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1981, Londres. Des émeutes éclatent dans le quartier de Brixton, conséquence directe du harcèlement policier exercé sur les communautés noires et de la sinistrose sociale. Parmi les émeutiers, les membres des Clash, qui chantaient "Guns of Brixton" deux ans auparavant. Et aussi un certain Linton Kwesi Johnson, poète dub et musicien activiste qui avait "prédit" l’embrasement.
Août 1977. Deux hommes braquent une banque dans un village d’Ardèche. Ça tourne mal : un flic et deux quidams abattus. Le principal instigateur s’appelle Pierre Conty, « meneur » d’une communauté rurale installée à Rochebesse, au fond de l’Ardèche. Dans un livre-enquête publié en 1982 et récemment réédité par les éditions l’Echappée, Yannick Blanc retrace le parcours de ces « Esperados ».
À Article11, on est des grands pudibonds. On ne parle jamais de sexe ni d’amour. En grande partie parce qu’on ne pense pas avoir grand chose de constructif à dire sur la question. Alors, quand l’ami Mathieu K. nous a envoyé ce texte très personnel et illustré des dessins de Cécile Kiefer, fruit d’une longue réflexion sur la notion de couple et de vie commune, on a sauté sur l’occasion. Welcome Cupidon.
Pas lol. Il y a une semaine, je publiais
un billet consacré à une manif parisienne des Indignés. J’y mentionnais longuement un incident un tantinet absurde : deux flics en civil m’ayant abordé pour me vendre du matos d’émeute, dont des boules de pétanques. Las, les petits rigolos d’action discrète étaient à la manœuvre. Shame on Lémi, qui se fait tout petit. Rires autorisés.
Jonathan, 34 ans, était incarcéré à la maison d’arrêt de Besançon, prévenu en attente d’un procès en cour d’assises. Le 1er mai dernier, celui qui était avant tout "un pointeur" aux yeux de ses codétenus s’est pendu dans sa cellule, trentième suicide en détention en 2011. Jonathan était – aussi – abonné à Article11. Cet article, il ne le lira pas ; on espère qu’il l’aurait aimé.
C’était peut-être la pleine lune. Ou bien le stress pré-Primaires (lol). Samedi soir, à l’occasion du "grand" raout des Indignés parisiens, d’étranges événements ont secoué la mièvrerie ambiante. D’abord ces flics en civil tentant de vendre au chaland des boules de pétanque spécial émeutes. Puis ces petites escarmouches soigneusement montées en épingle par la flicaille. Vent d’absurde.
À l’heure où la vengeance d’État s’exerce sous forme de perquisitions à travers toute l’Italie, à la recherche de présumés « casseurs », voici une réflexion à chaud sur les événements du 15 octobre à Rome, publiée sur le site Infoaut. On peut lire aussi sur mon blog le texte que j’ai rédigé avec mon ami Sergio Bianchi et diffusé en italien sur divers supports.
Un tsunami de critiques élogieuses, quatre pages dans Marianne - le magazine qui frictionne laborieusement chaque semaine la vieille peau du centrisme - , une inscription dans la liste des finalistes du prix de Flore : on aurait bien là de quoi se décourager de lire Le Bloc de Jérôme Leroy. Mais on aurait tort, tant il renouvelle avec brio un genre à bout de souffle : l’antifascisme polardeux.
Elle jappe, rugit, feule, brame, croasse et vrombit : la couv’ du numéro 6, tout juste sorti des presses, est un vif et joyeux concentré de vie sauvage. Sous la jungle : un journal. Et derrière le canard : un collectif. Lequel peut parfois se faire un brin sauvage, aussi : on discute, on débat ou on s’engueule. Eh quoi, il faudrait qu’on soit toujours d’accord ? Ce qui compte, c’est que ce journal on y croit. Tous.
« On me dit souvent que mes dessins sont pessimistes ; ils sont simplement réalistes. » Cardon n’est pas de ces dessinateurs de presse qui jouent sur la légèreté. Ses dessins s’incrustent durablement dans les mémoires, dépassent le simple commentaire d’actualité. Les lecteurs du Canard Enchaîné le savent bien, eux qui le croisent toutes les semaines. Rencontre.
Fétichisme digital aidant, on a parfois tendance à oublier que les grosses firmes new-age type Amazon ou Apple sont aussi néfastes que leurs aînées clairement industrielles. Pour y voir plus clair, Wu Ming 1, membre italien de la belle famille politique et littéraire des Wu Ming, s’est brillamment et longuement penché sur la question. Une traduction de l’ami Serge Quadruppani.
