours pas compris le principe de « ligne éditoriale » chez des journalistes qui se doivent d’être indépendants et non censurés par leur propre subjectivité. Cela est encore un concept à apprendre pour moi, vous voyez que je sais ne pas savoir.

            Serge et Odile ont leurs droits, comme nous avons les nôtres et chacun en use à son aise dans le respect des autres ; je ne vais pas me prononcer sur la liberté d’expression et leur refuser un point de vue en même temps. Cependant, pour ce qui est de votre affirmation : « Mais où avez-vous vu que les propos de Pierre Carles sont tournés en ridicule et ringardisés […] Il n’y a nulle injure, nul raccourci  » je me permets de citer les extraits de l’article de Serge et Odile suivants : « Après cela, les considérations sociologiques fumeuses comme celles de Pierre Carles, qu’on a connu mieux inspiré, ne font que rajouter au bruit médiatique ambiant. » ou encore : « Derrière les discours comme celui de Pierre Carles, on perçoit la vulgate anti-bobos et anti-classes moyennes qui a tant brouillé la compréhension des mouvements sociaux au niveau mondial » ou encore en sous-titre : « C’est cette grille de lecture très simplifiée que réfutent ici Serge Quadruppani et Odile Henry  ». Peut-être suis-je le seul à y trouver une tentative de ridiculisation.

            Je ne suis pas de ceux qui autorise ou interdise,(vous l’êtes peut être puisque vous autorisez à Pierre Carles ou non de le publier) je ne suis donc pas de ceux qui demande des comptes à des acteurs de l’information comme Siné en leur demandant de mettre en ligne gratuitement des articles qui doivent coûter du travail de journaliste. Je préfère être actionnaire des journaux payants en les achetant aussi souvent que peut le suivre mon grand cerveau lent (pratique pour le kite surf)
            Pour finir, on peut publier une interview de Pierre Carles en 2009 et le tacler par la suite. Ce n’est pas parce que mon chien est marron que je ne suis pas xénophobe.

            « Le critique insulte l’auteur : on appelle cela de la critique. L’auteur insulte le critique : on appelle cela de l’insulte. » Montherlant



  • vendredi 12 juillet 2013 à 13h12, par radtransf

    Vous ne voulez pas susciter la polémique mais dès la première ligne le texte compare P. Carles à un éditocrate. C’est pas possible d’être un minimum poli et bienveillant à gauche ? Il faut absolument rabaisser les autres ?



  • samedi 13 juillet 2013 à 07h49, par Ksrol

    Belle tribune qui permet au soldat Quadruppani de revenir sur le devant de la scène « antifa ». Un article sans aucun interêt soyons franc. Taper sur Carles la belle affaire.
    C’est un peu comme critiquer le monde diplo ! ou Serge Q. peut quelques fois écrire. Cela ne mange pas de pain.
    Si effecivement les ouvriers ne sont pas plus « fachos » que les autres. Il est quand même légitime de questionner le rôle des classes moyennes dans la gestion du totalitarisme marchand faussement joyeux et créatif. Qui n’est certes pas fachiste mais peut-être bien plus féroce que le défilé de boneheads, et qui permettra au politicien de crier au « fazccisme » à la prochaine élection. Les petits bourges etant quand même assez frileux ils voteront même pour Chirac..oups, non merde Sarkozy, pour éviter le moins pire alors que les idées merdiques et les drapeaux bbr sont déjà agités par Méchancons et le produisons industriellement local par la CNT.-

    « Il y a un antifascisme et un antinazisme consensuels qui font beaucoup de mal à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et le national-populisme. Car il n’est que trop visible que cet antifascisme incantatoire est un des derniers gadgets par lequels la gauche institutionnelle et les intellectuels qui la servent tentent de se distinguer de la droite »
    Libertaire et ultra-gauche ... p. 75 Serge Quadruppani
     × 
    Il n’est pas question de dire que SQ est un intellectuel consensuel qui cherche a se dégager de son passer. Mais il est possible de lire cet extrait de deux manières.
    L’une de manière stratégique l’autre d’une manière plus frontale et honnête face au discours du moment.
     × 
    Il bon de souligner quand même que la petite-bourgeoisie et les classes moyennes supérieures composent majoritairement les milieux anti-fa radicaux ou démocrates. Ils sont princiapelement étudiants. Rangés des voitures militantes (enfants maisons boulot métro) c’est une autre histoire. Quand certains ne finisent pas chez les politiciens verts, rouges, orange, ou la Multitude, ils deviennent des spécialistes rémunérés de questions militantes secondaires ou finissent profs.
    Les autres plutot minoritaires ayant fait le tour de la question passent au combat total de classe et anti-capitaliste (forcement et nécessairement anti-fa).
    L’art du pléonasme étant une perte d’énergie.
    Doit-on hélas encore se justifier ?

    • samedi 13 juillet 2013 à 09h52, par Quadruppani

      « les ouvriers ne sont pas plus fachos que les autres » : tu as dit l’essentiel. Pour le reste, le « Quadruppani-bashing » qui semble être une petite distraction occasionnelle dans les milieux de la radicalite parisienne (qui ne sévit pas qu’à Paris, bien entendu), j’en ai rien à cirer. Amusez-vous bien avec vos crottes de nez idéologiques.

      • lundi 15 juillet 2013 à 17h18, par Rhhaaaaahh Je !

        Bravo l’artiste, alors là chapeau...

        Vous refusez d’accepter pour vous même ce que vous faites à Pierre Carles ?

        Comme vous le dites si bien, évitez d’étaler vos crottes de nez idéologiques en des tribunes sales comme ici.

        Pour ce qui de vos défections nasales, elles sentent fortemment la merde et cela m’ammène à vous poser la question : où allez vous donc systèmatiquement fourré votre visage ? Entre reniflage de fesses et léchages de culs, vous commencez même à avoir mauvaise haleine.



