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mercredi 2 mars 2016

Médias

posté à 21h37, par Thomas Serres
125 commentaires

Autopsie d’une défaite et notes de combat pour la prochaine fois

« Se priver de la notion d’islamophobie, c’est laisser carte blanche aux furieux obnubilés par l’islam, dans les rues, les salles de rédaction et les cabinets ministériels. Quand un discours est islamophobe, il doit être qualifié comme tel. »

Pour celles et ceux qui n’auraient pas suivi, voici les deux tribunes dont il est question dans le texte ci-dessous :

1/ Kamel Daoud : Cologne, lieu de fantasmes
2/ Nuit de Cologne : « Kamel Daoud recycle les clichés orientalistes les plus éculés »

*

« Couvrez ce sein que je ne saurais voir.
Par de pareils objets, les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.
 »
Molière, Le Tartufe ou l’Imposteur, acte III, scène II.

Face à l’hystérie collective qui s’empare de la France, il faut parfois écouter hurler les loups. Ce n’est pas très agréable, ça non. Mais c’est enrichissant. À condition de réussir à contenir la frustration et la fatigue qui montent au fur et à mesure que les couinements de la meute se répètent, au point de ressembler de plus en plus à des bêlements. C’est seulement une fois le calme revenu que l’on peut commencer à répondre, sans colère, mais avec la fermeté qui s’impose.

Comment tout cela a-t-il commencé ? Il y a quelques semaines, avec des amis universitaires, nous sommes tombés sur une nouvelle tribune commise par l’écrivain Kamel Daoud dans Le Monde au sujet des violences de Cologne, qu’il attribuait exclusivement aux rapports pathologiques qu’un « monde d’Allah » fictif entretiendrait avec les femmes. Elle reproduisait un avis paru dans La Repubblica et précédait de peu un nouveau papier publié dans le New York Times1. Dans le contexte délétère caractérisant la France de 2016, le contenu de la tribune nous a paru suffisamment caricatural pour nécessiter une réponse déconstruisant la multitude de grossières généralités contenues dans le papier. Sans minimiser aucunement des violences sexuelles que nous qualifiions de « gravissimes », nous pensions qu’il fallait mettre l’auteur et le journal devant leurs responsabilités et poser la question de l’audience que ce type de discours racialisés rencontre de ce côté-ci de la Méditerranée. Las, notre tribune a été accueillie avec une franche hostilité.

L’objet de ce texte n’est pas de renouveler ou de développer une critique qui me semble suffisante et claire (Le Monde, tout en rétropédalage servile, ne se désole-t-il pas désormais que nous ayons « démoli » le pauvre petit Daoud). Il ne s’agit pas non plus de céder à la tentation de la contrition face à la meute. À l’adresse de celle-ci, je crache au sol et continue ma route. Je veux plutôt essayer de comprendre ce qui fait qu’un texte anti-raciste finalement assez peu radical peut susciter une telle hostilité. Pourquoi diable nous sommes-nous ramassés dans cette guerre d’opinion que nous n’avons pas vu venir ?

Staline, Al-Baghdadi et les intellos

Commençons par débattre des critiques que nous ont adressées certains camarades qui, d’une manière ou d’une autre, partagent notre combat. Au premier rang d’entre elles, il y a le choix de la forme : la tribune collective. C’est sûrement notre principale erreur, notre calcul foireux d’universitaires plus ou moins habitués à ce type de passe d’arme. Un vétéran nous a fait remarquer que les textes collectifs fonctionnaient bien mieux contre des institutions ou des États. Il a certainement raison. Nous pensions qu’en rassemblant des gens de divers horizons géographiques, de tous niveaux hiérarchiques, hommes et femmes confondus, nous démontrions une forme de neutralité objective. Cela s’est avéré plus compliqué que ça. Pan, dans nos dents d’intellos. Il n’y a pas de neutralité objective en politique. Les amerloques ont donc été attaqués pour avoir immiscé leur vilaine influence subversive dans un débat français. Les post-docs et les doctorants renvoyés dans leurs berceaux comme des moins-que-rien indignes de cirer les pompes d’un journaleux. Et ceux dont le nom faisait muslim ont été qualifiés d’idiots utiles ou de complices objectifs des islamistes. Ensemble, nous avions créé une espèce de comité de salut public stalinien souhaitant la censure d’un pauvre homme isolé. Sisyphe, prends ton rocher dans la gueule.

Deuxième critique, le choix du terme islamophobie. Nous avons décidé de l’utiliser pour décrire le contenu des propos de l’écrivain, parce qu’il nous semblait rendre compte de ce qu’ils sont effectivement et de la mentalité dominante qu’ils épousent. On nous a d’abord objecté que l’homme n’était pas islamophobe et que le fait de tenir des discours caricaturaux ne faisait pas de lui un gars qui hait l’islam. Soit, cela peut se discuter. Un collègue m’a aussi fait remarquer que le terme n’était pas pertinent stratégiquement, dans un contexte de grande crispation. Cet argument me semble bancal. Il faut appeler un chat un chat, pour ne pas laisser aux prêcheurs de haine – et à leurs porteurs d’eau endimanchés – le monopole des tautologies qui font mal. Je reviendrai plus tard sur l’importance de parler de l’islamophobie. Quoi qu’il en soit, en utilisant le terme, nous nous sommes exposé à la vindicte de ceux qui veulent le réduire à une invention des islamistes – à l’image du discours porté par le récidiviste Gilles Kepel. Nous sommes ainsi devenus des « porteurs de valise de l’islam radical », comme l’a formulé avec élégance l’un des commentateurs les plus chevronnés du Monde.

En terrain miné : corporatisme et surface médiatique

Avant d’en arriver au fond, revenons brièvement sur le terrain qui a vu notre défaite. La question est importante, parce que le combat a été mené dans un espace qui nous était par essence hostile, alors même que nos forces n’étaient pas disposées pour en découdre. Je sais, les lecteurs militants doivent dodeliner de la tête. Tant de naïveté fait sourire ou navre, au choix2. Quoi qu’il en soit, nous n’avons pas vu le coup venir.

La riposte a été d’autant plus brutale qu’elle s’est appuyée sur un levier puissant dans la caste des faiseurs d’opinion : le corporatisme inconséquent. Car c’est bien là leur définition de ce que doit être la liberté d’expression : une autorisation à ne jamais être tenu pour responsables des insanités proférées à longueur d’année. Je ne parle pas ici des journalistes, qui ne sont que des employés avec une conscience professionnelle variable. Non, je parle des éditorialistes et des experts, qui dégainent leur avis plus ou moins renseignés et puis s’en vont. Daoud, bien qu’engagé politiquement, est de cette espèce. L’homme peut s’improviser spécialiste de l’Arabie Saoudite le temps d’une tribune puis repartir sous son figuier d’écrivain. Remettre en cause son droit à dire n’importe quoi sans rendre de comptes, c’est questionner le droit de tous ses semblables à faire de même. C’est ainsi qu’une critique devient un acte de censure, et même une « fatwa médiatique » selon l’expression nuancée d’un plumitif du Figaro.

Mais garçon, suis-je tenté de répondre à ce dernier, si pour toi un papier de 900 mots paru chez les fadas du Monde équivaut à une fatwa médiatique, comment qualifier la déferlante d’une quarantaine d’éditoriaux et prises de paroles publiques traitant ses auteurs de complices des terroristes, «  d’imbéciles gaucho-régressifs », d’inconnus négligeables ou de vilains staliniens ?

Face à ces éditorialistes et ces experts dont beaucoup sont obnubilés par l’islam et la laïcité, il n’est pas facile de préparer une réponse adéquate. Car un Riss, un Enthoven, un Finkielkraut, ça couvre une surface sociale non-négligeable. Ça y va du rond de jambe depuis un paquet d’années. Ça en cumule, des heures de parole sur les ondes et des copains dans les rédactions. Bien plus qu’une clique d’obscurs universitaires qui se sont piqués de lancer un débat en brandissant leurs concepts et leurs années de recherche. Alors, certainement, le champ de bataille exigeait que nous nous dispersions plutôt que nous nous réunissions. Il fallait éclater et espacer nos prises de parole pour rendre, si ce n’est coup pour coup, au moins un coup sur trois. Mais nous avons choisi de nous réunir pour donner plus de crédibilité à notre critique. Et nous nous sommes viandé. Sur le terrain des faiseurs d’opinion, la crédibilité est une monnaie de singe. C’est la condition même de leur survie.

Personnalisation et dramatisation

Cette réaction du Landerneau médiatique ne serait rien sans l’indigence intellectuelle qui la caractérise, laquelle s’exprime dans la personnalisation et la dramatisation du débat. Premièrement, afin de ne surtout pas répondre aux critiques portées, il convient d’orienter la discussion autour de la figure de l’écrivain-révolté. Quoi de mieux pour cela que de garder notre tribune sous le coude afin de la publier le jour où Daoud reçoit le prix Lagardère du journaliste de l’année, prix dont le jury réunit tout ce qui se fait de plus radical et engagé (Joffrin, Giesbert, Barbier, Ockrent...). Daoud lui-même joue le jeu de la personnalisation en exposant sa correspondance avec l’écrivain américain Adam Shatz et en annonçant qu’il quitte le journalisme (c’est-à-dire en fait qu’il n’écrira plus que pour Le Point, mais cette nuance n’a apparemment pas d’importance).

Cette personnalisation du débat répond à une logique mercantile qui produit des héros, des salauds et des martyrs bons pour la consommation, comme on produit du coca ou des voitures. Une logique qui débouche sur une réalité bien concrète : le fond de notre tribune n’est jamais abordé. Dans cette course à l’échalote, nous sommes sollicités pour débattre sur le thème « Kamel Daoud est-il islamophobe ? ». Mais, bon sang, si le problème se limitait à lui, nous n’aurions jamais écrit ce papier.

La personnalisation s’accompagne de la dramatisation, précisément parce que nous avons osé égratigner le nouvel héraut du complexe charlisto-laïcard. Toujours afin de ne surtout pas parler du fond, le débat doit se limiter à la question de la trahison, du danger de mort, de l’islamisme radical, du terrorisme réel ou intellectuel. Dès lors la discussion s’organise autour de la « fatwa médiatique » lancée contre le brillant homme qui, répètent-ils ad nauseam, a été menacé par un vrai salafiste, là-bas, en terre sauvage.

Le complexe charlisto-laïcard a mal à son Daoud, et il réagit de manière fort peu civile. C’est ainsi qu’un journaliste du Huffington Post envoie un mail à plusieurs collègues, par lequel il les sollicite afin de « préparer un numéro spécial pour répondre aux intégristes qui ont attaqué Kamel Daoud ». C’est ainsi également que Riss lance cette menace à peine voilée dans Charlie Hebdo : « Quand cette guerre contre l’islamisme sera terminée, il faudra faire les comptes de toutes les lâchetés, les complaisances, les trahisons des intellos et des journalistes qui auront tout fait pour intimider et faire taire les voix contestataires. » Pas de doute, l’esprit Charlie a un arrière-goût de chasse aux sorcières déguisée en défense de la liberté d’expression. Les voilà bien agressifs et conformistes, les défenseurs du droit à l’outrance et à la critique, mais seulement quand ça les arrange.

Du fait de cette personnalisation/dramatisation du débat, nous nous retrouvons à nouveau face à ce qui fait la force de la réaction dans la France de 2016 : la primauté des discours a-sociologiques. Qu’il s’agisse des clichés et des caricatures promus par un écrivain primé, des vociférations des éditorialistes de cour ou des coups de mentons dans le vide d’un premier ministre dramatique, tout converge vers une seule logique : « Réfléchir et expliquer, c’est excuser. » Mieux vaut empiler les lieux communs sans se préoccuper des faits.

Postcolonialité, race et tartuferie

L’hostilité qui s’exprime bien au-delà des cercles journalistiques tient aussi à la configuration raciale du débat. En effet, Daoud légitime ses analyses englobantes sur le « monde d’Allah » par le fait qu’il vit dans une partie de celui-ci. Il est célébré en France comme le parangon de ces élites modernistes originaires des pays arabo-musulmans qui développent des discours critiques sur leurs concitoyens. Or, en transposant leurs analyses qui dénoncent justement le puritanisme et la patriarchie sévissant dans des sociétés où les musulmans sont majoritaires à des espaces où les musulmans sont non-seulement minoritaires, mais pour beaucoup issus de l’immigration et appartenant à des cultures très diverses, ces figures idéalisées peuvent contribuer directement ou indirectement à légitimer des postures racistes.

Le problème dans le cas qui nous concerne, c’est que nous avons « démoli » le discours de Daoud, en exposant tout ce qu’il pouvait avoir de caricatural, tout ce qu’il empruntait à l’orientalisme colonial le plus banal. Et c’est quelque chose d’inadmissible, puisque nous démontons de la sorte l’alibi ethnique qui vient à l’appui des discours culturalistes, racistes ou islamophobes. Oui, la révélation est incroyable : on en vacillerait presque, mais l’hypothèse postulant que l’on ne peut pas être antisémite si l’on est juif ou tenir des propos islamophobes parce qu’on est né « là-bas » ne tient pas la route sociologiquement et historiquement.

Or, pour avoir rappelé que l’on ne s’affranchit pas par magie des pesanteurs de la postcolonialité (ni Daoud, ni vous, ni moi, ni personne), pour avoir souligné les biais de la lecture culturaliste du « machisme musulman » proposée par l’écrivain, pour avoir critiqué son texte comme n’importe quel texte, en contextualisant et en argumentant, nous voilà à notre tour qualifiés de racistes. Le retournement ne manque pas de sel. Il révèle dans toute sa splendeur la posture paternaliste de ces défenseurs qui présentent leur martyr en rappelant systématiquement son origine. Lui-même, dans sa déchirante lettre d’adieu, ne manque pas de se mettre en scène comme un indigène injustement critiqué par des Occidentaux jouisseurs ne connaissant rien des ténèbres qui étreignent les terres du Sud – bien aidé en cela par les inepties proférées par Shatz.

Il est plus que temps qu’on en finisse avec ce paternalisme d’administrateur colonial. Qu’on lui reconnaisse le droit d’être un homme comme les autres. Qu’on lui reconnaisse le privilège d’être critiqué quand il enfile les perles, comme tout intellectuel qui se fourvoie. On fait bien de même avec Michel Onfray ou Renaud Camus, alors pourquoi pas avec Kamel Daoud ?

Plus largement, cette tartuferie nous renvoie à la difficulté de parler de race et de postcolonialité en France, à l’heure où ces deux notions devraient au contraire occuper une place importante dans le débat public, afin de mieux combattre la réaction qui s’active depuis de longues années. Que des profs nous envoient des mails outrés où ils nous reprochent de mentionner la colonisation à propos de Daoud est on ne peut plus parlant. Monsieur est algérien et francophone, refusant l’arabe qu’il dépeint comme une langue bouffée par la religiosité, publie des deux côtés de la Méditerranée, signe une reprise primée de Camus (Meursault, contre-enquête) et joue l’indigène offusqué quand ça lui chante, mais non, il serait injuste et faux d’évoquer l’empreinte coloniale. Le déni atteint des proportions grotesques. Une raison de plus pour donner des coups de pied dans la fourmilière.

De l’importance de parler d’islamophobie

Il me reste encore un dernier point à aborder, celui qui concerne la question de l’islamophobie. Ici, je m’adresse tout particulièrement aux laïcards qui, comme moi, n’ont aucun respect pour le concept de Dieu unique et une méfiance particulière (voire une révulsion) à l’égard des zélotes de tout poil. L’argument développé par des gens comme Kepel est que le concept d’islamophobie aurait été inventé par les islamistes afin d’assimiler toute personne les dénonçant à des racistes. Cet argument est faux, comme l’a souligné entre autres Vincent Geisser. L’islamophobie est un concept qui sert avant toute chose à désigner un racisme à l’encontre d’une catégorie de population : ceux qui pratiquent l’islam ou sont assimilés à des musulmans.

S’il nous faut parler d’islamophobie dans le contexte actuel, c’est bien à cause de cela et non pour préserver l’islam en tant que religion. Comme toute croyance, celui-ci est sujet à une multitude de variations politiques ou dogmatiques qui vont du libéralisme au fondamentalisme en passant par le mysticisme. L’islam unique, c’est un truc pour les croyants. Mais les Musulmans en revanche forment une catégorie bien utile pour le gouvernement et les faiseurs d’opinion. La différence est de taille, amis bouffeur de curés et d’imams. Parce que les lois sur « les signes religieux ostentatoires », les assignations, les perquisitions et les contrôles aux frontières de Schengen ne visent pas un concept du Dieu unique. Elles visent une population d’immigrés et de fils/filles d’immigrés harcelée par l’État, ses flics et ses juges administratifs. Elles visent une population de convertis associés à des paumés et à des bombes à retardement. Elles visent une population de réfugiés qui fuient la guerre et que l’on soupçonne maintenant d’être des pervers à rééduquer.

Face à cela, il n’y a pas à transiger : il faut dénoncer les politiques et les discours qui ciblent ces populations, qui les fragilisent et les stigmatisent. Se priver de la notion d’islamophobie, c’est laisser carte blanche aux furieux obnubilés par l’islam, dans les rues, les salles de rédaction et les cabinets ministériels. Quand un discours est islamophobe, il doit être qualifié comme tel. Cela ne fait pas de celui qui le tient un immonde raciste qu’il faut absolument faire taire, mais cela rappelle que ses propos ont des conséquences bien réelles sur la vie des gens. Parce qu’au-delà de toutes ces gaudrioles d’intellos, il ne fait vraiment pas bon être musulman en Europe actuellement.

