ARTICLE11
 
 

lundi 8 juillet 2013

Médias

posté à 22h34, par Lémi et JBB
127 commentaires

Daniel Mermet & la Boîte de Pandore

C’est peu de dire que l’enquête d’Olivier Cyran sur les pratiques « managériales » de Daniel Mermet a fait couler de l’encre. En raison de la stature médiatique de ce dernier, bien sûr. Mais aussi parce que derrière ce cas particulier et les débats qu’il suscite se profile une ligne de fracture plus profonde. Retour sur polémique, à l’occasion de la publication sur le sujet d’un papier de François Ruffin.

En un long texte publié il y a quelques heures, le journaliste François Ruffin revient sur ce qu’il appelle ses « années Mermet » – réaction à l’enquête d’Olivier Cyran mise en ligne ici-même et qui a fait couler tant de pixels sur la toile. Ce texte, il nous l’a en effet, comme il l’indique en incipit, proposé avant-hier. Nous avons hésité et pas mal tergiversé, avant de le refuser. Non parce que c’est un mauvais papier ; François est un excellent journaliste (c’est aussi un ami), et cet article, en lequel il se raconte tout autant qu’il évoque Là-Bas si J’y suis (LBSJS), relève dans la forme de la belle ouvrage. Non (plus) parce qu’il y prend la défense de Daniel Mermet : la contradiction des débats est une absolue nécessité quand il s’agit de pointer et dénoncer les actes d’une personnalité publique. Il fallait que Daniel Mermet soit défendu, et c’est une bonne chose que François Ruffin s’en charge.

Alors ? Si nous avons finalement refusé ce texte, c’est qu’il nous semblait ne faire que peu de cas de la souffrance endurée par nombre de ceux qui ont côtoyé plus ou moins durablement le boss de LBSJS. Cette souffrance même qu’Olivier Cyran décrit au long de son enquête documentée, livrant plusieurs témoignages que personne (ni François dans « Mes années Mermet », ni Antoine Chao en un témoignage mis en ligne sur Rue89, ni Yann Guégan dans le retour sur l’enquête qu’il a publié sur ce même site) n’a infirmés ou contestés1. Tout juste est-elle présentée comme un mal nécessaire, pendant du talent de Daniel Mermet. Il faudrait « des hommes spéciaux pour faire des choses spéciales », écrit François Ruffin, ajoutant un peu plus loin : « Mi-ange mi-bête, ou ni ange ni bête, avec ses zones d’ombre, avec ses fautes, avec ses hontes, mais également avec sa lumière et sa gloire. »

Un portrait en clair-obscur tout à fait légitime (qui n’a pas ses parts d’ombres ?). Sinon qu’il nous semble justifier ce qui ne devrait pas l’être. Au motif du talent (avéré) du taulier de l’émission de France Inter, au prétexte de la qualité de l’émission, c’est la nécessité d’une rude et brutale sélection qui est suggérée. Une forme de darwinisme professionnel. Ceux qui en font les frais seraient des « jeunes intellos » incapables de s’adapter, des gens « très gentils, très bien, mais délicats », « des fleurs fragiles ». Comprendre : ce serait leur faute. Même sans se pencher sur la réalité des choses2, ce positionnement s’avère pour le moins délicat. Imagine-t-on les mêmes arguments s’il s’était agi d’un conflit social classique, mettant aux prises un patron piétinant le droit du travail et ses salariés ?

Dans le bref chapeau introduisant son papier, François Ruffin écrit notamment qu’il souhaitait voir publié son texte ici « pour ne pas figer les lignes, avec deux camps qui se feraient front, à l’heure où d’autres batailles plus essentielles doivent nous rassembler ». Il nous semble qu’il a à la fois tort et raison. Raison parce qu’il y a bien deux camps en présence. Et tort parce que ceux-ci n’ont rien de neuf, de récent (bien au contraire), qu’ils ne doivent rien à ce débat autour de Daniel Mermet. S’il faut les ancrer dans l’espace contemporain, on peut sans doute estimer que leur réelle formulation politique, en tant que telle, date de la fin du XIXe siècle, avec l’essor parallèle de l’anarchisme et du socialisme.

Il ne s’agit aucunement de rejouer Cronstadt, encore moins de surjouer l’opposition entre tenants de l’horizontalité et adeptes de la verticalité, réformistes et révolutionnaires, libertaires (au sens large) et dirigistes (au sens encore plus large). Non, c’est juste un constat : ce qui se donne à lire en filigrane de ce débat (si on souhaite dépasser le seul cas de Mermet), c’est l’éternel affrontement entre l’exigence d’une cohérence irréductible et le souci de l’efficacité politique. C’est au nom de la première que nous avons accepté l’enquête d’Olivier Cyran quand il nous l’a proposée ; et il nous semble que c’est au nom de la seconde que François prend la défense de Daniel Mermet. Et qu’il loue (à juste titre) le travail réalisé à LBSJS, avant d’interroger : « Pourquoi tout cela devrait-il s’effacer derrière la souffrance, bien réelle, de quelques salariés ? Pourquoi ce malheur pèserait-il le poids du plomb, et le bonheur délivré, celui de la plume ? »

C’est là le point crucial, essentiel. Nous n’avons pas publié la très fouillée enquête d’Olivier Cyran parce que nous souhaitions – comme certains l’affirment en commentaires – « faire tomber la statue Mermet » (et pourquoi voudrait-on cela ?3). Encore moins par souci de vengeance4. Nous ne l’avons pas non plus mise en ligne par envie de « foutre la merde » gratuitement, ni de faire du « buzz » en nous payant une « célébrité ». Pour être francs, nous préférons bien davantage être connus de quelques-uns pour notre boulot au long cours, sur le site comme dans notre version papier, que par un cercle bien plus large qui nous verrait d’abord comme ceux qui s’en sont pris un jour à Mermet (qu’ils saluent cette enquête ou la déplorent).

Non, nous pensons juste que le talent et le succès ne sauraient compenser des pratiques autoritaires et humiliantes. En aucun cas. Au contraire, il appartient aux gens doués et dotés d’une certaine puissance, d’une influence et d’un pouvoir sur les gens (et c’est bien le cas du taulier de LBSJS), de se montrer exemplaires. A fortiori quand ils ont bâti toute une carrière en défendant la veuve et l’ouvrier. Si ceux qui se font les étendards de notre cause se comportent plus ou moins régulièrement comme ceux qu’ils dénoncent, il faut le dire et l’écrire - et tant pis pour les dents qui grincent. À quoi bon se battre, sinon ? En quoi croire encore ? Autant se mettre au tricot, au jardinage ou à la spéléologie (activités fort respectables par ailleurs). Et laisser définitivement la politique de côté.

Ce fossé qu’évoque François Ruffin est le même, au fond, que celui opposant, à l’extrême-gauche, les tenants du réalisme électoral (voter pour le moins pire) aux adeptes de l’abstention. Il y a là une ligne de front presque irréductible5. D’un côté, ceux qui pensent que les principes ne sont pas tout, et qu’il importe de faire des concessions. De l’autre, ceux qui estiment que rien ne légitime (et surtout pas une émission de radio ou un bulletin de vote) de laisser nos valeurs de côté.
C’est là un positionnement qui peut et doit se discuter. L’exigence de l’éthique comporte aussi ses enfermements, ses points aveugles, ses errements - les chevaliers blancs peuvent parfois se révéler insupportables. Mais voilà : c’est notre ligne. Et si un jour, nous trahissons cette dernière6, il y aura forcément un Olivier Cyran pour nous rappeler à l’ordre. Ce ne sera que justice.



1 Ces témoignages n’ont pas non plus été infirmés ici, dans l’espace de commentaire faisant suite au papier de Cyran. Au contraire, sont venus s’ajouter d’autres récits (certains signés) confirmant ce qui était décrit dans l’article.

2 En l’espèce, le journaliste Julien Brygo, pour reprendre cet exemple, n’a rien d’« une fleur fragile ». Et il suffit de regarder son travail récent avec le réalisateur Pierre Carles ou de lire ses articles du Monde Diplomatique pour s’en convaincre. Voire de réécouter ses reportages à LBSJS, diffusés avant qu’il ne soit éjecté de l’émission.

3 En passant, nous n’avons aucun passif avec LBSJS : nous n’avons pas essayé d’y travailler et n’avons jamais subi les foudres du taulier. Tout juste a-t-on croisé Daniel Mermet à deux ou trois reprises, sans qu’il n’en ressorte de ces très brèves rencontres rien de spécialement positif ou négatif.

4 Il ne nous appartient pas de solder une affaire qui a en réalité débuté en 2003, avec la reprise par CQFD du témoignage de Joëlle Levert. Pour un retour sur le sujet, lire ce papier d’Acrimed.

5 En un commentaire publié sur le site de Fakir, Olivier Cyran revient justement sur la nature de cette ligne de front : « La sacralisation du grand chef – que ce soit sous la figure de l’entrepreneur, du leader politique ou du génie artistique –, c’est de cela justement que crève notre société pyramidale qui craque aux coutures. Ton texte, Ruffin, révèle une fracture qui va bien au-delà d’une simple opposition entre pro- et anti-Mermet. Elle touche selon moi à quelque chose de beaucoup plus essentiel. Je suis de ceux qui pensent que la crise actuelle est aussi une crise des structures de pouvoir. Que l’on fabrique des pneus chez Goodyear ou des reportages dans une émission de radio, on ne peut espérer se sortir de la déglingue qu’en partageant solidairement nos idées, nos ressources et nos savoir-faire. »

6 Il ne s’agit en aucun cas de poser Article11 en modèle de fonctionnement (c’te blague). Nous avons trop conscience de nos propres faiblesses (qui vont de la paresse à l’addiction au rosé en passant par un humour douteux...) pour ne pas jouer les fiers-à-bras. Mais il est certains principes (indépendance totale, camaraderie rédactionnelle, autogestion autant que faire se peut) qui ne se discutent pas et dépassent le cadre de notre canard.


COMMENTAIRES

 


  • lundi 8 juillet 2013 à 22h47, par Wafa

    Apaisement, clarté et rosé !
    ça me plait bien ça.
    Merci Article 11

    • mardi 9 juillet 2013 à 01h12, par JBB

      Eheh... le rosé, surtout.

      Santé !

      • vendredi 12 juillet 2013 à 19h04, par Watsabe

        Salut,
        si les faits sont avérés (et dans quelle mesure vu l’ampleur que ça prend), évidement que Cyran fait bien de publier son article. On est tous bien d’accord, « la fin ne justifie pas les moyens », et ben justement : Cyran a bien fait mais la manière est on ne peut plus mauvaise... Et dans l’objectif réalisé (la fin donc) se ressentira à coup sûr la méthode (les moyens...). Pour LBSJS, FAKIR, A11, CQFD, tous les lecteurs et auditeurs, les moyens plus que moyens (psychiatrisation de l’accusation, relais hallucinants et débectant sur Rue89 puis Slate puis... lynchage sur commentaires, la blogosphère de celui qui a vu celui qui a vu qui a vu...) se ressentiront dans cette réalisation. Non, en parlant de cohérence, là c’est raté les gars... Alors oui, s’il s’agit de dénoncer des pratiques managériales abusives (dans un milieu ou c’est la norme), bien sûr que la légitimité du sujet ne fait aucun doute, mais la manière (même si la diff est en autogestion) et on ne peut peut plus critiquable. Et ça se ressent déjà... Nous savons tous qui bave déjà de ce pavé dans la mare, et ils sont nombreux à attendre ça depuis longtemps : et je ne parle pas du « petit peuple de gauche »...
        A moins que les moyens soient tout à fait en accord avec la fin : je m’interroge (voir le communiqué du SNJ)... L’objectif est-il vraiment de dénoncer des pratiques managériales abusives ? Car un complément sur le monde des salariés du journalisme et surtout à radio-france aurait été le minimum bienvenu pour que les lecteurs que nous sommes puissent se faire un avis...

        C’est mon petit avis en tant qu’auditeur de LBSJS (bien que très loin d’aduler Mermet), lecteur de Fakir, CQFD, Diplo, A11 et autres...



  • lundi 8 juillet 2013 à 23h18, par Pouyoul

    Ouaip, excellente synthèse. Qui dit l’essentiel sans remettre de l’huile sur le feu. Bon, perso, je ne trouve pas que l’autocélébration de Ruffin soit de la belle ouvrage, c’est plutôt une grosse bouse, mais c’est pas grave : vous avez dit l’essentiel sans rajouter de l’huile sur le feu. Bravo. Maintenant, à chacun d’approfondir la réflexion...



  • lundi 8 juillet 2013 à 23h51, par Soisic

    L’honnêteté intellectuelle est la marque de fabrique d’Article 11 ; elle ne fait pas défaut ici.
    Les échanges de points de vue sur le sujet - ici et ailleurs- loin d’être stériles, ont le mérite de mettre à jour différents paradigmes de « stratégie managériale ». Pour ma part, il me semble que celle souhaitée par Olivier Cyran (en opposition à celle qu’il dénonce) aurait du faire l’unanimité...



  • mardi 9 juillet 2013 à 00h01, par Pedro

    Toute cette histoire ouvre quelques interrogations légitimes : comment sont traités les pigistes chez article 11 ( mais aussi chez cqfd ?chez rue 89 ?) Comment sont choisis les articles ? Quelles conditions salariales ? De quoi vivent les collaborateurs de ces médias ? Quelles sont les leçons qu’on peut retirer de ces réflexions. On aimerait bien savoir maintenant que le débat est ouvert ....

    merci de vos réponses.

    • mardi 9 juillet 2013 à 00h38, par Bibi

      Tu crois qu’à CQFD et à Article 11 il y a des pigistes ? c’te blague !

    • mardi 9 juillet 2013 à 00h39, par JBB

      « comment sont traités les pigistes chez article 11 [...] ? Quelles conditions salariales ? »

      En ce qui nous concerne, ça va être très simple : personne, absolument personne, n’est payé. Ni au moyen de piges, ni au moyen de salaires, ni même au moyen d’emplois aidés. Et c’est à la fois un choix et une obligation.

      Un choix parce que nous avons toujours voulu que la participation au site et à la revue relève, pour chacun, d’une réelle envie. Notre vie, nous la gagnons (ou essayons de la gagner) par ailleurs ; ici, cela tient à autre chose, que nous cultivons et souhaitons faire perdurer. Pas question d’argent.

      Une obligation parce que les conditions faites à la presse alternative, spécialement en ce qui concerne la distribution, sont sans pitié et ne permettent pas de retomber sur ses pattes par la seule force des ventes (à moins d’écouler, comme Fakir y parvient, plus de 10 000 exemplaires de chaque numéro). A fortiori quand on refuse tout autant la pub que les subventions, et quand on n’a pas un compte en banque si garni qu’on puisse se permettre d’alimenter les fonds perdus d’un journal.
      Pour être plus précis, les 3 000 à 3 500 exemplaires (ventes en kiosque + abonnements + ventes directes) que nous écoulions de chaque numéro nous permettaient tout juste de financer l’impression du numéro suivant. Depuis trois mois et un changement de tarif du distributeur, ce n’est même plus le cas.

      « De quoi vivent les collaborateurs de ces médias ? »

      Encore une fois, je ne réponds qu’en ce qui nous concerne. Et donc : ils vivent d’autre chose. D’emplois à temps plus ou moins plein (et de façon générale mal payés) pour les uns ou de rémunération occasionnelles pour les autres (quelques piges, travaux d’écriture ou traductions - ce genre).

      « Comment sont choisis les articles ? »

      Pour nous, deux cas de figure. La version papier, où un comité de rédaction en bonne et due forme existe,qui a pour fonction de sélectionner les articles et de définir (plus ou moins) la ligne éditoriale du journal. Et le site, où les choses - cela tient à la nature du net et au fait que le site a démarré ainsi il y a quatre ans, juste alimenté par trois personnes - se décident de manière moins collective. Non par choix, mais par habitude et une certaine forme de pragmatisme (parce que les choses vont beaucoup plus vite sur le net, quand on peut prendre le temps de discuter et maturer un journal papier qui sort tous les deux mois). Bref, dans la pratique, c’est surtout Lémi et moi qui prenons les décisions éditoriales.

      • mardi 9 juillet 2013 à 22h33, par Pedro

        Merci de vos réponses précises. Pas d’Eldorado alors visiblement... Ceci pose quand même la question du « Comment faire ? »

        Est-ce à dire que l’alternative n’a pas d"économie et qu’elle serait vouée à l’auto-exploitation (joyeuse !) ou qui reste une activité chômeurs, retraités ou encore un hobby réservé aux gosses de riches ? Surtout qu’il n’y a plus grand monde pour vouloir acheter des journaux et encore moins pour payer de la radio.

        Et ça explique pourquoi les journalistes de « gauche de gauche » qui veulent vivre de leur métier (comme Julien Brygo ou Olivier Cyran par exemple) sont, à moment donné, attirés (puis très déçus donc si j’ai bien compris) par une expérience professionnelle chez Mermet où les piges sont très au dessus des pratiques, d’après les témoignages des reporters qu’on lit ici et là.
        Très au dessus, en tout cas des tarifs de la presse écrite installée (J’aimerais savoir combien sont payés - à l’heure - Julien Brygo et Olivier Cyran quand ils font des articles pour Le monde diplomatique par exemple).

        Par ailleurs, contrairement à ce qu’on lit dans les forums, qui peut croire qu’une émission comme celle de Mermet sur France inter, qui tient à bout de bras depuis 30 ans, une fois mise par terre (par une alliance d’ennemis jurés) , serait confiée à de nouveaux arrivants ou un une rédaction du type article 11 ou CQFD ? Il est permit de rêver mais dans le vrai monde, c’est pas comme ça que ça se passe non ?

        Après la mise à mort de Mermet, qui arrivera bien un jour ou l’autre tellement de gens veulent sa peau (de très à gauche à très à droite) , on verra ce qu’il restera de toutes ces bonnes idées dans le paysage...

        • mardi 9 juillet 2013 à 23h02, par Gilbert Duroux

          « Par ailleurs, contrairement à ce qu’on lit dans les forums, qui peut croire qu’une émission comme celle de Mermet sur France inter, qui tient à bout de bras depuis 30 ans, une fois mise par terre (par une alliance d’ennemis jurés) , serait confiée à de nouveaux arrivants ou un une rédaction du type article 11 ou CQFD ? Il est permit de rêver mais dans le vrai monde, c’est pas comme ça que ça se passe non ? »

          C’est bien pourquoi, au lieu de personnaliser à l’extrême, au lieu de faire comme si une émission de la gauche de gauche sur le service public de l’audiovisuel ne pourrait exister qu’animée par lui-même, Mermet devrait préparer la relève. Mermet, il est vieux, il est pas éternel. S’il ne prépare pas sa succession en profitant de son audience et en s’appuyant sur la popularité de l’émission, bien évidemment qu’elle n’aura aucun avenir. Mais ça doit être trop difficile pour Mermet d’imaginer que son bébé soit entre d’autres mains que les siennes.