  • samedi 13 juillet 2013 à 11h11, par frustré

    Si on appliquait cette grille d’analyse de P. Carles à la résistance anti nazie et aux mouvements anti fascistes en France avant et pendant la deuxième guerre mondiale on trouverait qu’elle était surtout faite par des « bobos » (la résistance massive des prolétaires contre le nazisme en France est un mythe.)Qu’est ce que ça apporterait ?

    L’erreur est de confondre la classe à laquelle appartiennent les acteurs politiques et quels intérêts ils défendent objectivement.

    Ainsi, le meurtrier Esteban le soi disant « prolo » (drôle de prolo soit dit en passant : c’était un agent de sécurité issu d’une famille petite bourgeoise...) défend les intérêts des dominants. Ce n’est pas le premier. Et une bonne partie de ce qu’on appelle les ouvriers peut être considérée comme des petits bourgeois aujourd’hui. L’histoire est une éternelle répétition.

    • samedi 13 juillet 2013 à 18h15, par postmodernedéviant

      « la résistance massive des prolétaires contre le nazisme en France est un mythe. » Vous êtes bien sentencieux. Citez donc vos sources. Qui à le plus résisté en France ? Les prolos ou les capitalistes ? « Allons !, me direz-vous, encore un simplet qui n’y connaît rien ! »

      • samedi 13 juillet 2013 à 18h38, par frustré

        Evidemment qu’en France les prolos ont beaucoup plus résisté que la bourgeoisie. Il n’y a pas photo. Mais il y avait dans la résistance des professions surreprésentées : intellectuels etc...mais la résistance massive du prolétariat est un mythe qui a été alimenté par le PCF. J’ai donné plus haut une référence à la liste du comité de vigilance antifasciste qui était une belle liste de bobos.

        C’était pour répondre à la critique de ceux qui pensent discréditer les antifas en les qualifiant de « bobos » ou en s’en prenant à leur origine sociale : c’est une critique (au mieux) d’ignorants ou d’hypocrites.

        • jeudi 18 juillet 2013 à 09h46, par n’estcepas ?

          Cette surreprésentation des professions intellectuelles, se situe au niveau des directions des orgas. Comparativement, peu de prolos se trouvent à la tête des orgas ou pas du tout. Plutôt la petite bourgeoisie intellectuelle et technicienne ( instituteurs, profs, aristocratie ouvrière : contre-maîtres, mais aussi commerçants, etc.) Le boulot, le dur et le plus risqué, ce sont les anonymes, prolos, qui l’assument, les petites mains.
          De plus il n’y avait pas encore de « bobos » dans ces années-là.

          • jeudi 18 juillet 2013 à 10h56, par frustré

            vous dites : « Le boulot, le dur et le plus risqué, ce sont les anonymes, prolos, qui l’assument, les petites mains. »

            C’est archi faux. Je connais au moins 2 régions de France où ce que vous dites est faux : tout(e)s ceux et celles qui y étaient mettaient la main à la pâte.
            Et il n’y a que 22 régions.

            “De plus il n’y avait pas encore de « bobos » dans ces années-là.”
            L’expression « bobo » n’existait pas mais les fafounets et leurs suiveurs crapuleux ou crétins qualifieraient sans problème André Breton (et presque tous les membres du comité anti fasciste), par exemple, de « bobo » aujourd’hui. Il est inutile de jouer sur les mots : c’est la même argumentation bidon.

            • jeudi 18 juillet 2013 à 13h56, par n’estcepas ?

              Tu veux nous faire croire qu’il n’y avait pas de hiérarchie sociale dans les organisations de résistance, de haut en bas, de la cellule de base jusqu’au sommet politique, que les risques étaient donc les mêmes pour tous ( à part quelques super-héros qui transcendent le commun ) ? Prouve-le.

              Avec ton argument en toc on en déduit que les rapports de classe ont été supprimés dans les organisations de résistance et donc l’inégalité sociale dans la redistribution des risques ( eh oui ça existe dans la tête des gens même s’ils font mine de pas y penser pour des raisons « d’éfficacité » immédiate. Crois-tu que le confort matériel des bourges insurrectionnalistes, repose sur autre chose que sur ce calcul coût/gain dans les « pratiques ».) A te lire on croirait que le bourge qui se fait gauler par les flics, qui fait de la taule, subit le même sort que les pauvres qui se font gauler par les flics, font de la taule, etc.

              Donc dans la « résistance », y avait pas de chefs, de cadres, de futurs édiles ( issus des classes populaires entre autres), etc...? Première nouvelle. Les petites mains n’existent donc pas. Bizzare ton « communisme »...
              ça pue le front pop, le CNR, etc...

              Quant au cas André Breton, si ce dernier a pu être bousculé par les méchants staliniens de l’époque c’est précisément parce que
              les politicards du PCF ( ce parti nationaliste anti-immigrés clandos ) savaient que la perception spontanée et populaire ( donc majo) des prolétaires de l’époque voyait dans la figure d’un André Breton, et de tous les autres membres des classes instruites, un des représentants de l’avant-garde contre-culturelle de la bourgeoisie.

              Et d’ailleurs Breton lui-même en était conscient ( conscient de ses privilèges de classe). Breton n’était ni un salaud, ni un menteur, ni un « bobo » mais un bourgeois conscient et responsable ( on pourrait en citer d’autres, ayant les mêmes origines sociales).