Thomas Serres



1 Entre deux tribunes au Point ou au Quotidien d’Oran, « l’homme révolté » du moment ne manque donc pas de réseaux pour publier ses diagnostics sur les musulmans.

2 Il faut dire que les universitaires dans leur tour d’ivoire passent leur temps à se critiquer les uns les autres, sans pour autant annoncer à tout bout de champ qu’ils arrêtent la recherche.


COMMENTAIRES

 


  • jeudi 3 mars 2016 à 10h56, par istolano

    Mettre les deux pieds dans la fosse à purin puis ensuite déclarer son dégoût de la merde.
    Vous faites une tribune dans le Monde comme n’importe quel éditorialiste et vous vous étonnez sérieusement du traitement que vous recevez ?
    Par ailleurs, il y a dans votre texte un arrière gout d’argument d’autorité assez désagréable, vous signez dans le Monde avec entre parenthèses vos qualifications (anthropologue, sociologue...), vous brandissez vos années de recherches, mais dans les faits vous (comme Daoud) parlez d’un événement dont on ne sait rien ou presque. Ni le nombre exact de victimes, de coupables, leurs origines, leur religion (ou absence de ), leurs conditions de vie.
    Les années de recherche et les titres doivent se sentir dans la qualité de l’argumentation, dans les faits fournis, dans les études citées pas seulement dans la signature.
    Vous avez fait un boulot d’éditocrate, vous avez été le Philippe Val ou le Joffrin du camp d’en face. La bonne nouvelle c’est que vous semblez vous en rendre compte.

    • Ils réagissent au texte de Kamel D., pas au fait divers.

    • Merci pour votre réaction.

      1°/ Dans notre tribune, nous ne parlons pas de Cologne ou très peu, mais de la racialisation des violences sexuelles. Donc d’un discours plutôt que d’un fait divers.

      2°/ Oui, le coup de la tribune dans Le Monde peut être débattu (en fait il l’a été). Il est sans doute moins risqué d’écrire nos articles à un public conquis de totos ou d’intellos des critical studies, d’indigènes, de zadistes et autres copains (on y a pensé, pour recevoir des fleurs plutôt que du purin). Ensuite, nous qualifier de Joffrin ou de Val, c’est quand même un peu fort de café non ? Que vous le vouliez ou non, quand on a passé des années à travailler sur un sujet, on a des choses à dire dessus qui sont « informés ». C’est précisément ce qui nous distingue de ces personnages (ça et le récidivisme). Ensuite, l’argument d’autorité vous embête, bah contestez-le, on vous demande pas de vous soumettre.

    • Merci pour votre réaction.

      1°/ Dans notre tribune, nous ne parlons pas de Cologne ou très peu, mais de la racialisation des violences sexuelles. Donc d’un discours plutôt que d’un fait divers.

      2°/ Oui, le coup de la tribune dans Le Monde peut être débattu (en fait il l’a été). Il est sans doute moins risqué d’écrire nos articles pour un public conquis de totos ou d’intellos des critical studies, d’indigènes, de zadistes et autres copains (on y a pensé, pour recevoir des fleurs plutôt que du purin).
      Ensuite, nous qualifier de Joffrin ou de Val, c’est quand même un peu fort de café non ? Que vous le vouliez ou non, quand on a passé des années à travailler sur un sujet, on a des choses à dire dessus qui sont « informés ». C’est précisément ce qui nous distingue de ces personnages (ça et le récidivisme).
      3°/ Enfin, l’argument d’autorité vous embête, bah contestez-le, on vous demande pas de vous soumettre. Il doit y avoir un juste milieu entre le « tous pourris » et le « nous vous suivrons aveuglement, maître », non ?

      • jeudi 3 mars 2016 à 18h05, par istolano

        Merci de votre retour,

        Concernant le point 2. Le problème, à mon sens, n’est pas de savoir si c’est risqué ou pas, mais si c’est efficace ou pas.
        Aujourd’hui est ce que vous pensez que c’est la position de Daoud qui est renforcé ou la votre ?
        Pouvez vous me citer des tribunes de ce type, provenant de votre camp (qui est souvent mon camp), dans ce type de journaux qui ai eu un effet positif. Par opposition, combien sont ceux qui servent uniquement d’épouvantail à bourgeois ?

        • Rebonjour,
          Je finis par vous et la boucle est bouclée en ce qui me concerne. Je dirais que cette tribune dans le monde est un assez bon exemple de toute ces contradictions, finalement. Ok, on a joué l’épouvantail à bourgeois. Ok, on s’est pris une volée de bois vert. Mais dans le même temps, on a pu parler un peu dans les médias de masse et porter un discours différent (et avoir pas mal de personnes qui nous ont soutenu, même si finalement le rapport de force est déséquilibré).
          Bien sûr, on ne va pas inverser l’hégémonie culturelle charlisto-laicarde en quinze secondes. Bien sûr, on ne va pas pousser les vallseuses à infléchir leurs politiques de merde. Mais comme le dit JeanJean plus bas, on a au moins eu le mérite de les emmerder publiquement.
          Toutefois, je dois bien être honnête avec vous, ces conneries médiatiques, c’est la dernière fois avant longtemps en ce qui me concerne. Certes, une bonne polémique sur Le Monde c’est très bon pour la carrière universitaire, puisque ça fait du réseau, du clic et de la visibilité, et c’en est écoeurant tellement ce milieu est malade.
          Dans le même temps,d’un point de vue politique, le système a certainement intégré la critique à sa propre routine, et au final celle-ci ne fait que participer au spectacle, le spectacle aliénant qui double la société de consommation. Je suis pris entre l’envie de porter un discours et le fait que ce discours est de toute façon digéré et chié en trois secondes, puis empaqueté et vendu par mes ennemis. On le sait tous ça. Alors, sincèrement, je ne sais pas. Mais j’essaye et me vautre. Dur dur la vie d’islamo-gauchiste ;)

    • jeudi 3 mars 2016 à 12h06, par Teddy Boomer

      A l’intention d’istolano :

      « Il dit qu’il a rien compris »

      Monsieur Serres déconstruit l’argumentaire islamophobe de monsieur Daoud. Il ne remet pas en cause les violences de la nuit de Cologne. Mais il semble que beaucoup, y compris vous, refuse de comprendre cette démarche. La france 2016, c’est blanc ou noir. La nuance ? C’est pour les islamistes, les gauchiasses et autres journalopes.

      Quant à votre charge contre les universitaires...

      Va falloir nous expliquer comment un expert du sujet, dont la formation a été validé par un jury de spécialiste, qui passe des années à écrire une thèse (mais savez vous seulement ce qu’est l’écriture d’une thèse ?), des mois à rédiger des articles scientifiques, est moins qualifié qu’un éditorialiste généraliste ?

      Spéciale dédicace au prix Lagardère décerné par la crème de la crème des chiens de garde.

      • jeudi 3 mars 2016 à 17h54, par istolano

        T’en veux de l’argument d’autorité :
         × « (mais savez vous seulement ce qu’est l’écriture d’une thèse ?) ».
        Envisageons que je sache ce qu’est l’écriture d’une thèse, envisageons même que j’ai soutenu cette thèse, est ce que mes arguments deviennent d’un coup meilleurs ?
        Et si j’avais eu les félicitations du jury et éventuellement une HDR est ce que ça me donne le droit de parler du haut de ma chaire en espérant que les autres acquiescent ?
        Pour info Gilles Kepel a deux doctorats, est ce que ça lui donne raison contre Thomas Serres ?



  • Kamel D. est peut-être de bonne foi dans ses erreurs, ce qui ne le dédouane pas mais il fait les frais de la politique éditoriale dominante consistant à ne donner parole et exposition qu’à une lumpen-intelligentsia... et aux artistes. On verra donc acteurs, musiciens et bureaucrates de la culture exposer leurs avis sur la Syrie, quand ils ne savent pas placer Damas sur une carte sans l’aide de Google Map.
    — -
    Cette radicalisation médiatique et ls strabisme globuleux qui accompagne son auditoire vient d’une désaffection générale de leur produit. Cette littérature poissonnière mais qui la lit encore, hormis la France des camping et des pavillons en contreplaqué ? Tristesse pour des gens qui ne connaissent que tourisme et hôtel hausmanien,
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    Prenez Le Point, L’Express, Marianne, L’Obs... Enlevez les abbonements institutionnels publiques (mairie, bibliothèque...) et privés (hotel, salon de coiffure), mais serieux qui lit encore ça volontairement et non pour combler l’ennui d’une salle d’attente ? Ça doit se chiffrer à quelques milliers de personnes individuels par titres.
    — -
    Le reste de la diffusion de ces marques et de leur tête de gondole en intertitre se fait principalement par voix yvecalciesque, arletchabique, ruiquereuse, bourdiniste, à la lie(sière) du divertissement gâté, puéril et sénile.

    Malgré des ventes rachitiques et des rigolades accablées de la majorité elle continue à se croire l’épicentre du debat et de la vie intellectuelle.. Dans un isolement international et academique qui les rend de plus en plus maniaque. Se fantasmant toujours à sa place de 1992, quans la légitimité intellectuelle en France se faisait en publiant un paté chez Grasset, une part de pudding dans l’Obs, un etouffe-chretien chez Cavada et un digestif chez Pivot.
    — -
    Du coup, je me demande si leur radicalisation ne vient pas de cette combinaison de facteur. Economique d’abord, les coupes faites depuis dix ans ayant conduit à une indigence de contenu journalistique faisant passer « The Economist » pour un bulletin de la CGT à côté d’eux. Du lectorat ensuite qui n’est plus du tout élitaire mais oscille entre le populo en survet’ et le petit-bourgeois en leasing, vieilissant, isolé et passif socialement. Et de la ruine totale et irrémédiable , pour la majorité des citoyens à venir, du circuit de légitimation symbolique qui les a emtrentenu des décennies.
    — -
    Bizarrement j’ai donc un semblant d’espoir, pas mirifique ou englobant, mais face à cette agitation priapique, ce moulinage climatisé ressemble surtout à des convulsions d’agonisant voulant conjurer une inéluctable raideur cadavérique. Que la bête meurt !



  • Rarement vu un texte aussi mauvais sur Article 11 et je suis bien d’accord avec le commentaire premier. Je pense que la confusion s’aggrave chez ces moralistes incapables de nous parler de la réalité de l’islamisme et qui projette leur culpabilité sur des Kamel Daoud (dont le texte est critiquable certes) sans se rendre compte qu’ils provoquent de nouvelles fatwa. Ont-ils conscience de jeter de l’huile sur le feu à leur tour en voulant rabrouer ce que nous disent les intellectuels ou syndicalistes arabes, iraniens ou turcs qui subissent au quotidien les diktats intégristes, à la fois ceux des prédicateurs takfiris et désormais ceux des universitaires béats.

    Au contraire, le parangon de l’arabe pour des chercheurs type Thomas Serres, c’est le bon musulman conservateur de préférence hostile à toute occidentalisation. C’est le choc des civilisations inversé. Or, depuis les révolutions arabes, on aurait espéré un peu moins d’essentialisation d’un côté comme de l’autre. Le débat pour la sécularisation dans nos sociétés est suffisamment rude pour ne pas avoir besoin des bonnes consciences post-modernes occidentales (et finalement toujours aussi paternalistes à savoir le mieux pour nous) qui nous mettent des bâtons dans les roues.

    A aucun moment, Thomas Serres n’imagine ce que c’est de vivre dans un pays comme l’Algérie, qui a connu plus de 200000 victimes durant la sale guerre, qui a vu des dizaines de milliers d’universitaires, de chercheurs et d’intellectuels fuir le pays, des centaines se faire assassiner par les islamistes. Aujourd’hui encore toute parole jugée hérétique est clouée au pilori par un pouvoir algérien qui sait comment l’argument religieux est un moyen de faire taire toute opposition (quelle ironie ou aveu de lire la citation de Tartuffe en exergue de cet article).
    Or la montée et l’instrumentalisation de l’islamisme depuis une trentaine d’années, jamais nos intellectuels post-coloniaux autocentrés n’en parlent, sinon pour le dédouaner ou le détourner. Tout ce qui les intéresse, c’est de lustrer leur bonne conscience en miroir dans un jeu qui profite évidemment aux Finkielkraut, Fourest et consorts. On peut parler de défaite effectivement.

    Cet article confirme ce que je pensais depuis un moment : le concept d’islamophobie est un bâton merdeux qui in fine profite aux islamistes qui peuvent l’utiliser à des fins d’intimidation, nos intellectuels sont strictement les idiots utiles de l’extrême droite religieuse. Les victimes d’agression racistes eux s’en foutent de savoir si le terme est correct ou non.
    Je souscris avec la dernière phrase du texte « Parce qu’au-delà de toutes ces gaudrioles d’intellos, il ne fait vraiment pas bon être musulman en Europe actuellement. » Il ne fait pas bon se sentir pris au piège d’un combat qui ne profite qu’aux réactionnaires et il est temps d’affirmer autre chose.
    J’ajouterais qu’à force d’essentialiser à son tour, Thomas Serres ne me semble pas qualifié pour désigner ce que peut être la vie d’un-e musulman-e en Europe. Ou ce qu’est un musulman-e. Quelle connerie !

    Une musulmane (mais pas sûr) critique (en tout cas)

    • Bonjour,

      Merci de votre commentaire. Rapidement, deux commentaires.

      « le parangon de l’arabe pour des chercheurs type Thomas Serres, c’est le bon musulman conservateur de préférence hostile à toute occidentalisation »
      Le problème, c’est bien la notion d’occidentalisation qui ne veut rien dire. Mais vous illustrez bien mon point sur le retournement qui vise à nous traiter de raciste.

      « A aucun moment, Thomas Serres n’imagine ce que c’est de vivre dans un pays comme l’Algérie, qui a connu plus de 200000 victimes durant la sale guerre »
      Il y a quelques années, j’avais écris ça sur Article 11 : http://www.article11.info/?Alger-Ai...
      C’est un texte encore un peu immature, mais ça vous donnera une idée de ce que je pense de la vie en Algérie.

      J’espère que cela tempérera votre colère.

      • Dont acte. Vous connaissez bien l’Algérie. C’est un bel article.
        Sur le premier point j’ai mis « occidentalisation » exprès pour souligner cette fausse dichotomie alimentée par les discours abstraits.
        Oui je suis en colère. Je suis en colère vis-à-vis de mes amis qui me servent du « musulman » et de l’islamophobie avec compassion sans se rendre compte qu’il m’enferme dans une case. Je suis capable de reconnaître un raciste sans qu’on m’invente un mot sur mesure. Nous (les femmes, les étudiants, les militants sociaux) subissons l’islamisme depuis des années et on nous dit de ne pas commettre de parole sacrilège parce que cela sert les Zemmour et compagnie. Nardine o mouk !
        Le texte de Kamel Daoud devait être critiqué mais son malaise nous dit autre chose. Et cet autre chose doit nous tirer vers le haut sans déchaîner les mauvaises passions.

        • Je comprends bien votre position. Maintenant, Daoud (et les Finkielkraut/Kepel et consorts qui se servent de ses conneries et se foutent éperdument de l’Algérie), ils parlent surtout de la masse des musulmans.
          Sur les barbus, il y a des choses à dire. Je ne suis pas de ceux qui disent qu’il ne s’agit que de manipulations du méchant régime. Il y a une tripoté de méchants cons féroces, en Algérie et ailleurs. Mais à ma connaissance, ils sont plus souvent en-dessous des drones qu’à leurs commandes.
          Mais tant qu’on reste en Europe, essayons déjà de lutter contre nos méchants cons avant d’aller en guerre contre ceux des autres. Et surtout évitons d’assimiler les méchants cons et ceux qui les fuient, sous prétexte qu’ils croient (plus ou moins) au même bouquin.

          • jeudi 3 mars 2016 à 14h58, par Ilf Bencheikh

            Pour les drones, sans doute.

            Mais par rapport aux « intellectuels laïques minoritaires », ceux que vous appelez sympathiquement les « puritains parfois violents » ont plus souvent été du côté du manche du couteau que de sa lame, si ma mémoire est bonne. Peut-être même que ça a un peu d’importance pour un écrivain algérien vivant en Algérie.

            Mais vous pouvez penser que l’extrême-droite religieuse qui gangrène le monde musulman n’est que l’expression un peu excessive d’un puritanisme, hein, libre à vous. C’est un beau combat pour un intellectuel de gauche.

