Un mois pour souffler, s’aérer les méninges, comploter et préparer la version papier. Loin du net, loin du vampire quotidien A.11. Jusqu’à fin août, le site clapotera donc dans les limbes, éteint pour une pause estivale. Mais si on hiberne, c’est aussi pour revenir plus affutés, canines étincelantes et griffes lustrées. Bref : un petit mois, et puis on passe méchamment aux choses sérieuses. Boum.
Chroniques d’un éducateur de rue dans un quartier populaire de la banlieue parisienne. Aujourd’hui, en bons agents de la paix sociale et de la prévention de la délinquance, plongés dans la concoction d’un clip aux allures d’insurrection sur-armée, l’on évite, sinon une émeute, à tout le moins une belle bavure policière. Et l’on se prend d’estime pour un chef flic. Drôle de boulot…
Fini de rire ! Interdiction de déconner, désormais, avec le fier drapeau français, qu’il s’agisse de le brûler en place publique ou de le ridiculiser en photo. Il en va de l’honneur national - quand même… Ceux qui tenteraient de passer outre, détestables personnages prêts à violer la loi, n’ont qu’à bien se tenir : le châtiment sera à la hauteur de l’outrance… euh, pardon : de l’outrage.
Où l’objectivité musicale déserte devant la canicule et un job d’été pourri. Où - perdu à la réception d’un hôtel sans âme - on vilipende ceux qui osent célébrer l’été gazouillant. Où "Summertime", une des ritournelles les plus ânonnées de l’histoire musicale se voit roulée dans la fange, renvoyée chez sa maman. Et où la conclusion est (presque) catégorique : on ne la pleurera pas.
Trop jeune, tu as raté Verdun ? Pas grave, il te reste une chance d’assister à une guerre, une vraie. Le front sécuritaire gouvernemental - Grenoble et Saint-Aignan pour ligne Maginot - te permet ainsi de plonger au cœur de la machine belliciste. Comme en 14, ses experts et officiers rêvent d’un désordre pourtant condamné à grands cris, pour mieux satisfaire leurs intérêts et ambitions.
Ont-elles fait fantasmer, ces panthères noires… Avec leur apparat guerrier et leur rhétorique incendiaire, les Black Panthers ont nourri l’imaginaire insurrectionnel d’images en pagaille : fusils d’assaut rutilants, bérets et fringues flashy. Mythe aidant, on en oublierait presque l’essentiel : les panthères avaient peut-être le doigt sur la gâchette, mais aussi les mains dans le cambouis social.
Où il est question de promenades nocturnes virant à l’aigre, puis au yahou ; de vengeances bien crades, avec décapitation de rigueur ; de pelouses réservées qui nous les broutent ; de remèdes à la trahison du temps ; et même de tribunal populaire. Où l’on croise en écarquillant les neurones la prose de Jean-Marc Agrati. Où l’on encaisse en souriant. Blam, dans le sternum.
Finis les grands mots et les déclarations d’intention : aujourd’hui, on parle gros sous. C’est que, derrière un vernis alternatif et une apparence d’intégrité, on ne compte pas stagner en terre désargentée. Objectif ? Cac 40… Même si, en attendant, nous allons devoir faire face à quelques banales questions de trésorerie. Le point sur nos finances, en toute transparence.
Les animateurs de la radio mexicaine Ké Huelga nous ont fait parvenir ce texte. Passionnant, il fait le point sur la situation ensanglantée d’un pays où règne la loi du plus fort - au plan économique comme militaire. Et il explique aussi combien le travail essentiel mené par cette petite radio militante est aujourd’hui gravement menacé par la répression gouvernementale. Le point.
En un peu plus de dix ans, la maison s’est faite un nom, synonyme d’exigence intellectuelle et d’engagement politique. L’éditeur indépendant Agone ne cède jamais à la facilité, quitte à parfois se donner une image un brin intransigeante - le prix de l’intégrité. À l’occasion d’une visite à Marseille, nous avons rencontré l’un de ses membres, Raphaël ; dans nos bagages au retour, cet entretien.
Un monstre néo-libéral, Adam Smith ? Pas vraiment… Caricaturée et victime de grossiers raccourcis, la pensée de l’auteur de la Théorie des sentiments moraux mérite d’être un brin réhabilitée. Zéro S. s’en charge brillamment, qui s’appuie sur les écrits de Noam Chomsky et de Serge Latouche pour remettre certaines pendules économiques à l’heure. La main invisible ne l’est pas tant que ça…
Un souffle, une rage expirée, un "rugissement" qui gagne en décibels jusqu’à se faire évidence. Quand Allen Ginsberg écrit Howl en 1955, il y glisse une folie pure et bondissante, une charge poétique batailleuse que l’on retrouvera ensuite distillée dans la contre-culture américaine des sixties et seventies. Le premier bâton de dynamite, l’amorce, pourtant souvent négligée, voire oubliée.