              L’intelligentsia de ces temps troublés avait au moins le mérite d’avoir une certaine auto-conscience ( de classe) qui lui évitait de faire dans l’universalisme de supermarché, comme nos bons anti-fascistes d’aujourd’hui ( cet universalisme qui efface magiquement les différences de classe au nom de la lutte commune contre la bête immonde ). Car à qui profite l’universalisme gauchisant en France et ailleurs ? Aux pauvres peut-être ? Breton lui, ne passait pas des heures à tortiller du cul au nom de l’égalitarisme républicain ou coco, pour essayer de vous prouver qu’il vivait comme un prolo, qu’il était l’égal des pauvres. Parce qu’il a eu ce courage de la vérité, il a donc tout notre respect et nous le tenons pour un authentique allié du communisme libertaire.

              • jeudi 18 juillet 2013 à 21h56, par frustré

                La résistance a été structurée verticalement au départ, et surtout à la fin quand il s’agissait de tirer les marrons du feu. Mais dans le feu de l’action c’était différent : la plupart des actions les plus efficaces étaient faites quand ils s’affranchissaient des dirigeants (ce qu’ils ont payé ensuite), et, puisqu’on parle d’exploitation, il y a même eu des résistants qui ont exploité d’autres résistants.

                Pour André Breton, ce que tu dis est sans doute juste, mais il serait quand même qualifié de bobo avec les critères d’ aujourd’hui, comme les autres membres du comité de vigilance.

    • lundi 15 juillet 2013 à 17h07, par Rhhaaaaahh Je !

      un conseil, lisez l’article de Pierre carles au lieu de radoter sur des notions détournées de leur sens initial.

      Lisez et arrèter d’écrire, vous verrez, on devient moins bète et plus humain.

      • lundi 15 juillet 2013 à 18h36, par frustré

        Je me demande si ce pauvre Pierre Carles méritait ce genre de soutien qui finit de l’enfoncer.

        Excusez-le, Pierre, Rhhaaaaahh Je ! est fidèle mais il ne sait pas ce qu’il dit.

        Un conseil : arrêtez de donner des conseils et de vous présenter vous-mêmes comme une sorte d’ étalon de l’intelligence : contentez vous plutôt de votre baratin sur le « vivre ensemble », votre humanité et vos journaux.

        Cela vous suffit à vous et les autres ont déjà donné : ça et rien c’est pareil.



  • samedi 13 juillet 2013 à 13h49, par /jmj

    Le titre avait retenu mon attention et je pensais trouver une étude un peu plus approfondie, fouillée de cette expression : « un monde sans idées ». L’opposition « mourir pour / dans un monde sans » donne à réfléchir.

    Mais non, dommage.



  • samedi 13 juillet 2013 à 18h09, par postmodernedéviant

    Alors Méric n’est pas mort sous les coups d’un facho ? Alors le fascisme n’est pas le bras armé du capital ? Alors le fascisme n’est plus l’expression de la lutte des classes, celle exercée contre les travailleurs ? Vous ne comprenez rien à force de « subtilités » creuses... sans idées.



  • dimanche 14 juillet 2013 à 16h58, par Francis Juchereau

    Bonjour,
    Avec la mise en cause de Pierre Carles pour son article « L’AFFAIRE Clément Méric », Serge Quadruppani et Odile Henry ont provoqué le souk notamment dans un microcosme politique dont le verbe quelque peu sentencieux (intellectualiste) et biscornu peut impressionner...
    Je m’explique. C’est bien Pierre Carles qui, dans un papier largement lu, coupe les cheveux en quatre et réinterroge insidieusement le fascisme en acte, avéré, et brouille délibérément l’image de l’antifascisme assumé... Car c’est le jeune antifasciste, son courage, sa sensibilité, sa générosité, son intelligence, c’est celui qui a perdu la vie qui est très bizarrement interpelé/interrogé/mis à l’index par ce papier
    Comme Mermet, Carles a un public, une véritable audience, qui plus est engagée voire militante. Ce que disent Henry et Quadruppani ne sont que des propos de bon sens car l’empathie (de classe !)de Carles pour le fasciste meurtrier interroge franchement sur la responsabilité du cinéaste avec cette prise de position soit disant étayée par les sociologies marxienne et bourdieusienne ! (il y aurait beaucoup à dire sur leur usage - une vulgate mécaniste.
    Et qu’elle serait aussi cette affinité du monde journalistique avec la victime ? Carles n’en finirait-il pas de régler ses comptes avec les patrons des grands médias ?

    Encore une fois les arguments de Serge Quadruppani et d’Odile Henry ne sont que des arguments de bon sens, sachant ce qu’on sait du fascisme, de ses « valeurs » et de ses actes, après presque un siècle d’expérience historique.
    Il n’est pas pardonnable de contribuer à mélanger l’humain et l’anti-humain. Il n’y a pas d’AFFAIRE Clément Méric mais une sale histoire de fascistes.

    Ce papier de Carles finit par me rappeler le titre de l’ouvrage de Julien Benda passé dans l’Histoire.

    Un camarade de Georges Guingouin

    • jeudi 18 juillet 2013 à 09h57, par n’estcepas ?

      C’est très bien de signer « un camarade de georges guingouin », malheureusement pour vous cela ne rend pas vos arguments plus justes et intelligents ( tout serait tellement plus simple). Vous ne faites que du copinage. Que la question de classe soit (mal) posée, vous qui vous prétendez anti-fasciste, vous devriez plutôt saisir l’occasion de réflechir à ce qu’est l’anti-fascisme en france ( son public, ses bases sociales, ses contenus, ses tactiques, ses résultats, etc.) et pourquoi cet anti-fascisme manque totalement de vigilance et d’intelligence politique quand il s’agit de combattre un gouvernement de gauche qui n’hésite pas à instrumentaliser l’émotion pour menacer la liberté d’association, dissoudre, etc. Votre grande expérience de résistant si j’en crois votre signature devrait servir aux jeunes générations à comprendre les mécanismes du pouvoir derrière toute cette affaire. Au lieu de cela vous défendez la moisissure médiatique de la contestation. C’est pauvre.