          • dimanche 24 avril 2016 à 01h46, par Arezki

            espèce de blaireau....les drônes, les barbus...sacré Thomas

            • dimanche 24 avril 2016 à 14h16, par Arezki

              désolé pour cette réaction, mais je trouve l’argumentation tellement bancale et occidentalo-centré... je crois que t’aurais du t’arrêter là. Je trouve que tu prends la problématique que soulève Samia un peu à la légère et que tu minimise le poids de la tradition et de la religion dans les sociétés islamiques(ici l’Algérie)et du combat mené par par tout les gens de progrès et la jeunesse pour une plus grande liberté,sociale,intellectuelle et bien entendu sexuelle, Je ne parle même pas de politique et de l’accaparement des richesses tu le fais très bien ; ton article sur l’état de la société Algérienne est très bien informé et là encore pas de trace de la condition des femmes, il n’est question que de jeunes hommes...je crois que le véritable problème avec le texte de Daoud est la récupération dont il fait l’objet, mais nier la problématique qu’il soulève c’est de l’aveuglement au nom d’un antiracisme très morale et fait de vous effectivement les alliés objectifs des islamistes, pas tous barbus hirsute ,comme Tarik Ramadan. au final tu sers la soupe à tout les omnubilés de l’Islam qu’ils se trouvent dans les rédactions ou les Mosquées.Je t’invite à lire le bouquin de Mansour Fahmy, sociologue égyptien, qui traite de la condition de la femmes dans l’islam (du Maghreb jusqu’au Caucase en passant pas la péninsule Arabique) à la prochaine

    • Samia, je serais curieux de savoir ce que vous pensez de ce texte qui me paraît bien plus près des réalités algériennes que les grands discours de Kamel Daoud :

      http://www.huffpostmaghreb.com/tinh...

      • @ Khawaga. Je n’ai rien à dire de particulier sur ce texte si ce n’est qu’il ne me semble pas plus près des réalités algériennes qu’il cherche à relativiser que certaines caricatures opposées qui systématisent la violence sexuelle dans le monde musulman. Bien sûr, c’est toujours le même refrain, il ne faut pas culpabiliser. Pour ma part, je ne pense pas que les mâles algériens soient « méchants » (pour reprendre les termes de Thomas Serres).
        Mais tous les jours je me demande qu’est-ce qui ont poussé mes cousins du bled à ne plus me faire la bise du jour au lendemain quand ils sont devenus des jeunes hommes, puis à ne même plus vouloir me serrer la main. Puis à ne plus me parler du tout sauf pour me sermonner en récitant par cœur les poncifs qu’ils entendent partout autour d’eux. Eux-mêmes se font sermonner s’ils dévient de l’habitus comportemental qui s’est répandu partout, et qui consiste à se scruter les uns les autres, et discuter sans fin sur le licite ou l’illicite de toutes choses. C’est bien sûr un dérivatif aux vrais problèmes, car oui, la jeunesse algérienne est frustrée. Par la misère sociale, par le chômage, par l’impossibilité de se marier faute de moyen (donc avoir des relations, ne disons même pas « sentimentales ») avant 30 ans (là on parle des hommes), par le regard des autres, par le poids de la famille, des traditions, frustrés dans leur révolte impuissante contre un pouvoir qui ne partage rien.
        Le problème n’est pas simplement de faire la part des choses entre ici et là-bas, comme dit Thomas Serres, car comme beaucoup je suis d’ici et là-bas (et mes « méchants » d’ici sont parfois les mêmes que ceux de là-bas).
        En Algérie, ce ne sont pas les gens comme Daoud qui nous font du mal. Alors, on est en droit de penser que l’attaquer depuis la posture eurocentrée (mais anticoloniale) ne peut que conforter l’état des choses et conforter les takfiri.

        Le problème c’est que moi je sais ce que vos prêches de chercheurs anti-islamophobes (qui jouent au même pingpong avec la « posture paternaliste d’administrateur colonial » que le camp adverse des islamophobes patentés) occultent de nos réalités sociales, religieuses et… sexuelles.
        Mais ça une femme arabe n’a pas le droit d’en parler (sauf si elle sait manier le langage lissé de la sociologie pour dire que tout est complexe).



  • jeudi 3 mars 2016 à 12h37, par Faab

    Petite note sur pourquoi je n’ai pas aimé votre texte bien qu’étant peu tendre avec les clichés orientalisto-islamophobo-tous des sauvages :

    Vous avez visé Daoud comme représentant de l’espèce « des éditorialistes et des experts » or, pour ma part, je n’ai pas lu son texte comme étant de ce registre, j’y ai trouvé un style exprimant clairement une subjectivité, une position d’auteur, une singularité, qui peut certes se discuter voire se combattre mais n’est pas de la même eau que ceux que vous attaquez.

    Un texte peut se retrouver dans la fonction que vous attaquez sans pour autant qu’il y ait à catégoriser l’auteur. Pour un exemple connu : ce n’est pas parce que Rushdie recevra les félicitations d’islamophobes que Les Versets Sataniques n’expriment pas de manière intéressante la position des gens dans un entre-deux culturel où l’individu sera sommé par certains de choisir un camp, ange ou démon, musulman ou non-musulman, occidental ou non-occidental etc.

    Le texte de Daoud me semble valoir mieux qu’une tribune de BHL ou Finkielkraut, il y a par exemple des accents nietzschéens dans sa manière de typer « l’islamiste », dans un style qui ne relève pas pour moi du réalisme sociologique mais plutôt de la caractérisation d’un « personnage conceptuel » comme dirait Deleuze.

    Peut-être est-ce une question de sensibilité littéraire, mais pour ma part, je n’ai pas senti dans son texte de prétention à « l’objectif » comme vous voulez y prétendre, je l’ai plutôt lu comme posant une manière de voir située, subjective, par exemple sur un certain rapport à l’ici-bas, la vie, la sexualité, la femme et l’au-delà, la mort, le virilisme. Chez lui, ça s’appelle « l’islamiste », chez Nietzsche ça pouvait se nommer « le prêtre », ailleurs ça prendra d’autres noms.

    Vu le ton général de votre réponse, il ne m’étonnerait pas que vous essayiez de démontrer que Daoud est bel et bien réductible à un statut d’« éditorialiste et expert » en concurrence avec vous sur les discours d’« objectivité », la description du « réel », de l’actualité, mais en tout cas, je n’ai pas senti ça dans son texte et j’ai perçu le vôtre comme une tentative d’abolir la singularité de l’auteur, de le forcer à se positionner dans un camp, le réduire à vos propres catégories polémiques, sans doute parce que son texte sera inévitablement cité et utilisé par vos adversaires.

    • jeudi 3 mars 2016 à 12h48, par JL

      D’accord avec Faab. Un peu marre de voir les universitaires seuls dépositaires de la parole. Un peu marre de leur confusionnisme mettant dans le même sac des « amis » (je ne suis pas ton ami, gars) les foireux indigènes (de la ré ?), les totos etc..
      Un peu marre aussi de ne plus avoir le droit de s’en prendre à l’islamisme sans se faire taxer d’« islamophobe » ou de « jesuischarliste » etc..

      • jeudi 3 mars 2016 à 12h55, par Thomas

        Pas de soucis, moi non plus, je te connais pas. Et n’hésite pas à cracher tout ton fiel sur les islamistes quand tu le veux, mais là c’est pas le débat.

    • jeudi 3 mars 2016 à 12h50, par Thomas

      Bonjour,
      Vous réduisez le débat à Daoud. Enfin, il a commencé en temps que journaliste et éditorialiste (et c’est comme ça qu’il est connu dans son pays). Et nous, nous parlions de l’audience de ces tribunes (écrites et payées par des journaux) et des clichés propagés.
      Bref, s’il suffit d’avoir écrit un bouquin de fiction pour pouvoir écrire n’importe quoi dans les journaux avec la caution « pas touche, littérateur », qu’on arrête aussi de critiquer zemmour...

      • vendredi 4 mars 2016 à 10h03, par Faab

        Désolé, mais c’est bel et bien parce que vous ciblez un auteur en le mettant dans vos catégories, en disant « Daoud, bien qu’engagé politiquement, est de cette espèce. », que votre texte m’a posé problème.

        Et je disais dans un forum que j’avais l’impression que les gens ne savaient plus lire, ne savaient plus faire la différence entre les registres, identifier d’un coup d’oeil, rien que par le style, que quelqu’un qui écrit « La femme est le reflet de la vie que l’on ne veut pas admettre » ne fait pas dans l’« objectivité » sociologique, qu’il se place ailleurs.

        Ce n’est pas une question de statut social, d’avoir ou pas écrit « écrivain », « philosophe » etc. en sous-titre à la télé, c’est avoir une idée de ce qu’est la littérature pour la voir dans le contenu même. A priori, vous ne l’avez pas vue comme que je l’y ai vue (chose que je n’ai jamais vu chez Zemmour comme je n’ai jamais vu de philosophie chez BHL...)

        Comme je disais plus haut, c’est sans doute d’abord une question de sensibilité littéraire, de perception.

        Mais ça n’empêche pas de faire une critique de la place du texte lui-même dans le contexte actuel de guerre politico-médiatique où sont accumulées les caricatures déshumanisant, en-sauvageant l’« Ennemi ». D’ailleurs, ce n’est sans doute pas pour rien que Daoud a annoncé qu’il abandonnait la fonction de « journaliste » : il doit bien savoir que l’environnement d’un texte n’est pas neutre et que si il entend faire plus large ou plus profond que l’actualité, il doit éviter de publier dans des journaux d’actualité.

        Vous dites que votre intervention a été un échec, mais peut-être a-t-elle participé à sa décision de se placer clairement ailleurs que là où on (et vous êtes aussi dans ce « on »...) veut le mettre.



  • Merci beaucoup pour ces explications et votre salutaire tribune dans le Monde. Il y a par contre un argument qu’il aurait été très judicieux de reprendre en tant que scientifique, à savoir la vérité des faits qui se sont déroulés à Cologne et qui tranche radicalement avec le bruit médiatique et les manipulations de Daoud : « Après avoir interrogé près de 300 personnes et visionné 590 heures de vidéos, le procureur de Cologne, Ulrich Bremer, révèle dans une interview à Die Welt que plus de 60% des agressions n’étaient pas à caractère sexuel mais bien des vols. Surtout, sur 58 agresseurs, 55 n’étaient pas des réfugiés. Ils sont pour la plupart Algériens et Marocains installés en Allemagne de longue date, ainsi que trois Allemands. On ne dénombre que deux réfugiés Syriens et un Irakien. »



  • jeudi 3 mars 2016 à 14h17, par JeanJean

    a mon avis, la seule erreur est d’avoir sous estimé Daoud et son réseau (ou d’avoir été pris par surprise). Car si la tribune que tu as publiée, ainsi que cet article, sont solidement étayés et cohérents entres eux, depuis le début cela n’est plus le cas du camp d’en face, quelque soit l’auteur, l’éditorialiste ou autre. Ce débat n’est plus une affaire d’arguments mais bien d’image, or la dessus, Kamel Daoud a bien plus a perdre que toi puisque la sienne lui sert de légitimité. Ses « amis » ont cette peur également, la violence de la contre attaque en témoigne. Je pense que Daoud, bien dans ses charentaises en envoyant sa petite popote au Monde, ne s’attendait tout simplement pas à la moindre réaction pertinente en retour. Peut être une fausse polémique avec quelqu’un de son milieu cosy mais en tout cas pas autre chose, que des louanges.
    Ne tombe pas dans le piège de jouer à celui qui aura le dernier mot, ce n’est pas un combat dans ce cas précis.
    comme disait un grand chanteur canadien : "there ain’t nothin’like a friend who can tell you you’re just pissin’
    in the wind" :)
    Bon courage



  • donc elle, c’est aussi une méchante ? http://www.liberation.fr/debats/201...

    • jeudi 3 mars 2016 à 15h03, par JeanJean

      Elle veut simplement sa part du gâteau et être sure que son nom soit cité dans le débat... bientôt un mois après la bataille et comme les autres, elle occulte le fond pour ne parler que du soi-disant procès contre Daoud. Il y a tellement de tribunes maintenant que tout le monde veut la sienne. Mais personne ne lit vraiment celle des autres j’ai l’impression, donc on a pas fini de tourner en rond

    • Elle a fait un bon coup, la Fawzia, elle a eu droit à Léa Salamé le lendemain matin sur Inter. Où son dernier roman a été cité. Autre chose que Libé comme audience. Si ça lui fait pas vendre quelques centaines de copies de son bouquin... Et faites moi signe le jour où Cohen ou Salamé inviteront un signataire de la prétendue « fatwa » des « sociologues de salon ». Fascinant de voir comment toutes et tous ces bien-pensants du racisme culturaliste, qui sont ultra-majoritaires dans le champ médiatico-intellectuel et qui font l’opinion, utilisent l’argument de la persécution...
      Pauvre Kamel Daoud. Il vaut mieux que de se retrouver dans le camp de Bruckner, Valls et Boualem Sansal...

    • vendredi 4 mars 2016 à 21h15, par ShengWuLian

      Son texte est assez malhonnête en tous cas...



  • Je crois que tout l’intérêt de ce débat se situe à la croisée des propos de Daoud dans ses tribunes et des vôtres dans votre tribune collective et dans ce présent article. Et je crois que, malheureusement, nous passons à côté.

    C’est une rencontre ouverte entre différents regards qu’il faudrait plutôt que de surenchérir de part et d’autres dans une cacophonie inquiétante.

    J’adopte personnellement une double lecture des textes de Daoud en question.

    La première : ces tribunes dans le Monde et le NY Times m’ont très vite dérangée pour l’essentialisation qui y est faite et pour toutes les mêmes raisons que celles que vous soulevez avec justesse et responsabilité face au contexte délétère que nous vivons aujourd’hui en France.

    La seconde : c’est la lecture de celle qui - aussi en tant que concernée - veut voir connus et reconnus les combats de femmes et d’hommes qui militent dans le monde arabe pour sortir de la religion comme dogme suprême, qui militent pour avoir le droit ne pas avoir de religion ou d’en avoir une autre, qui militent pour que les questions religieuses relèvent uniquement du domaine privé et quittent les manuels scolaires. Le droit de dire merde.

    En ce sens je ne jette pas la pierre à Daoud et si mon honnêteté intellectuelle me fait adhérer à beaucoup de vos propos, je trouve qu’il est aussi juste d’être collectivement capable d’entendre autre chose.

    Sa tribune n’est finalement qu’une catharsis sûrement douloureuse mais néanmoins courageuse et qui trouve très certainement un écho chez des personnes qui cherchent à sortir du dogme religieux qui leur est imposé dans leur vie citoyenne. Le texte de Daoud n’est pas une analyse de sociologue, c’est un texte impressionniste qui pose effectivement question mais qui peut aussi être vu comme un témoignage, matériau brut, signe d’une irrésistible envie de faire bouger les lignes, une action parmi d’autres, d’un individu parmi d’autres, ici violente et inclusive, pour hurler un besoin de liberté.

    Laïcité, islamophobie, histoire post-coloniale... ce sont des mots qui recouvrent des réalités différentes en fonction de là où on se tient.
    Alors aussi bien que vous ne tombez pas dans le piège du consensuel (et c’est salutaire, merci), ne tombons collectivement pas non plus dans celui d’une vision ethnocentrée. Allons plutôt vers un débat ouvert pour entendre et reconnaître la complexité des uns et des autres.



  • jeudi 3 mars 2016 à 19h07, par Ziguette

    Dans un pays où il est mal vu d’essayer de « comprendre » et plus encore de « sociologiser » les problèmes, bref, au pays de Philippe Val et de Manuel Valls, ce qui aurait été étonnant c’est qu’une tribune rédigée par des chercheurs (une bande de glandus angéliques)ait été accueillie autrement.



  • Le gros problème dans votre article collectif, ce sont les massues que vous utilisez comme autant de points de Godwin.

    Pour rappel :

    L’orientalisme est l’ensemble des études ou des disciplines savantes qui travaillent sur un espace géographique que l’on nomme en occident, l’orient. Cet orient peut s’étendre jusqu’à la chine ou au Japon. Ces disciplines n’ont pas à être associer de fait au colonialisme (fouette moi la coulpe Jojo), leurs débuts étant bien antérieur aux conquêtes coloniales de l’occident en terre d’orient (moyen orient, Maghreb faisant parti à ce moment de l’empire Ottoman au milieu du 18éme siécle). Henry Laurens fait méticuleusement l’historique de l’orientalisme et de ses prémisses dans certains de ses ouvrages ou de ses conférences et cela est un peu plus complexe que le tout blanc ou tout noir que vous nous proposez.
    Si vous voyez les choses ainsi, le travail de terrain de Bourdieu réalisé en Algérie pendant la guerre est à mettre à la poubelle, ainsi qu’un tas d’autres travaux réalisés pendant la période coloniale puisque tous ces travaux peuvent être suspectés d’être le produit du colonialisme. Autant rester à faire de l’ethnologie dans son quartier au moins les vaches seront bien gardées et leur lait blanc lavée de tout soupçon.
    A propos de l’orientalisme il y a encore de quoi alimenter en gloses une vaste bibliothèque sans pour autant donner à ce terme la coloration morale négative fourre tout que vous lui prêtez dans votre texte (très grossier raccourci là de votre part et ce raccourci n’a rien d’innocent dans votre texte , pas plus qu’il est à la gloire des sciences qui vous servent d’auréole)
    Eh oui, le fond de votre propos sous le couvert des sciences est au fond dès plus moralisateur. Il y a les gentils, pas orientalistes pour un sous comme vous, des vertueux en sciences sociales, pas néo-colonisateurs dans l’âme et pas racistes et les autres qui comme Daoud cristallisent en eux mêmes tous ces fléaux détestables ...(orientaliste, islamophobe, raciste)

    Deuxièmement ,le terme Islamophobe que vous utilisez à propos de Daoud est du même acabit. Ne pas voir que dans les pays où l’islam est la religion dominante , les moeurs sont pas mal réprimés, policés, socialement contrôlés et que le statut des femmes y est peu enviable et que leur sort l’est encore dans les régimes théocratiques . Ça c’est un fait, et ce n’est pas que du « fantasme » et on peut d’être critique sur ces questions s’en être Islamophobe pour autant.