          Extrait de la réponse de Cyran à Ruffin :
          « Le plus hallucinant, dans ton plaidoyer, c’est l’affirmation selon laquelle « Là-bas si j’y suis » se confond avec la personne de son producteur. Le Botticelli de France Inter ne ferait qu’un avec sa grande œuvre, qui doit mourir avec lui. Est-ce vraiment le meilleur service à rendre à cette émission de salubrité publique que de nier sa nature collective ? La défense de ton « père » impose-t-elle de compter pour rien les centaines de reportages réalisés au fil des ans par d’autres que lui et d’autres que toi ? Mermet a toujours personnalisé à l’extrême l’émission qu’il anime, s’abstenant soigneusement de préparer sa succession. Le seul fait d’envisager que l’émission puisse éventuellement survivre à son départ à la retraite – pourquoi pas sous un autre nom et selon des modalités un peu moins destructrices – est perçu de sa part comme un crime de lèse-majesté. En lui donnant raison, tu écartes par avance tout espoir de pérennisation d’un créneau journalistique hétérodoxe à France Inter. L’audience et la notoriété de LBSJS offriraient pourtant un solide point d’appui à l’engagement d’un rapport de forces avec la direction de Radio France : ils pourraient permettre de négocier la reprise de l’émission ou la création d’une émission de même nature par ceux des émules de Mermet qui ont eu la chance de ne pas se faire éclater en chemin. Je pensais que l’avenir de LBSJS te tenait à cœur. Manifestement, tu te soucies surtout de ta propre identification au rôle d’héritier. »

          • vendredi 15 novembre 2013 à 16h08, par Quintrie

            qu’en pense Daniel Mermet lui même ? Et tous ceux qui ont percé la « muraille » avec leur talent et de belles émissions (Sylvie Coma, Zoé Varier...). faut-il tuer le père dès maintenant ou attendre encore un peu ?
            Ce créneau 15h 16h, j’y tiens comme la seule fenêtre ouverte à des reporters qui prennent des risques et refusent de se comporter comme les complaisants journalistes -cireurs de pompes-qui monopolisent hélas nos ondes



  • mardi 9 juillet 2013 à 00h01, par gf

    Merci pour cet article, vraiment. Ca ne clôt pas complètement le débat, à mon avis, même s’il reste la question de « comment on sors de ça sans trop de casse ? ».

    Il y a quand même un truc qui me chiffonne, en essayant de voir un peu large. Je reste sur ma faim à propos de l’attitude syndicale qui est mise en cause dans l’enquête initiale. L’absence de réaction du CHSCT et des différents syndicats est quand même pas bien normale, même si, d’après ce que j’ai compris, les travaux en cours chez Radio France et le bordel induit ont pas mal occupé les représentants du personnel.

    Si le déballage de la souffrance au travail a du passer par la place publique, faisant bien marrer au passage nos adversaires politiques plus traditionnels (cf, par exemple, Jean Robin qui s’inscruste, comme d’hab, dans les commentaires chez Fakir) c’est bien parce que ça n’a pas fonctionné en interne, au final.

    J’y repense, parce que j’ai lu, il y a pas longtemps, ce (très bon) papier sur la souffrance au travail, dans la revue variations, et qu’on y trouve, entre les lignes, beaucoup d’aspects de cette affaire. Un petit morceau, juste pour appater le chaland et espérer que ça se tasse, en bien.

    « On a alors la surprise de constater que tirer le fil de la souffrance au travail via l’écoute syndicale permet de dévider toute la pelote des questions du travail. On a l’impression tout à coup d’avoir à notre disposition une puissante mandibule permettant « d’attraper » sous un jour nouveau les sujets syndicaux plus traditionnels. À la mâchoire supérieure du discours politique général, s’articule désormais une mâchoire inférieure des mille et uns faits concrets de la vie au travail : l’absurdité des indicateurs et des directives abstraites, l’intensification du travail, le recul de la collégialité, les dérives budgétaires, prennent chair dans des situations réelles, datées, documentées. La prise de parole permet d’affirmer des points de vue jusque-là inaudibles sur le travail, son contenu et son organisation, de se renforcer et de prendre confiance face au discours managérial, et partant de contester des choix de gestion dans des domaines bien plus étendus que la seule dimension psychosociale. On en tire du grain à moudre y compris pour « réveiller » le combat dans les instances, qui auparavant s’étaient largement vidées de leur substance et dérivaient de plus en plus vers de simples chambres d’enregistrement. »

    • mardi 9 juillet 2013 à 04h43, par Gilbert Duroux

      @ gf
      Le même mot - syndicat - recouvre deux réalités qui peuvent être très différentes... ou pas. Le syndicat, à la base, c’est l’organisation au niveau de la boite. Il est ce que les syndiqués en font. Il peut être combatif... ou tout mou. Surtout si les adhérents se syndiquent comme ils souscriraient un contrat d’assurance, ou si les responsables syndicaux font du syndicalisme avant tout pour avoir des mandats et les heures de délégations qui vont avec.
      On trouve de tout dans les syndicats de base. Et c’est pas l’étiquette qui peut aider à choisir. L’intérêt des salariés est de se syndiquer au syndicat le plus actif, quelle que soit son étiquette.
      Et puis il y a les Confédérations : la CGT, la CFDT, FO, Sud... Là, ça devient vraiment problématique. Parce que les grosses confédérations ont choisi de s’inscrire dans un système de cogestion avec le MEDEF (je ne suis pas sûr que Sud ferait différemment s’il devenait, comme on dit, représentatif). Au lendemain de la guerre, le patronat était complètement discrédité pour avoir collaboré. Du coup, à partir de 47, ce sont les syndicats qui géraient les caisses sociales (je simplifie). Ça pouvait se concevoir, après tout les cotisations chômage, maladie, retraite, tout ça c’était du salaire différé. Aucune raison que ce soit les patrons qui gèrent les sous des travailleurs.
      Aujourd’hui, nous avons ce qu’on appelle un système paritaire, qui réunit ce qu’on appelle « les partenaires sociaux » (ça dit bien ce que ça veut dire !) Sous prétexte que les cotisations patronales sont plus élevées que les cotisations alariées, le MEDEF gère les caisses avec les syndicats dits « représentatif » (c’est le cas pour la Sécu depuis 1967). Et quand il s’agit de revoir les droits des salariés ou des chômeurs à la baisse, il suffit qu’un syndicat jaune comme la CFDT signe avec le MEDEF pour que le MEDEF emporte le morceau.
      Ce qui serait vraiment révolutionnaire aujourd’hui, c’est de remettre en cause le paritarisme. Les syndicats ne le veulent pas, bien sûr, ils auraient trop à perdre. Les Confédérations vivent très peu des cotisations des adhérents, mais surtout des subventions de l’état... et du MEDEF (avec des milliers de syndiqués mis à disposition des syndicats par les entreprises).
      Tant que les syndicats se feront du gras sans qu’il y ait besoin de se battre, tant qu’ils ne vivront pas avant tout des cotisations des salariés, tant qu’il y aura les permanents (à vie pour certains) pour faire tourner la boutique, ça ne risque malheureusement pas de changer.

      • mardi 9 juillet 2013 à 08h21, par gf

        Euh... ben, merci pour le cours d’histoire, prof. Ca va toujours mieux avec les explications, pour ceux qui ne les avaient pas.

        Ca ne résouds pas le problème, notamment du silence radio de tout le monde, alors que sur d’autres dossiers pas très différents, ailleurs, SUD, notamment, avait su mettre les pieds dans le plat. Je pense en particulier au temps de repos des animateurs de colonie de vacances, qui avait fait hurler tout ce que le secteur compte de militants avec des arguments assez proches de ce qu’on entend là (« c’est un engagement », « les temps sont durs », etc...).

        Bref, ils ont raté une occasion de faire leur taf correctement, dans cette affaire, et ça m’intrigue assez.

        • mardi 9 juillet 2013 à 13h58, par Gilbert Duroux

          Désolé, je voulais pas jouer au prof, mais parler un peu de mon expérience, notamment dans la presse. Comme je le disais plus haut, les syndicats à la base, au niveau d’une entreprise, ne valent parfois pas mieux que les bureaucraties syndicales encroutées au niveau du siège.
          Certes, depuis que la CFDT taille des pipes au MEDEF au grand jour, il y a eu des scissions et Sud a commencé à émerger. J’ai bien peur, malheureusement, quand je vois ce jeune syndicat adopter aussi vite le comportement de ses ainés (heures de délégation, permanents...) que le dicton selon lequel « on ne fait pas du neuf avec du vieux » est juste.

          • mardi 9 juillet 2013 à 16h25, par gf

            Mes excuses, pour l’agressivité sous jacente. Mon café était pas terrible, ce matin, et le levé du pied gauche a pas du aider non plus.

            Disons que mon expérience syndicale (à sud, aussi, mais dans l’éduc’) me laisse penser qu’il y a encore de quoi faire des choses intéressantes avec ce genre d’organisation. (mais je manque de recul, très certainement). Même si jongler entre dedans (heures de décharges, mandats tournant parfois assez peu, financement en partie public, etc...) et dehors (refus d’être un syndicat de service, positions relativement radicales, relatif désintérêt pour la représentativité -au moins chez nous, etc...) tient parfois d’un grand écart pas très confortable.

            J’ai envie d’y croire encore un peu, disons, et l’abscence de réaction de mes petits camarades de la maison ronde me chiffone assez, sur ce coup-là. Si j’ai bien compris ce qui trainait entre les lignes de l’auteur de l’article, lui aussi...



  • mardi 9 juillet 2013 à 02h09, par Zgur_

    Salut

    La réponse de François Ruffin ne répond pas aux reproches qui qui sont fait dans les témoignages cités par Olivier Cyran(et avant). Le commentaire de Miguel Figo chez Fakir le montre bien (voir http://www.fakirpresse.info/Mes-ann...) :

    « Le témoignage de F. Ruffin ne répond pas point par point aux critiques d’autres reporters cités dans l’enquête d’Article11. A commencer par la précarité des collaborateurs, trop mal payés (l’un d’entre eux avait déclaré être payé 850 euros par mois, une autre 700 euros par mois pour un emploi proche du temps plein). Une précarité d’autant plus importante que Mermet est décrit comme un personnage tyrannique, n’hésitant pas à refuser de diffuser des reportages (et donc à payer les pigistes) pour des sujets qu’il a lui-même commandés. De cette précarité, Rufin ne dit mot »

    Donc je suis plutôt d’accord avec vous.
    Sauf sur la question du vote, mais ça c’est encore un autre sujet, sur lequel, décidément, il faudra que je revienne. Pas ici. Pas maintenant.

    En conclusion à cette triste histoire, « Tu n’est pas obligé de harceler et d’humilier les autres pour survivre ! »... ou pour faire une émission de radio, aussi modeste et géniale puisse-t-elle prétendre être.

    Et bon courage à vous quand certains vous mettrons sur le dos la dernière saloperie de Philippe Val avant son départ pour éditorialiser au Figaro avec Rioufol.

    Arf !

    Zgur_

    • mardi 9 juillet 2013 à 12h32, par natoussia

      Le commentaire de ce « Michel Figo » est un magnifique copier-coller sans la moindre mention d’un extrait de cet article d’ASI : http://www.arretsurimages.net/vite.php?

    • jeudi 11 juillet 2013 à 16h17, par chouette

      ça ça répond un peu, non :

      "Il y a aussi quelques faits, rapportés comme des preuves irréfutables, qui m’ont effarée.
      Les salaires des reporters par exemple. Comptez donc. 927 euros par reportage, deux reportages sans les indemnités de l’intermittence : 1 854 euros. Ou un reportage et les 1 500 euros par mois de l’intermittence, selon François Ruffin : 2 427 euros par mois. Vous gagnez ça, vous ? Pas moi.
      Le répondeur qui ne serait pas un mi-temps ? L’année où je le faisais j’étais également attachée de production remplaçante pour la Matinale de France Inter et je faisais le montage pour les reportages à l’étranger de « Là-bas si j’y suis ».
      Alors là oui je peux vous dire que c’était des conditions précaires : trois boulots pour avoir un salaire, quelques jours de 5h du matin au soir. Mais ce n’était pas le fait de Daniel Mermet. Vous croyez quoi, c’est comme ça partout dans les medias : piges, cdd à répétitions, faux intermittents du spectacle. Allez disons presque partout en espérant très fort trouver la jolie boite qui fait exception à la règle, un jour !"

      http://fakirpresse.info/Mes-annees-...

      • jeudi 11 juillet 2013 à 18h12, par Gilbert Duroux

        Ça ne veut rien dire x euros par reportage si le niveau d’exigence du commanditaire est tel qu’on peut passer un temps infini à le réaliser et le monter (sans être sûr qu’il soit satisfaisant). Et le fait de devoir être un faux intermittent, c’est un vrai problème qui va au delà du seul cas Mermet.



  • mardi 9 juillet 2013 à 05h43, par Bendy Glu

    En tant qu’ancien rédacteur en chef de la Revue Agone étant monté aux rideaux suite à un publi-reportage d’Article 11, juste avant le premier numéro papier, sur les éditions Agone, je dois dire qu’il fallait beaucoup de courage pour publier cet article d’Olivier (qui s’est lui-même fait abuser par Discepolo). En fait pour le dire brutalement et au risque de bousculer beaucoup de positions académiques de théoriciens du genre (rassurez-vous, une nouvelle théorie bouscule fort peu les positions académiques), je dirais aujourd’hui que certes François Ruffin qui travaille à dissiper la frontière entre petite-bourgeoisie intellectuelle en déclassement et classe ouvrière (en faisant un journal beaucoup moins chic qu’article 11 et par choix intellectuel éminemment courageux car il n’a pas une vocation dans le champ intellectuel mais le transfert d’analyses intellectuelles vers ceux qui sont à la production et nous font tous vivre... Bref Fakir est militant au sens fort, tandis qu’Article XI est une revue intellectuelle) fait LE TRAVAIL INDISPENSABLE, mais que dans une période révolutionnaire les dominés cultivés et politisés (autant dire les anarchistes) ont l’expérience historique : la première phase de la révolution dans une société industrielle avancée doit consister dans l’élimination (politique/symbolique) des chefaillons patriarcaux de gauche qui seront les futurs staliniens qui nous ferons la peau si nous ne prenons pas les devant. En fait si la Révolution (qui vient) doit changer le cours de l’histoire cela suppose que les dominés (versus grosses paires de couilles) prennent préventivement le pouvoir dans leurs organisations. L’acte I de la Révolution, c’est l’article de Cyran dans Article 11. Prenez le pouvoir dans vos organisations de gauche ! Et après nous serons en ordre de bataille pour soutenir les autres travailleurs. ça commence tout de suite... Le Patron a besoin de nous, nous n’avons pas besoin de lui. En avant !

    • samedi 20 juillet 2013 à 05h08, par Nous sommes légion

      En clair l’acte I de la révolution libertaire est de commencer par organiser des procès de Moscou ?

      • mercredi 24 juillet 2013 à 16h47, par Musée de l’Europe & de l’Afrique - Editions Agone canal historique

        Non, c’est d’organiser nos organisations de gauche conformément au type de société que nous voulons établir (démocratiques dans le sens où le point de vue d’un seul ne s’impose pas à tous), sans se ranger derrière des grosses paires de couilles patriarcales qui soit-disant pour la nécessité de la lutte organisent des épurations, ce que vous appelez « procès de Moscou », tous les six mois, comme Mermet ou Discepolo chez Agone, quand il humilie, vire ses collaborateurs qui ensuite se retrouvent stigmatisés et mis au ban par la société de leurs anciens collègues, juste parce qu’ils ne font pas leur le point de vue, souvent intéressé, du patron. C’est ça les procès de Moscou. Et ce type d’organisation mène à toutes les dérives autoritaires en période révolutionnaire, à toutes les épurations au nom du culte du chef imbu de lui-même. ça s’appelle le stalinisme. Après, structurellement, si les gens ne sont pas précaires, si le pseudo-patron ne contrôle pas d’une façon ou d’une autre leur rémunération de famine, cela a beaucoup moins de chance d’arriver. C’est effectivement le mode d’organisation de la société qui permet aux plus phallo-narcissiques et aux plus paranoïaques de prendre le pouvoir dans un premier temps, puis d’enfermer les gens dans un univers symbolique qui renforce leur paranoïa. C’est vrai à gauche comme à droite, et dans tous les espaces sociaux où règne la loi du plus fort (au sens phallique du terme... D’où la fin de Citizen Kane... ça manque de sexe ton papier Cyran ! Dingue que 100 ans après Proust on puisse toujours pas tout dire hors littérature !)

    • mercredi 25 septembre 2013 à 10h18, par Kseb

      Ohlala, je tombe sur ton commentaire et je manque tomber de ma chaise.... Vous en êtes encore là à Dunkerke, à tenir ces discours antédiluviens ? Vous êtes combien ? Dix ? Quinze ? Quel âge ? 70, 80 balais ? La Révolution qui vient, OK, mais quand, par qui, d’où ? La Révolution c’est comme les OVNIS. On en entend beaucoup parler mais on n’en voit jamais la couleur. Et on est quand même quelques-uns à avoir vérifié après 68, et depuis, que si une révolution doit se pointer, ce n’est sûrement pas du côté gauche qu’elle viendra !

      La Révolution ! Marre d’en entendre parler alors qu’on est tellement nombreux à vivoter de presque que dalle dont on refile la moitié à des tauliers nantis pour habiter des cagnas aux dimensions de plus en plus restreintes. On devrait faire quoi ? Prendre le pouvoir dans nos organisations de gauche, dis-tu ? Va parler de la gauche aux otages des services publics collabos aux fonctionnaires dûment syndiqués à la Cégété, CFDT et consorts, Pôle Emploi, CAF, Sécu, la Poste, chargés de les fliquer, de vérifier si tel chômeur en ASS, tel RSAste n’abrite pas sa petite amie aussi mal barrée sous son toit, bref ! n’enfreint pas les règles de l’apartheid imparties aux z’allocataires sous conditions de ressources, règles sur lesquelles aucune gauche au pouvoir n’est jamais revenue, qu’aucun syndicat jaunâtre ou disons plus « engagé », qu’aucune assos’ un peu plus couillue que les autres, n’a jamais contestées ?

