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mercredi 13 mai 2009

Le Charançon Libéré

posté à 13h14, par JBB
29 commentaires

D’Hammet à Coupat, un même front du refus
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Non. Simplement : dire non. Face aux pressions policières et judiciaires : répéter non. Refuser de répondre et de se prêter au rituel déjà écrit de l’interrogatoire politique. Que ce soit dans l’Amérique anti-communiste de McCarthy ou dans la France d’Alliot-Marie - vent debout contre le prétendu danger « anarcho-autonome » - se dessine ainsi un même front du refus.

Il y a cette scène magnifique dans le troisième épisode des aventures de Rambo. Un grand méchant essaye de faire parler le colonel Trautman, fier copain de Stallone, et recours aux pires procédés pour lui faire avouer ce qu’il est censé cacher. Et lui :

Bien sûr, tout le monde n’a pas la classe de Rambo et de ses amis, ce mélange de virilité écrasante et d’intellectualisme flamboyant. Tout le monde - non plus - n’a pas à sa disposition un scénariste de génie, à même de concocter les répliques les plus percutantes et efficaces que le cinéma ait produit depuis les frères Lumières. N’empêche : ailleurs qu’au cinéma ou dans les romans, il existe des hommes justes et droits - à défaut d’être durs - qui ne plient pas devant la question, ne lâchent rien et se tiennent à la plus classe des lignes de défense, celle du refus. Ne pas répondre, simplement. Dire non.

N’en déplaise à Rambo, il n’est pas question ici de la résistance à la torture. Ni d’invoquer ceux qui ont su résister à la douleur physique et à une quelconque inquisition, de convoquer les mânes de Jean Moulin ou de fustiger Régis Debray1. Mais seulement de mettre en parallèle deux refus de céder devant les rouages policiers et la machine judiciaire, époques différentes mais semblables comportement des mis en cause, lesquels se contentent de dire haut et fort que la question - la même, éternellement posée - n’obtiendra pas la réponse attendue par les juges et les flics. Il ne s’agit pas d’être rebelle, de crier ou de s’insurger ; mais d’énoncer doucement et distinctement : répondre, je préférerais ne pas ; rentrer dans votre jeu, je préférerais ne pas ; vous donner la moindre information en m’exprimant sous la contrainte, je préférerais ne pas. « I would prefer not to », pour s’en tenir à la ligne de conduite énoncée par Bartleby2.

Hammett : répéter son refus, encore et encore

Dashiell Hammett n’a pas seulement été un grand écrivain, auteur - entre autres - du Faucon maltais ou de La Moisson rouge et l’un des pères du roman noir. Il a surtout été un bonhomme qui en avait. Littéralement.

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Rappel : très engagé à gauche, compagnon de route du Parti communiste américain, soutien affiché de la lutte pour les droits civiques ou du combat des Républicains espagnols, président du Civil Rights Congress de New-York (organisation communiste), Dashiell Hammett paye au prix fort ses opinions politiques quand vient le maccarthysme, après la Deuxième Guerre mondiale. Mis à l’index - ses livres sont retirés des bibliothèques publiques - , en butte à l’hystérie d’une population et d’autorités rendues complètement folles par la chasse aux sorcières3, Dashiell Hammett est convoqué deux fois devant les tribunaux, en 1951 et en 1953. Et condamné à six mois de prison.

Où je veux en venir ? Juste : Hammett ne se dégonfle pas. Quand certains se déballonnent dans les grandes largeurs - ainsi d’un Elia Kazan dénonçant quinze de ses camarades communistes et les reniant devant la Commission des activités anti-américaines d’une formule infecte : ce sont « des gens pour lesquels, individuellement ou en tant que groupe, je n’éprouvais que du mépris, et dont l’attitude et le comportement m’inspiraient une horreur véritable. » - lui tient dignement son rang, ne se laissant pas impressionner par les procureurs haineux et les juges aux ordres. Jusqu’à prendre la perspective des poursuites presqu’à la rigolade, ainsi que l’a raconté un Howard Fast qui a lui-aussi goûté aux geôles américaines peu après avoir croisé l’auteur du Faucon Maltais :

En 1950, c’était quelques jours avant que je n’aille purger ma peine de prison, je me promenais sur Madison avenue, et voilà que je rencontre DH (Dashiel Hammett) et Lillian Hellman. Et elle me dit : « On voit que vous avez l’air complètement accablé, qu’est-ce qui vous arrive ? » Je réponds : « Il y a de quoi être triste, dans quelques jours, je rentre en prison. » Et c’est là que DH me dit : « Ha ! Mais, attendez ! Ça, c’est une expérience sensationnelle ! Vous allez entrer en prison… Je pense qu’aucun écrivain ne devrait manquer, dans sa carrière, cette expérience de passer quelques temps derrière les barreaux ». Et il avait raison.