    Dire cela, n’est pas du racisme ou le produit d’une pensée néo-coloniale.Ce poids du religieux sur ces sociétés, il est vrai entraine une misère sexuelle et des rapports hommes femmes loin d’être équilibrés et une place réservée aux femmes par les hommes peu réjouissante. Ce que je dis là n’ est un scoop pour personne.

    Les féministes qui se sont battues en Tunisie (et c’est un exemple parmi d’autres) pour que le parti Enahdha ne rognent pas leurs droits fondamentaux, (c’est les mêmes folles n’aiment pas se faire mettre la main au cul dans les bus du pays par des types frustrés) sont des pauvres connes à l’esprit néo-colonial , si on comprend bien la logique de vos propos.
    Curieux de constater que chaque fois qu’un parti Islamiste au combien modéré passe dans un de ces pays, ça lui démange beaucoup plus de s’attaquer au code de la famille et au statut des femmes qu’aux inégalités sociales proprement dites (voir le cas exemplaire de Erdogan et ses multiples dérives au fil du temps).

    Vous parlez d’un Islam divers , mais concernant le cas Daoud, on voit bien que le divers à des limites....en réduisant Daoud à un petit suppôt de l’occident néo-néo colonisé qui pour preuve écrit en français, vous rendez vous compte...tout comme Beckett cet autre colonisé culturel. Quel malheur !
    Quelle catastrophe aussi de voir qu’un type qui vit en Algérie et qui voit poussé autour de lui un peu plus de mosquées tous les jours que d’aire de jeux pour enfants, ose s’en offusquer dans une de ses chroniques....!
    Quel malheur encore de voir ce pauvre Daoud qui voit que le pouvoir politique Algérien à abandonner sa population aux mains des religieux pour continuer à occuper la place, pouvoir ainsi bien partagé ,et continuer à s’en mettant plein les fouilles pendant que la majorité de la jeunesse de ce pays n’a que le choix, qu’entre tenir le mur des désoeuvrés ou aller pousser la porte de la mosquée. Et un jour ou l’autre, c’est la mosquée que le pouvoir Algérien à promue comme garde chiourme de la « populace » qui rompra ce pacte et qui lui sautera à la gorge en retour de façon peut-être encore plus violente que dans les années 90. Ça couve ferme en Algérie en ce moment détrompez vous...

    Vous omettez aussi le fait que Daoud n’ a pas attendu d’être publié dans le journal le point pour exister en tant que journaliste, ni en tant d’écrivain . Il y a de très nombreuses années qu’il publie des articles dans les journaux Algériens et travaille à ses romans. Ses chroniques paraissent notamment régulièrement dans « le quotidien d ’Oran » et si elles ont trouvé preneur dans d’autres pays, c’est aussi qu’elles ont réel talent. Il existe encore une presse francophone en Algérie qui passent pas sont temps à ressasser le temps béni des colonies dans la langue de l’ex-colonisateur, cela soit dit en passant. Ces omissions de votre part ne sont pas là non plus toute à fait innocente.

    Quand aux personnes racistes , elles n’aiment pas un noir parce qu’il est noir en point c’est tout, et pas parce qu’il est musulman ou chrétien ou même ingénieur ou laveur de pare brise , ou même écrivain.

    • Rebonjour,
      Tout d’abord, vos accusations concernant ma malhonnêteté sont absolument fondées. J’aurais du écrire un autre article d’une cinquantaine de pages pour expliquer aux lecteurs le contexte algérien que je connais un peu. Heureusement, vous êtes venu apporter ces précisions qui comblent mes manques et je vous en remercie.
      Il y a aussi une autre petite précision qu’il faut apporter pendant qu’on y est (en essayant de pas avoir un ton de sale professeur mais c’est difficile quand on commence comme celà).
      Je n’utiliserai jamais -oh grand jamais- le terme néo-colonial parce qu’il me semble complètement hors-sujet dans ce contexte. Est néo-colonial ce qui reproduit la situation coloniale, ce qui est matériellement et politiquement complètement impossible, et historiquement anachronique. L’accusation de néo-colonialisme est néanmoins un anathème fréquent dans le champ politique des pays anciennement colonisés, par exemple quand Hamadache ou Boudjerra s’en prennent à Daoud.
      En revanche, je parle de post-colonialité, ce qui n’est pas la même chose. Est post-colonial ce qui succède au et dépasse le colonialisme. Il s’agit donc d’une nouvelle configuration où l’on ne retrouve pas à proprement parler les vieilles figures du colon, de l’indigène et de l’occidentalisé. En revanche, ces images continuent de circuler et servent d’autres projets politiques, d’autres types de discours, par exemple sur la langue et sur la religion dans le cas algérien.
      En ce sens, tout est postcolonial, et particulièrement quand on se situe au niveau franco-algérien/euro-méditerranéen. Il s’agit d’une empreinte et d’une manière de reconfigurer des relations de pouvoir et des références. Parler de postcolonialité, c’est seulement admettre cela, admettre que la colonisation a durablement affecté l’espace dans lequel nous vivons, et nos manières de le comprendre, de le transformer et de le contester.



  • vendredi 4 mars 2016 à 14h24, par mathieu.k

    Moi je dis bravo et merci à cet article, comme je soutiens et remercie celles et ceux qui ont porté cette tribune dans le Monde (quand bien même je suis très critique sur l’idée d’y publier quoi que ce soit).

    Parce que justement, j’y lis une tentative de réfléchir profondément, au-delà des fantasmes et de l’air du temps, quitte à prendre le risque d’aller là où la pensée se cogne le front à l’hystérie polémique. Un espace dont la violence de l’époque interdit l’accès sous prétexte de l’impératif de se dresser contre un hypothétique ennemi commun. Un espace dont même la gauche radicale (et au-delà) a du mal à se saisir, engluée dans la répétition, l’incantation.

    L’espace de l’intelligence, quand bien même je ne suis pas forcément d’accord avec tout ce que vous y portez.

    Tu/vous faites le choix de la réflexion, de la résistance, non sans retour critique sur votre propre position, sur vos outils. Et surtout en assumant les biais (et il y en a) concernant l’endroit d’où vous causez.

    Bref, de l’art d’essayer de porter un discours sensé dans une époque qui visiblement ne le tolère plus.

    cimer.

    • Des moines dans un monastère : la plèbe ne les comprend pas, elle ne comprend pas leur pureté, ni leur spiritualité, ni leur intelligence d’un ordre supérieur, qui ne peuvent s’exprimer que dans le silence du cloitre, loin de l’air vicié du temps.

      Mais à quoi servent-ils au reste des hommes ?



  • vendredi 4 mars 2016 à 15h50, par Justeunlien

    un lien vers un texte de marieme helie lucas (sociologue algérienne, coordonnatrice de ’Women Living Under Muslim Laws’ ) sur ’Secularism Is A Women’s Issue’ (siawi.org) « De l’européocentrisme comme cache-sexe, et de l‘art de la prestidigitation en politique »

    extraits :

    Réminiscences :
    Centre de Tunis, rassemblement laïque et féministe anti Ben Ali : des groupes de jeunes intégristes (cela a été prouvé) entourent les manifestantes, majoritaires dans la manifestation, les isolent, les agressent sexuellement, (...)
    Place Tahrir au Caire, lieu de rassemblement de la contestation anti gouvernementale : pour la première fois, les femmes saisissent cette occasion de prendre leur place de citoyennes ; elles sont nombreuses dans les manifestations ; des groupes de jeunes gens ( à quel degré inféodés aux Frères Musulmans ou manipulés par eux ?) agressent sexuellement des centaines de manifestantes (et des journalistes de la presse étrangère), des photos de presse les montrent partiellement dénudées, il y a des plaintes pour viols.(...)
    Que l’on puisse encore se poser des questions sur le caractère concerté d’attaques simultanées, dans au moins 5 pays différents et une dizaine de villes en Europe, laisse pantois devant tant de mauvaise foi, et d’aveuglement – ou de perversité - politique.

    Bonne lecture.

    • Paradoxe !
      Oui, pourquoi cette hargne contre une simple chronique d’un simple journaliste qui plus est, étranger ?
      Pourquoi des universitaires parisiens se mobilisent-ils contre cette chronique au point de solliciter une tribune au Monde ? Bizarre.C’est effectivement le terme approprié qui vient spontanément à l’esprit.
      Oui, ça me paraît insolite que des universitaires prennent le temps de se regrouper, pondre ensemble un tel texte qui invective un simple journaliste,qui plus est, est étranger. Pourquoi ne se sont-ils pas manifestés auparavant ? Il y a eu, pourtant des occasions pour donner leur avis sur les diverses sorties de Finkelkrauft, Onfray, Zemmour et compagnie...
      Paradoxe aussi que ce soit des Parisiens qui s’insurgent contre un article d’un journaliste algérien qui évoque un fait divers survenu en Allemagne ! Vous ne trouvez pas ça bizarre, insolite, incongru ? Moi si, et la suspicion d’un relent d’attitude néocoloniale est là, sous-jacente. Oui, si une chronique similaire avait été écrite, disons par un journaliste britannique, par exemple, auraient-ils réagi ?
      Non.
      Autre question utile à se poser.
      Ce n’est pas nous « orientaux » même si nous vivons au Maghreb, ce n’est pas nous musulmans indifférenciés qui avons été choqués par la chronique de kamel Daoud . Nous n’y avons vu ni « orientalisme »,et encore moins une islamophobie. Non pas parce que nous connaissons ce chroniqueur mais parce-que nous nous connaissons nous-mêmes et Dieu sait avec quelle « frérocité » nous nous jugeons ! Oui, ce n’est pas nous Algériens et y compris, nous, intellectuels qui avons été interpellés par cette chronique.
      Nous l’avons lue comme un acting-out d’un jeune Algérien qui, à peine sorti de la terreur islamiste qui dans son pays a assombri ses vingt ans,revit, à travers ce fait divers, comme un flashback,la décennie de l’emprise islamiste.Oui,le mouvement islamiste s’est manifesté d’emblée par son agressivité contre les femmes en commençant par les disqualifier comme détentrices d’un quelconque pouvoir acquis de haute lutte, ne fût-ce que d’être infirmière-chef de service ou Directrice d’école. Et cela, au nom de l’Islam, leur Islam.
      Oui,Kamel Daoud a du sentir que la femme reste le problème clé pour les musulmans. Certes ce fut le cas aussi pour les pays d’obédience chrétienne sauf qu’ils ont eu l’opportunité d’avoir vécu les bouleversements de la révolution industrielle qui ont chamboulé les rapports sociaux et surtout détruit le poids de la Religion. Ce que ces « intellos » enfermés dans leur tour d’ivoire, d’enfants gâtés oublient, c’est la lutte de leurs ancêtres contre le carcan religieux.Ils ne comprennent donc pas notre lutte pour nous affranchir de la prégnance de la Religion qui aliène l’individu et bride son champ des possibles.
      Certes le chroniqueur n’étant pas sociologue n’a pas évoqué l’impact du déracinement, source de frustrations, de ressentiment et partant de régressions infantiles... Ce n’est qu’un chroniqueur d’où l’incongruité de cette implication d’un groupe d’universitaires avec une telle charge hargneuse.Mystère.

    • Merci, ça fait chaud au cœur de lire un article comme ça. Merci aussi aux commentaires de Samira.



  • vendredi 4 mars 2016 à 16h05, par Justeunliendeplus

    Un texte de Claude Guillon ET « DIEU » CRÉA L’« ISLAMOPHOBIE »…
    à propos du concept d’islamophobie ; extraits :

    Cela n’empêche pas qu’il ait été utilisé par des religieux en Iran, et surtout — depuis le début des années 2000 — par les cinquante-sept États de l’Organisation de la conférence islamique (OCI, renommée depuis Organisation de la coopération islamique), organisme intergouvernemental.

    Je consulte le 2e Rapport de l’Observatoire de l’OCI sur l’islamophobie (juin 2008-avril 2009) ; avant-propos par le professeur Ekmeleddin Ihsanoglu, secrétaire général de l’OCI.(...)
    Cet éloge des « droits de l’homme » par une réunion de ministres des Affaires étrangères de pays comme l’Égypte, l’Iran, le Maroc, le Bahreïn et l’Ouganda (mais on pourrait reproduire la liste entière) ne peut être considéré par des personnes sérieuses, et en tout cas par des militant(e)s révolutionnaires, que comme une plaisanterie obscène. Il faut mobiliser toutes les ressources de la raison pour ne pas être saisi d’« effroi et d’une peur intense » devant le cynisme vulgaire de ce ramas d’assassins, de geôliers, de tortionnaires, d’homophobes et de misogynes.
    (...)
    Poursuivons : « L’Islam prône le respect de toutes les croyances religieuses. […] [Il] n’est pas en compétition avec le Christianisme ou le Judaïsme. »

    Il est un mot, une notion, qui manque dans ce « rapport sur l’islamophobie ». Vous ne devinez pas ? Cela aurait du frapper les « libertaires » qui ont enfourché le cheval de la « lutte contre l’islamophobie ». Pas une seule fois, ne sont mentionné(e)s les athées, les mécréant(e)s, celles et ceux qui vivent en dehors de toute religion, et surtout s’ils ont été auparavant musulman(e)s pratiquant(e)s.

    Bonne lecture.



  • vendredi 4 mars 2016 à 17h33, par Karib

    Quelle meilleure réponse aux trissotins de l’« islamophobie » que celle de Kamel Daoud lui-même ?----------------------------------------------------

    Trêve. Le sujet est aujourd’hui une explication et un remerciement. D’abord il me faut expliquer pourquoi je choisis de me reposer. Et ma raison première est ma fatigue. Ecrire c’est s’exposer, comme a dit un collègue, mais c’est aussi s’user. Il y a en Algérie une passion qui use, tue parfois, fatigue ou pousse à l’exil immobile (rester chez soi, dans sa peau), ou à l’exil qui rame (partir ailleurs).

    Nous sommes passionnés par le vide en nous, mais aussi par notre sort. Cela nous mène à des violences qui ont parfois l’apparence d’une folle affection ou d’une exécution sommaire par un peloton de désœuvrés. Ou à des procès permanents de “traîtrise” du bout des lèvres. Les verdicts des Algériens sur eux-mêmes ont la force des radicalités. Et, durant des années de métier, j’ai subi cette passion. J’ai fini par incarner, sans le vouloir, les contradictions de l’esprit algérien, ses affects, passions et aveuglements. Palestine, religion, femme, sexe, liberté, France, etc.

    J’ai parlé, parce que libre, de ces sujets parce qu’ils m’interrogeaient et pesaient sur ma vie. Cela a provoqué des enthousiasmes et des détestations. Je l’ai accepté jusqu’au point de rupture ou l’on vous traite de harki et de vendu ou de sioniste. Puis j’ai vécu le succès jusqu’au point où les récompenses dans le monde me faisaient peur chez moi à cause de notre méfiance et de nos haines trimbalées comme des chiens domestiques. J’ai écrit jusqu’au point où je me sentais tourner en rond ou être encerclé. Et j’ai donc décidé, depuis quelques mois, d’aller me reposer pour essayer de comprendre et retrouver des lectures et des oisivetés.

    Il se trouve que cette décision, prévue pour fin mars, a été précipitée par l’“affaire Cologne”. J’ai alors écrit que je quittais le journalisme sous peu. Et ce fut encore un malentendu : certains ont cru à une débandade, d’autres ont jubilé sur ma “faiblesse” devant la critique venue du Paris absolu et cela m’a fait sourire : si pendant des années j’ai soutenu ma liberté face à tous, ce n’est pas devant 19 universitaires que j’allais céder ! Le malentendu était amusant ou révélateur mais aussi tragique : il est dénonciateur de nos délires.

    Dans l’affaire “Cologne”, j’ai fini par comprendre que je n’étais que le déclencheur de quelque chose qui couvait et qui attendait. Le délire était si rapide et si disproportionné qu’il est devenu plus intéressant que mes propos. J’ai donc décidé d’arrêter et de ne pas répondre car c’était inutile pour la lucidité. Amusant donc, mais clinique, surtout. Ce que j’ai écrit sur nos liens malades avec le désir, le corps et la femme, je le maintiens et le défends cependant.

    Ce que je pense de nos monstruosités “culturelles” est ce que je vis, par le cœur et le corps, depuis toujours. Je suis algérien, je vis en Algérie, et je n’accepte pas que l’on pense à ma place, en mon nom. Ni au nom d’un Dieu, ni au nom d’une capitale, ni au nom d’un Ancêtre. Et c’est pourquoi les immenses soutiens et messages de solidarité que cela a provoqué m’ont ému : ils témoignaient d’un désir de partage, de compréhension.

    L’enjeu était plus grand que ma petite personne : pouvoir dire librement, sans tomber dans la compromission au nom d’une culture, d’une race ou d’une connivence ; pour me soutenir, certains ont mis de côté leurs convictions car il s’agissait de liberté. Et certains ont témoigné de leur honnêteté en refusant les inquisitions et les récupérations. Et certains ont saisi qu’il s’agissait d’un droit chez moi, chez les miens, que de m’élever contre ce qui nous abaisse au nom d’une croyance. Le postcolonial ne doit pas être cécité et la “différence” ne doit pas excuser la barbarie. Je ne suis pas islamophobe, je suis libre.