      Va parler de la gauche à ces gens qui en ont subi tous les mensonges depuis des décennies qu’elle nous en serine doctement, se prévalant de penseurs dont les jeunes générations ignorent tout (tellement ils ont laissé de traces brillantes dans l’histoire), avec accessoirement ses vieilles bonnes leçons de citoyenneté et sa morale humaniste de mes deux, que ses tenants ne sont même pas foutus d’appliquer ?

      Le cas Mermet, il nous révèle quoi ? Qu’un mec se sert de la détresse sociale à ses propres fins, ce qui n’est pas neuf. Et ensuite, qu’on est seuls et bien seuls avec notre détresse sociale. Qu’on n’a rien à attendre de quiconque. Et surtout pas de la politique, de quelque bord qu’elle se réclame.

      • jeudi 26 septembre 2013 à 14h29, par jeanne

        Je suis OK avec toi Kseb. j’ai pourtant signé la pétition il y a quelques années pour soutenir Mermet. A l’époque, il était plus fin. Donnait la parole un peu à tout le monde, droite gauche au milieu, un peu à côté ... Une chose est sûre, il doit prendre la retraite avant d’être réellement sénile et irréversiblement con, avec le lot de vices qui suivent. Mais le Roy s’accroche. Le trône n’est pas facile à céder. Comme c’est triste de vieillir !



  • mardi 9 juillet 2013 à 08h41, par Bert

    « lors ? Si nous avons finalement refusé ce texte, c’est qu’il nous semblait ne faire que peu de cas de la souffrance endurée par nombre de ceux qui ont côtoyé plus ou moins durablement le boss de LBSJS. »

    C’est un argument étonnant ! L’article que vous avez fait paraître faisait peu de cas de l’avis de ceux qui comme Ruffin ou Chao avaient une position moins « tranchée » sur le personnage Mermet. De fait, il s’agit donc d’un papier « à charge », et vous ne voyez pas l’intérêt qu’un papier « à décharge » ne reprenne pas au moins un peu les arguments de l’accusation...

    • mardi 9 juillet 2013 à 13h15, par Lémi

      L’article d’Olivier Cyran pointe des faits précis, qu’il documente amplement. Il donne d’ailleurs la parole à Daniel Mermet. Il n’est pas question de papier à « charge » mais d’une simple démarche journalistique pointant un problème récurrent, avec des témoignages nombreux et crédibles.
      La réponse de François Ruffin est davantage un portrait de Daniel Mermet et de la relation qu’il a pu entretenir avec cet homme, qui jamais n’aborde (ni ne contredit) ces « faits précis ». C’est ce qui nous a finalement poussé à ne pas le publier (sachant qu’il serait publié ailleurs).

      • mardi 9 juillet 2013 à 13h22, par Bendy Glu

        Et vous avez bien fait. On soutient les travailleurs. point barre. Tout intérêt supérieur est réactionnaire. Le seul intérêt général, c’est l’intérêt des travailleurs. Parce que c’est eux qui sont porteurs d’un « corporatisme de l’universel » comme disait Bourdieu.

      • mercredi 10 juillet 2013 à 03h24, par Agnès Le Bot

        C’te blague. Une soixantaine de collaborateurs sont passés à Là-bas si j’y suis, vous relayez cinq témoignages (pas tous interviewés par Olivier Cyran, d’ailleurs, semble-t-il) et refusez celui de Ruffin. C’est pas une enquête ça, messieurs, ni une démarche journalistique.

        • mercredi 10 juillet 2013 à 12h45, par JBB

          @ Agnès le Bot : à l’heure du net, refuser un texte ne signifie pas une seconde le condamner à ne pas être lu, surtout quand il est écrit par François Ruffin. Que ce soit chez nous ou ailleurs, le texte sera autant lu et discuté - sur ce point, ça ne change absolument rien. Quant à l’espace de commentaires, il a aussi cette fonction : discuter ou contester un texte, un point de vue, des infos.

          La démarche journalistique est portée par Cyran avec son papier - et il l’a fait de très belle manière. Nous, nous sommes en l’espèce éditeurs. Il nous appartient de porter un texte ou de le refuser, et ce n’est jamais une décision qu’on prend à la légère : nous ne sommes pas les pages débat de Libération où il s’agit de porter un point de vue un jour et le contraire absolument le lendemain.

          Bref, que ce soit ici ou ailleurs, le débat contradictoire existe - il est même extrêmement vivace sur ce coup. Qu’on ait publié le texte de réponse de Ruffin ou non n’y change rien.

          • mercredi 10 juillet 2013 à 13h29, par Agnès Le Bot

            JBB,

            C’est bien du papier d’Olivier Cyran ET du refus de publier le texte de Ruffin dont je parlais, si vous relisez. A titre personnel, je ne considère pas que l’article d’Olivier Cyran soit une enquête fouillée et que tous les faits, dedans, soit réels ou vrais.

            C’est pourquoi, je suis allée poster sous ce papier, comme les commentaires me le permettent effectivement, mon propre témoignage.

            Et non je m’inquiète pas du tout de savoir si le texte de Ruffin sera lu : il n’a effectivement pas besoin de vous pour ça, encore moins de moi !

            • mercredi 10 juillet 2013 à 14h54, par JBB

              A titre personnel, je ne partage évidemment pas votre avis sur l’article d’Olivier Cyran. Pour moi, c’est au contraire du vrai journalisme, à la fois sourcé et magnifiquement écrit, vivant et fouillé. Hors vous, d’ailleurs, je note que personne ne conteste les faits avancés. Et même le communiqué que vient de sortir le SNJ va dans ce sens.

              Expliquer la décision de publier Cyran et de ne pas publier Ruffin ? C’est justement pour ça qu’on a fait ce petit billet, sous lequel nous postons. Je sens bien qu’il ne vous convainc guère, mais je ne vois pas trop quoi rajouter.

        • mercredi 10 juillet 2013 à 19h26, par Gilbert Duroux

          C’est assez fendart, cet argument d’Agnès Le Bot sur la pauvreté des témoignages.
          Je reprends une réponse à Ruffin, sur le blog de Fakir, venant d’un certain François.

          Il rappelle ce qu’avait répondu François Ruffin aux étudiants du CFJ, qui avaient eu droit à une page rebonds de Libération pour défendre leur chère boite à formater les éditocrates, que Ruffin avait éreintée dans son (excellent) bouquin « Les petits soldats du journalisme ».
          Ces apprentis journalistes disaient en substance : « notre école n’est pas parfaite, mais celle que décrit François Ruffin n’existe pas » .
          En plein déni, qu’ils étaient, face à la critique.

          Ruffin avait alors habilement fait remarquer dans son droit de réponse que la tribune en question n’était même pas signée de la moitié des étudiants.

          Comment ne pas voir aujourd’hui une troublante symétrie dans le renversement de situation ?

          De François à François Ruffin : "Aujourd’hui le déni, c’est toi qui le porte. Et avec toi quelques maigres soutiens (largement moins que la moitié de l’équipe pour le coup…).

          Ramener tes collègues à leur fragilité, individualiser la souffrance pour excuser des méthodes de salauds, faire de problèmes collectifs des problèmes personnels, c’est un procédé patronal bien rôdé. Ça rappelle les méthodes des DRH de chez Orange pendant les vagues de suicides (il y a justement une émission de Là-bas là dessus…).

          Allez François, t’es un bosseur, il est pas trop tard pour le reprendre ton papier".

          • jeudi 11 juillet 2013 à 00h18, par Agnès Le Bot

            Gilbert,

            De quelle symétrie parlez-vous ?

            Peut-être du fait que je n’ai pas fait signer mon texte par les ex ou actuels de Là-bas si j’y suis que je connais ? C’est vrai. Je le porte seule.
            Le fait que Ruffin n’ait pas non plus demandé la lecture, l’avis, de l’ensemble des ex ou actuels membres de Là-bas si j’y suis ? C’est vrai aussi.

            Mais je vous propose que nous comptions ensemble : Agnès Le Bot, Khoi Nguyen, Christophe Imbert, Dillah Teibi, Francesco Giorgini, Charlotte Perry, Antoine Chao et Giv Anquetil ont « approuvé » le texte de Ruffin.

            Huit + un : neuf personnes. Cinq qui « témoignent » dans l’article.

            Comment ne pas voir aujourd’hui une troublante symétrie dans la situation ?

            • jeudi 11 juillet 2013 à 02h00, par Gilbert Duroux

              Je crois que vous n’avez pas bien compris la logique de la démonstration, qui n’est pas simplement comptable*. Mais c’est pas grave puisque vous n’êtes pas touchée par la situation et puisque vous n’y voyez que des attaques personnelles (de la part de jaloux, d’aigris ou de médiocres qui voudraient la place du chef si j’en juge par les commentaires de tous ceux qui sont dans le déni) et des faux témoins (vos guillemets à « témoignent ». Portez-vous bien.

              * c’est pas une raison pour autant pour passer à la trappe les témoignages dans les commentaires qui ne vont pas dans votre sens. En faisant cela, vous discréditez le vôtre, de témoignage, car vous montrez une certaine malhonnêteté intellectuelle.

              • jeudi 11 juillet 2013 à 16h41, par chouette

                Gilbert,

                Je suis, contrairement à ce que vous pensez, extrêmement touchée par la situation. Profondément et personnellement. Et je ne vois pas ce qui vous fait affirmer le contraire.

                Je n’ai pas nié les témoignages des commentaires. C’est sur le contenu de l’article d’Olivier Cyran que j’affichais mes doutes, et sur la pertinence de la décision de ne pas publier la réponse de Ruffin.

                Enfin je n’ai pas parlé de « jaloux, d’aigris ou de médiocres ». Nulle part.
                En revanche les guillemets étaient effectivement là pour souligner ce que je pense de l’un des témoignages de l’article, je ne m’en cache pas.

                Prenez soin de vous.



  • mardi 9 juillet 2013 à 09h03, par ZeroS

    Très bon texte, l’ami JBB.

    Cette histoire me rappelle une ligne de tension que l’on retrouve parfois dans certains pans du secteur associatif « engagé », où au prétexte d’une adhésion au projet politique dans un contexte économique souvent précaire, on ne compte plus les heures de travail supplémentaires, on ne respecte pas les conventions collectives (quand elles existent), et parfois on doit composer à un patron (le ou les membres du bureau ou le délégué général) qui se comporte comme un connard. Les joies de la servitude volontaire...



  • mardi 9 juillet 2013 à 09h21, par tiffauges

    Très mauvaise décision de ne pas publier le texte de Ruffin.



  • mardi 9 juillet 2013 à 09h28, par Quadruppani

    En tant que pigiste somptueusement payé (pour les mal-lisants : c’est de l’humour) d’A11, je trouve votre texte très bien, et je suis en parfait accord avec lui, en revanche, je ne vois pas pourquoi le texte de Ruffin n’aurait pas pu être publié aussi, votre texte devenant une réponse. Je sais que ça n’a guère été pratiqué jusqu’à présent, mais quand c’est nécessaire, je ne vois pas pourquoi ça ne se ferait pas.

    • mardi 9 juillet 2013 à 12h32, par Lémi

      Tiens, un de nos pigistes-nabab (tu as bien reçu le chèque de 2k$ ? Toujours aux Îles Caïmans ?)...

      En revanche, je ne vois pas pourquoi le texte de Ruffin n’aurait pas pu être publié aussi  : On s’est pas mal posés la question de la publication, on était même plutôt partants pour au départ, mais il nous a finalement semblé que ce serait contradictoire, voire un chouïa schizophrénique, que ça aurait pu être perçu comme une manière de se détacher (au moins en partie) de l’enquête d’Olivier Cyran (et du constat dressé), et ça on ne voulait pas. Et puis on savait que François Ruffin le publierait ailleurs si on le refusait : ça ne bouchait pas la possibilité d’un débat. Dont acte.

      Salud !



  • mardi 9 juillet 2013 à 10h04, par Stan

    Ce n’est pas Daniel Mermet qui est critiquable mais tous ceux qui ont accepté sans broncher l’inacceptable afin de pouvoir inscrire sur leur carte de visite "La bas si j’y suis, j’y étais » et de satisfaire ainsi leur ambition personnelle et peut-être de pouvoir eux aussi, un jour accéder au statut de « petit chef »

    Dans tous les domaines de la vie professionnelle il y a des patrons dont l’aura et le prestige sont tels que leurs collaborateurs sont prêts à tout sacrifier pour le « Service ».

    Dans d’autres circonstances ils auraient pu être des fonctionnaires zélés au service d’une cause ignoble.

    Heureusement que nous avons inscrit dans notre législation le délit de harcèlement car cela permet de protéger les plus faibles de ce genre de dérive.

    A titre personnel je renverrais dos à dos tous les protagonistes de cette épisode à l’exception peut être de ceux qui ont su dénoncer à temps ce type de dérive.

    Cela étant, à leur décharge, comment imaginer un tel cynisme de la part de quelqu’un qui revendique dans une certaine mesure, son coté « Défenseur de la veuve et de l’orphelin »

    • mardi 9 juillet 2013 à 12h34, par natoussia

      « Ce n’est pas Daniel Mermet qui est critiquable » : alors là vous y allez fort ! Mauvaise foi ou trolling ?

    • mardi 9 juillet 2013 à 13h12, par Zgur_

      « Ce n’est pas Daniel Mermet qui est critiquable mais tous ceux qui ont accepté sans broncher l’inacceptable »

      Ça, si tu vises les plaignants, c’est l’argument de tous les harceleurs.

      Mais si tu vises les autres qui regardent le bout de leur doigts quand un(e) de leurs collègues se fait humilier en public, oui, ils sont coupable de non assistance. Mais pas moins que Mermet, non.

      Zgur_

    • mardi 9 juillet 2013 à 22h02, par Lolo Parisot

      « Ce n’est pas Daniel Mermet qui est critiquable mais tous ceux qui ont accepté sans broncher l’inacceptable »

      Elle est bien celle-là. Je l’aime bien et je dois dire que je n’y aurai pas pensé. Mais maintenant, je la garde pour mes potes lorsqu’une prochaine fois ils seront scandaleusement traînés devant les Prud’hommes pour ces ridicules histoires de soi-disant harcèlement.

      Lolo Parisot.

    • jeudi 11 juillet 2013 à 09h36, par Stan

      Bien sur que j’ai cherché volontairement à être provocateur mais si vous lisez bien le commentaire d’Olivier Cyran, vous noterez que Daniel Mermet n’a pu se comporter de manière aussi abjecte qu’avec le soutien et la complicité de toute l’équipe de LBSJS.

      Relisez le témoignage de Julien Brygo concernant ce fameux repas du 30 juin et rappelez vous la citation
      D’Albert Einstein :

      Le monde est dangereux à vivre :
      Non pas tant à cause de ceux qui font le mal,
      mais à cause de ceux qui regardent
      et laissent faire.



  • mardi 9 juillet 2013 à 10h15, par NG

    Échanges nourrissants à tout point de vue : on en apprend beaucoup et on réfléchit. C’est déjà pas si mal.



  • mardi 9 juillet 2013 à 10h52, par Erwin

    Pour approfondir la réflexion :
    On peut constater sur le site non-officiel de LBSJS (censé abriter toutes les émissions depuis des années) que l’émission du 22 mars 2011 de Julien Brygo où il déclare son salaire de 850 euros a été retirée.

    http://www.la-bas.org/mot.php3?id_m...



  • mardi 9 juillet 2013 à 11h38, par Karib

    Avec toutes les crapules qui en ont plein les plumes, le mot d’éthique pourrait passer une niaiserie supplémentaire, comme un soupir de la créature opprimée. Pourtant, c’est bien celui qui me vient à l’esprit quand je mets en parallèle Article XI et Là bas si j’y suis.

    Comment prendre au sérieux quelqu’un qui dénonce le système patronal et qui se conduit lui-même comme un patron ?

    Il est d’ailleurs instructif de voir que nombre de commentateurs, y compris sur le site de Fakir, qui prennent la défense de Mermet en profitent pour y associer celle du site Le Grand Soir. Cela n’a rien d’étonnant : dans les deux cas, chacun à sa façon, bien sûr, on a affaire à des gens qui brouillent les cartes. Mermet dénonce l’inacceptable et pratique ce qu’il dénonce. Le Grand Soir dénonce à longueur de colonnes l’impérialisme américain et ses sbires et défend des régimes et des personnages qui ne valent pas mieux.

    Dans les deux cas, leurs défenseurs utilisent la même rhétorique : vous tirez contre votre camp, vous faites le jeu de la droite.

    Et Olivier Cyran de se demander, à propos de Mermet, et fort justement, s’il s’agit bien du même camp.

    Merci à Lémi et à JBB de rappeler que ces lignes de fracture sont profondes. Très profondes. Cela a aussi à voir avec une certaine éthique.



  • mardi 9 juillet 2013 à 12h20, par Antoine Bidda

    Bonjour,

    Vous êtes embêtants à Article 11. Je lis l’épisode Mermet et le texte de Ruffin, ça tambourine dans ma petite cervelle avant le coucher et je décides de pondre un commentaire chiadé...
    Et je le retrouves dans votre texte.
    Quoi de plus juste que de pointer les lignes de fractures ?

    Merci d’amener un peu de lucidité dans la réflexion, de poser le truc qui heurte et bouscule.

    Merci aussi de mettre l’accent sur les valeurs et l’éthique parce que les contradictions balayées au nom de l’intérêt supérieur de la cause, c’est cela qui nous mange et décourage.
    Tous les clampins cheffaillons prospèrent là-dessus et font perdre un temps phénoménal.

    Je n’ai pas envie d’attendre l’avènement des champs de fraises tagadas et des rivières de chocolat pour que nous soyons débarassé-e-s de l’oppression. Je suis convaincu que la lutte se fait dans les pratiques mises en oeuvre. La libération se fait aussi par là, ici et maintenant.
    Si nous ne tendons pas vers un idéal, comment pourrons-nous gérer la société dont nous avons la prétention d’en revoir radicalement les bases ?

    Sinon pour le texte de Ruffin, je le trouves pas de belle facture à part dans la qualité de l’expression. On dirait un long état de services, ma vie, mon oeuvre.
    Euh, je milite depuis dix ans dans un syndicat et divers assoc’. 4 ans de moins que Ruffin et des livres en moins. Pourtant, j’ai pas l’impression d’être un héros, juste une composante du Mouvement qui ne souhaite pas me faire avaler par lui.