Prendre l’emprisonnement d’un autre à la légère peut sembler facile. Bien se comporter quand on y est soi-même confronté est beaucoup plus remarquable. A son tour menacé, soumis à la pression des juges et du sénateur McCarthy en personne4, confronté à la prison, Hammett ne lâche rien. Nada. Des nèfles. C’est justement ce qui ressort du bien nommé Interrogatoires, livre à paraître aux éditions Allia5 et qui compile le compte-rendu de trois comparutions en justice de l’écrivain. Face à la petitesse des juges, soucieux de prouver ses sympathies communistes et empressés de lui faire confirmer l’implication de certains de ses amis, Dashiel Hammett se contente presque uniquement d’une réponse, dont la forme varie de quelques mots à l’occasion :

« J’invoque mes droits garantis par le Cinquième amendement de la Constitution américaine, et je refuse de répondre car la réponse peut me porter préjudice. »

Est-il l’un des administrateurs du Civil Rights Congress de New York ? « Je refuse de répondre », dit Dashiel. Le juge lui ordonne t-il, très solennellement, de répondre à la question ? Basta, il « refuse de répondre ». Reconnaît-il les initiales - en forme de paraphe - de ses camarades de lutte sur des documents de cette association ? « Je refuse de répondre à cela », persiste Dashiel, digne et moqueur, « mais j’aimerais, avant de refuser de répondre, poser cette question : est-ce que je les reconnais comme des initiales ? Je dirais que oui. » Et ainsi de suite au long des 90 pages de ces Interrogatoires.
Cette constance admirable dans le refus vaut à Hammett sa condamnation à la prison pour « outrage à magistrat ». Qu’importe : une fois son temps derrière les barreaux effectué, à nouveau interrogé, il ré-adopte la même ligne de conduite. Quoi que cela puisse lui en coûter. La classe, tout simplement.

Coupat : répéter son refus, encore et encore

Il y a loin de Dashiel Hammett à Julien Coupat ?

En fait : non.

Ils ont même beaucoup en commun. En clair :

 × Ils doivent tous deux répondre - devant une justice instrumentalisée - de leurs idées et non de leurs actes : le premier condamné pour son communisme, le second embastillé pour ses professions de foi dites « anarcho-autonomes ».

 × Ils partagent aussi une même circonstance aggravante, celle d’être des auteurs engagés ; au premier, on reproche des livres si insidieusement marqués de préoccupations sociales qu’il sera jugé nécessaire de les retirer des bibliothèques6, au second, on fait pour seul et unique grief - en vérité - d’être l’auteur présumé de l’Insurrection qui vient.

 × Enfin - et c’est là le point le plus marquant - face à une justice qui renie les principes censés la gouverner, poursuivant et embastillant au mépris des règles de l’État de droit, Hammett et Coupat adoptent une même réaction : le refus. Et ce sont les mêmes mots qu’ils utilisent pour dire qu’ils ne se prêteront pas au jeu biaisé que leur imposent les autorités. « Je refuse de répondre », s’entête Dashiel. « Je refuse de répondre », lui fait écho Julien.