    Il se trouve aussi qu’avec le temps on s’use : on finit par comprendre que derrière la hargne de certains se cache quelque chose de presque irréparable. La maladie de notre âme. Une incapacité secrète à accepter le monde, à le conquérir, à admirer les réussites de ses propres enfants. Le doute lié à l’enfantement. Le soupçon face au succès. Les procès d’intention et de croyances. Nous, les Algériens, nous souffrons de l’étrange maladie de l’enfermement et quand l’un des nôtres saute le mur de la camisole, et nous revient avec d’autres mondes sous l’aisselle, on le lapide ou on l’isole ou on le soupçonne. L’indépendance précède encore la guérison dans notre histoire.

    Déçu, donc ? Non. Ce pays est le mien. J’y vis et je n’y baisse pas les yeux et je n’y tue personne et je le partage avec ceux qui ne veulent pas le diviser et je le défends contre ceux qui veulent le voiler, le manger, le cacher. Je ne suis pas patriote par la proclamation, mais parce que les gens que j’aime y sont, les arbres favoris et toute ma mémoire y est une terre. J’y reste.

    Dieu ? C’est comme ma naissance et ma mort : cela ne concerne personne. L’islam ? Il n’est propriété de personne et j’y réclame le droit du plaidoyer libre et insolent. Et ainsi de suite. Je n’ai jamais menti et j’ai toujours écrit ce que je pensais. La bonne foi est meilleure que la foi ; je le répète. Et donc, je ne change pas de musique, comme je l’ai dit à un journaliste, mais seulement d’instrument.

    Je suis devenu journaliste parce que j’avais besoin d’un salaire et de rester dans les parages de l’écrit. Cela devint une passion puis une façon de vivre. La chronique est pour moi un tir à l’arc. Le parcours du 100 mètres qui tend le corps vers le feu. J’aime cet exercice qui met la vie matinale sous tension. Encore ? Je ne suis pas sioniste, athée, soumis, français, suédois ou arabe. Je suis libre de cette liberté qu’ont rêvée mes ancêtres qui sont morts pour me la donner par-dessus la tombe.

    J’ai mes grands défauts. Mes convictions et mes livres. J’aime tenir tête au ciel et aux ossements qui jacassent. J’ai grandi dans un village qui est devenu un cerf-volant dans ma tête. J’ai essayé d’apprendre vite et j’ai aimé les écrits. J’ai travaillé dans les journaux avec la tension d’une question de vie ou de mort. J’ai partagé et trahi. J’ai distingué, dans le chaos de ma génération, des voies et des possibilités que j’ai saisies. Je ne suis ni meilleur, ni pire mais seulement constant. J’ai critiqué ce régime par déception quant à ses ambitions d’Etat et son manque de grandeur et ses hommes cupides et sans classe ni chemises propres. Et là j’ai envie de me reposer du journalisme pour rêver de littérature.

    Et il me faut donc, aujourd’hui, remercier. Ceux-là qui ont toujours lu en partageant mon plaisir d’écrire. Qui ont puisé dans mes accidents de verbes ce qu’il leur fallait comme raisons ou convictions. Car ce pays est passionné et ses enfants nombreux. Certains veulent l’hériter avant sa mort, d’autres le volent, d’autres le subissent et d’autres le respectent avec la vénération silencieuse qu’ils doivent à une parenté. Et parmi ceux-là, beaucoup m’ont compris, pardonné ou suivi et défendu comme s’il s’agissait de leur vie à eux.

    J’aime mener moi aussi la guerre de ma libération. Et fêter, parfois, mes indépendances.
    Kamel Daoud



  • samedi 5 mars 2016 à 10h09, par Mince alors

    « L’islamophobie est un concept qui sert avant toute chose à désigner un racisme à l’encontre d’une catégorie de population : ceux qui pratiquent l’islam ou sont assimilés à des musulmans. »

    A ce niveau de confusion conceptuelle, comment se servir de ce terme sans passer pour une vraie triple buse ? Les mots ont un sens, mais pas pour tout le monde on dirait. On y mélange tout, biologie, croyance, personnes/individus, religion... Bref penser avec ce truc c’est être condamné à se tromper en permanence.

    Parce que lorsque tu écris ensuite juste ça :

    « Ici, je m’adresse tout particulièrement aux laïcards qui, comme moi, n’ont aucun respect pour le concept de Dieu unique et une méfiance particulière (voire une révulsion) à l’égard des zélotes de tout poil. »

    Tu es islamophobe bonhomme, oui un vrai islamophobe. Surtout si tu manges de l’Imam mec. Bref, ce mot vous empoisonne.



  • J’ai juste secoué la tête en lisant votre tribune Monde. Là je secoue encore une fois la tête parce que vous vous enfoncez encore davantage. Mais je voulais en fait vous remercier finalement de votre prise de parole. Elle a soulevé un tollé et rendu plus audible le discours de gens sensés comme Kamel Daoud. Donc merci.



  • Et pour en remettre une couche, un texte de Marième Hélie Lucas, repris et commenté sur le site Autre Futur :
    http://www.autrefutur.net/Du-confus...



  • samedi 5 mars 2016 à 11h09, par Martin Scriblerus

    Fatigué des lunettes blanches de la gauche radicale, libertaire, et tutti quanti.
    Des miennes comme des vôtres, auteurs de cet article (« écrire un texte collectif d’universitaires pour répondre à un article du seul Daoud revient un peu à « casser des œufs avec un marteau » » - http://www.etatdexception.net/kamel... -).

    Quant à celleux qui persistent à ne jamais concevoir les luttes d’émancipation que selon les schémas qu’ellils ont hérités de luttes révolutionnaires intra européennes, schémas projetés sans vergogne sur les habitant-e-s des ex-colonies de cette même europe comme sur les petits-enfants et arrière-petits enfants de migrant-e-s, traités encore aujourd’hui en immigré-e-s,
    qui disputent sur leur libertaire ou révolutionnaire devoir d’islamophobie,
    qui consacrent tant d’efforts à refouler, ignorer, mépriser, refuser les révoltes présentes au prétexte qu’elles ne suivraient pas l’agenda prévu ( le lamentable concours de crachat, d’arrogance et de dédain auquel a donné lieu, au sein de cette même gauche radicale, la prétention d’organisations de femmes à organiser elles-mêmes, sans lui demander son avis une marche de la dignité il y a quelques mois en France a été emblématique, tout comme l’est l’incapacité généralisée au sein de cette même gauche radicale à seulement lire le moindre texte signé du PIR, ou la vague de déballages de grandiloquence et d’idiotie « anti racialiste » de cet automne, pasque la race, « ça existe pas »)...

    Que leur répondre ?
    Il leur faudra bien découvrir douloureusement qu’ellils ne sont plus le centre du monde., et que celui-ci ne les attendra pas.

    • samedi 5 mars 2016 à 12h04, par man in the high castle

      Tiens ! Un sermon de salafisme islamo gauchiste : ça manquait au tableau.

    • voilà comment parlent ces gens-là ! (à moins que ce soit une blague). A force de se déconstruire, il ne reste presque rien d’eullsx, si ce n’est une petite flaque de vomi.

      • dimanche 6 mars 2016 à 06h43, par Martin Scriblerus

        @haut château, JL

        Assurément, l’insulte et le déni permettent à qui en use de maintenir une distance entre lui-même et tout ce qui menace de troubler quiétude, entre-soi et certitudes.
        C’est, confronté à une situation qui pourrait bien impliquer l’inconfort de remises en question, préférer jouir d’un petit privilège : celui, mesquin et dénué de la moindre espèce de perspective émancipatrice, de pouvoir se payer de mots, sur le dos de plus mal loti que soi, assuré que l’on est de ne pas devoir en subir les conséquences.
        Il s’agit bien d’une question pratique, concrète.
        Il y a quelque temps déjà que, face à la violence de la question des rapports de domination de race, de leur caractère systémique et de leurs conséquences matérielles, telle que posée par celleux qui les subissent, une partie de la gauche révolutionnaire, libertaire, etc. a fait savoir qu’elle préfère plutôt faire reluire la blanche abstraction de son antiracisme, et voisiner avec celui du ministère de l’intérieur.
        Le déni (« blague »), le recours à l’insulte fantaisiste (« islamo-gauchiste ») et à la calomnie la plus inepte (« salafiste » !), adossés à la culture d’un opportun illettrisme envers tout propos qui n’est pas assez blanc, y tiennent en quelque sorte lieu d’affirmation de radicalité.

        C’est là assurément un choix politique.

        Jusqu’où sont susceptibles d’aller ces « révolutionnaires », désormais si préoccupée-s par la préservation de leurs privilèges, lorsque l’arrogance et le dédain n’y suffiront plus ?
        Ce moment viendra : hors de leur petit entre-soi, on oeuvre à hâter sa venue.



  • Via Vive le Feu :

    On attend avec impatience l’analyse de Kamel Daoud.

    « Les cas d’abus sexuels commis par des Casques bleus en nette augmentation ».



  • Moi ce que je comprends pas en lisant les commentaires, c’est comment les gens peuvent partir assez loin sur un sujet pour inventer des mots comme « islamo-gauchisme »...
    J’arrive même pas à comprendre le quart des analyses faites ici ! (Je dois pas avoir assez le temps après le taf pour suivre les débats à la mode sur la laïcité et l’islam à la téloche et sur lemonde.fr, sans doute...)

    Plus indigeste qu’un débat sur l’islamophobie sur internet y’a pas... C’est limite flippant cette ambiance.

    Heureusement c’est pas comme ça sur les autres articles du site, qui sont souvent un peu vide malheureusement !
    Bonne journée à vous !

    • samedi 5 mars 2016 à 16h19, par Mince alors

      Disons, amha, que très souvent les autres « articles » se suffisent à eux même en lecture seul, je trouve... Toujours de la finesse, et du travail généralement pointu ou ardu, voir hermétique.

      Là, franchement, le bidule, la suite de mots auto-contradictoire plus haut, c’est très léger et limite tarte si on lit bien. Bref, le truc est polémique à souhait, de la branlette mentale facile à monter en sauce ! D’où le nombre de commentaires en hausse sur ce genre de sujet destiné à appâter le chaland. Et me voilà dans le filet.

    • samedi 5 mars 2016 à 17h45, par érudit

      explication @Jason « islamo-gauchisme » c’est un oxymore moqueur un peu comme on dit de certains qu’ils sont « de gauche mais de droite ».

      • Bonjour cher érudit,

        Il serait intéressant d’ailleurs de faire une petite généalogie du terme islamo-gauchiste pour voir ce qu’il autorise (par exemple les tentatives de discréditer systématiquement un discours anti-raciste en le dénonçant comme réactionnaire).

        Notez que nous avons étaient traités d’islamo-gauchistes à de nombreuses reprises, notamment par le sympathique Mezri Haddad (http://www.huffingtonpost.fr/mezri-...). Haddad, tourne casaque officielle de l’ère Ben Ali, traître à l’opposition, qui s’était empressé d’accepter son petit poste d’ambassadeur de papier chez les modernistes capitalisto-sécuritaires à deux ronds de Carthage. Lui aussi n’aime pas les islamo-gauchistes.

        Le même Haddad disait quelque chose d’intéressant au moment de la révolution tunisienne :
        « Si cette situation continue en Tunisie, la horde que vous vous appelez le peuple, le peuple monsieur, le peuple va travailler. Le peuple s’inquiète, est chez lui. Le peuple est dans son entreprise, dans son foyer, et s’inquiète de cette déferlante de hordes. Et toutes les hordes du monde se ressemblent [...] Cette horde-là, cette déferlante, cette horde fanatisée est en train de brûler, de casser, de s’en prendre aux biens publics et privés, et bientôt, si on les laisse finir, et si vous continuez à faire l’apologie de cet anarchisme en marche en Tunisie, bien sûr que bientôt on aura ces hordes : attaquer les gens chez eux, les violer, les voler et les massacrer, absolument »

        Tout cela pour vous dire que, derrière l’accusation d’islamo-gauchisme et plus généralement cette polémique autour de la misère sexuelle des masses arabes, se cache bel et bien un discours disciplinaire et sécuritaire. Celui-ci est très répandu chez nous, les nord-méditerranéens fiers d’eux, mais aussi chez les élites libérales (quand ça les arrange) du Sud, qui peuvent se permettre ainsi de tenir des discours d’un mépris incroyable à l’égard de leur propre populace.

        A ce propos, voici un extrait d’une tribune de Daoud pour les fan-boys comme Karib, une tribune publiée dans le quotidien d’Oran, à l’époque où il était journaliste. Une tribune où, une fois encore, sa motivation politique était sans doute louable :
        « Car désormais, c’est ceci le pays : des sachets bleus, des décharges, des poubelles éventrées partout, un peuple au trois quart ignare, insouciant de la terre à transmettre, bigot, sale, incivique et intolérant. La civilisation commence par l’hygiène et l’hygiène n’est pas aller se laver les pieds dans les mosquées que l’on construit par milliers, puis jeter ses déchets au visage de la terre rare et malheureuse »

        On y retrouve ce ton lyrique qui fait que l’on ne peut soit-disant pas critiquer le moindre de ses écrits (à moins de savoir lire comme Faab, mais ce n’est pas donné à tout le monde). On y retrouve cet engagement politique en faveur de l’écologie et du pays. Tout cela est très bien. Mais dans le même temps, le discours est d’une brutalité incroyable et ramène l’islam sur le plateau là, comme ça, comme si cela avait un rapport avec l’absence de poubelle en Algérie (pour des raisons de sécurité, du fait de la gabegie des pouvoirs publics) ou avec la désagrégation de l’espace urbain qui résulte d’une poussée démographique express et d’un exode rural massif.

        Bref, on essaye de critiquer des discours disciplinaires produit à une échelle industrielle et propagés par les torchons mainstream, et on est à son tour qualifié de traître, de suppôt des mollahs. C’est de l’oxymore moqueur de première catégorie que vous avez là, cher érudit. Avec autant de finesse et d’esprit, je plains vos contradicteurs.

        • vendredi 22 avril 2016 à 09h59, par sofiane

          il me semble que daoud pointe du doigt l’hypocrisie de la
          société algérienne empreinte d’islam, et de la place que
          cette religion prend depuis une bonne vingtaine d’années ;
          ç’est un peuple qui a fait une des révolutions les plus
          radicale que le « monde arabe » ai connu et le voici pris en
          otage par la bigoterie et la corruption.Un algérien peut et doit
          pouvoir cracher sur son pays autant que q’un français peut et doit craché sur la france, ramassis de racistes sales et ignorants, le peuple n’est pas sacré.



  • Natacha Polony s’y est mise aussi ce matin dans Le Figaro, elle compare ça à l’affaire Dreyfuss... On croit rêver, surtout pour un journal qui compte autant d’antisemites voilés et cryptiques dans ses commentaires, tous de bons blancs catholiques eux. Mais bref.

    Lorsque deux universitaires s’étaient publiquement indigné de la venue de Marcel Gaucher je ne sais plus où. Elisabeth Levy les avait traité de « Beria de supérette » avec tout les hululements de victimation fantasmatique de rigueur, accompagné de son habituel bestiaire de geignardises plaintives et passives-agressives.

    Mais intéressons nous à l’argumentation et passons là au crible de logique. Son raisonnement consiste à dire : si vous n’êtes pas d’accord avec Marcel Gaucher (çad avec moi le défendant) c’est que vous êtes stalinien. Pratique hein ce petit precipité de réthorique thorézienne ?

    Le choix fermé que je vous offre en guise de debat c’est soi d’être d’accord avec moi, soi d’etre le numéro 2 de l’URSS. Marcel,Gaucher ne souffre d’aucune critique possible, en faire une s’est déjà se faire coupable de propager la famine en Europe centrale et de rouvrir Cayenne en Siberie.

    Outre de nous rappeller que les plus grands nostalgiques de Yalta sont tous rangés près du radiateur au fond à droite - la place des réacailles et des cancres las - Elisabeth Levy, qu’on connaissait déjà comme spot de prévention vivant pour les méfaits de la cortisone et des anxiolytiques, nous prouve une fois plus que « le niveau baisse » surtout chez ceux qui s’en plaignent...



  • dimanche 6 mars 2016 à 12h02, par Mince alors

    « Face à cela, il n’y a pas à transiger : il faut dénoncer les politiques et les discours qui ciblent ces populations, qui les fragilisent et les stigmatisent.  »

    Effectivement, c’est à mon sens un devoir élémentaire pour tout humaniste qui se respecte, et c’est avec une totale et pleine adhésion que je souscris à cette intransigeance.

    Mais l’Islam (religion, coran, doctrine, école de pensée, hadiths) en tant que tel est un véritable problème qu’on ne peut pas éluder ou passer à l’as. Et comme il ne faut pas confondre Islam et musulmans, religions/idées et personnes, ce terme d’islamophobie est un vrai attrape cons qui pose plus de problèmes qu’il n’apporte de description/moyen de penser. Surtout lorsqu’il sert à montrer du doigt une dérive ou un contenu qui stigmatisent des femmes et des hommes alors que son sens le plus évident se rapporte à la religion.

    il me semble que préjugé, xénophobe ou raciste sont des termes suffisants pour décrire un texte qui s’attaque à des musulmans en tant que tel. En revanche, le blasphème ou la critique, voir la peur face au contenu de l’Islam (le coran et les hadiths en l’espèce) est en total accord avec une islamophobie bien comprise et revendiquée. Ce qui bien entendu s’étend à mon sens à toutes les forme de religions, un des multiples « symptômes » en fait de la religiophobie... Oui je suis islamophobe, mais avec vos conneries de torsion sémantique ou le tout devient la partie, ça promet de belles discussions de couillons.