  • dimanche 14 juillet 2013 à 16h59, par ksorl

    Pour les gens serieux : sur la question lisez libertaires et ultra gauche chez reflexes. Une bonne reflexion de Quadru a l epoque avant qu il ne vire antifa peau de zob.

    • dimanche 14 juillet 2013 à 17h16, par Quadruppani

      C’est la dernière fois que je perds mon temps avec toi, Krsol, mais il faut quand même que je te remercie de faire de la pub pour « Libertaires, ultra-gauches, etc. », tu as raison, les gens sérieux doivent le lire, mais apparemment les pas sérieux dans ton genre le lisent n’importe comment.
      Si tu vois dans l’activité de Clément Méric l’antifascisme consensuel dont je parlais dans le passage que tu cites, c’est que t’as vraiment de la merde idéologique dans les yeux. Au fait tu sais ce que c’est, les éditions Réflexes ? C’était des antifascistes libertaires, tout comme Clément. Continue à lire de bons livres, mais fais un effort pour les comprendre.

      • dimanche 14 juillet 2013 à 23h14, par ksorl en cuivre

        J ai tres bien lu. Merci. Ta frequentation de Merignac brouille ton esprit. Mon anti-capitalisme est fort suffisant. Je n est pas besoin d en rajouter. Moua. Critiquer Carles le gauchiste stalinise c est comme perdre son temps a critiquer le monde diplo le pc ou quadru qui peut y ecrire comme un vulgaire keneysien chaveziste ceci n a pas d interet. C bien mon petit quadru tu auras ton bon petit diplo-me d antifa pour tes lecteurs middle-class dont tu nous fais la defense. Tchao amico del pueblo. Pathetique la 60aine et la respectabilite, loin de Paris tu disais ?



  • dimanche 14 juillet 2013 à 19h29, par Claire

    C’est marrant, personne ne relève que Clément et Esteban étaient tous deux des militants anti-spécisme ou, au moins, des droits des animaux (lutte qui est certes récupérée par les racistes, on le sait tous).

    Peut-être avaient-ils plus de choses en commun (leur âge, pour commencer) que de différences, mais je m’égare dans des considérations purement humaines au détriment des « idées » et des « choix » « idéologiques » de gamins de 19/20 ans qui au final les auront conduit à la mort et à la prison.

    Je n’ai aucune opinion sur le papier de Pierre Carles que je n’ai pas pu lire, mais le bien-fondé d’une querelle de clochers ayant cette tragédie pour fond m’échappe.

    Le papier de Pièces et main d’oeuvre cité plus haut exprime en tout point ce que je pense concernant le combat qu’il faut mener et où se situe le véritable fascisme.



  • dimanche 14 juillet 2013 à 23h05, par Machin

    Après le pervers narcissique Mermet, son défenseur égocentré Ruffin et son aréopage de « jaunes », voilà enfin la dernière cible de Article XI : Pierre Carles. On attend avec curiosité ( et impatience ) quels seront les prochains intellectuels de la gauche de gauche à être dézingués par Article XI et/ou CQFD : Halimi, Rimbert, Maler, Cheynet, Accardo, Ariès, Sieffert,Discepolo, Harribey, Lordon, ? etc...La liste est trop longue pour être exhaustive.
    Il reste à une petite bande de libertaires ( souvent brillants intellectuellement)de faire son marché dans cet étal de staliniens indécrottables.
    Allez, n’hésitez pas, c’est la grande braderie, un homme de gôche au prix de deux. Nous avons aussi du chomsky en promo. Faire commande cependant ( parfois pas en stock : Nous n’avons plus de Bourdieu ou de Castoriadis).
    Moins 50% sur leurs idées pour tous les titulaires d’une carte réduction ARTICLE XI !
    Faites parler vos envies de révolution !

    La FNAC ( fédération nationale des anarchistes contestataires)

    • dimanche 8 septembre 2013 à 21h29, par Agone Canal Historique

      Discepolo, un intellectuel ?

      C’est une blague ?

      C’est comme « Discepolo, bien connu d’une partie du monde militant » (une phrase signée notamment... Discepolo), une autre blague.

      C’est le culte des Saints ?



  • lundi 15 juillet 2013 à 02h43, par eric

    ben pour en être un (un prolo)et fils de (prolo)je vois bien que tout ça pourrai me dépacer cependant je remarque si j’ai bien lu que l’on ne veut surtout pas avoir à faire à une idéologie et c’est bien ça le problème car comment expliquer au consommateurs de la pensée unique diffusée par les médias dominants y compris public(ça fait mal)que la domination mondiale est un dogme néolibéral dont la stratégie est très bien ciblée avec les moyens qui vont avec ;donc je n’écrirai pour finir que ces quelques slogans que j’ai l’intention d’écrire dans la rue en toute illégalité
    UMPS+FN=OLIGARCHIE=IMPOSTURE RF=UNE ET INDIVISIBLE ET UNIVERSELLE:UMPS+FN DIVISENT



  • mardi 16 juillet 2013 à 08h24, par Gavroche

    Dommage de ne pas pouvoir lire l’article de Pierre Carles pour se faire sa propre opinion... !

    • mardi 16 juillet 2013 à 14h12, par Gilbert Duroux

      Oui, c’est un aspect de la politique éditoriale d’article 11 que j’ai du mal à comprendre. Que l’on fasse des choix éditoriaux et que l’on publie ce qu’on veut, c’est tout à fait normal. Mais lorsqu’on organise un débat autour d’une controverse, la moindre des choses est que les deux points de vue soient présentés. Quitte à ce qu’Article 11 prenne parti pour l’une des thèses.
      Dans un cas (« l’affaire Mermet ») on a un article plutôt à charge, mais pas la réponse de l’avocat (Ruffin). Dans le cas de Carles, on a la réponse mais pas ce à quoi il est répondu. Bizarre.