Se taire. Ne pas répondre. Ne pas être « beau joueur », comme dit l’adage. C’est un droit, prévu dans le code pénal. Mais rarement revendiqué, écrit le journaliste David Dufresne, auteur d’un excellent article7 pour Médiapart sur l’inexistence des charges pesant contre Julien Coupat et sur la façon dont le leader prétendu des « Neuf de Tarnac » résiste à la machine judiciaire. Ou pas longtemps. C’est pourtant ce qu’a fait Julien Coupat en garde à vue, dans les sous-sols de la Sous-direction de l’antiterrorisme (Sdat), entre le 11 et le 14 novembre 2008. Il venait de se faire interpeller à Tarnac. Perquisitions, direction Paris à 160 km/h sur l’autoroute, précipitation. Rapidement, Julien Coupat va comprendre de quoi on l’accuse : chef d’une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Et voilà le grand jeu du grand mutique qui commence. Sur les procès-verbaux de ses douze auditions en quatre jours, auxquels Mediapart a eu accès, on lit « je refuse de répondre ». Une fois, dix fois, cinquante fois. Sur lui, sur son militantisme, sur ses revues, ses amis, ses filatures, ses contre-filatures, son passage clandestin à la frontière américano-canadienne (janvier 2008, qui lui vaudra les soupçons du FBI), sa présence aux abords de la ligne de chemin de fer à Dhuisy (Seine-et-Marne) dans la nuit du 7 au 8 novembre, ses amitiés présumées avec des activistes anti-nucléaires allemands. « Je refuse de répondre », toujours.

Ce refus de se prêter au jeu, de plier, de se soumettre, Julien Coupat le paie au prix fort. Toujours embastillé, il vient de se voir refuser une énième demande de remise en liberté. Et a déjà passé six mois en prison, soit la peine effectuée par Dashiel Hammett. Le parallèle s’arrête là : tandis que l’auteur du Faucon Maltais a été condamné à une durée d’emprisonnement précise, Coupat flotte dans une complète incertitude, comme si sa détention préventive ne devait jamais prendre fin. On se gardera - bien évidemment - d’en tirer une quelconque conclusion sur ce que cela dit du naufrage pathétique de notre justice aux ordres…



1 A t-il, oui ou non, été celui qui, par des aveux trop rapides, a précipité la mort de Che Guevara ? Question pas encore tranchée…

2 Et que Lémi a très joliment résumé en ce billet.

3 A ce sujet, lire l’excellent Mémoires d’un rouge d’Howard Fast. Ou sinon, se reporter à ce billet de Lémi (oui, je sais : encore lui…).

4 Qui mènera l’un des interrogatoires de Dashiel Hammett, le 26 mars 1953.

5 A paraître le 20 mai, 3 €.

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Livre très recommandable, mais réservé à ceux qui s’intéressent particulièrement à Hammett ou au maccarthysme : le déroulé des interrogatoires peut en effet sembler un brin répétitif.

6 Avant que le président Eisenhower en personne n’intervienne pour rétablir un semblant de raison, déclarant que les livres d’Hammett ne lui semblaient pas constituer une menace subversive et méritaient de réintégrer les rayonnages publics.

7 Repris notamment ICI, sur le blog Le Jura Libertaire.


COMMENTAIRES

 


  • mercredi 13 mai 2009 à 13h25, par yelrah

    Solide et puissant Coupat, bravo .

    Tout autre chose que Dasquié qui lui n’a eu d’autre utilité que de casser le journalisme d’investigation .

    • mercredi 13 mai 2009 à 17h39, par JBB

      « Solide et puissant Coupat »

      Oui, il faut avouer que ce donnent à voir de lui les extraits publiés par David Dufresne est plutôt flatteur.

      Pour Dasquié, j’ai déjà entendu son nom à l’occasion. Mais je dois avouer que je ne sais rien de plus sur lui.



  • mercredi 13 mai 2009 à 13h28, par Dominique

    J’ai une affection particulière pour les minutes du procès de Félix Fénéon qui ne manquent pas de chic. Pourquoi Fénéon ? Il y a comme une ressemblance d’époque.

    Cela dit, il paraît que le charme des dialogues des Rambo doit tout à ses traducteurs français qui auraient considérablement modifié le sens des dialogues afin d’y placer un humour au ixième degré et totalement décalé, absent de la version originale.

    Voir en ligne : http://champignac.hautetfort.com

    • mercredi 13 mai 2009 à 17h35, par JBB

      « Il y a comme une ressemblance d’époque. »

      Oui, comme une même façon d’envoyer paître mine de rien, de se montrer plus malin et intelligent - sans trop l’étaler et tout en finesse - , de respecter une réelle rectitude morale sans se donner des airs de martyre ou de bravache. J’aime beaucoup.