    Le vrai problème est cette stigmatisation d’une partie de la population et des règles qui commencent à la viser, ce qui n’est pas s’en rappeler une autre époque pas si lointaine ou tout à commencer cela, insidieusement par petites touches, par petits signes, avec un ronronnement s’amplifiant, pour finir dans une solution finale industrielle. Mais se servir de mots ambigus n’aidera pas à clarifier la situation. Je ne fais que me répéter, parce que ça me crève le cerveau, moi qui en manque tant, de voir des « intellos » s’engluer ainsi la confusion et partir à la bataille avec des « armes » foireuses qui peuvent leurs péter à la gueule à chaque instant, laissant ainsi le champ libre aux vrais connards.

    • Bonjour,

      Vous avez sans doute raison sur l’idée que la notion d’islamophobie permet la confusion entre islam et musulmans, mais il serait bon de ne pas inverser le problème et la solution.
      Vous dites, il y a confusion, donc laissons ce terme de côté et parlons de xénophobie ou de racisme. Car être islamophobe c’est bien (et oui, vous en êtes fiers les amis, bravo).
      Mais le problème, c’est bien que la confusion sert à masquer la vraie nature de ce racisme. En prétendant critiquer une religion, ce qui me semble acceptable mais nécessite un minimum de connaissance des pratiques et croyances très variées qui lui sont associées, vous créez en fait de toute pièce un objet qui n’existe pas : l’Islam unique.
      Or, votre confusion et celle de KD (pas la mienne) permet justement à d’autres, de vrais racistes, de développer leur discours visant les musulmans ou assimilées (populations diverses) en les rattachant à un seul objet culturel (L’Islam fantasmé qui viole et mange des enfants) et à un seul espace géographique (le Monde d’Allah où l’on viole et mange les enfants).
      Toutes ces confusions autorisent ce qu’on appelle le racisme culturel ou culturaliste, comme l’explique Khagawa plus haut.
      Le racisme culturel s’est développé à partir de la fin du XIXe, notamment grâce aux travaux des orientalistes. Il est désormais l’expression majoritaire de la xénophobie. Tout cela pour vous dire que non, je ne suis pas d’accord avec votre bottage en touche de sophiste sûr de lui : en Europe, l’islamophobie existe en temps que forme dominante de racisme culturel. Elle est même au fondement de son identité, comme l’est l’antisémitisme, et justifie nombre de politiques étatiques que l’on peut assimiler à une violence de masse.

      • « Le racisme culturel s’est développé à partir de la fin du XIXe, notamment grâce aux travaux des orientalistes. »
        A propos de l’orientalisme une conférence de Henry Laurens à IMA :
        https://www.youtube.com/watch?v=W-n...

        Vous entendrez dans cette conférence que l’orientalisme ou les études savantes sur l’orient, c’est bien autre chose que ce que vous en percevez par pur préjugé et méconnaissance.
        La vrai nature du racisme c’est en premier lieu l’ignorance, la bête ignorance qui se replait d’elle même.....plus que la confusion

        Bonne écoute

      • mardi 8 mars 2016 à 20h28, par Mince alors

        Le sophisme ça sert à décorer les chiottes ? Entièrement d’accord !

        En revanche ça :

        « l’islamophobie existe en temps que forme dominante de racisme culturel. »

        Répéter dix fois la même confusion n’en fait pas un argument logique pour autant Professeur... Si tu ne comprends pas que l’Islam en tant que message révélé Al Coran est Un, c’est à dire qu’il y a un texte, et pas trente six, je ne peux rien pour toi. Qui a dit qu’il n’y avait pas de diversité de croyances et de pratiques issues de ce foutu bouquin ? Pas moi, tu inventes des choses pour servir ton discours Thomas.

        Oui, sous couvert de critique de l’Islam la majorité donne libre court à du racisme anti arabe ou noir, visant non la religion (ce qui est légitime), mais le musulman (ce qui ne l’est pas). De la même manière que anti-sionisme est la nouvelle forme de l’antisémitisme hein Thomas ? Et la boucle est bouclée...

        Le racisme culturel ? Pourquoi pas, et puis aussi le racisme de classe, le racisme musical, le racisme politique, le racisme sociologique, le racisme de la connaissance, le racisme sexiste, le racisme anti vieux, anti jeune pendant qu’on y est puisque tout est permis et qu’il suffit de remplir des concepts avec tout un fatras d’anciennes définitions afin d’avoir un nouveau bâton de maréchal et faire le fanfaron.

        Mais bon, ce n’est pas très important le sens des mots, maintenant dire j’ai peur de ce bouquin à la con fait de toi, selon Professeur Thomas, un représentant du « racisme culturel ».

        J’avais bien que c’était un attrape couillons ce truc.

        • professeur, espèce d’intello, arrête de dire des mots que les connasses elles peuvent pas comprendre, tu vois pas quoi tu utilises un mot de plus de trois syllabes...

          Mince alors, ça le constipe.
          Mince alors veut qu’on lui réponde,
          va faire ta crotte,
          va chier.
          ( c’est fait)



  • dimanche 6 mars 2016 à 12h17, par Samira

    Sortira-t-on un jour des postures et des joutes rhétoriques binaires pour regarder un peu la réalité en face ?
    Bientôt on ne pourra plus dire que les religions monothéistes sont fondamentalement misogynes, que les sociétés méditerranéennes et orientales (mais pas que) sont structurellement patriarcales sans être accusé.e.s d’essentialisation et subir le sermon culpabilisateur du mieux-disant révolutionnaire qui se croit la mesure de toutes choses du type de Martin Scriblerus – Vous parlez des « révoltes présentes » pour nous ramener dans le giron du PIR mais qu’est-ce que vous avez compris des révolutions arabes ?
    Je me souviens du texte d’Houria Bouteldja qui vantait le ventre des femmes palestiniennes comme arme démographique. Quand on en arrive là tout est dit sur le degré d’aveuglement idéologique.

    Pour sortir des incantations morbides et opérer un petit retour à la réalité, j’invite à lire l’article de Mouna Saboni dans le n°3 de la revue Ballast (sur papier) : Egypte, l’impunité des hommes.
    Cela part de ce constat d’Amnesty international :
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1314644-egypte-violences-abus-sexuels-les-femmes-ne-sont-plus-en-securite-chez-elle.html

    • dimanche 6 mars 2016 à 17h46, par Martin Scriblerus

      Nous ne faisons ici que commenter sous un article, ce qui n’est assurément pas grand chose. Mon bref post initial me valant injures et calomnies, j’ai le tort d’y répondre une première fois, et de prolonger mon propos.

      « sermon », « morale », dites vous alors ; à votre aise. Et puis ceci :
      « Bientôt on ne pourra plus dire que les religions monothéistes sont fondamentalement misogynes ».
      Quant à moi, je lis et j’entends en permanence le contraire : les monothéismes, et en particulier l’islam seraient, à en croire médias, politiciens et nombre de militants de la gauche dite extrême ou radicale, le lieu quasi-exclusif de la misogynie, tandis que la société capitaliste occidentale, celle dans laquelle je vis, celle qui se trouve dominer et façonner le monde depuis quelques temps, ne serait pas misogyne, parce qu’elle serait démocratique, républicaine, laïque et donc « égalitaire » ; et qu’elle s’opposerait en cela aux religions monothéistes comme aux cultures, pour faire très grossier et sommaire, méditerranéennes.

      Je soutiens qu’il n’en est rien, que le sexisme se rencontre hélas aussi bien chez les athées que chez les croyants, qu’ils soient ou non laïcs, et qu’il est très bien représenté chez les révolutionnaires, quoique sous des formes qui peuvent assurément différer. Et que le racisme se rencontre lui aussi à droite comme à gauche - y compris chez les mêmes révolutionnaires - pour la simple raison que racisme et sexisme peuvent être qualifiés de structures sociales, et que le premier sait très efficacement et depuis longtemps employer à ses fins l’argument culturaliste du sexisme religieux des non-blancs. Ce sont là des propos qui n’ont rien d’original pour peu qu’on tienne à distance le ronronnement satisfait du petit monde militant révolutionnaire blanc et masculin.

      Je soutiens que, pour la gauche « radicale », aborder les propos et les actes indigènes - qu’il s’agisse des propos du PIR, des émeutes de 2005, des articles de Kamel Daoud ou des faits et gestes de n’importe qui identifié (sans le dire, hein : on n’est pas raciste) comme non-blanc - au travers du prisme qui est jusqu’ici le sien, caractérisé, comme on peut le lire depuis plusieurs années, par un antiracisme avant tout moral et idéaliste, est politiquement catastrophique, intellectuellement navrant, et témoigne dans le meilleur des cas, simultanément, d’une approche très superficielle de ce qu’est le racisme et d’une instrumentation éhontée des luttes féministes. Que face à tout propos discordant, le recours systématique à l’injure et à la calomnie la plus extravagante (islamo-gauchiste, salafiste et j’en passe) ne lui sert qu’à s’enfoncer plus avant et se conforter dans cette voie. Qu’éprouver le besoin de recourir à pareils expédients pour soutenir une pensée est affligeant.

      Je soutiens qu’une telle attitude n’est à la hauteur d’aucune prétention à lutter, peu importe où, contre le capitalisme, le sexisme et le racisme. Ce n’est pas grand chose, mais il faut bien que quelqu’un prenne cette peine.

      Je m’efforce donc de dire ici quelque chose d’assurément déplaisant à lire pour beaucoup de libertaires en France, au vu des écrits et propos tenus dans ce milieu, quant à notre responsabilité et aux conséquences du confort de nos illusions de « révolutionnaires » occidentaux. Je le fais parce qu’il s’agit là du lieu où je me trouve, que j’en fais partie.

      Je constate simplement encore une fois que c’est bien cela, cela seulement, et rien que cela, qui est immédiatement jugé digne d’injures, mépris, attaques personnelles diverses, travestissement ou bottage en touche.

      P.S.
      Rien à foutre de ce que l’on projettera sur ma personne pour ne pas avoir à me lire - ce sont des procédés que d’autres que moi ont bien plus à subir - , comme de la misérable « culpabilité » que peuvent ressentir ou non de malheureux faux-culs. Leur refus de se regarder en face les regarde.
      Par contre, et quoiqu’ellils parviennent à s’imaginer, leur mépris, leur déni, leurs actes et leurs propos qui en découlent se donnent à voir, et ont des conséquences politiques. Il leur faut parfois souffrir de devoir le lire, ou l’entendre. Y compris, incidemment, au détour de ce fil de commentaires.

      • Avez vous déjà entendu parlé de l’article 308 en Jourdanie ou du 475 au Maroc qui a été abrogé au Maroc en 2014 suite au suicide de Amina ? Et ce sont quelques exemples.La palme venant au code de la famille appliqué en arabie saoudite qui lui repose exclusivement sur la charia.
        Je passe sur les tests de virginité imposé aux femmes en Egypte....etc...ect.

        Oui, les démocraties occidentales sont loin d’être à l’abri du sexisme, du machisme, de la misogynie patente, ça fourmille, hélas, encore de nos jours de multiples exemples, mais les lois qui soumettez les femmes via le code pénal ou code de la famille ont quasi toutes étés abrogés. Je reconnais que cela n’est pas si vieux que cela, mais il faut reconnaître que c’est tout de même de belles avancées par rapport à des lois qui permettent au violeur de se marier à sa victime pour ainsi éviter la prison, par exemple. Ça c’est très concret et pas du blabla d’idéologue.

        • Bonjour,
          Oui, vous avez raison, et personne ne conteste la dimension patriarcale de ces états, en tout cas dans ce texte. Il va de soi que tous les gens ayant fait un peu de terrain dans un pays arabe savent ce genre de chose, et seuls les plus malhonnêtes le contestent (et je n’ai pas d’exemple en tête).
          Dans le même temps, réduire la situation des femmes arabes à une position de soumission, c’est aussi caricatural. Il y a des travaux sur la sorcellerie dans les sociétés traditionnelles qui montrent qu’il y a différentes manières de se contester la domination masculine. Le voile lui-même a été un instrument qui a permis aux femmes, notamment au Maghreb, d’investir le monde du travail en dépit des résistances. Je ne m’étendrai pas sur les différentes formes de féminismes arabes (y compris au sein des mouvements islamistes, même si cela peut paraître contradictoire).
          Inversement, les gesticulations du gouvernement algérien qui fait élire des femmes à l’Assemblée pour paraître moderne (en 2012) sont un bel exemple de croquignolade pseudo-féministes des dominants moustachus. Qu’on m’explique la différence entre un député corrompu et une députée corrompue ? Cela n’empêche pas les Européens de tomber en pamoison devant tant d’efforts pour défendre la « cause des femmes ». Bref, il y a tellement de nuances à apporter à tout ces discours sur les femmes dans le monde arabe, sans pour autant y contester les violences découlant de la domination masculine.
          Plus généralement, de ce côté-ci, il faut absolument arriver à produire un discours nuancé entre le relativisme culturel qui confine au déni du PIR et l’universalisme progressiste majoritaire qui ignore son propre racisme. C’est là que les associatifs, les militants politiques et les universitaires engagés (ce qui n’est pas le cas de la plupart d’entre eux) ont un rôle à jouer.
          Mais dans l’ambiance de guerre civile qui caractérise la France et plus globalement l’Europe, ce n’est vraiment pas facile.

          • vendredi 11 mars 2016 à 19h15, par ghis

            Bonjour,

            Je comprends, Thomas, qu’un arbre puisse cacher bien des forêts, mais l’arbre ne cache pas de fait un racisme qui s’ignore. C’est comme si devant un beau fruit on se mettrait plus qu’à voir le gros ver qui le ronge ou pourrait le ronger.

            Je crois qu’on peut être sincérement du côté des luttes d’émancipations des peuples , des femmes , des minorités diverses et être critique envers les dogmatismes religieux de tout poils sans pour autant couver en arriére fond une vilaine coqueluche raciste. (Je préfére,ici, employé le terme d’émancipation plutôt que celui de progréssisme. )

            Je pense aussi qu’en France dans le climat actuel qui est fort déliquescent, il ne sert à rien d’externaliser les problèmes qui son interne au pays en prenant Daoud comme tête de turc , là , aussi l’étranger qu’on charge d’autres maux.(Daoud le traître, pas conforme au discours qu’on attendrait de l’étranger, ce peut faire aussi un beau chapelet de beaux clichés racistes)
            La cible sur ce coup était il me semble mauvaise. Or, qu’en France, il y a tout un tas d’idéologues vraiment vénèneux qui pérorent à longueur d’antenne qui mériteraient des critiques plus que scinglantes

            Bien sur ,il peut y avoir une exploitation politique de la situation des femmes comme le disait bourdieu qui peut servir de cheval de trois à des causes beaucoup moins nobles et qu’il faut toujours y regarder à deux fois.

            Pour votre information, il y a quelques jours de cela dans le journal « el Watan »(je crois ?), j’ai lu dans la rubrique des faits divers qu’une femme accusée de sorcellerie à faillie être lynchée par son voisinage. La contestation de la domination masculine n’est pas donc sans danger.



  • dimanche 6 mars 2016 à 18h50, par Karib

    Le dénommé Scriblerus profite des commentaires à cet article pour nous vendre la salade du PIR, le bien nommé. Au fond, il n’a pas complètement tort : un même fil poisseux relie, avec des nuances diverses, les islamo-gauchistes d’obédiences diverses (les noms de ces gens-là sont connus, inutile de perdre son temps à les nommer.) Ceux qu’intéressent les nécessaires réfutations de ces niaiseries tévano-ramadiennes liront avec profit l’excellent texte intitulé « Tiens, ça glisse, ou comment à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec.) » C’est ici :

    https://racialisateursgohome.noblog...

    • lundi 7 mars 2016 à 02h57, par Al Ghomari

      Alors qu’ils se noient par milliers, que par centaines de milliers ils tentent de se réfugier dans une Europe cadenassée, que par millions ils sont jetés en exil, des esprits forts, droits dans leur bottes conceptuelles, sont là à mesurer la structure libidinale du musulman moyen...! c’est proprement à gerber... et en plus ils s’imaginent par là soutenir le combat des progressistes du monde arabo-musulman.... la belle conscience que voilà... fermez le ban !



  • Kamel Daoud aka Claude François, le mal-aimé

    ( désolé, cette vidéo n’est plus disponible)



  • lundi 7 mars 2016 à 13h10, par frederic goldbronn

    Monsieur Thomas Serres,
    votre « autopsie » ne fait que souligner la misère d’une partie du milieu universitaire, qui voudrait faire passer le conformisme de son relativisme culturel pour une audace de la pensée critique. Auriez-vous l’idée de stigmatiser comme « cathophobe » toute considération sur la misère sexuelle et la pédophilie dans l’Eglise ? Cela me fait penser à ce petit maître de conférences corse, pourfendeur de l’idéologie sécuritaire et signataire de l’appel des Indigènes de la République, rencontré à l’anniversaire d’une de ses consœurs, qui se vantait d’être un apostat du christianisme parce qu’il avait renié son baptême. La belle affaire ! Le problème est qu’il y a des pays où ce genre de geste peut vous coûter la tête, et des gens comme Daoud sont bien placés pour le savoir. En 1993, Pierre Bourdieu prenait clairement position en faveur de Salman Rushdie. Qui parmi ses épigones aujourd’hui aurait ce courage ?