  • mercredi 17 juillet 2013 à 22h20, par voyezvous

    1) Dans les premiers jours de l’affaire, Méric était la victime d’un horrible lynchage ( radio, presse, radio-trottoir, diner en ville, diants-diants émus, bref tous les propriétaires et usagers de la pensée de gôche).
    Les fascistes étaient les lyncheurs, hordes barbares qui s’était abattue sur une victime innocente, qui passait par hasard pour faire du shopping. Proposition du gouvernement et du raciste Valls : Il faut dissoudre ! Personne dans le peuple de gôche n’y voit un problème...

    Une semaine plus tard, un bémol dans la version officielle : c’était une baston entre deux groupes politiquement opposés, assumée par tous les belligérants. Point de victime innocente donc, mais les risques de la vocation. Mort au combat.

    Les fascistes initialement présentés comme des lyncheurs paradent désormais comme d’authentiques dissidents persécutés.
    Résultat : l’instrumentalisation de l’émotion + la bêtise bêlante du peuple de gôche = fascistes héroïques.

    2) La question de la dissolution : étrange que personne ne s’arrête un instant sur ce point capital ( là on parle concret, luttes sociales à venir, etc.). Le gouvernement a envisagé de dissoudre les groupements de faits. Et peut-être d’enrichir le code de sécurité intérieure de nouveaux critères permettant la dissolution de tout groupements définis comme menace contre l’ordre public, et plus seulement les orgas ayant un statut légal mais vous, vos potes, camarades, nous tous quoi, etc.
    Cela vous rappele-t-il pas le coup contre les bourges de Tarnac ?
    Reprenons. Occasion exceptionnelle à saisir pour justifier un autre coup, plus sérieux celui-là :

    Quelques fascistes désignés par l’Etat à la vindicte du peuple de gôche, à l’hystérie des classes moyennes qui s’en foutent pas mal des SDF mais veulent un avenir plus rose dans le capital pour leur progénitures ( qui nous exploiterons comme leurs parents l’ont fait avec les nôtres ) : tout ça pour légiférer préventivement contre les « libertés publiques », de réunion, de collectifs de lutte, c’est pas bête non, vue les conflits à venir ?

    Est-ce que l’ultra-gôche moralo-bobo s’est un instant penché sur l’opération politique d’instrumentalisation de l’émotion « anti-fasciste » comme un bon moyen de faire passer une modification sensiblement liberticide contre tous les groupements de fait ? Bien sûr que non. Atteinte de sénilité précoce, elle n’est plus composée que de belles âmes...

    • jeudi 18 juillet 2013 à 11h53, par frustré

      Le bilan c’est surtout que la catégorie de ceux-sur-qui-on peut-compter-si-on-a-besoin-de-rien est étonnamment prolixe en arguments à la noix dès qu’il s’agit de prendre un risque personnel quelconque. Mais tout cela n’est pas nouveau non plus.

      • jeudi 18 juillet 2013 à 13h23, par n’estcepas ?

        Le bilan de ta lecture du bilan c’est que t’as toujours pas compris, au sens pratique du terme, qu’un forum internet n’est pas le lieu où on prend des initiatives sérieuses. Cela se passe ailleurs, entre nous soit dit. Mais bon, chacun à son rythme, n’est-ce-pas ?

        Tu pourrais nous donner ton avis sur cette question de la dissolution, non ?



  • jeudi 18 juillet 2013 à 10h48, par Tonus

    À ceux qui se questionnent sur l’opportunité de combattre l’extrême droite dans la rue (sans préjudice de la combattre par d’autres moyens), je ne saurais que conseiller la lecture de « la peste brune » de Daniel Guérin.
    Il y relate son voyage en Allemagne au début des années 30, au cours duquel il constate la prééminence des groupes nazis dans la sphère publique.
    Quand ces positions ne sont plus combattues là où elles s’expriment, c’est que leur victoire est imminente.
    Il est urgent de poursuivre (voire refonder) la lutte de classe à l’aune des paradigmes nouveaux de la société moderne et de ses frontières sélectives, mais le faire en ignorants de notre propre histoire, en plus d’une insulte à l’avenir, relèverait de la plus tragique erreur.

    • samedi 20 juillet 2013 à 19h03, par le moine bleu

      Tiens, Tonus ! une bonne lecture, également, pour vous : celle de Jan Valtin, spécialiste efficace de la baston de rue antinazie (à l’époque même dont vous parlez en évoquant Guérin : 1932 pour être précis).
      À la veille du triomphe de Hitler, donc, lequel, rappelons-le, fut formellement ÉLECTORAL, la stratégie des staliniens consistait justement essentiellement à « combattre l’extrême-droite dans la rue », selon votre expression, ou encore, ainsi que l’exprimait exactement le camarade-dirigeant Heinz Neumann (qui sévira ensuite au profit de Staline contre les anarchistes espagnols, avant de finir exécuté par la Guépéou, d’une balle dans la tête, pour prix de ses efforts) : « chasser les nazis des rues ».
      A cette fin radicale, toutes sortes de massacres horribles, d’assassinats, lynchages, et autres méthodes du même genre spectaculaire occasionnaient alors chaque semaine (de part et d’autre, certes) des DIZAINES de morts.
      Or, voilà la conclusion à laquelle Jan Valtin, lui-même artisan-organisateur de ces troupes d’assaut staliniennes, parvient - quant à cette stratégie - dans son ouvrage « Sans patrie ni frontières » (Babel-Actes sud- p. 428) :

      « Le but de ces actes d’abominable terrorisme, qui était de chasser les Chemises brunes des quartiers maritimes, ne fut pas atteint. Les bandes de Hitler continuèrent à progresser au sein de la classe ouvrière avec un courage et une ténacité inébranlables. »

      Étonnant, non ?