      Pour Rambo, tu m’impressionnes : je te savais très calé en toutes sortes de chose, mais je ne pensais pas que ton domaine d’expertise s’étendait jusqu’à Rambo.
      Rendons grâce aux traducteurs, alors : même avec ces piques d’humour ironiques, le film est insupportable ; alors sans, je n’ose imaginer…

      • mercredi 13 mai 2009 à 18h06, par Dominique

        Je ne peux me prétendre stallonologue, je n’ai vu en entier que Over the Top (parce que j’avais été honteusement pris en otage en fin d’année par des élèves en BEP outilleurs-fraiseurs). Je ne rapporte que ce que l’on m’a dit et puis voici en fait la transcription des propos originaux ici. C’est en fait plus vicieux et subtil dans la VO.

        Voir en ligne : http://champignac.hautetfort.com

    • vendredi 15 mai 2009 à 13h51, par Luc N.

      outre le précédent de Fénéon (et autres, au procès des « Trente ») il en est un qui vaut d’être rappelé : c’est celui de Kibaltchiche, le futur Victor-Serge, devant la justice en 1913. Bien que lui aussi aît préféré la non-réponse à la réponse il y eut tout de même quelques savoureux échanges avec le procureur, notamment celui-ci, qui ressemble d’assez près à ce qu’on sait des « réponses » de Julien :
       × Q. vous paraissez n’avoir jamais été condamné ?
       × R. je ne parais pas : je n’ai, jamais été condamné.



  • mercredi 13 mai 2009 à 13h52, par tgb

    et dans l’autre sens on pourrait faire un parallèle entre l’agent Bauer celui qui pose les questions façon Dick Cheney et Alain Bauer celui qui invente les réponses

    en tout cas grâce à ces pitres Coupat est en train de se faire un nom - on en demandait pas tant.

    Voir en ligne : http://rue-affre.20minutes-blogs.fr/

    • mercredi 13 mai 2009 à 17h42, par JBB

      Eheh… ils feraient un couple parfait, Bauer 1 à la baignoire, occupé à maintenir la tête des dangereux terroristes sous l’eau, Bauer 2 en arrière-fond, lisant d’un ton sentencieux quelques extraits d’ouvrages jugés politiquement licencieux…



  • mercredi 13 mai 2009 à 14h30, par un-e anonyme

    Evidemment, quand l’autre commence à croire qu’il va enfin avoir sa réponse, (« Y sont où les missiles ? Y sont où ? »), et qu’il s’approche pour mieux la recevoir, s’entendre dire : « dans ton cul », ça doit pas faire vraiment plaisir... Brrr !!! Je préfère m’imaginer dans mon lit que dans la suite de l’histoire...



  • mercredi 13 mai 2009 à 15h19, par wuwei

    Même Libé pourtant si prompt à voir des anarcho-autonome un peu partout trouve maintenant que l’acharnement envers Coupat commence à faire un peu tâche et que l’enquête policière à sans doute était un peu bâclée.

    http://www.liberation.fr/grand-angl...

    Joli billet avec un bel hommage sur Dashiell Hammett qui le mérite tant.

    • mercredi 13 mai 2009 à 17h44, par JBB

      Pour que la feuille bobo commence à retourner sa veste, cessant de hurler avec la meute de l’Intérieur, il faut vraiment que le dossier soit vide et archi-vide. Même si là, l’article que tu mets en lien émane de la rubrique Grand Angle, la seule que je trouve encore réellement intéressante dans Libé.



  • mercredi 13 mai 2009 à 15h47, par autodafé

    Dashiell Hammett ou Julien Coupat ont la seule ligne possible dans ce genre d’ interrogatoire.

    « La moisson rouge » de Hammett avec des partis politiques et des industriels assimilés à des gangs qui se partagent le pouvoir,la ville, la presse et l’argent , la police qui est une milice privée à leurs ordres et quelques syndicats corrompus qui font de même et sont un instrument de contrôle de la population ressemble à la france d’aujourd’hui.

    Par ailleurs, pour Coupat, le fait d’être hors système et être soupçonné d’avoir écrit « l’insurrection qui vient » est aggravant : penser et ne pas faire partie de la contestation autorisée est très grave parce que c’est non prévisible.

    Cette comparaison est plus que juste, merci.

