Un tsunami de critiques élogieuses, quatre pages dans Marianne - le magazine qui frictionne laborieusement chaque semaine la vieille peau du centrisme - , une inscription dans la liste des finalistes du prix de Flore : on aurait bien là de quoi se décourager de lire Le Bloc de Jérôme Leroy. Mais on aurait tort, tant il renouvelle avec brio un genre à bout de souffle : l’antifascisme polardeux.
Difficile d’y échapper : les dix ans du 11-09 sont partout. Pour une fois, A11 se glisse dans l’air du temps, "profitant" de l’occasion pour publier un billet de Serge Quadruppani, rédigé peu après la déflagration new-yorkaise. Un texte reflétant parfaitement les interrogations de l’époque. Et une bonne manière de mesurer le chemin parcouru - et celui qui reste à faire.
Depuis deux semaines, l’ami Serge arpente la Tunisie. Par amour de la Révolution. Et pour prendre pleinement la mesure du bouleversement en cours, saisir ses enjeux et - aussi - les risques qui pèsent sur cet ardent besoin de paroles et de liberté. Pour carte postale, il a envoyé ce texte, petit carnet de voyage et retour sur d’enthousiasmantes rencontres, à Tunis et dans l’Ouest du pays. Impressions.
Croisée des chemins. Le stalinisme est loin, le grand mythe du parti des travailleurs n’est plus ; leur salutaire disparition laisse un vide, pourtant, qu’il importe de combler. En clair : il faudra bien que se construise une nouvelle vision du monde collective, un imaginaire et une théorie de la révolution à opposer à la vision dominante. L’ami Serge y réfléchit ici, insistant sur les nécessités de l’autonomie des luttes et de leur mise en réseau.
« Toute la question, quant au sens des mots, c’est de savoir qui commande » explique Humpty-Dumpty dans Alice au pays des merveilles. À juste titre : non seulement les mots ne sont pas neutres, mais ils disent aussi qui tient les rênes. L’ami Serge revient ici sur le vocabulaire sécuritaire et la façon dont le pouvoir en fait usage - un deuxième volet sera mis en ligne d’ici peu.
En Vénétie - et plus généralement en Italie -, c’est un large front qui se lève, réunissant syndicalistes de la FIOM, ennemis de la Ligue du Nord, métallurgistes, intellectuels et activistes divers. Tous unis pour combattre la régression sociale en cours dans deux usines de la Fiat, nouveau contrat collectif imposé aux salariés sous menace de fermeture. Une résistance qui en évoque d’autres.