  • dimanche 21 juillet 2013 à 08h38, par jofrey

    Sur la mort de clément j’ai écouté une émission de vosstanie (vosstanie.blogspot.fr) pas mal avec des extraits des positions de toute la gauche qui demande à voter pour Chirac. C’est pas glorieux même pour les anars ou le NPA.
    Je crois qu’il/elle parlent de la « gauche du capital » aussi. Enfin c’est un peu plus nuancé que certains post.



  • vendredi 26 juillet 2013 à 17h18, par ZeroS

    J’ai lu le texte ; pas tous les commentaires.

    Je suis d’accord avec Serge Quadruppani et Odile Henry sur un point : aucune situation n’excuse un choix de positionnement politique, même s’il peut s’expliquer (sociologiquement ?).

    Ensuite, n’étant pas sociologue, je ne peux pas me prononcer clairement, même si je pense que l’extrême droite fait plus d’émules dans certains milieux populaires que la gauche radicale, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une place privilégiée... chez les privilégiées. Les idées d’extrême droite sont les amies du Capital, c’est pourquoi elle trouve facilement des porte-voix dans les médias, qu’ils soient dit de gauche ou de droite.

    Alors, si la question est de savoir pourquoi la gauche radicale (ou cex qui ne sont ni de gauche ni de droite) peine à sortir des milieux que l’ami Jean-Pierre Garnier qualifie de « petite bourgeoisie intellectuelle », je ne peux pas vraiment répondre. Cependant, ce que je retiens de La parole ouvrière proposé par Alain Faure et Jacques Rancière c’est qu’il a existé des manières de faire pour transmettre, s’organiser et communiquer dans les milieux populaires (non sans dificultés, j’imagine) qui n’existent plus aujourd’hui, ou à la marge dans des milieux socialement homogènes et plutôt clôts, assez éloignés, de fait, d’un principe d’« égalité des intelligences » transcendant les classe sociale...

    Enfin, ça se discute.



  • samedi 27 juillet 2013 à 20h01, par ZeroS

    Pour revenir à la question de « l’éducation populaire » évoquée précédement, on peut lire dans La parole ouvrière les intentions du journal La ruche : être une « école mutuelle » des ouvriers et s’adresser aux bourgeois. L’objectif est bien double : (in)former et s’opposer à l’ennemi de classe. La notion d’« éducation populaire » est aujourd’hui clairement galvaudée, cependant quoiqu’on mette derrière des pratiques de formation d’une culture politique, il n’y a pas à opposer de manière binaire la lutte contre les factions radicales de l’extrême droite et un travail de diffusion et confrontation des idées et des pratiques anti-capitalistes en-dehors des étroits milieux militants contemporains. Je pense que la leçon des ouvriers communistes, socialistes et anarchistes, du XIXe et du début du XXe siècle est bien celle-ci.



  • J’ai lu l’article, les réactions diverses, les liens proposés... j’ai la douloureuse impression que, dans un grand manque de recul et de discernement, la plupart des partisans éparses de l’anticapitalisme, des droits de l’homme, de la veille - voire du combat- nécessaires à garder contre toute forme de fascisme et d’enfermement (valeurs qui me tiennent à cœur me semble-t-il), finisse par refuser de comprendre la pensée de l’autre et fait, finalement, elle même preuve d’un certain fascisme... Attention à ne pas confondre débat politico-philosophique et sophisme ! Surtout quand le monde va de plus en plus (trop) vite !



  • mardi 13 août 2013 à 10h48, par Manolo

    Bonjour,
    Perso dans les campagnes d’ou viennent des « âmes perdues » du style Esteban je n’y ai jamais vu de collectifs, partis ou autres venir expliquer l’histoire, la politique, la lutte des classes et lutter contre ce fléau qu’est le fascisme ! Par contre l’inverse se vérifie et leur parole est largement colportée !
    Les jeunes (et moins jeune, masculin et féminin) fascistes sont légions et fiers de revendiquer leur appartenance à ce mouvement ! Un peu plus de légitimité et leurs actions se feront plus virulentes, plus présentes ! La peste brune se répand doucement mais sûrement ! Les prochaines municipales révéleront sans doute cette avancée ! Et encore une fois les biens pensant feront mines d’etre surpris et s’indigneront !
    Il n’y a pas a tortiller du cul pour chier droit : la propagande fasciste est d’une efficacitè redoubtable surtout face à l’inconnu.
    Et pour finir l’appellation ANTIFA est le symbole d’une lutte perdue d’avance ! D’ou vient ce mot, qui l’a inventé, ce mot est une insulte a tout ceux qui par le passé on combattu le facisme ! Ce mot est une sorte de spermatozoïde pas fini ! ANTIFA putain ca sonne faux !



  • mercredi 14 août 2013 à 13h37, par Elvis

    Autant je comprenais qu’Article XI ne publie pas l’article (le panégyrique) de Ruffin sur ses années Mermet (qui était hors-sujet voire crapuleux), autant je ne comprends pas la non-publication de l’article de Pierre Carles. Certes, l’article est discutable parce que surtout fondé sur des hypothèses non vérifiables. Mais il est discutable appliqué à la mort de Clément uniquement. Si on le généralise, les arguments et le point de vue adopté (lutte de classes) tient la route selon moi : une partie du prolétariat, par sentiment d’infériorité dû à leur condition (sociale, culturelle...) se jette dans les bras de l’extrême droite, tandis que d’autres vont à l’opposé et que la majorité, non politisée, végète au gré du vent, des élections... C’est un fait que la classe moyenne intellectuelle politisée (notamment d’extrême gauche) peut être perçue comme condescendante. Que cela explique le meurtre, je ne sais pas (ni Pierre Cales d’ailleurs). Mais c’est un fait qu’il ne faut pas oublier dans l’analyse de l’extrême droite qu’il faut combattre. Cela ne justifie pas l’action de l’extrême droite, ça l’explique, en partie (en petite partie, peut-être).