    • mercredi 13 mai 2009 à 17h47, par JBB

      « penser et ne pas faire partie de la contestation autorisée est très grave parce que c’est non prévisible. »

      Exactement. On retombe sur les premiers griefs agités par le pouvoir pour justifier l’interpellation de ceux de Tarnac : avoir un mode de vie différent, vivre en communauté, choisir de se retirer en pleine cambrousse et surtout - surtout - ne pas posséder de téléphone portable. Trop différent et - comme tu l’écris - trop imprévisibles pour qu’on laisse passer ça.

      (Cool, merci)



  • mercredi 13 mai 2009 à 16h41, par Guy M.

    Une autre façon de dire « non » :

    « Alors que le juge des libertés et de la détention doit une nouvelle fois statuer sur la demande de remise en liberté de Julien Coupat, ce dernier lassé des fouilles et de cette »farce« , a demandé à ne pas être extrait de sa cellule pour l’occasion. Pour les mêmes raisons, le comité de soutien ne se rassemblera pas non plus ce jour-là. »

    Extrait de l’article d’Isabelle Mandraud, pourle Monde.

    Têtu comme il est, il n’a pas dû se présenter à l’audience...

    (Concernant les interrogatoires d’Hammet, il faudrait les mettre en scène...)

    Voir en ligne : http://escalbibli.blogspot.com

    • mercredi 13 mai 2009 à 17h50, par JBB

      C’est clair qu’à force, ça doit être dur d’y croire encore. Il doit y avoir un côté : advienne que pourra, j’y suis pour l’éternité, ou pas loin. J’imagine : très difficile à supporter.

      « Concernant les interrogatoires d’Hammet, il faudrait les mettre en scène... »

      Oui, ça s’y prêterait sans doute davantage que l’écrit. Pour passionnant que ce soit, l’ensemble est un brin répétitif et monotone (sur les modes des interrogatoires, justement). C’est un très bon document d’histoire, mais ce serait à l’évidence plus vivant rendu par des acteurs.



  • mercredi 13 mai 2009 à 19h20, par George Weaver

    Merci pour ce parallèle, aussi juste et intéressant que celui que Plenel établit avec le procès des Trente et Fénéon. Et concernant ce dernier, merci à Dominique pour le lien indiqué, où l’on peut lire notamment ceci, magnifique :

    Pr. – On a trouvé dans votre bureau des détonateurs, d’où venaient-ils ?

    F. – Mon père les avait ramassés dans la rue.

    Pr. – Comment expliquez-vous qu’on trouve des détonateurs dans la rue ?

    F. – Le juge d’instruction m’a demandé pourquoi je ne les avais pas jetés par la fenêtre au lieu de les emporter au ministère. Vous voyez qu’on peut trouver des détonateurs dans la rue.

    Seule réserve : le titre de cet article devrait être orthographié comme celui de ce commentaire.

    • mercredi 13 mai 2009 à 20h05, par Dominique

      Je ne me savais pas si d’accord avec Plenel que je n’avais pas lu pour ce texte, d’autant qu’il finit par une paraphrase de Sciascia que j’aurais pu citer aussi et que j’ai déjà cité pour d’autres motifs. Il s’agit donc des rencontres admirables selon le mot surréaliste (bien que je sois moins admirable que Plenel, cela va de soi).

      Voir en ligne : http://champignac.hautetfort.com

      • mercredi 13 mai 2009 à 20h53, par George Weaver

        Ne s’agit-il pas plutôt de hasard objectif ? Je ne vous connais pas, n’ayant débarqué ici que récemment grâce à l’ami Ubi, mais en revanche je connais bien (comme lecteur) Plenel, que j’ai toujours considéré comme un sinistre magouilleur, à demi-hâbleur plutôt qu’admirable, et c’est bien la première fois que je me prends à le lire avec intérêt, pis, à recommander un article de sa plume.

        • mercredi 13 mai 2009 à 21h25, par Dominique

          Le haserd objectif soit, mais ce n’était pas mon propos car celui-ci concerne la confection de la métaphore surréaliste à base de machine à coudre sur une table à repasser. J’ai été néanmoins été aussi étonné que vous de me retrouver en accord avec Plenel que je tenais pour un piètre individu, assimilable aux indicateurs de police. Son texte a de la tenue et ses références sont ce que l’on peut faire de mieux en matière de droiture, mais est-ce vraiment sa ligne pour l’avenir ou juste pour l’image présente ? Yé no sé, comme on dit dans les mauvaises BD. En tout cas, j’ai signé la pétition en sa faveur et de Mediapart, parce que même si je le croyais capable des pires turpitudes journalo-policières quand il était au Monde ou de la plus infecte promotion livresque lorsqu’il officiait à la radio et à la télé, il a encore le droit de se racheter.