    Pour finir, une citation qui m’a marqué au début de mon engagement militant.
    « Il ne s’agit pas de faire l’anarchie aujourd’hui, demain, ou dans dix siècles, mais d’avancer vers l’anarchie aujourd’hui, demain, toujours. » C’est de Malatesta.

    Ruffin, je sais que vous n’êtes pas anarchiste. N’empêche la méditer pourrait lui faire du bien.



  • mardi 9 juillet 2013 à 12h57, par wuwei

    Salut les duettistes ! Je lève un verre de rosé (frais) à votre mise au point et en profite pour vous remercier de continuer l’aventure papier car même si je viens toujours ici avec plaisir, tenir Article XI entre les mains c’est autrement plus glop. Surtout qu’il présente un autre avantage, c’est celui d’éponger le vin lorsque par maladresse ou alcoolémie avancée on renverse son verre dessus. Surprenant non ?



  • mardi 9 juillet 2013 à 13h53, par dider

    Bravo à article 11 de calmer un peu le jeu. Arrêtons de nous étriper. Nous luttons pour la démocratie et contre le capitalisme, pas pour un alignement monolithique de tous sur tous. Nous sommes tous différents et heureusement n’avons pas toujours les mêmes positionnements, sur les élections, sur le recours à la violence, sur les alliances nécessaires ou non, mais cessons de nous injurier.



  • mardi 9 juillet 2013 à 14h18, par Seb M

    Bonne intervention les frangins, je trouve, mais 2 remarques :

    1. Quand vous dites « ce qui se donne à lire en filigrane de ce débat (si on souhaite dépasser le seul cas de Mermet), c’est l’éternel affrontement entre l’exigence d’une cohérence irréductible et le souci de l’efficacité politique. », je trouve ça très juste.
    Mais quand vous concluez que « Ce fossé qu’évoque François Ruffin est le même, au fond, que celui opposant, à l’extrême-gauche, les tenants du réalisme électoral (voter pour le moins pire) aux adeptes de l’abstention. », l’exemple choisi me semble être particulièrement faible.
    En tant que militant libertaire, j’accorde peu de poids aux élections... mais j’en accorde tout aussi peu à l’abstention : c’est que pour moi (et la plupart des camarades de mon orga, Alternative libertaire), la lutte et les espoirs de transformation sociale se situent ailleurs, dans la rue, dans les boîtes, etc. Mais l’anar qui revendique comme seul fait de gloire son abstention n’a pour moi ni plus ni moins d’intérêt que le militant encarté qui revendique comme seul acte politique son bulletin électoral.
    Et je trouve dommage de restreindre le champ (qui est je l’espère beaucoup plus large) de ceux qui refusent une telle dichotomie entre les paroles et les actes, entre les fins et les moyens que celle de Mermet aux seuls anarchistes « purs et durs ».

    2. Il est dommage également de ne pas souligner un aspect mis en avant dans la réponse de Cyran à Ruffin, à savoir qu’en acceptant la personnalisation extrême de LBSJS, on s’interdit de voir ce créneau survivre à Mermet ; c’est donc bien en refusant de critiquer sa mégalomanie qu’on signe l’arrêt de mort prochain de l’émission. Pour reprendre Cyran :

    « Le plus hallucinant, dans ton plaidoyer, c’est l’affirmation selon laquelle « Là-bas si j’y suis » se confond avec la personne de son producteur. Le Botticelli de France Inter ne ferait qu’un avec sa grande œuvre, qui doit mourir avec lui. Est-ce vraiment le meilleur service à rendre à cette émission de salubrité publique que de nier sa nature collective ? La défense de ton « père » impose-t-elle de compter pour rien les centaines de reportages réalisés au fil des ans par d’autres que lui et d’autres que toi ? Mermet a toujours personnalisé à l’extrême l’émission qu’il anime, s’abstenant soigneusement de préparer sa succession. Le seul fait d’envisager que l’émission puisse éventuellement survivre à son départ à la retraite – pourquoi pas sous un autre nom et selon des modalités un peu moins destructrices – est perçu de sa part comme un crime de lèse-majesté. En lui donnant raison, tu écartes par avance tout espoir de pérennisation d’un créneau journalistique hétérodoxe à France Inter. L’audience et la notoriété de LBSJS offriraient pourtant un solide point d’appui à l’engagement d’un rapport de forces avec la direction de Radio France : ils pourraient permettre de négocier la reprise de l’émission ou la création d’une émission de même nature par ceux des émules de Mermet qui ont eu la chance de ne pas se faire éclater en chemin. Je pensais que l’avenir de LBSJS te tenait à cœur. Manifestement, tu te soucies surtout de ta propre identification au rôle d’héritier. »

    [Bon, et sinon, un petit rosé demain, c’est jouable ?]



  • mardi 9 juillet 2013 à 14h45, par Olympe

    Cher JBB,
    C’est p’têt’ pas le lieu ni le moment, mais cet enchevêtrement de rappels de notre petit bout de passé commun (Fakir, son chefaillon et ses manières de faire pas toujours très féministes) me pousse à finir par te le dire : merci pour Article 11, merci pour cette série d’articles qui soulèvent les neurones. Je diffuse autant que je peux et je souhaite fort que cela ne s’arrête pas de sitôt.



  • mardi 9 juillet 2013 à 14h48, par Marie-Gertrude

    Sortons de l’analyse psychologique de Mermet et des « valeurs » trahies (« mais que serait un ’bon’ manager ? », se demande l’apprenti manager) pour tenter une critique politique. Aussi « autogestionnaires et joyeuses » soient-elles, les déclarations d’intention périssent une fois installé le fauteuil du boss. Or, des boss il en faut nécessairement pour faire tourner les casernes de l’information.

    Entre Article11 ou CQFD et LBSJS il y a deux manières de s’organiser qui ne sont pas sans rapport avec leurs visées politiques respectives.
    Mermet, Mélenchon, Ruffin et toute la gauche de gauche sont des militants de l’Etat, du service public et de la bureaucratie : nationalisations, protectionnisme, défense de l’industrie. Or, des modes d’organisation de masse tels que France Inter, une usine quelconque ou le parti communiste, découlent inévitablement une hiérarchisation et une spécialisation du taf, et entraînent inévitablement ce qui est décrit par Cyran : le petit chef de service a ses « petits soldats du journalisme » et ses petits martyrs.
    A l’inverse, CQFD ou Article11 font le choix d’être des « petits » journaux dans lesquels on écrit parce qu’on a des désirs communs ; et dans lesquels on échappe plus facilement aux lourdeurs et douleurs de la grosse machine : on y discute à trois ou quatre ou cinq de la ligne éditoriale, de l’organisation, etc. Ce qui ressemble plus à la libre association d’individus libres qu’à une organisation (alter-)disciplinaire.

    On peut certes faire le procès de Mermet, mais on doit aussi faire celui des medias de masse, de la bureaucratie et de sa nécessaire chefferie (plus que de la « dérive libérale » de Mermet) – que ce soit à France Inter ou TF1. Déjà parce qu’ils provoqueront très sûrement ce qui est décrit à LBSJS, mais aussi parce qu’ils seront immanquablement un grand moule à cerveaux pour des milliers de spectateurs ou d’auditeurs (qu’ils soient « clients » ou « usagers », on s’en fout).

    D’ailleurs, et je dévie un peu de la discussion, je regrette qu’Acrimed et les critiques des medias en général militent pour des bonnes vraies télés d’Etat ou des bonnes vraies radios d’Etat.
    « Le message, c’est le medium » disait Mac Luhan. La télé, plus particulièrement, et le canapé qui lui fait face entraînent nécessairement l’assoupissement des corps et des cerveaux, leur atomisation et leur uniformisation. Je ne veux pas d’une télé de gauche pluraliste et démocratique (tellement pluraliste que plus de gens pourront passer plus de temps devant, comme Internet), je ne veux plus de télé du tout. Faisons nos propres journaux, nos propres medias, humains et foisonnant. Que ce soit pour la liberté des rédacteurs ou celle des lecteurs.

    • mardi 9 juillet 2013 à 17h11, par Gilbert Duroux

      « D’ailleurs, et je dévie un peu de la discussion, je regrette qu’Acrimed et les critiques des medias en général militent pour des bonnes vraies télés d’Etat ou des bonnes vraies radios d’Etat ».

      Je crois que vous caricaturez, là. Acrimed se bat pour qu’il y ait davantage de pluralisme dans l’audiovisuel public. Mais à côté de ça, elle défend les médias du tiers secteur (médias associatifs), donc les médias alternatifs comme Article 11, CQFD, Fakir, etc, et les radios et télés dites libres. Quand, par exemple, Zaléa a été écartée de la TNT, Acrimed a fait des papiers. Idem pour les radios libres éjectées de la bande de fréquences.



  • mardi 9 juillet 2013 à 14h54, par Jean-Marc

    Merci pour ces articles, même s’ils font un peu mal au ventre, aussi mal au ventre, même si c’est dans un autre ordre d’idées que l’affaire Patrick Font (ce qui ne nous rajeunis pas).

    Je suis d’accord avec vous sur l’intransigeance que l’on doit avoir vis à vis de ce genre de pratique, quelqu’un comme Mermet se devrait, plus que tout autre, d’être irréprochable.

    Ceci dit, la lecture de ce triste épisode doit-elle être obligatoirement politique ? Mermet ne se comporte pas, me semble-t-il, en patron exécrable pour augmenter son profit, mais en monstre créé par la gloire.

    Ironiquement, il doit être très difficile de se savoir « adulé » par des centaines de milliers de personnes, écouté religieusement, consacré comme une légende vivante et le dernier rempart contre l’ignominie par tant de gens sans finir par y croire. On ne peut pas, sans avoir une force de caractère surhumaine, déclarer tous les jours faire une émission modeste et géniale sans finir par se prendre pour un génie. Et une fois qu’on est persuadé d’être un génie, le reste de l’humanité doit se prosterner ... Et remercier de pouvoir approcher la Divinité. Et c’est le début de la catastrophe.

    Finalement le commentaire précédent avait raison,la pérennité de cette émission indispensable passe par le meurtre du Père. C’est ce qui est peut-être en train de se passer, et qui permettra peut-être encore de survivre et dans des conditions plus saines.

    En espérant que l’immonde Val n’en profitera pas pour lâcher l’émission en rase campagne (comme il avait d’ailleurs lâché Font, la boucle est bouclée).



  • mardi 9 juillet 2013 à 15h21, par Reveric

    Bien malin celui qui peut demêler le faux du vrai de qui manipule qui et pourquoi quand un conflit interne grave à une boutique ( Mermet ou n’importe quel autre boutique de France et de navarre ) est mis en ligne sur la place publique. Impossible de demêler l’écheveau des pourquois des comments des rancoeurs conflit d’ego, prise de pouvoir , manipulation, bref tout ce qui fait les travers et la joyeuseté des rapports humains au travail. C’est à mon avis du linge sale qui doit se laver en famille et quand cela ne peut pas se faire par de la médiation interne ou pas ce sont les instances que prévoit la loi qui ont seules les pouvoirs de s’en mêler et de trancher dans les cas les plus grave. Je retiens par contre le recit de l’histoire des début de Mermet que nous a livré A.Pinte. Le monde de la radio est impitoyable. Mais ce n’est pas le seul.



  • mardi 9 juillet 2013 à 16h21, par Mehdi

    Il faut toujours avoir à l’esprit cette phrase pleine de sagesse et porteuse d’un vrai message politique : « Les sacrifices d’aujourd’hui préparent les sacrifices de demain », texte complet ici



  • mardi 9 juillet 2013 à 16h38, par Daniel

    et pendant ce temps, les pages Facebook de Mermet et de là-Bas sont nettoyées. Et surtout Mermet ne pipe mot. Mépris ? Inconscience ? Indifférence ?

    • mercredi 10 juillet 2013 à 17h43, par reveric

      A mon avis Il fait le dos rond et attend que ça passe. Une technique comme une autre. Il est matois Mermet.



  • mardi 9 juillet 2013 à 17h30, par Eddy

    En gros d’accord avec vous sur le point principal. Aucune ratiocination pseudo-gauche ne saurait justifier les conditions de travail dans la maison Mermet. Ce que Cyran décrit dans son enquête est-il oui ou non avéré ? La seule chose qui importe, c’est de répondre par oui ou par non à cette question. Le reste, c’est du vent, même s’il peut être soufflé avec un certain talent (encore que...).
    Cela, ça fait du bien de le lire.
    Pour autant je ne me retrouve pas dans la distinction qui est faite à ce sujet entre socialisme et anarchisme et qui recouperait-en gros-celle entre efficacité pragmatique et respect des principes. Je suis militant du NPA et de SUD PTT (et même demi-permanent, ou demi-bureaucrate, comme on voudra) je n’ai jamais séparé artificiellement et arbitrairement efficacité et principes. Les deux se conditionnent mutuellement et , pour employer un gros mot, dialectiquement. Il n’est pas dans ma tradition politique de considérer, tel que le défend Ruffin, que « la fin justifie les moyens ». En effet, dans ce cas, comme disait l’autre, qu’est-ce qui justifie la fin ? En d’autres termes des moyens pourris ne peuvent qu’aboutir à une fin merdique. Donc toujours considérer les questions pratiques, tactiques, en regard des questions stratégiques et principielles, c’est plutôt là le modus operandi de bien des militants (ce qui ne nous empêche pas, bien évidemment, de commettre bien des bourdes).



  • mardi 9 juillet 2013 à 19h18, par HN

    A mon humble niveau, ces publications d’article11 ont eu le mérite de lever tout plein de questions sur le travail, les rapports dans le travail, et d’autres thèmes plus ou moins abstraits, plus ou moins concrets (management et responsabilités au sein de France Inter, conditions des journalistes, ...), probablement traités déjà par beaucoup de personnes avant moi que je n’ai pas eu l’occasion de connaître... Et qui ont été énoncées mille fois mieux que je ne pourrais jamais le faire.
    Je souhaite néanmoins de tout coeur que cette affaire se règle de la meilleure manière possible pour que ce petit cercle, qui me permet de ne pas faire sauter ma téloche, que j’ai connu de lien en lien, perdure encore et encore.
    Car je me rend compte que la plupart des sites que j’ai découvert sont en fait des collègues ou anciens collègues, camarades, ou amis. Je ne sais lequel j’ai consulté en premier, mais Article11, CQFD, LBSJS, le Diplo, Fakir, sont des sites que j’ai découvert en bondissant de manière svelte (humour douteux hein...) de l’un à l’autre.

    Merci & Peace



  • mardi 9 juillet 2013 à 21h01, par noam neusky

    Une « gauche de gauche » au-dessus de tout soupçon.
    http://cnt-ait.info/article.php3?id...

    • mardi 9 juillet 2013 à 22h06, par Gilbert Duroux

      J’ai rarement vu un truc d’aussi mauvaise foi. Ça sent vraiment l’aigre. À propos de « l’affaire Joëlle Levert », si Acrimed n’en avait pas causé, c’était des salauds. Ils en causent, alors « Acrimed feint de découvrir le pot aux roses ». Avec des révolutionnaires purs et durs comme cette Valérie Minerve Marin (elle est tellement pure qu’à tous les coups, quand elle pète ça sent la rose) on perd à tous les coups. En plus, c’est la CNT qui relaie le machin. La CNT-AIT, ceux qui sont restés bloqués à Barcelone en 1936 (ce qui ne les empêche pas d’avoir chez eux des chefs anarchistes). Je me marre.



  • mardi 9 juillet 2013 à 21h07, par Crapaud Rouge

    A la question de François Ruffin, « Pourquoi ce malheur pèserait-il le poids du plomb, et le bonheur délivré, celui de la plume ? », vous répondez sans ambiguïté aucune que la fin ne justifie pas les moyens : « Non, nous pensons juste que le talent et le succès ne sauraient compenser des pratiques autoritaires et humiliantes. En aucun cas. » Je vous approuve absolument, mais il faut aller plus loin en contestant le préjugé selon lequel il serait légitime de « soupeser » la fin et les moyens.

    Ce n’est pas une question de « poids et mesures ». Un but considéré comme éthique cesse de l’être dès lors que ses moyens ou ses conséquences ne le sont pas. Sauver des vies humaines, en particulier, se présente comme le but éthique par excellence, mais s’il faut pour cela torturer des gens, il n’est plus qu’un ignoble prétexte.

    L’on peut considérer la « recherche de l’excellence » comme l’une des plus hautes valeurs humaines, (surtout par opposition à la médiocrité...), mais s’il faut pour cela semer la souffrance, (qui sera récoltée par d’autres), elle n’est plus qu’une sinistre recherche de la performance.

    Dernier exemple, celui de la mère ultra catholique qui choisit de se laisser mourir en couche plutôt que d’avorter, quitte à laisser derrière elle de jeunes orphelins dont son nouveau-né. Là aussi on tombe dans l’abject.

    Autant il est légitime de louer celui ou celle qui paye au prix fort le respect de ses principes, autant il est contraire à l’éthique d’en faire payer le prix à d’autres. Trop facile, trop hypocrite ! Cette éthique-là n’est plus qu’un alibi, une raison matérialiste pour prétendre avoir les mains propres.

    Hélas, dans notre monde capitaliste et consumériste à outrance, on a fait de « l’éthique » un paillasson pour s’essuyer les mains.