    Attention de ne pas vilipender toute analyse de l’affaire par émotivité, passion dès lors qu’on a l’impression que ladite analyse insulte la mémoire de Clément en prétendant qu’il aurait des torts. Ce n’est pas du tout ce que dit Carles en plus, je pense.

    Quand à ces allégations autour de sa proximité avec des proches de Dieudonné, Nabe etc... c’est tout bonnement ridicule et nauséabond. Cela ne présume en rien des idées de Carles que de dire cela. Des proches de Dieudonné ne sont pas que cela, ils ont aussi des idées (qui peuvent être intéressantes) sur les médias etc... Le souligner ok mais en faire un argument en plus contre Carles et une calomnie, c’est honteux. Quant à Chouard, oui il cotoie (de loin tout de même) des gens peu fréquentables mais au nom du débat autour du tirage au sort, travail qu’il mène de front depuis 2005, non sans pertinence d’ailleurs bien que ce soit discutable. Ce serait bien de discuter des idées (comme le font Serge et Odile) plutôt que de jacasser autour de ces non-idées !



  • jeudi 5 septembre 2013 à 16h14, par Dror

    Le texte de Pierre Carles est maintenant dissponible sur le site de Siné Mensuel :
    http://www.sinemensuel.com/droit-de...

    Par ailleurs le numéro de Septembre de Siné Mensuel ouvre ses colonnes aux réponses des amis de Clément, de Serge Quadruppani, de Jean-Jacques Rue, de Yannis Youlountas et de... moi meme !

    Dror



  • samedi 7 septembre 2013 à 20h19, par Revue Agone Canal Historique

    Quel anti-racisme pour quelles victimes du racisme ?

    La Dictature du chagrin, justement dénoncée par Stieg Dagerman (éditions Agone, canal historique), tend à brouiller les esprits. Tout d’abord, cette rencontre fatale s’est déroulée dans une boutique de fringues, ce qui suggère une certaine proximité sociologique entre les deux protagonistes (ils fréquentent les mêmes lieux et se posent en s’opposant dominés par le même référentiel fashion situés dans la même frange consumériste.) Qu’a-t-elle à voir avec le racisme et l’anti-racisme ? Rien. C’est effectivement un conflit entre fractions de classe qui s’approprient le langage comme les fringues : « fa » et « anti-fa », comme ces mots l’indiquent, il ne s’agit pas de luttes politiques, mais de distinction. De sociabilité et de totems. Les principales victimes des modes « fa » et « anti-fa » sont les victimes du racisme : qui ne fréquentent pas ces magasins de fringues. L’anti-racisme a été transformé en mode par SOS Racisme, il vise à se distinguer des racistes, qui eux visent à se distinguer des anti-racistes. La meilleure preuve que l’anti-racisme est inconséquent, mais non sans conséquence, est que la veille de la manifestation pour Clément Méric (dans un lieu « chic », la place de la Concorde) avait lieu la manifestation d’Argenteuil suite à l’agression, raciste celle-là, d’une femme voilée qui en perdit son bébé. Qui alla soutenir les organisations locales ce triste samedi ? Pas d’« anti-fa ». Et à vrai dire, à peu près personne. Quelle plus grande fidélité aurait-on pourtant pu manifester aux idées que Quadruppani prête à Clément Méric (qui pas plus que Pierre Carles ne peut être dans sa tête) que d’aller soutenir une vraie lutte anti-raciste : en pratique. Cela a d’ailleurs fortement choqué les organisations en question : battage médiatique pour Méric, à peu près rien pour la victime d’une, forcément, « prétendue » agression raciste (« Tel est le camouflage du principe qui s’effectue avec ce petit mot « prétendu » que nous voyons surgir dans tous les commentaires sur ce qui s’est passé. Il y a des horreurs qui sont commises et dont l’odeur monte jusqu’au ciel, le monde le sait bien sûr et supporte un tel savoir. Mais il jouit aussi manifestement du spectacle d’une endurance morale qui lui offre aujourd’hui encore de « prétendues horreurs » sans se voir signifier : Stop ! Dehors ! Quittez cette planète ! » Karl Kraus, 3e nuit de Walpurgis, Agone, Canal historique. Peu de temps plus tard, au sujet de Trappes, on lirait ce titre : »la jeune fille se prétendant victime d’une agression raciste s’est défenestrée« . A quand : »la jeune fille se prétendant victime d’une agression raciste s’est prétendûment défenestrée«  ?) M’interrogeant auprès d’une correspondante du Musée de l’Europe & de l’Afrique au lycée de Brest sur ce paradoxe de l’anti-racisme qui s’en ouvrit à un enseignant anti-fa de cet établissement, elle me retransmit la réponse suivante : »Il faut bien dire qu’il y a de plus en plus de femmes voilées en France« . J’ignore si les »fa« ratonnent en plus de se mettre sur la gueule avec leurs frères ennemis, les »anti-fa« . Mais par contre je ne suis pas loin de penser que les »anti-fa« ratonnent symboliquement en se prétendant les principales victimes du racisme et en déniant en pratique cette qualité aux véritables victimes qui ne sont habillées ni à la mode »fa« , ni à la mode »anti-fa". L’anti-fascisme serait donc devenu un club, avec sa culture, ses auteurs, ses héros, ses martyrs, ses revues, ses fringues... mais un club privé où les victimes ne sont pas admises : tenue correcte exigée. Clément Méric fut le voile qui cacha Argenteuil.