Cayenne. Le mot seul provoque le frisson. Images de bagnards jetés aux requins, d’îles infernales au large de la Guyane, d’hommes tombant sous les coups de surveillants sadiques... Une abomination carcérale qui tourna à plein régime pendant un siècle – à partir du milieu du XIXe siècle –, suscitant une littérature abondante, ainsi qu’une chanson au refrain mythique, « Cayenne ».
Il y a ceux qui parviennent à destination. Et puis tous les autres, ramenés à leur pays d’origine, ou bien déposés en cours de route, ou encore balancés à la mer. Les "polizon" sont ces migrants embarquant clandestinement sur des navires de la marine marchande, marins d’eau douce rêvant de griller les contrôles aux frontières. Las : bien souvent, les frontières les rattrapent.
Soyons francs : il est à la fois réjouissant et un peu déprimant de se pencher sur l’histoire de la presse alternative dans les années 1970. C’est que le paysage médiatique actuel semble – en comparaison – terriblement morne. Retour sur une époque où les kiosques étaient explosifs – avec Steven Jezo-Vannier, auteur de Presse Parallèle, la contre-culture en France dans les années 1970.
C’était il y a à peu près un an, cela paraît presque un siècle... De mars à novembre 2010, le mouvement social se trouvait un (éphémère) nouveau souffle, et certains se prenaient même à rêver d’une radicalisation des manifestants. Las : il n’en fut rien. Henri Simon, figure presque tutélaire du communisme de conseil (même s’il rejette l’appellation) revient ici sur cet espoir déçu. Analyse.
« […] Chaque visage, chaque dialogue, chaque rue étroite, chaque coin sombre, chaque bistrot lumineux mériterait un volume entier et bourré comme une cantine, de renseignements, tuyaux, détails, anecdotes, commentaires... », écrivait l’affamé Jean-Paul Clébert dans Paris Insolite. Avec sa disparition (hier), c’est un pan entier de Paris qui s’écroule, glisse dans la Seine.
D’un bluesman mythique du Mississippi qui a passé l’essentiel de sa vie à tricoter un country blues aussi dépouillé que scintillant, on attend qu’il continue sur sa lancée quand déboulent les vieux jours. Pour R. L. Burnside, rien de tout ça. Une fois les cheveux blancs majoritaires, il a viré bruyant et électrifié. Boum boum boum, chantait John Lee Hooker. Tout pareil.
Après avoir décelé le drogué paumé qui était en moi, l’Église de scientologie m’a ouvertement fait du pied. En plein Bruxelles, pas loin du siège des lobbies et des institutions européennes. Carrément. L’idée : me vendre (au sens propre et figuré) son « programme » de désintoxication, Narconon. Tentant, surtout pour un fan de Tom Cruise. J’ai (presque) dit oui...
Début août, l’Angleterre s’enflammait. « London’s burning », mais pas que : Manchester, Birmingham ou Liverpool suivaient le mouvement. En réaction, médias et politiques lancèrent allégrement la chasse aux « pillards ». Trois membres du collectif Angles Morts étaient à Londres au lendemain des révoltes. Ils reviennent ici sur la féroce répression toujours en cours outre-Manche.
Difficile d’y échapper : les dix ans du 11-09 sont partout. Pour une fois, A11 se glisse dans l’air du temps, "profitant" de l’occasion pour publier un billet de Serge Quadruppani, rédigé peu après la déflagration new-yorkaise. Un texte reflétant parfaitement les interrogations de l’époque. Et une bonne manière de mesurer le chemin parcouru - et celui qui reste à faire.
Fils d’immigrés ? Certes. Fils d’ouvriers, surtout. Pour Marc, chanteur de La Canaille, et Walter, bassiste du même groupe, c’est le social qui construit les identités. Les leurs, comme celle de leurs chansons rock-rap. Au service des « galériens », des « prolos », de tous ceux qui triment sous les coups de trique, bref... de la canaille. Rencontre, un jour de marché à Montreuil.
Dix août, lendemain d’émeute. La bonne société anglaise se réveille avec la gueule de bois. Après Londres et ses banlieues, Manchester et Birmingham se sont jointes aux affrontements, embrasement généralisé. Parmi les commentateurs, rares ceux qui dévient de la ligne « ce sont des sauvageons à abattre ». Il y a pourtant beaucoup à dire sur cet été anglais. De Manchester, analyse.
Il y a un peu de moins de deux ans, on se réjouissait ici de pouvoir encore rendre hommage à l’un des derniers génies vivants de la chanson française. Aujourd’hui, on aurait préféré ne pas avoir à écrire ces mots trop trempés, mais il le fallait, tant pour lui, l’ami Leprest, que pour nous, simples amoureux de ses chansons. Alors, plutôt que de chialer, buvons un coup ; c’est sûr qu’il aurait préféré...
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