  • mardi 9 juillet 2013 à 22h01, par Navarro

    « Ce qu’on fait n’est pas plus important que la manière dont on le fait », déclarait Olivier Cyran en 2004 à propos de CQFD dans les colonnes d’Acrimed. Me semble qu’un tel postulat devrait servir de base à toute entreprise qui se targue de vouloir diffuser une critique radicale de notre société. Il y a un an ou deux, j’assistais à un débat (inodore) sur la presse indépendante ou alternative (l’intitulé exact de la chose s’est dissous quelque part dans ma caboche). A la tribune : Mediapart, Fakir et CQFD (dont je fais partie). Il fallait entendre causer chacun des porte-voix de ces publications pour se rendre compte à quel point le sac commun dans lequel on les avait placées de manière un peu rapide était plus percé qu’une passoire. Il fut honnête le fakirien lorsqu’il prit le micro et annonça clairement la couleur : « Fakir c’est Ruffin. »
    Fakir c’est Ruffin ; LBSJS c’est Mermet. On n’est pas obligé de détester l’un ou l’autre, on n’est pas non plus obligé de les aimer pour goûter leur production. Intégrité dans la démarche, évidemment. Sincérité des convictions défendues, il n’y a pas de doute. Reste cette question épineuse des moyens adoptés par ces deux chefs pour faire tourner leur boutique. Le texte de Ruffin proposé comme contre-pied ou contre-point de vue à l’article de Cyran sur les pratiques managériales de Mermet est d’une misère totale et je ne vois pas en quoi son argumentaire, au lyrisme poussif et à l’égotisme boursouflé, permettrait de nourrir un quelconque débat. On n’est pas là pour compter les « pour » ou « contre » Mermet, on n’est pas là pour établir un tableau au plus juste de sa personnalité forcément contrastée. On est là pour juger et jauger de la pertinence de faits constatés dans la fabrication de l’émission LBSJS, des faits de harcèlement entrant dans le champ de la violence patronale ; violence qui n’épargne aucune structure, fut-elle à la gauche de la gauche de la gauche, à partir du moment où cette dernière a adopté le modèle autoritaire (« productif » diront les amateurs de litote) décideur/exécutants. Là-dessus, Ruffin surfe avec une mièvrerie romantique qui pousse à l’écœurement. Les faits compilés par Cyran sembleraient rentrer dans le cadre d’une normalité qu’il conviendrait de s’enquiller au prétexte que la vie est chienne et les hommes non moins. Il y a là une sorte de fatalité complètement sclérosante, une pleutrerie dans la capacité des humains à imaginer d’autres rapports entre eux que ceux d’une insupportable domination qui laisse plus que perplexe.
    200000 pékins, dont mézigue, ont signé cette pétoche pour LBSJS en 2006 : voilà qui nous donne a minima le droit de réclamer certains comptes.
    D’abord les comptes. Pour les têtes, on verra après.
    (Hé là, je déconne) (C’était pour finir sur une note de style) (hum)...

    • mercredi 10 juillet 2013 à 23h41, par nardo

      ouvrir un ordi après 10 jours et se fader tous les articles et les forums sur le sujet, ça prend des plombes, je vous conseille pas. Seb je termine sur ton billet, je le trouve très bien, on a de la chance de t’avoir à CQFD.
      et puis les frangins je suis d’accord avec vous sur tout. vous êtes mes héros de la presse, à quoi bon réfléchir quand vous le faites si bien ? hein ?

      Il y a une question intéressante que vous avez traitée et il faut qu’on le fasse aussi à CQFD, c’est regarder notre fonctionnement et les rapports de pouvoir dans le journal, nos limites, et l’adéquation qu’on construit entre le discours et le fonctionnement (le coeur du sujet quoi). En septembre, Seb ?
      après, savoir s’il faut tout déballer en public, non ! chacun son petit jardin secret et sa loi du silence :)

    • jeudi 11 juillet 2013 à 23h10, par johan

      Je peux admirer la pureté de Cyoran et partager avec CQFD un certain mépris pour la « productivité » mais je comprends pas du tout pourquoi dénoncer LBSJ. Que les chaines de montage de la Maison de la Radio n’aient rien à envier à celle de Renault, je vois pas très bien où est la révélation.
      En revanche, je vois très bien que le résultat devrait être une fin plus prochaine que prévue de l’émission, et ça me semble pas une victoire.
      Pour ce qui est de « la manière dont on le fait », d’accord mais alors on oublie complet d’avoir ne serait-ce qu’une petite porte dans un média massif et on reste tous à radio GALERE.
      Je comprends pas pourquoi défoncer cette petite porte, alors que l’usine tourne encore. J’ai l’impression que LBSJ donne envie de participer ou ouvre la possibilité d’avoir envie de participer à quelque chose comme CQFD, de sorte que je vois ça comme complémentaires plutôt qu’opposés. Et il me semble qu’en dénonçant cette émission, on tarît une source de vocation pour précisément ne pas travailler comme des employés de la maison de la radio (tant que le RMI nous en préserve, Etat-Dieu merci).
      Enfin, je l’ai pas très clair mais j’aime pas du tout que cette émission s’en prenne plein la gueule.
      Après tout, que Mermet déteste la critique et ait posé le véto de « la » gauche sur CQFD (c’était après un « faux-amis », non ?), c’est son problème. Et je vois pas pourquoi Cyoran devrait lui défoncer la baraque pour ça ou pour autre chose.



  • mardi 9 juillet 2013 à 22h53, par chapeaupointu

    Ok. Je te dis que ton papier, ton commentaire, ton boulot.. ton.. n’est pas bon, voire qu’il est carrément nul.
    cela te fait souffrir...
    Donc je ne te dis pas que c’est mauvais et qu’il faut y retravailler si je suis en position d’avoir à estimer ton travail ? Pour ne pas te faire souffrir ? et le travail du coup est à chier !!

    à distinguer selon moi, d’un propos dans lequel je te dirais tu es mauvais tu es nul... où là, je rentre sur le terrain de l’amalgame entre ce que tu fais et ce que tu es.
    Et là aussi cela te fait souffrir.
    Cet amalgame me semble être à combattre

    Si DM a fait l’amalgame entre le travail réalisé et la personne qui l’a fait, lui disant « tu es nul », confondant l’acte (travail mal fait) et la personne, alors il me semble que cet acte (cette réduction de la personne à son acte) est condamnable, mais si je rejette DM pour cet acte, l’amalgamant avec ce qu’il a fait, le réduisant à cet acte, eh bien c’est con, mais je fais la même chose que ce que je lui reproche !
    Dingue non ?

    Je trouve que la contribution de François Ruffin avait sa place ici et pas à Fakir, en ce sens que la forme choisie et l’endroit d’où il se place (je vais parler de ce que j’ai vécu connu, dans quel contexte et ainsi ne pas parler à la place de .. et ainsi ne pas me mettre au dessus de.. évitant ainsi de me faire juge, un regard de là où je suis) nous invite justement à ça, à distinguer les actes des gens qui posent ces actes.

    Sommes-nous légitimes pour juger des actes ? je ne sais pas.
    Sommes-nous légitimes pour juger des gens ? je ne crois pas.



  • mardi 9 juillet 2013 à 23h05, par Conquête sociale

    Quand on lit « Ce fossé qu’évoque François Ruffin est le même, au fond, que celui opposant, à l’extrême-gauche, les tenants du réalisme électoral (voter pour le moins pire) aux adeptes de l’abstention. Il y a là une ligne de front presque irréductible. » On se dit que c’est pareil sauf que ça n’a rien à voir.

    Entre les deux il y a la dialectique. Pour le cas de l’élection Hollande-Sarkozy, l’élection de Hollande a quand même permis de faire apparaitre 2 éléments majeurs : le premier c’est le développement judiciaire des affaires de Sarkozy (Bettencourt, sondages, KAdhafi, Karachi, Tapie etc...) qui montrent que ce régime était pratiquement une entreprise mafieuse dont un des effets était pratiquement d’acheter les élections. Le deuxième est qu’il a forcé toute la faune d’extrême droite à apparaitre ouvertement par le biais du mariage pour tous, et de divers groupes de « défense de la France » issus des rangs Sarkozystes. L’extrême droite est ouvertement sortie du bois, dopée par la défaite de leurs champions aux élections.
    Et donc, si on ne prend que ces deux éléments, l’utilité du vote devient évidente car elle permet une « prise de conscience des masses » sur la véritable nature du régime qu’il a en face.
    Cela ne signifie pas qu’il faut s’arrêter là, au contraire, mais qu’il fau(drai)t utiliser cette prise de conscience pour aller plus loin. Et donc que cette première étape avait un intérêt objectif, qui n’avait rien à voir avec le fait de se faire des illusions sur ce qu’allait faire le parti dit socialiste au pouvoir ni à s’en remettre à un chef. Il s’agit de tactique politique.
    Comparer à ça le fait de cacher ou pas ce que peut être un producteur de programmes de gauche à la radio me semble d’un enjeu dérisoire.
    Enfin, en matière de politique la notion de réalisme ou de purisme n’a pas beaucoup de sens : la question est de savoir où on veut aller et de mettre une stratégie en place. C’est aux résultats de cette stratégie que l’on peut juger de l’intérêt de la démarche.Ou pas.
    Par exemple : l’abstention aurait conduit à la réelection de Sarkozy.
    Par exemple, je ne vois pas l’intérêt qu’il y aurait à soutenir des « patrons de gauche » (oxymore) avec des méthodes détestables pour le seul résultat d’avoir une émission avec de la visibilité médiatique dans le monde du spectacle. Cela revient à ajouter de la bêtise à la complicité.



  • mercredi 10 juillet 2013 à 07h47, par Martin Scriblerus

    France Inter est une entreprise, et Daniel Mermet y est un petit patron. Dans sa branche, on s’efforce de fabriquer une émission de radio qui plaise aux gens à gauche de la gauche. C’est qu’il y a un marché pour ça.
    Il s’avère que le boss Mermet piétine allègrement les valeurs que la voix chaude de Daniel défend, et que chez les salariés de Là bas si j’y suis, on morfle sévère. Aussi sévère qu’ailleurs. Des esprits audacieux suggèrent que là au moins, c’est pour la bonne cause. Faut-il comprendre que ceux qui souffrent à produire le reste de la conso discount pour paupérisés et précaires, eux, le font pour une mauvaise, vu que quelques actionnaires se paient sur leur peau : alors que pour le même coût de vie perdue à ne pas la gagner, le boss de Là bas si j’y suis vous offre, pardon se contente humblement de cumuler gloriole révolutionnaire et salaire de cadre ?
    Ce tri des souffrances au travail, ça ne sent tout de même pas très bon.

    Là bas si j’y suis, c’est d’abord, et surtout, un produit radiophonique, de la radio, camarades ! Un truc qui se consomme comme les autres. Même si les consommateurs les plus enthousiastes se réunissent en Clubs d’amis du produit.
    Une partie de ses auditeurs tient donc avant tout à se faire bercer par la voix, à ces reportages sur ce qui se fait ailleurs, qui lui chatouillent si délicieusement sa conscience de gauche de la gauche.
    Ne lui dites surtout pas comment Là bas si j’y suis est fabriquée, elle ne veut pas le savoir, elle ne veut surtout pas y penser.

    Comme le chante Brigitte Fontaine :

    Ce sera tout à fait
    Comme à la radio

    Ce ne sera rien
    Rien que de la musique

    Ce ne sera rien
    Rien que des mots des mots des mots

    Comme à la radio
    Ca ne dérangera pas
    Ca n’empêchera pas de jouer aux cartes
    Ca n’empêchera pas de dormir sur l’autoroute
    Ca n’empêchera pas de parler d’argent

    Nayez pas peur
    Ce sera tout à fait
    Comme à la radio

    Ce ne sera rien
    Juste pour faire du bruit

    Le silence est atroce
    Quelque chose est atroce aussi

    Entre les deux c’est la radio
    Tout juste un peu de bruit
    Pour combler le silence
    Tout juste un peu de bruit

    N’ayez pas peur
    Ce sera tout à fait
    Comme a là radio

    A cette minute, des milliers de chats se feront écraser sur les routes
    A cette minute, un médecin alcoolique jurera au dessus du corps d’une jeune fille et il dira « elle ne va pas me claquer entre les doigts la garce »
    A cette minute, cinq vieilles dans un jardin public entameront la question de savoir s’il est moins vingt ou moins cinq
    A cette minute des milliers et des milliers de gens penseront que la vie est horrible et ils pleureront
    A cette minute, deux policiers entreront dans une ambulance et ils jetteront dans la rivière un jeune homme blessé à la tête
    A cette minute un ... français sera bien content d’avoir trouvé du travail

    Il fait froid dans le monde
    Ca commence à se savoir

    Et il y a des incendies qui s’allument dans certains endroits parce qu’il fait trop froid
    Traducteur, traduisez

    Mais N’ayez pas peur
    On sait ce que c’est que la radio

    Il ne peut rien s’y passer
    Rien ne peut avoir d’importance
    Ce n’est rien
    Ce n’était rien

    Juste pour faire du bruit

    Juste de la musique

    Juste des mots des mots Des mots des mots

    Tout juste un peu de bruit

    Tout juste un peu de bruit

    Comme a la radio



  • mercredi 10 juillet 2013 à 12h16, par Kinou

    Quelle horreur:voilà une émission dézinguée(lbsjs),un homme(Mermet)flingué,deux jeunes hommes(JBB et Lemi)éclaboussés par le ventilateur à merdes.Je suis abonné a Article 11 et j’ai pratiquement lu tout vos articles sur internet.

    Parceque,je trouve crade ce qu’il se passe dans vos deux articles sur Mermet.Mermet ne mérite pas cette infamie.
    J’écoute depuis le début cette émission et c’était des gens de peu,des ouvriers comme moi qui sont défendu avec cette émission.

    J’en suis écoeuré de cet acharnement sur cet homme.
    Comme j’ai dit plus haut,je suis un ouvrier,quand j’ai une merde avec un patron ou un petit chef,je vais voir les syndicats.
    Mais souvent on est obligé de fermer sa gueule parcequ’il faut bien bouffer ou pointer au chomage.

    Bravo à Lemi pour son article sur le Canard...

    • mercredi 10 juillet 2013 à 15h54, par Gilbert Duroux

      « Mais souvent on est obligé de fermer sa gueule parce qu’il faut bien bouffer ou pointer au chomage ».

      Ben, c’est le cas avec Mermet, si j’en juge par les témoignages. Défendre les ouvriers ne garantit de rien.



  • mercredi 10 juillet 2013 à 12h39, par Winston Smith

    Moi qui suis abonné à Fakir et à CQFD, si je devais choisir mon camp, car il semble bien qu’il y ait deux camps et une grosse ligne de fracture, celle qu’on retrouve à travers l’histoire entre communistes et anarchistes.
    Hors, la fin ne peut en aucun cas justifier les moyens.
    Donc, je vais renouveler mon abonnement à CQFD, pas sûr de faire de même pour Fakir qui est aussi un bon journal, mais quand je vois le plaidoyer de Ruffin, ça me donne parfois envie de vomir.
    comme ce genre de phrase :

    « y en a que tu aides pour leurs premiers pas et d’autres qui te gonflent d’emblée, qui débarquent avec leur arrogance, et qui t’expliquent comment tu dois faire de la radio, et que tu regardes ensuite couler sans broncher, sans déplaisir. »

    Regarder ses collègues couler sans déplaisir... c’est ça être de gauche ?

    • mercredi 10 juillet 2013 à 13h11, par DM

      Ruffin a écrit (c’est moi qui grasse) : « et d’autres qui te gonflent d’emblée, qui débarquent avec leur arrogance, et qui t’expliquent comment tu dois faire » : t’en as jamais connu des « collègues » comme ça ? Ils sont tous parfaits les collègues journalistes ? Sont jamais ambitieux, jamais emmerdeurs, jamais prétentieux ? J’aurais dû me faire journaliste parce que, dans mon boulot, j’ai croisé plein de cons que j’aurais bien voulu voir « couler » fissa ! (Très minoritaires en nombre, ils sont très majoritaires pour ce qui est de vous pourrir la vie.)



  • mercredi 10 juillet 2013 à 13h34, par Махно

    Je peux comprendre le plaidoyer pro domo de Ruffin qui a la reconnaissance du ventre.
    Mais qu’est ce qui l’empêche de dénoncer les pratiques de Mermet qui ont été dénoncées et qu’il ne dément pas ?
    Rien, parce qu’il ne les condamne pas, il dit même pratiquer grosso modo les mêmes, sous un ton humoristique, pour diriger Fakir.

    Et cette anecdote éclairante sur le personnage.
    A Aix en Provence, se déroulent chaque début d’été les rencontres du cercles des économistes
    http://www.lecercledeseconomistes.a...,966
    Pour faire un pied de nez à ce raout libéral, un personnage incontournable de la gauche critique local, (ami du Diplo, fondateur de l’université populaire d’Aix, créateur de cafés repaires dans la région, animateur de débats et de projections de films militants...) décide avec des amis de créer au même moment les rencontres déconnomiques avec des économistes hétérodoxes comme Lordon et des journalistes de la gauche critique dont François Ruffin.
    Il réussit à créer une formidable dynamique, et dans un temps record, une équipe de bénévoles et de militants réussit à mettre sur pied ces premières rencontres déconnomiques qui sont un réel succès
    http://blogs.mediapart.fr/edition/c...res-rencontres-deconnomiques-daix-en-provence-du-6-au-

    La préparation de la deuxième édition est déjà bien avancée, le programme établi dans ses grandes lignes, la liste des intervenants étoffée, LBSJS prévoit d’y faire un reportage, quand par « souci d’efficacité » un triumvirat composé de l’initiateur de ces rencontres et deux amis fidèles, se forme pour prendre la direction des opérations.
    Certains militants s’en étonnent et demandent que la démocratie soit respectée.
    Ils sont alors accusés de vouloir fomenter un putsch, et certains sont exclus de l’association.
    Certains conscients du danger qui plane sur ces rencontres pour lesquelles ils se sont investis sans compter leur temps et qui sont une belle aventure essaient de recoller les morceaux, les dirigeants autoproclamés s’entêtent, et finalement, beaucoup de militants qui n’ont pas été exclus démissionnent et alertent les intervenants pressentis de ce qui se passe.
    La plupart d’entre eux renoncent à leur engagement, ne voulant pas cautionner de tels agissements.
    Et pourtant, si vous allez voir sur le site des déconnomistes vous découvrirez qu’il en est un qui est resté fidèle au taulier...
    www.deconnomistes.org

    Alors oui, Ruffin tu écris bien, j’ai adoré les « petits soldats », tu fais de bons reportages, un bon canard, tu paies de ta personne, bravo pour la mémoire d’Hector, mais il y a vraiment un truc qui coince, tu défends la veuve et l’opprimé, mais dans les faits, quand il s’agit de toi, tu te retrouves toujours du côté du manche.
    Tu préfères l’efficacité et le dirigisme, je suis pour l’autogestion et le respect de la personne.



  • mercredi 10 juillet 2013 à 22h17, par chapeaupointu

    Le témoignage de Agnès Le bot (dans les commentaires de l’article de Rue 89) me semble intéressant
    http://www.rue89.com/comment/368640...



  • mercredi 10 juillet 2013 à 22h27, par momo

    Une idée pour sortir la tête haute de cette sale affaire : Pourquoi ne pas monter une équipe de radio avec les exclus de Là bas si j’y suis qui feraient des reportages et peut être l’aide de Olivier Ciran, à diffuser tout le mois d’aout en ligne et comme ça vous pourriez le proposer à France Inter à la rentrée. De toute façon, même s’il n’est pas pris sur France Inter, c’est pas grave, ça pourrait se diffuser en podcast ici par exemple. Un vrai contre pouvoir, une alternative autogérée de qualité.