    Car les agressions véritablement racistes bénéficient d’une islamophobie qui dans sa forme la plus soft est profondément partagée grâce à des années de racisme d’État (le seul qui soit vraiment historiquement dangereux et irréversible.) Ce racisme soft et diffus de l’anti-racisme fashion est effectivement le voile qui cache que les pogroms ont commencé. Puisque lorsque l’agression survient, tout le monde regarde ailleurs, car la victime, comme la femme violée, est forcément suspecte car éventuellement « prétendue » (d’ailleurs elle est musulmane et défendue par des organisations « musulmanes », comme les homosexuels étaient défendus par des « organisations homosexuelles » victimes du même genre de racisme trans-classe, or comme chacun sait grâce à Caroline Fourest, les musulmans et même les musulmanes sont spécialistes du « double langage »), alors oui, pourquoi se gêner ? Ces agressions se produisent et se produiront de plus en plus car elles sont invisibilisées, notamment par les « anti-fa » obsédés par leur rivalité (sans doute de classe, effectivement) avec les « fa ».

    Surveillant l’évolution du journal Libération, je fus fort surpris de lire un excellent compte-rendu de la manifestation d’Argenteuil reprenant fidèlement les communiqués des organisations que personne ne lira puisque « musulmanes », donc pratiquant le double langage. Mais au-dessus de l’article en ligne, un robot brouillait le message. « Sortons le racisme de nos rues » clignotait-il de façon orwelliennement hypnotisante. Il s’agissait d’une pub pour une application ipod de la licra (une fausse association « anti-raciste » dénoncée depuis longtemps). Donc un anti-racisme de marché bien fait pour brouiller le message des victimes du racisme arrivé pourtant miraculeusement dans les pages de Libération...

    Peut-être que le fritage Carles-Quadruppani, en dernière analyse, relève de la même problématique : chacun d’entre-eux défend une fraction de classe, ou une classe, à y bien regarder. Et cela envahit les journaux de la presse militante : dans le cas de Pierre Carles, puisqu’article XI l’a refusé, dans le journal de Siné, c’est à dire où l’on nous raconte tous les mois qu’une vraie femme libérée est tenue de se promener à poil pour que le vieux puisse la reluquer comme une marchandise (on comprend qu’il soit resté si longtemps à Charlie Hebdo), donc qu’elle ne saurait être musulmane et voilée, donc que ses problèmes, éventuellement d’agression raciste et de perte d’un enfant, ne sont pas vraiment dignes d’intérêt pour un combattant conséquent de l’égalité (tous à poil, partouze générale, communisme de la femme offerte, la voilà la seule liberté - DSK n’est pas si loin - qui vaille !)

    Et ce débat, dans la presse militante cette fois, prend la place du vrai débat qui permettrait d’élaborer un anti-fascisme conséquent qui passe par le soutien déterminé aux victimes et à leurs organisations. Quand Mélenchon rend hommage à Méric en « oubliant » de se rendre à Argenteuil... Quand à Tunis il soutient les principaux exportateurs de l’islamophobie en France, toujours au nom, si laïc, des « martyrs »... Et ben, on se dit, que oui, les bisous entre petit-bourgeois, au même titre que les coups de poing dans la gueule, ça « suffa comme si » comme disait une figure de la « cause » de SOS-racisme (faire stigmatiser les classes populaires comme racistes, au risque qu’elles en tiennent le discours en renversant le stigmate et tombent dans les pattes de Le Pen, par les classes moyennes qui... au nom de l’anti-racisme, ont ainsi laissé les-dites classes populaires se faire ravager par le « socialisme réel »...

    PS : ça n’a sans doute rien à voir, mais lorsque j’ai pris la fuite des éditions Agone, j’avais préparé un recueil de textes de Chomsky, paru depuis. Le seul texte qui ne fut pas retenu par M. Jean-Jacques Rosat était aussi le seul que Noam Chomsky, en personne, m’avait demandé d’y mettre. Il démontait en détail la rhétorique de l’accusation de « double langage » qu’un historien chien de garde bien en place avait utilisé pour essayer de discréditer les travaux de Chomsky. J’avais dit à Rosat que c’était important à cause de Tariq Ramadan. Réponse : qui est ce Tarq Ramadan ? - Ben c’est l’intellectuel musulman qui se fait pilonner par Caroline Fourest... - Ah, celle qui fait des éditos dans Le Monde, j’aime bien... « Que faire de la religion (des autres) », comme dirait Jacques Bouveresse...

    Je pris immédiatement la fuite vers des terres plus vertes où continuer le combat, ce qu’un Serge Halimi me reprocherait certainement...



  • samedi 14 septembre 2013 à 16h02, par Karib

    Même si je partage tout à fait l’analyse que tu fais du miroir fa-antifa, du caractère quasi-privé, de tribu affinitaire, qu’adoptent ces deux images, je ne peux être d’accord avec ces complaisances révoltantes avec l’intégrisme. Musulman en l’occurrence.

    Si Caroline Fourest est bien une social-démocrate dépourvue de toute vision anticapitaliste, elle n’est pas pour autant la raciste anti-musulmane qu’avec tant d’autres tu décris. (J’évite le terme exaspérant d’islamophobie, véritable cliché médical que l’on devrait bannir une fois pour toutes.) Si ses positions sont bien souvent critiquables, son livre sur l’inqualifiable Tariq Ramadan est, en revanche, tout à fait remarquable. Et si tu ne l’as pas lu, je t’en recommande la lecture.

    Et, oui, le dénommé Tariq Ramadan pratique bel et bien le double langage. Et de façon redoublée, puisque son frère Hani, est chargé dans le duo familial de ratisser plus large, auprès des butors partisans de la lapidation des femmes adultères.

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