1981, Londres. Des émeutes éclatent dans le quartier de Brixton, conséquence directe du harcèlement policier exercé sur les communautés noires et de la sinistrose sociale. Parmi les émeutiers, les membres des Clash, qui chantaient "Guns of Brixton" deux ans auparavant. Et aussi un certain Linton Kwesi Johnson, poète dub et musicien activiste qui avait "prédit" l’embrasement.
Août 1977. Deux hommes braquent une banque dans un village d’Ardèche. Ça tourne mal : un flic et deux quidams abattus. Le principal instigateur s’appelle Pierre Conty, « meneur » d’une communauté rurale installée à Rochebesse, au fond de l’Ardèche. Dans un livre-enquête publié en 1982 et récemment réédité par les éditions l’Echappée, Yannick Blanc retrace le parcours de ces « Esperados ».
Pas lol. Il y a une semaine, je publiais
un billet consacré à une manif parisienne des Indignés. J’y mentionnais longuement un incident un tantinet absurde : deux flics en civil m’ayant abordé pour me vendre du matos d’émeute, dont des boules de pétanques. Las, les petits rigolos d’action discrète étaient à la manœuvre. Shame on Lémi, qui se fait tout petit. Rires autorisés.
Cayenne. Le mot seul provoque le frisson. Images de bagnards jetés aux requins, d’îles infernales au large de la Guyane, d’hommes tombant sous les coups de surveillants sadiques... Une abomination carcérale qui tourna à plein régime pendant un siècle – à partir du milieu du XIXe siècle –, suscitant une littérature abondante, ainsi qu’une chanson au refrain mythique, « Cayenne ».
D’un bluesman mythique du Mississippi qui a passé l’essentiel de sa vie à tricoter un country blues aussi dépouillé que scintillant, on attend qu’il continue sur sa lancée quand déboulent les vieux jours. Pour R. L. Burnside, rien de tout ça. Une fois les cheveux blancs majoritaires, il a viré bruyant et électrifié. Boum boum boum, chantait John Lee Hooker. Tout pareil.
Quand le feu nucléaire nous léchera les pieds, que les survivants s’entretueront dans leur bunker pour le dernier cracker radioactif, ce sera à Kraftwerk que je penserai. Impossible de faire autrement. Je soupçonne d’ailleurs les quatre génies de Düsseldorf d’avoir eu cette vision en tête quand ils composèrent « Radioactivity » en 1975 : leur musique, la fin du monde. Baoum.