          Voir en ligne : http://champignac.hautetfort.com

          • mercredi 13 mai 2009 à 21h57, par George Weaver

            On est bien d’accord, sauf sur deux points : [et ceux-ci viennent à point nommé]

            1) se racheter, il en a moins toujours le droit que la permanente possibilité (les deux termes sont équivalents selon Spinoza, je vous le concède) ;

            2) La citation exacte du Premier Manifeste est « Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie », elle-même tirée des Chants de Maldoror.

            Moi aussi, j’ai signé la pétition (avec un accablant sentiment d’inutilité, comme toujours), enfin, celle disponible sur le site soutien11novembre (je n’en connais pas d’autre), si stupidement anonyme.

        • vendredi 15 mai 2009 à 10h56, par Luc Nemeth

          ce Plenel est à peu de choses près, ce que le journalisme français peut produire de pire : c’est-à-dire ces journalistes dont on dit familièrement qu’ils bouffent avec les flics mais qui en lâchent juste ce qu’il faut, pour justifier leur réputation de « fins limiers ». Tout ceci est bien triste.



  • mercredi 13 mai 2009 à 21h57, par DJM de Cambrai

    En France, nous n’avons pas le Faucon maltais mais le petit con mal élevé.
    Je sais ça vol bas, mais l’exemple vient de haut, (faudrait savoir : haut ou bas ?).

    Julien COUPAT il en a !
    C’est pas comme le rase-motte qui se déplace avec une armée...



  • mercredi 13 mai 2009 à 22h00, par Moh

    Hammet : découvert grâce à Ellroy qui l’admire.
    D’ailleurs, d’Ellroy, il faut lire le Grand Nulle Part, qui décrit à merveille la paranoïa anti-communiste des USA de l’époque.

    Pour Coupat, ça tourne à la farce tragique et grotesque. Cette alliance inquiétante de la justice, de la police et des politiques évoque une lutte folle des notables enrichis contre le peuple souverain. Se protéger et protéger ses amis riches coûte que coûte, et utiliser l’Etat à ces fins.

    • jeudi 14 mai 2009 à 00h52, par JBB

      « ’Ellroy, il faut lire le Grand Nulle Part, »

      Oui. Et tout le reste aussi. Avec Céline, cet homme est la preuve que les réacs peuvent aussi être très grands. En tout cas, ces deux-là sont bien loin au-dessus de leurs camarades de peu d’envergure, façon Houellebecq ou Le Dantec.

      • jeudi 14 mai 2009 à 17h11, par Moh

        Est-il vraiment réac, Ellroy ?
        Je me souviens d’une interview dans laquelle il faisait part de son admiration pour Robert Kennedy et pour Martin Luther King.

        Or, dans American death trip, les deux sont assassinés parce qu’ils se sont alliés durant la campagne présidentielle de 68 dans le but d’instaurer une réelle politique de gauche aux USA.

        Dantec : jamais vu quelqu’un se suicider mentalement à ce point. Deleuze, qu’il cite à tout bout de champ, aurait ri de lui.

        • jeudi 14 mai 2009 à 18h43, par JBB

          Sans doute pas réac au sens-ci. Je pensais davantage à une vision de la vie, dure, violente, sans compromissions. Chez lui, la violence fait partie de l’ordre naturel des choses, est une façon de régler les problèmes éventuels, bref je trouve que ça a un côté très darwinien. Et puis, il y a ce côté tranché et plutôt simpliste du bien et du mal. Il y a là un côté très américain, il me semble.

          Mais ce ne sont là que ressentis, qui n’enlèvent rien à ma très profonde admiration pour le bonhomme. Il est tout simplement génial.

          Et c’est vrai : il a par exemple pris position contre la peine de mort.



  • mardi 19 mai 2009 à 19h24, par un-e anonyme

    ben comme on dit si on aime pas le plat, on est pas obligé d’en manger

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