    • jeudi 11 juillet 2013 à 18h49, par Momo

      Tiens ! Personne n’a répondu a mon message... Peut être parce que c’est plus facile de dezinguer les autres que de montrer ce qu’ on sait faire ? Je peux pas y croire....
      Alors, pourquoi pas une équipe formée par ciran, julien brigo, Joëlle levert ? Ça ferait une dream Team ça non ? Et si on doit financer,pour acheter du matos et tout, on peut se cotiser.... J’ai vu que sur eBay, il y a des enregistreur zoom à pas cher... Et on trouvera bien un ou deux micros des anciens de radio france non ? Fabrice pinte doit en avoir un mais son mail ne fonctionne plus.....

      • jeudi 11 juillet 2013 à 22h46, par Gilbert Duroux

        « Tiens ! Personne n’a répondu a mon message... »

        Tu m’étonnes.

      • vendredi 12 juillet 2013 à 10h11, par Blanche neige

        ben, pour une émission comique, moi je te suis. tu as l’air d’avoir du talent !



  • jeudi 11 juillet 2013 à 00h42, par pièce détachée

    Non, on ne changera rien à se comporter comme des sagouins pour de belles causes qui, l’Histoire en offre à vomir, deviennent vite, de ce fait, des modèles de mocheté toujours recommencée. Commander ? — Non. Obéir ? —Non. Et puis, quelles que soient nos croyances en l’efficacité de nos luttes, c’est une question de dignité : « Ne se sentir jamais complètement tenu à ce qui n’est pas soi », disait Jacques Berque. Une phrase usante à vivre au pauvre quotidien, mais sans commune mesure avec l’avilissement des rapports de pouvoir.

    Amour éternel.



  • jeudi 11 juillet 2013 à 13h41, par le grand jeu

    Les spéculations et spéculateurs de gôche, se débattent dans plus de 600 commentaires c’est une névrose sans précédent, cela mérite une alerte antifa. La fin du gauchisme approche, la maladie intello sénile qui n’a jamais rien produit que de la frustration et son dérivé, la violence.



  • jeudi 11 juillet 2013 à 19h55, par toto

    Je trouve déplorable la publication de cet article de Cyran alors qu’une enquête est en cours. J’ai lu à peu près tout à propos de cette affaire en parcourant les différents articles et commentaires. Je ne ferais pas ici l’analyse du papier « journalistique » qui me semble extrêmement limite (traiter quelqu’un de « schizophrène » dès l’intitulé du chapeau de l’article prouve qu’il y a là un traitement « à charge » totalement dénué d’éthique journalistique, ce qui est honteux pour quelqu’un qui prétend faire une « enquête » sérieuse).

    Il en ressort de mon point de vue que Cyran à soigneusement choisi « l’angle de tir » de son papier.
    Le seul fait tangible et inaliénable est l’ouverture de l’enquête de la CHSCT motivée par des plaintes qu’elle a reçue et suite aux témoignages écrits qu’elle a reçu concernant les comportements de Mermet.
    C’est le seule information factuelle et digne de foi qu’il nous livre.

    En ce qui concerne le reste, les témoins de l’affaire, voilà ce que nous livre Cyran :

    > un très court témoignage d’un syndicaliste de SUD empreint d’un jugement personnel très fortement à charge (« petit tyran »). Le problème de ce témoignage c’est qu’il est anonyme.

    > quatre témoignages (dont deux anonymes) dont les points de vues sont éminemment défendables (et qui auront nécessairement du poids dans l’enquête en cours) mais qui, par-delà leur malaise et/ou leur souffrance, ne restent que des « points de vue », des « témoignages » empreints de la personnalité de leurs auteurs et qu’il faut donc prendre avec prudence quand il s’agit d’un cas grave d’accusation de harcèlement moral. Il ne s’agit pas de minimiser des pratiques douteuses dans un environnement professionnel, mais de prendre justement des précautions afin d’éventuellement protéger ceux qui vivent et travaillent encore dans l’entreprise en question, recouper des témoignages qui pourraient s’avérer décisifs, faire la lumière sur les zones d’ombre, etc. etc.. Livrer ces témoignages à la vindicte populaire comme des « vérités » absolues alors qu’elles nécessitent enquêtes et preuves, c’est mettre de l’huile sur le feu.

    > Le court témoignage d’un redac’chef voisin syndiqué, qui émet un « avis personnel » sur le personnage Mermet (sur le fait que celui-ci ne participe à aucune action syndicale à l’intérieur de Radio-France - est une manière subliminale pour Cyran de mettre en doute la sincérité de Mermet dans le soutien des luttes sociales).

    > Un courte réponse explicative de Mermet sur les pratiques salariales à Radio-France et son jugement que toute réflexion (ou mise en cause) de ses pratiques signifie « remuer la merde » ( on ne sait vraiment si c’est une expression de Mermet ou de Cyran - tout est-il que c’est là encore une façon pour Cyran de peindre en creux un personnage ordurier).

    Le reste de l’article ce sont les mots de Cyran donnant son avis, distillant çà et là des jugements, peignant au fil de phrases aux tournures brillantes un personnage haut en couleur, presque un « monstre » (Mermet), dont il se plaît à pointer les incohérences, les mensonges, les manipulations, voire le goût de l’argent, ainsi que ses pratiques « mana… », « managa… » euh… « managériales » ! (Ouf ! je l’ai dit, quelle sale mot, mais c’est un mot biblique ça dans l’entreprise ; faut manager et « bien » manager. Si vous êtes « bien managé », tout ira bien. Tant pis si vous faites de la merde c’est pas ça qui compte, ce qui compte c’est que le management soit bon.)

    Bien.

    Je ne minimise pas les pratiques qui auraient pu avoir lieu à Radio-France dans le bureau de l’émission de Mermet. J’ai connu ça moi aussi, ailleurs, je sais ce que c’est. Je pourrais en parler mais là n’est pas mon sujet. Si ces pratiques sont avérées, c’est grave. Mais des instances sont là pour les régler. Des juridictions spécialisées feront ou doivent faire le boulot nécessaire. Ce n’est pas à nous, à vous, à Cyran de s’assoir à la plus haute place du Tribunal.

    Car l’article de Cyran ressemble trait pour trait à un « témoignage à charge » plus qu’à un véritable travail journalistique. Un « point de vue » personnel plutôt qu’une enquête. Et si j’étais méchant : une « vengeance » des deux ex-employés (Brygot et Fernandez) au travers de leurs témoignages qu’ils savaient être publié. À eux je ne leur en veut pas, je sais combien il est nécessaire de parler, de vider un sac porté tout seul trop longtemps et de confier enfin à quelqu’un ses tourments. Mais ce n’était pas à Cyran d’en être le greffier.

    Son article commence très mal et ne laisse que peu d’espoir d’avoir une vue impartiale des événements. J’aimerais lui dire qu’il ne suffit pas critiquer, d’émettre des jugements sur la personnalité de Mermet et de recueillir les témoignages à charge de quelques uns pour faire un bon papier. Encore faut-il savoir donner la parole à toutes les parties, ne pas user de jugements faciles et personnels, et discerner dans les entretiens ce qui peut être considéré comme des faits et ce qui peut-être interprété comme des considérations personnelles.
    En mélangeant dans son article des bouts de rumeurs, des faits et des témoignages uniquement orientés contre l’une des parties, il me semble que Cyran ait oublié que son travail de journaliste consiste à aller chercher le maximum de points de vues divers et opposés et ensuite à hiérarchiser ses informations. C’est la moindre des choses pour un journaliste sérieux.
    Je suis surpris d’ailleurs de découvrir que certaines informations décrites comme des vérités se voient ensuite remises en cause par des salariés de l’émission (le fameux « Pas diffusé, pas payé, c’est le dicton de la maison » mis à mal dernièrement par le témoignage d’un journaliste de Radio-France qui affirme que même les émission non diffusées sont payées et que c’est Radio-France qui en a la charge et non Mermet, vrai ou faux ? > http://medias-et-contrepouvoir.com/...)

    Malgré tout, Cyran a eu la présence d’esprit de nous donner une autre clé pour la compréhension de tout ce remue-ménage, autre que son incompétence en matière de traitement équilibrée de l’information. En effet il écrit dans une note en bas de page de son article : « (...) le signataire de ces lignes a brièvement travaillé pour lui [Mermet] en 2001. Ces quatre semaines de collaboration n’auront marqué ni l’histoire de la radio ni celle de l’ex-employé, qui n’en garde que le vague souvenir d’un chef hautain et narcissique. »

    Au travers de cette petite précision Cyran nous indique qu’en fait son article n’est pas juste l’article d’un journaliste mais qu’en l’écrivant il s’était depuis longtemps déjà fait une idée de la personnalité de Mermet et la façon dont il allait s’y prendre pour nous la décrire, et il a peut-être raison sur le fond, Mermet est peut-être un sale c… mais l’écrire ne suffit pas à le prouver.
    Qu’Article 11 ait accepté cette « enquête » démontre une certaine légèreté de son équipe de rédaction quand à savoir si un journaliste doit être intègre face à son sujet ou non. Dans ce cas précis, il semble que le journaliste n’a pas à être intègre et ce léger flou artistique sur l’état des relations personnelles entre Cyran et Mermet, dont au final on ne sait rien, met mal à l’aise après sa lecture et la lectures des nombreux commentaires parus sur le net (dont la majorité à déjà voté pour la guillotine).

    Ce malaise est d’ailleurs corroboré par une info qui semble indiquer que Cyran n’a pas été un simple enquêteur sur le sujet mais qu’il en a été l’observateur direct lors d’un diner avec toutes les parties. Une information partagée par Agnès Le Bot, « cheffe » du répondeur pendant une saison (>http://www.rue89.com/comment/368640...). Et comme elle le suggère très justement : « Ce fait est étrange ». Oui, étrange, pourquoi taire cette information dans son article ? Pourquoi Cyran n’écrit-il pas qu’il a participé directement à l’une des réunions/diners de l’équipe de Là-Bas ? Pour ne pas attirer le regard du lecteur sur son implication plus personnelle qu’il ne veut bien nous le faire croire dans cette histoire ?
    Encore une fois je n’ait rien contre le fait que Cyran puisse ne pas porter Mermet dans son coeur (je m’en fous un peu d’ailleurs de lui et de Mermet). Qu’il veuille aider et défendre des journalistes, des êtres humains ayant eu à subir des humiliations, brimades, etc... au contraire c’est tout à son honneur. Mais est-ce à lui alors de rédiger un article de presse qui se doit d’être impartial ? Je pose la question.

    Au final je trouve que ce papier souffre trop d’imperfections et risque d’avoir de mauvaise conséquences :

    1 - Pour les journalistes victimes : les syndicats qui ont voulu l’enquête du CHSCT se désolent eux-mêmes déjà que la discrétion qui aurait dû entourer cette enquête ait volée en éclats (>http://www.snj-rf.com/Affaire-Merme...). Mettre sur la place publique une situation qui exige beaucoup de discernement et d’esprit d’indépendance ne peut que mettre en péril un jugement impartial. Peut-être le fait que les syndicats ne bougeaient plus a accéléré la mise en ligne de cet article. Alors il fallait tancer les syndicats en interne, prendre le temps encore et encore de défendre la cause des victimes. Mais à cause du bruit de cette affaire, le résultat risque d’être inversé : ni les syndicats, ni les directions avec lesquelles elles travailles n’aiment qu’on leur force la main. Au final cet article peut avoir l’effet exactement inverse qu’aurait pu souhaiter son auteur : un enterrement de première classe des plaignants, des témoins, de l’émission. Quand à Mermet, comme le suggère Cyran, eh bin il pourra toujours s’en sortir avec des indemnités et alors qui aura gagné ?

    2- Pour l’émission elle-même : cet article fragilise une émission qui aujourd’hui doit plus aux auteurs des reportages diffusés qu’à Mermet lui-même.
    Cet article décrédibilise le travail quotidien fait par ces journalistes qui demeurent les quelques seules voix singulières qui restent dans le paysage audiovisuel français. Il ne faut pas s’y tromper, le 28 juin dernier, soit deux jours après la publication de l’article de Cyran, France-Inter à annoncé, selon l’un des journaliste de Là-Bas, Antoine Chao (http://www.rue89.com/2013/07/07/har...) qu’un jour de diffusion de l’emission sera supprimé à la rentrée prochaine.
    On peut y voir une action pleine de cynisme de la part de la direction de France-Inter qui au moment où Mermet est mis sur la sellette par Article 11, en profite pour rendre encore plus précaires ses journalistes et techniciens. Ils se doutent bien qu’à cause de votre article à charge la contestation aura du mal cette fois ci à s’organiser du fait de « l’affaire Mermet » et de l’onde de choc qu’elle aura provoqué auprès de ses nombreux auditeurs.

    PS : Pour finir, j’aimerais attirer l’attention de Cyran rien que sur une seule chose : dans son chapeau il écrit : « Mais quand l’une des personnalités les plus influentes de l’audiovisuel “ de gauche ” adopte au quotidien des techniques de management dignes du patronat néolibéral le plus décomplexé, difficile de détourner les yeux. »
    Avis donc à toutes « les personnalités non influentes de l’audiovisuel de gauche » qui adopteraient « des techniques de management dignes du patronat néolibéral le plus décomplexé » : Vous n’avez pas à vous inquiéter, Cyran n’écrira pas d’article sur vous, il détournera les yeux.

    Note : Je précise ici que je n’ai strictement aucun lien ni avec les journaliste d’Article 11 ni avec ceux de France-Inter (Mermet inclus). J’écoute Là-bas s’y j’y suis depuis très longtemps uniquement quand je tombe dessus (je suis pas le fan qui podcaste ou attend avec ferveur l’heure de l’émission). J’ai pas d’affection particulière pour Mermet (il se fait vieux et devrait passer la main et j’ai plus d’intérêt pour les reportages diffusés que pour ce qu’il dit - il est parfois gonflant faut dire.) Mais ce qui me tient à coeur quand on écrit un article comme celui-là, c’est que la personne qui l’écrit soit intègre et honnête, surtout quand s’il s’agit de « taper sur son propre camp », ce qu’il est parfois salutaire de faire. Mais dans les règles.

    • vendredi 12 juillet 2013 à 11h14, par Roger

      Toto, êtes vous idiot ? (Sans rancune, c’est juste pour l’accroche... ou pas ?)

      Votre longue réponse m’a ulcéré ! Et votre mauvaise foi palpable.
      Quoi ? L’article de Cyran serait douteux parce qu’il n’offre aucun fait tangible ? Tous les témoignages seraient repoussés du plat de la main parce qu’ils... serait des témoignages ? Que vous fait-il comme infos « tangibles » ? Des empreintes ADN ? Un enregistrement vidéo ou audio ?

      En justice, quand les témoignages sont concordants (et personne, pour ou contre Mermet n’a apporté des témoignages contraires !) cela fait « preuves ».

      Alors, oui, Cyran a fait son boulot de journaliste : il n’a pas détourner les yeux, il a enquêté, donné la parole à tous ceux qui voulaient parler y compris à Mermet qui, lui, ne l’a pas voulu.

      Il y a une enquête interne donc il n’y aurait pas à parler cette histoire ? Alors il n’y aurait pas non plus à parler des affaires Tapie, Bettencourt, Géant, du P.S marseillais ou même de Syrie ! Des institutions (justice, syndicats, ONU...) s’en chargent, donc cela ne nous regarderait pas ?
      Bien au contraire !!! C’est le rôle des journalistes de nous informer et je dirais même d’apporter un certain éclairage critique, un angle de tir. Exactement ce que font les journalistes à LBSJS, à Article 11, à CQFD, à ACRIMED... Bref, là où il y a de vrais journalistes.

      Autant de mots pour dire tellement de bêtises...

      • vendredi 12 juillet 2013 à 14h49, par toto

        @Roger

        "Quoi ? L’article de Cyran serait douteux parce qu’il n’offre aucun fait tangible ?
        Si, un : l’ouverture de l’enquête

        « Tous les témoignages seraient repoussés du plat de la main parce qu’ils... serait des témoignages ? »
        Je ne les repousse pas (vous m’avez mal lu). J’ai dit qu’ils ne doivent être considérés que pour ce qu’ils sont : des témoignages. Rien de plus, rien de moins. Comme je l’ai rappelé je ne minimise pas le malaise/souffrance des plaignants ni leurs accusations. Mais Cyran s’en sert d’une façon trop outrancière à mon gout et ne fait rien pour équilibrer la balance (où sont les autres employés ou ex-employés de Mermet ?)

        « En justice, quand les témoignages sont concordants (et personne, pour ou contre Mermet n’a apporté des témoignages contraires !) cela fait « preuves ». »
        Un article dans un journal n’est pas un tribunal. Son auteur n’a pas à être juge (de quel droit le serait-il ?).

        « Alors, oui, Cyran a fait son boulot de journaliste : il n’a pas détourner les yeux, il a enquêté, donné la parole à tous ceux qui voulaient parler y compris à Mermet qui, lui, ne l’a pas voulu. »

        Vous vous trompez, Mermet a été interrogé pour l’article (comment ? dans quel conditions ? pendant combien de temps ? je ne sais pas, tout est-il que sa parole se retrouve dans l’article. )Quand à « donner la paroles à tous ceux qui voulaient », quatre témoignages me semblent un peu légers. Mais Cyran ne nous dit pas si d’aventure il a contacté les autres (Ruffin, Imbert et cie.) Si il ne l’a pas fait, on est amené légitimement à se poser la question : pourquoi ?

        « Il y a une enquête interne donc il n’y aurait pas à parler cette histoire ? »
        Justement c’est bien parce qu’il y a une enquête interne qu’on doit faire confiance aux instances déléguées et par la suite aux juridictions compétentes. Maintenant est-ce qu’il y a eu pressions pour que l’enquête se retrouve au point mort ? Peut-être est-ce là le vrai sujet ?

        « Alors il n’y aurait pas non plus à parler des affaires Tapie, Bettencourt, Géant, du P.S marseillais ou même de Syrie ! Des institutions (justice, syndicats, ONU...) s’en chargent, donc cela ne nous regarderait pas ? »
        Ne comparez pas ce qui n’est pas comparable. On est pas dans le brassage de millions d’euros, dans le deal mafieux entre états ou dans un contexte de guerre civile aux dizaine de milliers de morts. Il s’agit de rapports humains et de rapports dans une entreprise dans un pays où certains leviers juridiques existet pour faire valoir ses droits.
        Par ailleurs, le vrai journalisme d’investigation s’appuie sur des faits, sur des recoupements d’informations répétés et de points de vues divers et opposés afin de vérifier la véracité d’une information. Dans l’article de Cyran ce n’est manifestement pas le cas.