  • lundi 7 mars 2016 à 14h27, par frederic goldbronn

    Joli lapsus, mais qui sont les « claudettes en chaleur » ?



  • lundi 7 mars 2016 à 15h51, par frederic goldbronn

    Moi, j’ai un prénom et un nom, et je signe ce que je fais, mais vous, « B », qui prononcez ce « On sait qui c’est » qui ne dit rien mais semble vouloir en dire long, qui êtes-vous, à part un anonyme qui se cache derrière la deuxième lettre qu’il a déchiffrée dans l’alphabet pour proférer des stupidités sexistes ?

    • vous avez un prénom et un nom
      c’est super
      on va pouvoir faire les présentations.
      Comment vous appelez-vous ?
      Savez-vous que vous êtes en train de parler au plus grand troll à l’ouest du pécos ?
      Félicitations.
      Vous fumez ?

    • mercredi 9 mars 2016 à 14h37, par nonno

      Oui, c’est vrai ça.

      Aux modérateurs du site : je ne sais pas depuis combien de temps « B » met des commentaires complètement débiles sous les articles de ce site, et je pense que les lecteurs d’A11 ont sans doute pris l’habitude, comme moi, de ne jamais y faire attention, mais s’il commence à partir dans des insultes sexistes ou autre, ça serait peut-être le temps de les virer. Même si je suis d’accord sur le fait, qu’en règle générale, mieux vaut le laisser parler, ça doit lui faire du bien (cf. « Savez-vous que vous êtes en train de parler au plus grand troll à l’ouest du pécos ? »).

      Mais, mais... Qu’est ce que je fous derrière mon PC ? Hop, à la manif, je suis déjà à la bourre !



  • mercredi 9 mars 2016 à 15h09, par Brahim

    Il est tout à fait raciste de réserver la liberté de pratiques sexuelles, alimentaires, vestimentaires, de circulation dans l’espace public, etc., aux seuls occidentaux. Si une religion dans le monde empêche d’accéder à ces libertés, eh bien nous la combattrons. Tout ce qui légitime les inégalités entre sexes, pour des raisons de tactiques politiques, ou pire, au nom de la prétendue défense des opprimés, est une arnaque. La religion dot être combattue. les petits bourgeois intellectuels devraient faire des séjours de plusieurs années dans les pays où le pouvoir politique de la religion se fait ressentir jusque dans les rapports de sexes. En fait ces petits-bourgeois veulent conserver pour eux seuls leurs privilèges sexuels, alimentaires, économiques, etc. Et ainsi justifier que les pauvres des pays du sud soient encadrés par le pouvoir politique de la religion.





  • vendredi 11 mars 2016 à 13h01, par Rien

    En soutient aux femmes irlandaise dont les médecins d’Irlande obligent à porter des foetus mort dans leur ventre jusqu’à la septicémie pour éviter l’avortement, je vais arrêter de boire de la Guiness, de lire Beckett et demander l’interdiction des pubs irish de la capitale. D’ailleurs j’ai manifesté et écrit à tout mes deputés pour ça.

    De même je vais demander que nos journaux, nos diplomates et nos industriels arrêtent de lécher le cul de tout les potentats du Maghreb, raser toute les résidences secondaires des médiatiques qui s’accommodent très bien de l’esclavage de ces pays - et interdire à la masse de touristes beaufs de s’y rendre pour étaler leur médiocrité, perpétuer l’asservissement et engraisser les exploiteurs...



  • vendredi 11 mars 2016 à 16h22, par defuneste

    Bonjour,

    Je tenais juste à vous exprimez mon soutien. Je ne sais pas non plus comment éviter ce discours « guerre de civilisation » nous y conduisant de plus en plus...



  • lundi 14 mars 2016 à 09h29, par Samira

    De l’irresponsabilité intellectuelle

    « L’essentiel, ce n’est pas la polémique sur l’islamophobie avérée ou fantasmée de Daoud. C’est ce qui se passe ici, avec ce jugement et le combat de Kamel dans son pays, contre un régime vieux et des intégristes dangereux. C’est ici le centre. Eux, là-bas, avec leurs polémiques, sont à la périphérie. »

    http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/le-cas-kamel-daoud-contre-enqu-te-1106869704



  • jeudi 17 mars 2016 à 12h44, par Rudgery

    Les merdeux petits-bourgeois faisaient hier le jeu de l’anti-racisme d’Etat ( SOS racisme ) avec la même hargne pour conserver leurs privilèges ; ils font la même aujourd’hui avec la fausse défense, qui ne leur coûte rien, des « musulmans ». Que la petite-bourgeoisie soit faf ou gauchiste, c’est ses privilèges qu’elle cherche toujours à défendre, soit par le rejet ( impossible ) des immigrés ; soit par leur défense ( abstraite et astronomique, chacun chez soi tout de même ! ). Mais les cartes se brouillent avec la nouvelle droite qui défend la diversité, le communautarisme et les cultures traditionnelles. Ce qui est encore pour la petite-bourgeoisie une autre manière encore plus subtile de défendre ses privilèges, c’est-à-dire l’organisation hiérarchique du monde tel qu’il est, où chacun reste à sa place. Et Thomas Serres nous montre ses diplômes. Quelle honte. Encore un poulet de batterie universitaire. Quelle merde. Qu’est-ce qu’on en a foutre de tes diplôme couillon, c’est pas ça qui fais de toi quelqu’un d’intelligent ou d’honnête, ou de simplement fiable. C’est quoi cette manière d’exhiber des titres de sélection sociale anti-égalitaires ? Le racisme commence par cette légitimation permanente des inégalités, à des titres. Reviens quand tu t’en seras débarassés, libertaire d’Etat va !

    • relis la fin de l’article, tas de suif.

      • mardi 22 mars 2016 à 16h14, par N’est-ce pas ?

        Alors les p’tits bourges ? On aime bien paraître intelligents, progressistes, du bon côté de la barriccade, n’est-ce-pas ? Mais qu’est-ce qu’on aime pas être renvoyer à sa réalité sociologique de p’tit bourges, n’est-ce pas ? l’explication du fait social c’est bon pour les autres, et surtout les pauvres qui peuvent pas contredire. Bande de branleurs assistés par papa-maman. Vous êtes aller travailler pour poursuivre vos études, n’est-ce pas ? Bien fait pour votre gueule ! Les sous-merdes qui rampent pour passer un diplôme et ainsi permettent la reproduction de la hiérarchie sociale ne méritent pas de vivre. Crevures d’intellos.

      • mardi 22 mars 2016 à 16h16, par N’est-ce pas ?

        Alors les p’tits bourges ? On aime bien paraître intelligents, progressistes, du bon côté de la barriccade, n’est-ce-pas ? Mais qu’est-ce qu’on aime pas être renvoyer à sa réalité sociologique de p’tit bourges, n’est-ce pas ? Bande de branleurs assistés par papa-maman. Vous êtes aller travailler pour poursuivre vos études, n’est-ce pas ? Bien fait pour votre gueule ! Les sous-merdes qui rampent pour passer un diplôme et ainsi permettent la reproduction de la hiérarchie sociale ne méritent pas de vivre. Crevures d’intellos.

        • Putain, je me disais que les réactions était quand même vatchement plus plaisantes à lire sur Article 11 par rapport aux dégueulis des vallsistes médiatiques, mais tu as donné tout ce que tu avais pour ramener le débat au raz des pâquerettes. Bravo à toi.
          Mais t’emballes pas quand même mon loup, je n’ai pas attendu tes postillons pour prendre conscience de ma position dans le système de classe. Malheureusement, là-bas, dans un endroit merveilleux que les marxistes congelés par les vents de Siberie ignorent, il y a d’autres construits sociaux qu’il faut démonter, des notions complètement fofolles comme le genre ou la race par exemple. Donc, laisse les crevures d’intellos et les gens un peu moins furieux que toi en discuter sans leur beugler dessus, et en échange nous nous flagellerons consciencieusement tous les soirs pour expier nos péchés d’ennemis du peuple.

    • samedi 19 mars 2016 à 19h32, par Thomas

      Et encore, tu m’as pas vu en vrai, j’ai des petites épaulettes avec mon grade de subalterne du système académique. Y sont beaux, tout dorés avec des étoiles.

      • mardi 22 mars 2016 à 16h21, par N’est-ce pas ?

        Monsieur Serres, vous exhiber vos titres, on vous crache à la gueule. Normal. La ramène plus avec tes diplômes, le message est clair, bouffon d’intellectuel d’Etat.
        Donc pas la peine de faire le mariole puisque c’est toi qui exhibe. Subalterne c’est une réalité. Mais tu es surtout servile. Les racistes et les anti-racistes n’ont qu’un seul but : conserver leurs privilèges de petits-bourgeois.

        • mardi 22 mars 2016 à 18h04, par B

          on dit pas petits-bourgeois dans ce cas là mais classe moyenne inférieure.

          Il me semble que vous confondez le singe Tchita et la ville de Sibérie.
          Je ne veux qu’on croit que cette ville est un singe.
          Reprenez-vous !



  • dimanche 20 mars 2016 à 07h35, par Vincent

    Bonjour

    L’islamaphobie n’est pas un délit mais un antivirus.

    A force de vouloir vous aplatir de repentance vous servez de paillasson aux salafistes.

    Vincent

    • dimanche 20 mars 2016 à 08h01, par B

      vos propos me font penser à la Corée ou à la Polynésie c’est pareil.

      et pendant que j’y pense, pour le procès de l’exploitation.
      Où est le tribunal ?
      Faudrait un tribunal :
      Un procès de l’exploitation, mais par qui ?

      bon dimanche, stupide andouille.



  • C’est bien ici la réunion du printemps républicain ?

    On aimerait voir le même dynamisme pour les problèmes sociaux-économiques. Ah mais non, les musulmans sont la menace prioritaire du monde et du socialisme (de parti), j’oubliais !

    Mes salutations à vos services d’ordres et vos éditoriaux anti-casseurs à la prochaine émeute de banlieue.

    Bisous !



  • mercredi 23 mars 2016 à 12h45, par frederic goldbronn

    Monsieur Serres,
    il est stupide de vous reprocher votre statut d’intellectuel. Par contre, on est en droit de s’interroger sur la complaisance d’une partie du milieu universitaire prétendument « critique » pour l’idéologie profondément réactionnaire des Indigènes de la république. Cette complaisance est encore plus insupportable au lendemain du massacre de Bruxelles.



  • encore une pute ukrainienne qui vient nous parler de la Baba Yaga.



  • et comme c’est pâques, il faut absolument rappeler l’origine de l’expression botter le cul.

    c’est simple Frédéric,tu prends une botte d’asperges et tu te la mets dans le cul.



  • D’ordinaire je ne pige pas trop bien ce que cherche un sociologue, encore moins un politiste (ça existe ça ?) mais c’est parce que je suis conne comme un balai sans poil assurément.
    Aujourd’hui miracle athée : je me suis tapée tous les textes dans leur ordre d’édition et j’ai compris ; ces chercheurs de crosses viennent de s’en prendre quelques belles dans les ratiches… et vlan :-))
    Ce qui me surprend un tantinet c’est qu’ils s’y mettent à dix-neuf pour flinguer un journaliste-écrivain qui commit une tribune mi-février 2016 dans laquelle il ne développait rien d’autre que ce qu’il écrit depuis longtemps dans le Quotidien d’Oran son premier support. Ils auraient pu s’ils avaient quelque chose d’intelligent à apporter le faire bien plus tôt… Seraient-ils par hasard jaloux de Kamel Daoud et de son succès littéraire amplement mérité ?
    Enfin des écrivains sortent la plume et l’enfoncent dans la vie comme elle va à l’instant ! Il conviendrait de s’en réjouir et d’utiliser leurs travaux comme tremplin à réflexion… les insultes, les « petit Daoud », les certitudes occidentales assenées et autres fadaises sont autant de pissages de copie stériles, dommage.



  • dimanche 10 avril 2016 à 23h32, par X.L

    « Dans les conflits qui viennent, les défenseurs de l’Islam évoqueront sans doute un racisme anti-islamique. A ce glissement sémantique, il n’y a qu’une réponse : l’Islam est une idéologie, au même titre que le capitalisme, le nazisme, l’hindouisme, ou le catholicisme. Or, il n’y a pas de racisme antinazi.
    En s’attaquant au fondamentalisme religieux, les luttes de l’antimondialisation doivent être dominées par un antiracisme radical. Le combat implacable contre le fanatisme religieux doit être mené en solidarité avec ceux qui en subissent les ravages. La condamnation d’une idéologie religieuse redonne aux femmes et aux hommes qu’elle aliène leur statut, non plus de croyants, mais d’êtres humains. La violence faite aux immigrés et aux réfugiés est une violence faite à tous les hommes : elle ne supporte aucune excuse. Le ventre de la bête est toujours fécond. » 

    Jordi Vidal -Résistance au chaos-2002



  • mardi 19 avril 2016 à 14h22, par Laurent Fournier

    Bonjour,

    Je decouvre aujourd’hui seulement cet article, c’est a dire bien tard, mais pas trop tard.

    Quelques impressions :

     × J’avais decouvert a l’epoque l’article de Kamel Daoud suite a votre tribune, et votre tribune suite a la polemique qu’elle a engendre. Donc il y a du bon dans la polemique ! Elle fait connaitre des gens.

     × Vous avez raison de critiquer « l’orientalisme » de Daoud (meme si cette notion est curieuse s’appliquant a un oriental, et c’est la la complexite du contexte de votre tribune) mais vous y etes alles un peu fort, Daoud ne manque pas de sensibilite, ni probablement de sincerite, donc la forme d’une tribune n’etait probablement pas la plus adaptee, ou alors il aurait fallu qu’elle attaque plus la reception en occident de l’article de Daoud, que l’article lui-meme. Et la, la critique d’orientalisme aurait fait mouche. Mais c’etait peut-etre difficile.

     × Au final, je vous suis reconnaissant d’avoir eu le courage d’ecrire cette tribune, malgre ses defauts, elle a, comme on dit, « le merite d’exister », et la reaction qu’elle a engendre eclaire la gravite de notre situation. Votre tribune est simple, claire, et elle eclaire par les reactions meme qu’elle engendre, notre realite. Elle aurait pu etre sans doute « mieux ajustee » mais la perfection n’est pas de notre monde.

    Bien a vous.



  • vendredi 29 avril 2016 à 04h53, par Musulman-e soufi-e- libre hors islam politique

    La notion d’islamophobie est ici toujours justifiée sans limite aucune... ( )

      • Ainsi l’utilisation de « la notion d’islamophobie » par des islamistes contre leur ennemi-e-s politique passent où ? ? ? ? ? ? ()
      • Qui décide de qui / quoi est islamophobe ?. ? ? ? ? ? ()
      • Quels contextes, quelles histoires, quels rapports de force ? ?? ()



  • vendredi 29 avril 2016 à 04h59, par lo lo lo

    Le complexe universitaire-identitaire-communautariste a t il mal à ses propres dérives ?

      • L’influence des diverses studies dans les champs universitaire, politique et médiatique peut aussi jouer



  • vendredi 29 avril 2016 à 05h07, par lo lo lo

    une citation de Salman Rushdie

    (dans Joseph Anton. Une autobiographie, Plon, 2012, chap. 6) :

      • « Un nouveau mot a été inventé pour permettre aux aveugles de rester aveugles : l’islamophobie. »

    • vendredi 29 avril 2016 à 05h35, par lo lo lo

      David 
Isaac Haziza

      Le propre d’un concept vrai, c’est son unité, et celui d’islamophobie n’en a pas :

      il rassemble la critique légitime, la détestation stupide et la peur de l’islam en les mettant sur le même plan que la haine des individus de confession ou de culture musulmane, faisant croire que l’on peut subsumer tout ça sous un seul mot.

      • Derrière toute escroquerie, il y a une stratégie.

      Ici, empêcher le questionnement. Et si l’on se souvient que ce sont les mollahs iraniens qui en usèrent contre les femmes rebelles au voile, puis contre Salman Rushdie, on verra que, non seulement on a affaire à un discours infalsifiable, mais encore à un mot taché de sang.

      Il y a aussi la stratégie de ceux qui se sentent une dette vis-à-vis d’un autre essentialisé et infantilisé. L’islam a pourtant aussi colonisé et asservi, bien avant la naissance de l’islamisme en tant que tel. Et, à l’heure où l’on fait supplicier les homosexuels et crucifier des enfants en son nom, ses victimes demandent autre chose que la charité d’un colloque sur l’islamophobie.

      Ces musulmans qui critiquent l’islam et dénoncent l’islamisme doivent se sentir bien seuls en voyant qu’au lieu d’appuyer leur lutte, on se lie avec les Frères musulmans : parce que de nombreux catholiques espagnols étaient pauvres, les combattants des Brigades internationales devaient-ils s’entendre avec les prêtres franquistes ? Si je récuse la validité de ce concept, c’est aussi parce que son invention trahit la lutte plus que jamais nécessaire contre le racisme.

      • vendredi 29 avril 2016 à 05h39, par lo lo lo

        CNT-AIT : L’islamophobie, une invention du colonialisme français

        (Cet article est extrait du dernier numéro d’Anarchosyndicalisme !)