Un verdict sans surprise, peines écrasantes pour ceux présentés (sans preuve) comme ayant tiré sur la police à Villiers-le-Bel, en novembre 2007. Ces condamnations iniques ne sont pas seulement la sanction d’une révolte : elles disent aussi un enjeu économique, celui de la place de l’ordre à la française dans l’industrie mondiale de la répression. Pour en parler, Mathieu Rigouste.
La lettre est arrivée en fin d’après-midi, enveloppe bordée d’un liséré noir signalant sa provenance. Pas une surprise : à A11, on est habitués à recevoir des courriers de l’au-delà, missives balancées du royaume des morts en réaction aux conneries des vivants. Cette fois, l’envoi est signé Émile Zola, le défunt écrivain s’insurgeant contre le J’accuse publié ce matin par Frédéric Lefèbvre.
Confronté à la nouvelle chanson censée incarner l’esprit du PS, l’indécemment nullarde "Il est temps", l’auditeur lambda se contente de couper le son et de ne plus jamais y revenir. Article11 n’étant pas une sinécure, je me suis - cobaye d’élite - dévoué pour une immersion plus prolongée dans l’immondice en question. Compte-rendu d’intoxication auditivo-mentale, en quatre temps.
Comme un rouleau compresseur en territoire urbain. Qui chasse les classes populaires, dépossédées de leur « droit à la ville », vers de lointaines périphéries. Et qui draine en son sillage des populations aisées, invitées à faire définitivement main-basse sur des villes aseptisés. Une violence spatiale documentée avec précision par le chercheur et sociologue Jean-Pierre Garnier. Excursion urbaine.
Dis-moi : face à la crise, tu serais plutôt "relance" ou "rigueur" ? Les deux, mon capitaine ? Ça tombe bien : notre ministre de l’Économie a pensé à toi. Avec la création d’un néologisme ridicule, la "ri-lance", Christine Lagarde foule aux pieds toute réalité économique. Et affiche surtout sa volonté - dans la droite ligne de l’enfumage élyséen - de prendre les habitants de ce pays pour des crétins.
Il y a des poncifs qui ont la vie dure. Celui du bluesman vagabond, errant de ville en ville et de bars louches en salles enfumées pour gagner sa croûte et sa bibine à la sueur de sa guitare, reste gravé dans l’inconscient collectif. À juste titre. Il suffit de se pencher sur la vie et la musique de John Lee Hooker, "hobo" en chef, pour comprendre que mythe et réalité font parfois bon ménage.
Ces derniers temps, ils multiplient les références (plus ou moins) directes à 1789. Non pour s’en réclamer, mais parce que les membres du gouvernement et leurs amis ne craignent rien tant que de voir monter la colère populaire. Eux sentent combien le parallèle avec la France d’avant la révolution est pertinent. Et s’effrayent d’un jour prochain en payer le prix. A juste titre ?
Tu croyais que c’en était terminé avec l’agitation de la menace "anarcho-autonome" ? Que le fiasco de Tarnac avait définitivement convaincu les têtes de gondoles antiterroristes d’abandonner ce genre de crasseuse manipulation ? Erreur. En un entretien donné au Figaro, Bernard Squarcini, directeur de la DCRI, en remet une couche sur le sujet. Entre autres…
C’est vrai, ça fait un moment qu’on ne vous a plus parlé de notre projet de passage au papier. Non que les choses n’avancent pas (ça se précise, même), mais plutôt parce qu’on ne trouve pas toujours l’angle approprié. En attendant des chroniques plus "techniques", centrées sur des questions concrètes, plongée sur notre (absence de) ligne éditoriale, sac de nœuds, voire de rhizomes.
Que tu prêtes ou non une quelconque réalité à la fiction judiciaire, tu le reconnaîtras : le déroulement du procès des cinq habitants de Villiers-le-Bel accusés d’avoir tiré sur la police en 2007 repousse toutes les limites du dit État de droit. Charges réduites à néant, témoins fallacieux et douteux coups de théâtre mettent à nu ce qui se joue là. La police a fait main basse sur la cour d’assises.
S’il devait retourner à l’école, il serait au premier rang, ne cessant d’applaudir le maître que pour appeler à la discipline et exhorter ses camarades à travailler plus. Gérard Carreyrou a passé l’âge, mais il reste - à TF1 hier comme à France Soir aujourd’hui - le fayot de service, bramant toujours dans le sens du pouvoir. À tel point qu’il a réussi à redonner tout son lustre au mot "propagande". Respect !
Un des groupes les plus étranges du planisphère, entre musique country et influence Burroughs, Sud ricain profond et highlands écossais. Les Country Teasers, qui sévissent depuis le début des nineties, mélodies hirsutes en bandoulière, méritent une oreille attentive - voire plusieurs. Ne serait-ce qu’à cause de cette chanson incroyablement obsédante : « Golden Apple ».
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Un mois pour souffler, s’aérer les méninges, comploter et préparer la version papier. Loin du net, loin du vampire quotidien A.11. Jusqu’à fin août, le site clapotera donc dans les limbes, éteint pour une pause estivale. Mais si on hiberne, c’est aussi pour revenir plus affutés, canines étincelantes et griffes lustrées. Bref : un petit mois, et puis on passe méchamment aux choses sérieuses. Boum.