        « C’est le rôle des journalistes de nous informer et je dirais même d’apporter un certain éclairage critique, un angle de tir. Exactement ce que font les journalistes à LBSJS, à Article 11, à CQFD, à ACRIMED... Bref, là où il y a de vrais journalistes. »

        Totalement d’accord avec vous. La question qui se pose c’est celle qui revient très souvent dans les commentaires par rapport à l’attitude supposée de Mermet et que je peux appliquer à l’article de Cyran : La fin justifie-t-elle les moyens ?

        CQFD

    • samedi 13 juillet 2013 à 13h46, par Crapaud Rouge

      Là tu me débectes, toto ! L’émotion étant pour moi retombée, il m’arrive de regretter tout ce déballage, mais ton long post la réactive sur le mode vomissement !

      Tu reproches à Cyran un manque patent d’impartialité, mais tout ton baratin ne vise que la défense des syndicats et du CHSCT. Vrai que tout ce beau monde est sûrement très pris par les problèmes des locaux de la Maison Ronde, (dont le Canard s’était fait l’écho), mais quand même...

      L’enquête aurait donc commencé vers 2003/2004, soit il y a à peu près 10 ans ! Mais c’est une éternité, 10 ans ! Et là, tu nous balances un lien où je lis que : « Ils [les syndicats je suppose] ont demandé à l’unanimité que l’enquête soit menée à son terme. » Quand donc ont-ils demandé ça ? Le 1er juillet !!! Cependant tu nous dis que « les syndicats qui ont voulu l’enquête du CHSCT se désolent eux-mêmes déjà que la discrétion qui aurait dû entourer cette enquête ait volée en éclats »... Ils espéraient quoi ? 10 ans supplémentaires de « discrétion » ?

      • samedi 13 juillet 2013 à 17h53, par Jean-Luc

        Si je peux me permettre cette question, es-tu syndiqué toi-même ?

        • samedi 13 juillet 2013 à 18h47, par Crapaud Rouge

          Ce n’est pas la question. Je trouve seulement scandaleux, de la part de toto, de démolir l’article au nom d’une « discrétion » soit disant nécessaire à l’enquête, alors qu’elle était au point mort dans la plus grande discrétion et depuis 10 ans. Je ne reproche rien aux syndicalistes, mais il faut bien reconnaître qu’ils sont les plus mal placés pour protester contre la révélation du scandale.

          • samedi 13 juillet 2013 à 20h09, par toto

            L’enquête concernant Brygo et Fernandez a été activée en Janvier 2012 (pas en 2004).
            En 2004 les syndicats avaient dénoncé dans un tract (je cite) « la précarité version Mermet ».
            C’est justement parce qu’il n’y avait eu aucune enquête ni prise de position de France-Inter suite à ce tract de 2004 que le SNJ, en faisant référence à cette première alerte, s’interroge aujourd’hui dans son communiqué : « pourquoi la maison ronde a-t-elle laissé faire ? ».
            L’enquête concernant Brygo et Fernandez, demandée À L’UNANIMITÉ DES SYNDICATS, a été faite en janvier 2012, ça fait un an et demie. Je comprends que les victimes supposées de cette affaire trouvent ça long - mais d’après le SNJ il y a eu trois présidents successifs à la CHSCT en moins d’un an, ce qui n’arrange rien dans le suivi constant d’une affaire comme celle-ci.
            C’est facile de mettre sur la gueule des syndicats. Quels que soient leurs qualités ou leurs défauts (et ils en ont), dans des structures telles qu’une entreprise de la grandeur de Radio-France ce sont les seuls qui ont assez de poids et de relais pour pouvoir mener à terme une affaire comme celle-ci. Et parfois ça prends du temps, ce qui est dommage, mais malheureusement c’est comme ça. Je connais des procès aux prud’hommes qui ont mis dix ans à se régler, de conciliation en procès, d’appel et contre-appel, etc. Et oui je suis d’accord, la justice est imparfaite dans notre pays. Mais je préfère avoir des syndicats (même imparfaits) qui essayent de défendre des salariés plutôt que ne pas en avoir du tout et être laissé seul comme une merde, sans aucune chance de victoire face à des personnes qui useront de tous leurs pouvoirs pour rester en place.
            Parfois le problème c’est pas les hommes mais le système. Ce n’est pas pour ça qu’il faut ignorer les agissements d’un tel ou d’un autre. Mais en tirant sur un homme (fut-ce légitime), on ne fera pas tomber le système.
            Ce que je reproche à Cyran dans son article c’est le fait précisément qu’il s’est attaqué à un homme (dont les agissements sont peut-être représentatifs des dérives à Radio-France) mais pas à un système qui permet ces dérives (pour être correct il en parle aussi mais ça reste périphérique à son sujet principal). Il aurait du voir que Mermet n’est qu’un produit d’un système plus vaste. Son article aurait du être plus large, s’intéresser aux modes de fonctionnement de France-Inter et de Radio France, interroger d’autres personnes (employés, techniciens, réalisateur, chef d’émissions, syndicalistes, etc.). Force est de constater qu’il ne l’a pas fait (ou pas jusqu’au bout), axant uniquement son point de vue sur la personnalité de Mermet. En cela il biaise notre regard, le manipule selon son envie et ses buts ; Ce qui pour moi ne relève pas d’un travail journalistique sérieux. Malgré tout si ça permet de pointer du doigt les pratiques salariales à Radio-France, comme le fait le SNJ, il es ressortira peut-être quelque chose de bon de cette affaire (et Cyran y aura pris sa part.)
            Ça va ? J’essaye de dépassionner le débat, moi aussi je suis émotif parfois ;-).

            • samedi 13 juillet 2013 à 23h26, par Gilbert Duroux

              « Ce que je reproche à Cyran dans son article c’est le fait précisément qu’il s’est attaqué à un homme (dont les agissements sont peut-être représentatifs des dérives à Radio-France) mais pas à un système qui permet ces dérives (pour être correct il en parle aussi mais ça reste périphérique à son sujet principal) ».

              L’intérêt du papier de Cyran, c’est qu’il a libéré la parole. Et si Cyran a, pour vous, trop personnalisé (ce que je ne pense pas, parce que le système s’incarne dans des personnes), il a ensuite bien montré que c’est Daniel « moi-je » Mermet, en se confondant à l’extrême avec son émission et en ne profitant pas de son audience pour préparer la relève, qui risque bien plus que ceux qui le critiquent de mettre en péril le peu d’espace « gauche de gauche » qu’il y a dans l’audiovisuel public.

              * dans sa réponse à François Ruffin

              Cyran : « Le plus hallucinant, dans ton plaidoyer, c’est l’affirmation selon laquelle « Là-bas si j’y suis » se confond avec la personne de son producteur. Le Botticelli de France Inter ne ferait qu’un avec sa grande œuvre, qui doit mourir avec lui. Est-ce vraiment le meilleur service à rendre à cette émission de salubrité publique que de nier sa nature collective ? La défense de ton « père » impose-t-elle de compter pour rien les centaines de reportages réalisés au fil des ans par d’autres que lui et d’autres que toi ? Mermet a toujours personnalisé à l’extrême l’émission qu’il anime, s’abstenant soigneusement de préparer sa succession. Le seul fait d’envisager que l’émission puisse éventuellement survivre à son départ à la retraite – pourquoi pas sous un autre nom et selon des modalités un peu moins destructrices – est perçu de sa part comme un crime de lèse-majesté. En lui donnant raison, tu écartes par avance tout espoir de pérennisation d’un créneau journalistique hétérodoxe à France Inter. L’audience et la notoriété de LBSJS offriraient pourtant un solide point d’appui à l’engagement d’un rapport de forces avec la direction de Radio France : ils pourraient permettre de négocier la reprise de l’émission ou la création d’une émission de même nature par ceux des émules de Mermet qui ont eu la chance de ne pas se faire éclater en chemin. Je pensais que l’avenir de LBSJS te tenait à cœur. Manifestement, tu te soucies surtout de ta propre identification au rôle d’héritier. »

          • dimanche 14 juillet 2013 à 09h23, par Crapaud Rouge

            Autant pour moi. Si l’enquête en question ne date que de 2012, ça change tout ce qui concerne « les syndicats » ! Mais ton argumentation de fond, (la confidentialité serait une « protection »), me scandalise quand même parce que la confidentialité c’est plutôt le moyen d’enterrer les enquêtes. De plus, Mermet étant un personnage public, on peut estimer qu’il a des comptes à rendre publiquement, comme Cahuzac qui a été viré avant que l’enquête ne soit terminé.

            Enfin, ne pas confondre précarité et harcèlement moral. Ces deux composantes se retrouvent liées dans cette affaire, mais ce n’est généralement pas le cas. (Faut que je parte, pas le temps de mieux répondre.)



  • vendredi 12 juillet 2013 à 11h10, par ZeroS

    @ toto :

    Ton analyse me fait penser aux universitaires qui défendent un pré-carré et une corporation en arguant une prétendue « neutralité axiologique ». Au lieu de parler du fond, en reniant ce qu’on est (d’ailleurs, de quel droit on se pose comme le parangon de l’objectivité ?), on parle de méthodologie saupoudré de déontologie, ça permet de ne pas trop remuer la merde.

    Les journalistes sont à l’agonie ? Qu’ils se bougent le cul, partout où ils sont (dans les micro-locaux, les régionaux, les nationaux, etc.). Et qu’ils ne le fassent pas de manière corporatiste, qu’ils pensent aux autres corps de métier. Mais en fait, il ne se passera rien parce que de vrais journalistes, il n’y en a déjà pratiquement plus.

    Daniel Mermet est un connard de patron (de gauche), bon, ben voilà... c’est dit. Il y en a probablement plein d’autres. On pourrait parler des certaines maisons d’éditions indépendantes engagées par exemple, et les dézinguer, ou de certaines associations. Le problème c’est peut-être la distribution et l’exercice du pouvoir. Et s’y accrocher, tu l’as bien dit.

    La révolution c’est aussi faire un travail sur soi, et se poser de bonnes questions quand on se comporte comme un connard avec les autres et qu’on fait de la merde.

    • vendredi 12 juillet 2013 à 11h54, par AfrikaBambaataa

      Roger & ZeroS, vous êtes idiots ? (sans rancune, c’est juste pour l’accroche, bien sûr.)

      Pas de témoignages contraires ? Vous fermez les yeux ! http://www.fakirpresse.info/Mes-ann..., http://www.fakirpresse.info/Mes-ann... et http://www.rue89.com/2013/07/07/har...

      Sans comptez le président (secrétaire ?) du CHSCT qui dit que le dossier est vide.

      Cyran a donné la parole à tous ceux qui voulaient parler ? Apparemment il n’a pas passé un coup de fil à d’autres membres de l’émission, qu’il connaissait pourtant (voir sa réponse à François Ruffin : http://www.fakirpresse.info/Mes-ann....) Marrant non ? On connait quelqu’un au cœur de sujet de son enquête et on ne lui demande rien.

      Et sur ce sujet de « connaitre » : il connaissait donc Daniel Mermet. Apparemment il n’avait pas vu ses pratiques managériales, sinon il ne garderait pas de souvenirs aussi « vagues » de ses 4 semaines à Là-bas si j’y suis.
      Et il connaîtrait donc Julien Brygo, aussi.

      Les autres faits :
      Salaires riquiquis démentis. (mêmes témoignages qu’au dessus)

      L’utilisation de l’intermittence du spectacle que je trouve inacceptable (je le suis moi, « vrai » intermittent non journaliste) mais qui serait la « règle » à radio France, selon le communiqué du SNJ : http://www.snj-rf.com/Affaire-Merme...

      Tout ça c’est pas de la forme, ZeroS. Et pas de la mauvais foi non plus, Roger. Juste un relevé des faits que l’on trouve dans l’article.

      • vendredi 12 juillet 2013 à 14h55, par toto

        @ZeroS

        Merci de remonter mon estime vis-à-vis de moi-même : jamais je n’aurais cru que sans avoir mis les pieds à l’école je pouvais être taxé d’universitaire.

        « Au lieu de parler du fond, en reniant ce qu’on est (d’ailleurs, de quel droit on se pose comme le parangon de l’objectivité ?), on parle de méthodologie saupoudré de déontologie, ça permet de ne pas trop remuer la merde. »

        Quand on veut parler du fond, on se doit d’avoir la maximum d’informations tangibles provenant de plusieurs sources et non pas juste quelques témoignages, fusses-t-il accablants.
        En ce qui concerne la « méthodologie », je vous renvoie à ce que je répondais à Roger : La fin justifie-t-elle les moyens ? Si oui, affirmez-le donc, révélez votre pensée profonde. Mais ne vous présentez pas comme impartial, auteur d’une enquête rigoureuse.

        « Les journalistes sont à l’agonie ? Qu’ils se bougent le cul, partout où ils sont (dans les micro-locaux, les régionaux, les nationaux, etc.). Et qu’ils ne le fassent pas de manière corporatiste, qu’ils pensent aux autres corps de métier. Mais en fait, il ne se passera rien parce que de vrais journalistes, il n’y en a déjà pratiquement plus. »

        Si vous saviez combien ils sont payés et la masse de boulot (parfois inepte) que on leur demande de faire, vous comprendrez le désarroi actuel de cette profession qui semble pour vous n’être qu’une « corporation » de plus. Vous allez peut-être les opposer aux « vrais travailleurs », un peu à la manière de Sarkozy et de la droite ? Hum, j’en doute… Le problème ce ne sont pas réellement les journalistes mais le système dans lequel ils évoluent (grands groupes de presse, petits journaux régionaux soumis aux hommes politiques locaux, etc.)

        « Daniel Mermet est un connard de patron (de gauche), bon, ben voilà... c’est dit. »
        Désolé je ne me permet pas d’insulter des gens, j’y vois une faiblesse de raisonnement. (Et puis à partir de quel moment est-on un « connard » ? Désolé je m’éloigne du sujet. de toutes les manières on ne pourra rien y changer : on sera toujours le « connard » d’un autre…)

        « Le problème c’est peut-être la distribution et l’exercice du pouvoir. »
        Tout à fait d’accord avec vous. C’est le problème numéro de la vie humaine en société et meme dans la sphère familiale. Le sujet est trop vaste pour qu’on s’engage à en parler ici.

        « La révolution c’est aussi faire un travail sur soi, et se poser de bonnes questions quand on se comporte comme un connard avec les autres et qu’on fait de la merde. »
        Oui ok. Pour moi c’est pas une révolution, ça devrait être normal. Le seul problème c’est qu’on ne peut efficacement que se l’appliquer à soi-même, pas aux autres (désolé mais je n’ai pas le temps ici de développer ce sujet fort intéressant et qui devrait être l’une des principale préoccupation de nos concitoyens...).



  • vendredi 12 juillet 2013 à 11h47, par FOURNIER

    Y a une parole de DM, plutôt de son papa je crois qui m’accompagne et me soutient depuis longtemps : ON PEUT BAISSER SA TETE POUR MANGER SA SOUPE MAIS PAS PLUS BAS QUE SON ASSIETTE.
    C’est simple, c’est clair. C’est Daniel qui la dit !
    J’ai lu votre réponse qui résume votre parcours professionnel auquel je m’intéresse depuis fort longtemps. Je vous ai entendu arriver à LBSJS. J’écoute cette émission depuis tant d’années !
    Je me sentais bien en votre compagnie. Je me sentais comprise, complice.
    Mais voilà, les témoignages lus dans article XI gâchent vraiment la fête. Je suis réellement triste et pas vraiment surprise. Je ne peux pas mettre en doute ces témoignages car j’en ressens l’humanité, la tristesse. Je pense même qu’il faut un sacré courage pour témoigner de cette manière.
    Et vous François, vous témoignez de votre expérience. Vous vous en êtes sorti sans dommages...Bravo mais votre rôle de journaliste n’est-il pas une attention plus grande aux paroles qui ne correspondent pas à votre vécu ?
    Nous avons mieux à faire ? Mais n’est-ce pas précisement ce dont il est question ?
    Accorder les gestes et les dires ! Ce serait sans doute un grand mieux et dans beaucoup de domaines.
    Je parle beaucoup de Fakir autour de moi. J’aime bien cette petite phrase « A la fin c’est nous qu’on va gagner ». Mais c’est qui NOUS ?
    « NE CROIS PAS QUE TU T’ES TROMPE DE ROUTE, QUAND TU N’ES PAS ALLE ASSEZ LOIN » C Aveline (fakir n° 60 page 3).
    Sur quelle route êtes vous François ? Sur l’autoroute au son assourdissant ?
    Je reconnais le travail. Je l’ai apprécié depuis le début. Ce sont des heures de travail dans mon atelier en compagnie LBSJS.
    Souvent je pensais que Là bas Si Nous y Sommes aurait été plus beau...
    Ps : j’adore votre Ps qui montre que vous aussi vous avez éprouvé le besoin d’être soutenu dans votre démarche...
    DF

    • vendredi 12 juillet 2013 à 21h57, par Blanche neige

      euh quel intérêt de recopier ici un commentaire posté dans Fakir et qui s’adresse à l’article de Ruffin dans Fakir ?
      C’est à ce point génial que tu as voulu t’assurer de ne pas perdre un lecteur ?



  • vendredi 12 juillet 2013 à 22h38, par detraz

    « les chevaliers blancs... » mmmmh

    Au secours !!!



  • dimanche 14 juillet 2013 à 22h37, par Oryctérope Zapotèque

    Mermet et Ruffin en couv’ de Paris-Match : https://www.facebook.com/photo.php?...



  • lundi 15 juillet 2013 à 03h12, par GoG

    Ils sont agaçants à la longue, ces anarchistes, à toujours nous pointer le miroir déformant de nos vices embourgeoisés.
    Ils sont d’autant plus agaçants qu’ils le font sans vraiment prendre de gants, c’est presque si ils ne nous collent pas directement le pif dans les recoins les plus nauséabonds de nos idéaux réalistes. C’est là d’ailleurs leur principal défaut : les remontrances acerbes ne font pas bon ménage avec l’éducation populaire et, dans la quête de rapports sociaux privés de toute forme de domination, ils oublient sans doute un peu vite qu’il leur faut surtout composer avec des non convaincus ou des réticents de tout poil et que ceux-ci sont forcément coupables, d’une façon ou d’une autre, d’un fait de domination. D’ailleurs, à trop pousser cette fuite en avant vers une irréprochabilité absolue, nous devenons tous coupables, ne serait-ce que par le fait que nous vivons globalement comme des nababs comparés (et aux crochets de) à au moins une bonne moitié de la population mondiale, sauf à être à la rue. Moi le premier.