        • « Islamophobie », le terme a envahi le discours politique. Sa datation a été l’occasion d’une belle polémique. Observatrice attentive des dynamiques religieuses actuelles, Caroline Fourest avait cru qu’il était apparu fin années 70 / début années 80. En fait, il avait été forgé au tout début du XXe siècle. Cette erreur de datation, les islamobaratineurs n’ont pas manqué d’en faire des gorges chaudes. Fouillant les archives (plusieurs sont universitaires et donc payés pour ça), ils ont en effet fini par découvrir que c’est vers 1910 qu’un certain Alain Quellien avait forgé ce néologisme (1). Ensuite, le terme a été repris vers 1912 par d’autres auteurs, il aurait circulé quelque peu jusqu’au milieu des années 1920, avant semble-t-il, de disparaître totalement de la circulation.
        • Dans les années 1980, quand C. Fourest l’observe, ce n’est donc pas «  d’apparition » qu’elle aurait du parler mais de « réapparition ». Donnons sur ce point toute la raison aux islamobaratineurs et rendons-leur grâce de nous avoir fait découvrir Quellien dont la lecture est bien intéressante : elle montre toute la perversité du concept d’islamophobie.
        • La personnalité même du fondateur du concept d’islamophobie est finalement, bien embarrassante pour ceux qui l’on exhumé. Aussi, le présentent-ils tantôt comme membre d’une sorte d’amicale d’«  administrateurs-ethnologues  » (2) – amusant concept qui sent le bricolage – tantôt comme un « orientaliste français spécialiste de l’islam ouest-africain » (3). « Ah, qu’en termes galants ces choses là sont dites » se serait écrié Molière !

        Quellien, et on comprend tout de suite ce qui gêne les enfumeurs, était en réalité un cadre supérieur du Ministère des colonies, en lien avec l’officier « qui dirige avec compétence et distinction, le service des informations islamiques au Ministère des colonies » (4). Foin donc « d’administrateur-ethnologue » ou de sympathique « orientaliste », Quellien est un Attaché du ministère des colonies qui fait son travail : conseiller la meilleure stratégie de colonisation possible. C’est bien là tout l’objectif de son ouvrage « La Politique musulmane dans l’Afrique occidentale française » (5).

        C’est dans cet objectif, qu’après une réflexion bien nourrie et mûrie, il crée le concept « d’islamophobie », une «  islamophobie » que Quellien pourfend avec force dans tout un long chapitre.

        Qu’un fonctionnaire totalement dévoué à la cause de la colonisation en arrive à créer le terme d’islamophobie dans le but de dénoncer les islamophobes avec beaucoup de vigueur, paraît, à première vue étonnant. En fait, c’est une conséquence logique de sa position raciste et de son soutien à la colonisation.

        A la base, Quellien fait un constat : le colonisateur ne « tire » pas tout le bénéfice qu’il pourrait de sa colonisation. Par exemple la partie du « Soudan, demeurant aux fétichistes (…) est une riche contrée vouée à l’immobilité, sans commerce, sans industrie, sans culture, sans aucun progrès dans l’avenir ». Chacun perçoit tout de suite la profondeur du drame : le pays est « une riche contrée », mais le colonisateur n’en tire rien ; ses habitants n’ont pas envie de l’exploiter (et de se faire exploiter) au sens capitaliste du terme. Et ils n’ont pas plus envie d’être asservi par un Etat.

        Or, toujours au Soudan, une partie est islamisée. Quelle différence ! Et Quellien de citer un de ses contemporains : « Le Soudan, accaparé par l’Islam, c’est la discipline et l’organisation de masses d’hommes, jusqu’ici isolés et farouches ;(…) [qui va vers] la formation d’une société, d’un Etat (…) Avec le temps, on arrivera à faire de l’Islam (…) le plus précieux auxiliaire des intérêts français en Afrique » (6).

        Voici donc, en quelques lignes tout le raisonnement : l’autochtone non islamisé (Quellien et autres « orientalistes » et « administrateurs-ethnologues » ne se gênent pas pour écrire « le nègre », le «  fétichiste » et laisser libre court à leur racisme…) n’obéit pas et est improductif (au goût du maître) ; par contre le «  nègre » islamisé devient obéissant et accepte de travailler davantage.

        La diffusion de l’Islam en Afrique noire sert donc les intérêts du colonisateur français. C’est un « précieux auxiliaire ». S’attaquer à la propagande islamique, être « islamophobe » comme le sont les colonialistes les plus stupides, c’est nuire aux intérêts coloniaux de la France*7.

        Reste à justifier le raisonnement, car tous ses contemporains sont loin d’être convaincus.

        La première étape est de persuader tout un chacun de « l’infériorité » des noirs. Et là, Quellien, plutôt cauteleux par ailleurs, n’y va pas avec le dos de la cuillère, soit qu’il cite d’autres auteurs, soit qu’il se « lâche » lui-même. Petit florilège :
        « Le noir comprend difficilement les idées abstraites »
        « Son intellectualité [est] très restreinte et son indolence naturelle le [pousse] vers le moindre effort… »
        « … comme l’esprit d’imitation existe à haute dose chez le nègre, celui-ci sera porté tout naturellement à répéter les gestes qu’il a vus et à prononcer les paroles qu’il a entendues, même s’il ne les comprend pas »
        « ... le système de famille chez les nègres n’est pas le patriarcat, comme chez les sémites [dont les arabes], c’est une forme plus animale, le matriarcat,… »
        « Un abîme profond, …, sépare les noirs des chrétiens, dans l’ordre intellectuel, moral, social et religieux », « Cela tient à ce que la race noire est une race inférieure à qui ne peuvent convenir les subtilités complexes de notre civilisation »

        Bref, d’après l’inventeur du terme «  islamophobie », le « nègre » n’ayant qu’une intellectualité restreinte ne saisirait pas les idées abstraites, tout au plus pourrait-il imiter des gestes et répéter des paroles qu’il ne comprend pas. Son organisation familiale serait même animale.

        Et, pour ceux qui ne seraient pas, malgré ces « arguments » convaincus, de cette infériorité, voici l’argument massue : le « nègre » serait, nécessairement, cannibale : « … le fétichisme obéit toujours à des pratiques hideuses, il tue souvent et dévore son ennemi vaincu » (8).

        L’étalage de ces affirmations aussi fausses qu’humiliantes est à proprement parler écœurant. Oui, mais il est indispensable à la construction du concept d’islamophobie.

        Car c’est cette « infériorité » supposée du « nègre » qui justifie son islamisation, présentée comme une « progrès ». En effet, toujours d’après le pourfendeur de l’islamophobie, le noir malgré ses insuffisances intellectuelles serait tout de même conscient de la supériorité de l’Européen. Il voudrait bien l’imiter, mais il ne peut y parvenir. Par contre «  (…) il a, tout à côté de lui, le musulman dont l’exemple est facile à suivre… » car « La distance qui sépare (…) [le noir] du musulman n’est pas si considérable ». Le noir, avec un petit effort, peut devenir musulman et, alors il « (…) a presque immédiatement conscience de s’être élevé dans la hiérarchie humaine  ». Surtout, et ce n’est pas pour rien que Quellien rappelle qu’Islam veut dire soumission et que sa pratique exige des efforts, le noir islamisé devient un bon petit colonisé : « Au point de vue pratique, il [l’Islam] a l’avantage de constituer des tribus plus facilement gouvernables et administrables que les tribus restées fétichises, à cause … de leur obéissance à l’égard de leurs chefs. ». «  L’action du mahométisme s’est également exercée dans les manifestations économiques et commerciales. La vie commerciale et industrielle s’est développée et à vu naître des industries… ».

        Bref, comme le note un autre auteur  : « Avec une sécurité plus grande sur les parcours commerciaux, il a provoqué une consommation plus intense, la circulation d’une monnaie fiduciaire et le change. Enfin l’Islam n’a pas été un obstacle au recrutement de nos troupes et de nos marins… (…) Il faut ajouter encore que dans l’ordre économique, à côté de la propriété commune qu’il a laissé subsister, l’élévation sociale s’est manifestée aussi par la constitution d’une propriété individuelle et dans le respect de l’autorité »(9).

        L’Islam est là, et enfin, le colonisateur respire ! Les tribus deviennent gouvernables, une vie commerciale démarre, la monnaie fiduciaire circule, le change se développe, la propriété collective disparait progressivement au profit de la propriété individuelle, et tout cela sans affecter le recrutement de nos soldats et marins (dont des milliers, une fois convertis à l’Islam, viendront gentiment se faire exterminer dans les tranchées en 14/18). Et tout ça grâce à quoi ? Grâce à l’islamisation de l’Afrique noire. En un mot comme en cent, la colonisation et l’islamisation marchent la main dans la main, chacune tirant bénéfice des progrès de l’autre. C’est la conclusion à laquelle parvient, après sa longue étude, Quellien. C’est pourquoi, a contrario, il comprend qu’un des obstacles qui peuvent bloquer les « progrès » de la colonisation, c’est… la critique de l’Islam. C’est pour lutter contre cette possibilité d’entraver la colonisation que Quellien crée le terme « islamophobie » (10) et c’est pourquoi aussi il pourfend cette « islamophobie » dans tout un long chapitre.

        Cependant, s’il accorde une « valeur » à l’Islam (celle de constituer un palier bien utile entre « le nègre » et l’Européen et de faciliter ainsi grandement la colonisation), Quellien affiche un certain mépris pour cette religion dont le « … dogme est simple, [qui] manque d’originalité et de sacerdoce… [qui] traite de la vie matérielle et des occupations sensuelles chères aux noirs, dont il flatte les instincts. L’islam est en harmonie avec les idées du milieu, car il tolère l’esclavage et admet la polygamie et la croyance aux génies et aux amulettes… ». Bien plus, le créateur du concept d’islamophobie affirme qu’« Il importe avant tout de réprimer, immédiatement et énergiquement, toutes les tentatives de soulèvement qui revêtent un caractère plus ou moins religieux » des islamistes. Des positions qui, aujourd’hui, le feraient taxer « d’islamophobe » !

        Le concept « d’islamophobie » est donc, depuis son invention, un concept pervers. Il a été inventé pour servir les intérêts du colonialisme français. Aujourd’hui il sert les intérêts du capitalisme international. Sûrement aurons-nous l’occasion de revenir sur ce dernier point…

        NOTES

        _1.- Ainsi, Wikipédia écrit : « En fait, le terme « islamophobie » était apparu en 1910 dans l’ouvrage d’Alain Quellien La Politique musulmane dans l’Afrique occidentale française ». Les autres ouvrages cités sont plus tardifs d’une paire d’année.

        _2.- Ainsi, dans l’article «  Islamophobie : une invention française  »
        (mai 2012) de Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, le terme « administrateurs-ethnologues » est utilisé plusieurs fois. C’est seulement dans une note de bas de page que les véritables fonctions de Quellien sont indiquées. L’article, s’il souligne que c’est un français qui a inventé le terme se garde bien de dénoncer le racisme de ses écrits et sa volonté colonialiste affirmée.

        _3.- http://www.humanite.fr/que-recouvre...

        _4.- Termes des remerciements que Quellien lui adresse dans son ouvrage.

        _5.- Facilement consultable en fac-similé sur le site de la bibliothèque Gallica. Toutes les citations de l’ouvrage sont extraites de cette édition.

        _6.- Edouard Viard. Au Bas-Niger. Q. trouve cette opinion trop tranchée.

        _7.- Plus prudent en cela que les politiciens actuels – car s’étant donné la peine de bien étudier le sujet – Quellien est plus réservé sur les conséquences, à terme, de cette islamisation.

        _8.- E.-L. Bonnefon. L’Afrique politique en 1900.

        _9.- Qu’il définit très clairement comme un : « préjugé contre l’Islam  », définition actuelle.

        • vendredi 29 avril 2016 à 05h40, par lo lo lo

          Le fantasme de la conspiration naît, non moins inévitablement, de la compétition et de la lutte. C’est une forme collective de la paranoïa. A défendre son existence et ses valeurs, à combattre des ennemis multiples, on aboutit aisément, lorsque surgissent d’autres contradicteurs et d’autres adversaires, à voir derrière eux un mécanisme maléfique acharné à vous nuire. Assurément, il se trouve des noyaux réels qui tentent d’organiser une lutte contre un individu, un groupement, un ensemble social. Mais ce n’est pas toujours le cas, dans tous les horizons, et surtout le thème du complot permet trop aisément d’oublier les raisons réelles et justifiées qu’on a pu donner à une critique ou à une opposition. On est ainsi entraîné sur une voie narcissique d’adoration de soi-même, de refus total des visions de l’autre sur soi particulièrement maléfique.

          L’idée de la conspiration universelle contre l’Islam a des antécédents dès le Moyen Age. Naturellement toute opposition réelle, toute attaque factuelle la renforcent. Encore plus lorsqu’il s’agit de deux ou plusieurs attaques venant d’horizons différents qui semblent converger.

          Mais les attaques réelles sont insérées dans un système interprétatif qui prend souvent des dimensions fantastiques. Tout système de ce genre a pour effet d’effacer toute trace de responsabilité, de provoquer l’oubli des initiatives de l’attaqué lui-même, qui ont été aussi des attaques ou en tout cas des mouvements (justifiés ou non) de nature à provoquer l’hostilité. La bonne conscience totale résulte de ce mécanisme et c’est une mauvaise conseillère.

          Le fantasme de la conspiration universelle et permanente, puisant ses racines uniquement dans la haine perverse conçue par l’autre contre les siens, a entraîné même des esprits intelligents et informés (et combien plus les autres !) à des conceptions excessives. Toute critique, même minime et partielle, toute relativisation de ce qui ressortit à l’univers islamique leur est devenue insupportable et surtout inspirée par la haine, le mépris, la volonté de nuire. C’est là un phénomène universel qu’on peut relever à propos des groupements et des idéologies les plus divers, en particulier de type ethnico-national. Ceux qu’on a constitués en ennemis des musulmans sont bien loin d’en être indemnes et, là aussi, des exemples impressionnants peuvent être allégués (je l’ai fait ailleurs). Mais ce n’est pas une excuse pour tomber dans le même travers.

          Ainsi toute étude sur l’intégrisme (ou islamisme, etc.) est devenue suspecte à certains. Pourtant tout phénomène doit pouvoir être l’objet d’un examen scientifique. Quand on le fait remarquer, on vous répond en alléguant les défauts (souvent très réels) des études en question (mais nulle étude n’est sans défaut) ou le parti qu’on peut en tirer dans de mauvaises intentions et contre lesquels l’auteur n’a pas suffisamment prévenu. Ce sont là des procédés universels pour décourager toute critique et constituer un tabou envers une collectivité ou une doctrine. Tous ceux qui ont considéré d’un peu près l’univers stalinien ont reconnu des configurations familières. Mais, en vérité, il s’agit de mécanismes dont on peut reconnaître des exemples depuis les plus anciennes attestations de l’existence historique de l’homme et dans les sociétés les plus diverses. Seul varie le degré de systématisation de ces phénomènes.

          Maintenons d’abord qu’aucun tabou n’est admissible, que toute conception et tout groupement doivent pouvoir être étudiés, et cela éventuellement de façon critique. La qualité de victime (réelle ou non) des individus qui incarnent ces idées ou qui adhèrent à ces groupements ne doit pas les mettre à l’abri de l’étude et de la critique. Tout tabou est nocif au plus haut point, à commencer pour ceux qu’il est censé protéger. Il les confirme dans une autosatisfaction qui débouche aisément sur l’arrogance et le mépris des droits des autres. Comment les autres ne s’indigneraient-ils pas aussi de voir les « taboués » protégés des critiques pour des actes strictement analogues à ceux qu’on condamne chez eux ? Et l’indignation a de redoutables conséquences.

          Il importe donc de ne pas céder au chantage permanent qui vise à décourager l’étude et éventuellement la critique de quelque catégorie, de quelque groupement humain que ce soit, quels que soient leurs mérites, leurs malheurs, ou les attaques injustifiées qu’ils subissent. C’est valable pour tout le monde de l’islam comme pour toute autre formation.

          Maxime Rodinson

          La fascination de l’islam
          p. 23-24

          • vendredi 29 avril 2016 à 05h44, par lo lo lo

            Connophobes de tous les pays…

            ILS commencent à bien me dynamiser le transit avec LEUR débat à la con.

            1. – C’est pourtant simple, je ne suis pas islamophobe, je suis connophobe. Si ILS m’accusent d’islamophobie quand je dénonce une connerie, désolé pour eux, la démonstration est dans LEUR accusation.

            2. – L’islamophobie est un concept forgé par les antilaïques d’Islam et repris par leurs idiots utiles dans l’unique but de délégitimer la laïcité.

            3. – Et ça marche ! Tant médias et militants de toutes obédiences préfèrent les controverses sommaires à la raison, comme s’il fallait obligatoirement choisir un camp, même dans les pseudo-débats pipés.

            4. – Il n’y a pas de débat, il y a une manœuvre.

            • D’ailleurs, lorsque l’on critique l’islamisme frérosalafiste, ses connivences avec le jihadisme et les textes scripturaires dits « sacrés » qui valident et légitiment ses revendications, certains acteurs bien placés sur l’échiquier associatif et politique, national et européen, crient en une seule voix à l’islamophobie. Farida Tahar en sait quelque chose !

              Mohamed Louizi



  • vendredi 29 avril 2016 à 10h24, par Karib

    Rhâââââ, lovely !



  • samedi 30 avril 2016 à 14h11, par Karib

    Ce n’était qu’un râle d’appréciation. Avec, of course, référence à Gotlieb.



  • la danse du soleil et du feu
    ( j’ai bien n’aimer)

    https://www.youtube.com/watch?v=C1r...

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