    Pourtant dans le fond ces anars ont raison, sur bien des points.

    Quand j’ai lu ce second article sur ce qu’il convient désormais d’appeler l’affaire Mermet, j’ai un peu tiqué à l’énoncé du clivage fondamental entre libertaires et dirigistes, que je trouvais un brin simpliste, mais après la lecture de plusieurs centaines de commentaires, je me dis que finalement, on en revient effectivement peu ou prou à la sempiternelle fracture de La Haye... Même si la scission ne se trouve plus intrinsèquement liée aux lignes idéologiques d’alors : contrairement à ce qu’affirmait un commentaire revanchard, le FDG est loin, bien loin, d’être composé exclusivement de Stals et bon nombre de socialistes (non socio-démocrates) ou de communistes peuvent (et doivent) se sentir choqué-e-s par les agissement d’un Mermet ou les propos d’un Ruffin.
    Personnellement, je vois mal comment faire sans en passer par un état démocratique transitoire (courant marxiste), mais il me semble illusoire d’en oublier chemin faisant la critique des rapports de domination, en faire fi, c’est se retrouver in fine avec les mêmes aberrations dictatoriales et morbifiques qui ont trop longtemps servi de modèle à certain-e-s de nos camarades en manque de cloaques.

    Ceci dit, il est assez spectaculaire de constater à quel point les commentaires se fracturent globalement (à part quelques tièdes) entre deux camps bien distincts, celles et ceux pour qui la souffrance au travail est insupportable, quelles que soient les circonstances, et celles et ceux pour qui elle doit rester invisible quand un intérêt supérieur l’exige. D’ailleurs, il est intéressant de noter que dans le camp des seconds, une bonne partie va même jusqu’à nier l’existence de cette souffrance, souvent au prétexte qu’elle n’est pas représentative (encore heureux !) de ce qui se passe là-bas.
    (A ce titre, la réponse d’Agnès Le Bot, comparant le nombre de signataire au texte de F. Ruffin versus le nombre d’opprimés dans le but d’invalider leur témoignage est symptomatique d’un réflexe de privilégié face à une minorité en souffrance. Madame Le Bot, un peu moins de 10% des salariés étant passés par Là-Bas se trouvent en position de victimes (5/60), ce n’est pas assez pour être pris en considération ?)

    Il est assez consternant de devoir rappeler à nos ami-e-s dirigistes qu’un des combats communs à toutes les sensibilités de gauche s’axe sur la dénonciation de la souffrance au travail, qui doit être combattue et donc, dénoncée.
    A ce titre, je voudrais répondre plus particulièrement @toto, dont le commentaire critique a l’à-propos d’être modéré et qui ne nie pas purement et simplement les faits de violence avérés, attestés même, de façon bancale et surprenante entre les lignes effroyablement dithyrambiques de F. Ruffin à l’égard de son employeur, que beaucoup ont déjà fort bien analysées, donc je ne m’étendrai pas outre mesure dessus.

    Si j’ai bien suivi votre raisonnement, il ne faudrait pas faire état de témoignages de souffrances au travail avant la conclusion de l’enquête du CHSCT ? Et un reportage journalistique ne vaut que s’il est impartialement moustachu (vous m’excuserez la pique, c’est un réflexe fontenellien), à la manière du Monde, sachant que le rapport de force est éminemment en faveur de Daniel Mermet ?
    Tout d’abord, je ne crois pas en une presse impartiale. C’est un leurre dans lequel s’engouffre toute une presse sociale-traitre du type Libé, Nouvel Obs, Marianne, Le Monde, qui, sous couvert « d’objectivité » ne fait que renforcer les rapports de domination existant en donnant autant la parole « à Hitler qu’aux juifs », pour reprendre l’expression de Godard.
    Chaque journaliste et _a fortiori_ chaque journal a une ligne éditoriale et des intérêts politiques et économiques à défendre, c’est bien normal et prétendre le contraire est naïf ou malhonnête. En l’espèce, l’honnêteté revenant à annoncer la couleur politique, ce que fait Article XI, en refusant par ailleurs d’autres articles qui vont trop à l’encontre de leurs principes. Je vois mal selon quel sacro-saint principe un journal se devrait de publier tous les points de vue, surtout quand le journal est de gauche et quand le point de vue serait celui d’un dominant. Ou alors, eût-il fallu souffrir que toute la famille Duchêne publie une tribune d’Adolf Thiers pour faire bonne figure journalistique ?

    Pour revenir sur le point du CHSCT qui est potentiellement plus discutable, je n’ai malheureusement pas d’expérience syndicale personnelle, du coup j’ignore si le papier de Cyran peut avoir une influence néfaste réelle sur l’enquête en cours. Il est évident que cela peut en avoir une positive, par contre, si l’enquête avait pour but d’être gentiment remise au placard.
    D’ailleurs s’offusque-t-on de tant d’empressement (cela fait 1 an et demi tout de même) lorsqu’il s’agit de souffrances se déroulant dans des sociétés beaucoup moins subversives comme La Poste ou FT ? Je n’ai malheureusement pas de cas en mémoire, mais, parmi tous les cas de harcèlement médiatisés je suis persuadé que tous n’ont pas été étalés sur place publique uniquement après décision de justice et je doute que beaucoup de voix sortant de nos rangs en aient alors appelé à la mesure, à la nécessaire rigueur managériale face à des employés déficients, à l’humanité homériquement tourmentée de la direction, ou à l’attente d’un juste verdict à son encontre... ça serait d’ailleurs plutôt l’autre camp qui tiendrait ce genre de propos.

    Dénoncer des faits de souffrance au travail, déjà, relève d’une entreprise ardue et ingrate, qui n’est pas sans rappeler (toute proportion gardée bien sûr) les dépôts de plainte pour viol (sobrement renommé harcèlement sexuel dans le Code du Travail). Les plaignant-e-s (quand elles-ils se décident à franchir le cap) seront immanquablement accusé-e-s d’exagération, de travestissement de la réalité, de faire preuve de mensonges éhontés quand on ne les accuse pas purement et simplement de mentir par pur intérêt personnel... ça rappelle quelques réactions dans l’affaire nous concernant, non ? Quand bien même il peut effectivement exister des zones de doute, de méprise ou de manipulation, il faut croire _a priori_ à la parole des personnes harcelées ou sinon, prendre le risque de la museler davantage et de favoriser les conditions du harcèlement.
    Une travailleuse qui témoignerait du harcèlement dont elle a été victime le ferait non seulement pour elle, elle le ferait aussi pour les futur-e-s travailleur-e-s qui devront exercer leur métier sous l’emprise de la même direction abusive, elle le ferait pour l’ensemble des travailleur-e-s afin que la souffrance au travail soit reconnue comme délit de harcèlement à part entière et non comme « stress au travail » comme c’est actuellement le cas.(Si j’ai bonne mémoire).

    De manière plus générale, une question brûle les lèvres de beaucoup d’entre nous : que doit-on favoriser, la parole de quelques travailleur-e-s harcelé-e-s ou la survie de Là-Bas, dont la présence est vitale pour un grand nombre d’autres travailleurs ? La question est ardue et je ne crois pas qu’il faille y répondre, parce que, contrairement à ce qui est avancé, elle n’est pas posée. Du moins pas en ces termes, et, comme toute manipulation rhétorique plus ou moins subtile qui pullule dans les sondages, elle inverse insidieusement et tragiquement les rôles de victime et de bourreau.
    En effet, Là-Bas est un collectif de travail et à ce titre l’émission devrait (du moins symboliquement et pour n’importe quel humain de gauche qui se respecte un peu plus que M.Valls) appartenir à ce collectif, et non à Mermet. Si l’émission est _symboliquement_ à gauche (même si elle ne peut pas l’être pratiquement), les ex et futur-e-s employé-e-s devraient au minimum avoir leur mot à dire, elles/ils ont le devoir, même, de témoigner et de _faire circuler_ des conditions de travail qui s’y pratiquent auprès du public dont elles/ils (et pas uniquement DM) sont les porte-voix.
    En outre, Là-Bas est une œuvre culturelle qui se veut de gauche, qui promeut la justice sociale, l’égalité des droits, le partage et la mise en commun par l’humain pour l’humain, et à ce titre, elle appartient aussi à ses auditeur-e-s qui ont tout autant leur mot à dire sur les conditions de travail dans lesquelles les émissions sont réalisées. Si LBSJS connait des revers suite à cet article, la faute en revient intrinsèquement à Mermet pour avoir eu des méthodes indignes de son émission et des valeurs partagées, promues par le collectif et les auditeur-e-s qui s’y retrouvent. Si jamais l’émission ferme sans qu’il ait trouvé de repreneur, c’est aussi sa responsabilité et non celle de Cyran ou de qui que ce soit d’autre. Tout comme c’est _la nôtre_, auditeur-e-s régulier-e-s ou moins régulier-e-s, de soutenir son émission tout en réclamant des comptes sur ses pratiques managériales. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas les moyens concrets et/ou la volonté d’essayer de mettre en place une autogestion qui tienne à peu près la route, qu’il a pour autant carte blanche pour traiter ses employé-e-s selon le bon plaisir du fait du prince.

    Ce serait faire preuve d’une duplicité dramatique à l’encontre de l’élitisme individuel, forcément libéral, que de ne pas rappeler à D. Mermet d’où il vient et où il se doit de cheminer avec nous pour, tout le monde l’espère, encore quelques années. D’ailleurs, ce n’est absolument pas faire preuve d’anathèmes haineux ou d’un lynchage sanguinaire que de lui rappeler fermement les bons souvenirs d’un idéal révolutionnaire. Au contraire, celles et ceux qui le portent aux nues, qui font crânement l’apologie de la compétence, du professionnalisme, du génie et des muses berçant la bouille caractérielle mais attendrissante de l’élite du peuple, ne lui rendent pas service et surtout ne _nous_ rendent pas service.

    C’est le dernier point que j’aimerais développer, pour ceux qui auront eu le courage et la patience de lire ce trop long texte jusqu’au bout (il y en aura au moins un, ma moitié). Je souhaiterais en fait aborder la stratégie politique qui sous-tend les rapports de force que nous entretenons avec les autres camps. Car s’il est bien une proposition à laquelle l’époque nous incite tout particulièrement à prêter l’oreille, c’est la conscience tragique de la montée de l’extrême-droite. Or, n’eût-ce été le pavé dans la mare jeté par A11 et relayé par Acrimed, l’affaire Mermet aurait pu prêter sérieusement notre flanc aux aficionados de la Pen.
    Et si je les remercie à plus d’un titre d’avoir lancé l’alerte au sujet de là-bas, je les remercie surtout pour la raison suivante.

    Imaginons un instant, que, conformément aux recommandations de lecteurs comme Toto, on ait attendu le verdict du CHSCT. Que Mermet soit coupable ou non, une presse plus mainstream et social-démocrate (Libé, Le Monde, Le Nouvel Obs, etc.) s’en serait fatalement emparée, voire, dans le cas d’une culpabilité avérée, se serait roulée dedans avec gourmandise (peut-être bien même pour faire plaisir à un certain Philippe qui désirerait changer sa grille de programmes). Imaginez alors un seul instant les gargarismes ronflants des bruns éructant sur la corruption intrinsèque de nos représentant-e-s, les persiflages mesquins des solferinien-e-s trop content-e-s de cracher dans notre soupe et, pire que tout, la déception des auditeur-e-s laissé-e-s pour compte, trahi-e-s, découvrant amèrement que l’intelligentzia de la presse de gauche savait mais se taisait. Vers qui se détournerait un-e auditeur-e ainsi désabusé-e, découvrant qu’une énième idole subversive avait foulé les principes de l’internationale sous le regard détourné ou complice d’élites intellectuelles accointées aux mêmes dessertes ? Pas vers l’anarchie, je le crains.

    C’est pour cette raison que l’affaire devait éclater avant, en « interne », avant que la presse ne s’en empare et que nous ne découvrions, encore plus brutalement, le pot au rose. C’est pour cette raison qu’il ne faut ménager ni D. Mermet, ni l’idéologie de F. Ruffin et qu’il faut, inlassablement, les ramener vers des considérations plus humanistes s’ils veulent encore être à peu près dignes de représenter la gauche. Peut-être devraient-ils commencer par (re)lire, « Capitalisme, Désir et Servitude » ? La conclusion qu’en tire Lordon ne leur semblera pas tout à fait étrangère.

    Et puis, si vraiment ils ont trop de mal à se défaire de leur habitus de dominants, on peut les y aider.

    GoG

    • lundi 15 juillet 2013 à 12h14, par toto

      Je trouve très intéressant votre commentaire car il a la qualité de prendre du recul et de jeter un regard circulaire sur la situation.

      Je n’ai juste pas le temps d’y répondre en profondeur.

      Les seules remarques que je ferais c’est que malheureusement j’ai le défaut de croire à une presse impartiale. Peut-être que mon espoir est vain. (Les journaux que vous citez sont bien évidemment loin d’être impartiaux - ils ont tous une ligne politique social-démocrate/centriste de gauche voire de droite, assumée ou non, qui est tout à fait claire pour celui qui s’intéresse aux médias). Mediapart me semble être le seul exemple qui vaille actuellement (même s’il n’est pas parfait) car il dénonce aussi bien à gauche qu’à droite sur la base d’enquêtes sérieuses et documentées.

      Sur l’enquête du CHSCT, je me suis permis de mettre en doute l’intérêt de sa divulgation car précisément le SNJ la regrettait. Et j’ai tendance parfois à croire les syndicats. Maintenant peut-être qu’il y a là-dessous un jeu dont les tenants et les aboutissants nous échappent… ?

      Mon sentiment sur le sujet est que nous n’en serions pas là à nous poser les questions « qui a tort ou qui a raison » ou « qui faut-il sauver : les travailleurs ou l’émission » si l’article de Cyran était mieux fait. Comme je l’ai déjà fait remarquer : interroger toutes les parties et donner une image globale de la situation aurait donné plus de poids à son papier et permis au lecteur de se faire une analyse complète et juste de la situation.

      Je ne mets pas en doute l’idéal de justice d’Article 11 et de Cyran. Mais je trouve cet article pas abouti et souffrant de prises de positions personnelles qui n’ont rien à voir avec un travail journalistique sérieux.

      Mettre sur le feu certains éléments sans en faire chauffer d’autres donne un goût d’inachevé à son papier, ce que je regrette car il y avait là des sujets à traiter en profondeur.

      Quand àu fait que les médiocraties se serviraient de cette histoire pour leur propres intérêts, n’ayez crainte ils ont déjà commencé leur boulot. Quand au danger de l’extrême-droite, l’article de Cyran a déjà été repris intégralement sur le site de Soral et vous imaginez leur délectation et le style de commentaires qui l’accompagne.

      Désolé de ne pas avoir plus temps… je reviendrais peut-être, en tout cas merci pour votre éclairage personnel.

      • lundi 15 juillet 2013 à 20h51, par guypasdru

        Peu importe qu’on soit de gauche ou de droite, quant à la ligne éditoriale des média, à mon avis. En revanche il importe d’être rigoureux et méthodique dans son enquête, quelle qu’elle soit. Et le sujet aurait mérité cette rigueur.
        vous avez pointé certaines faiblesses. Quoi qu’on pense du témoignage d’Agnès Le Bot, elle en a pointé aussi.
        Une question demeure : pourquoi maintenant ? pourquoi maintenant et pas plutôt il y a quelques mois ? ou encore pourquoi maintenant et pas en septembre prochain ? enfin à un moment qui aurait évité la possibilité de se dire « quand même, ça tombe pile poil au moment où on rogne une heure de l’émission. Pas de risque de voir une levée de boucliers pour protester maintenant »
        Ce manque de rigueur et ces faiblesses nuisent au traitement du sujet principal qui est quand même la souffrance au travail. C’est dommage, un tel sujet et les gens qui en souffrent méritent mieux que ça

        • lundi 15 juillet 2013 à 21h34, par JBB

          Je ne partage pas du tout votre point de vue sur « le manque de rigueur » de l’enquête ; mais cela, je l’ai déjà dit.

          Mais ce point mis à part, je voudrais juste répondre à l’autre point soulevé : « pourquoi maintenant ? pourquoi maintenant et pas plutôt il y a quelques mois ? ou encore pourquoi maintenant et pas en septembre prochain ? »
          Cette question n’a en réalité guère de sens, sauf à supposer que nous serions partie-prenante d’un supposé complot anti-Mermet. J’imagine en toute logique qu’il ne sert à rien de vous assurer du contraire (puisque le principe même d’un complot réside dans le fait que ceux qui y participent dissimulent cette participation). Donc, on ne pourra vous donner aucune réponse qui vous semble satisfaisante : à partir du moment où vous réfléchissez sur ce mode, les dénégations d’en face n’ont - par essence - aucune prise.
          Juste une évidence : pour les gens qui contestent la légitimité de la publication de ce papier, il n’y a en réalité aucun bon moment. Cette enquête eut-elle été publiée il y a quelques mois ? On nous aurait pareillement reproché de saboter la fin d’année de LBSJS. En septembre prochain ? Alors, c’est la rentrée de LBSJS qui eut été compromise. Eusse-t-on attendu que Daniel Mermet se retire et cesse d’animer LBSJS ? C’est qu’on voulait le salir quand il n’avait plus la puissance de riposter et qu’on n’avait plus rien à craindre de ses mesures de rétorsions.

          Bref, pour ceux qui pensent que ce papier n’aurait jamais dû être publié, il n’y a pas de « bon moment » : aujourd’hui comme il y a six mois comme dans un an, du pareil au même. Cet argument du « pourquoi maintenant » est en réalité fort commode : il permet de sous-entendre qu’on poursuit un but caché. Las, la réalité est beaucoup plus simple : Olivier Cyran a maturé ce papier et l’a écrit ; une fois rédigé, il nous l’a envoyé ; après un petit temps de réflexion, nous l’avons publié. C’est aussi bête que ça.

          • lundi 15 juillet 2013 à 23h31, par guypasdru

            Oui vous l’avez déjà dit que vous trouvez de la rigueur à cette enquête. Certains éléments énoncés me font penser le contraire. M’y autorisez-vous ?
            Je ne parle pas de complot. je n’y pense pas et franchement c’est juste loufoque cette idée. Mais je me pose des questions. M’y autorisez vous ?
            Me répondre que ma question « n’a guère de sens sauf à supposer que vous soyez partie prenante d’un supposé complot » est une supposition qui montre votre imagination. Mais c’est un peu court comme réponse. Me prêter des intentions que je n’ai pas juste parce que j’ai posé cette question ( à savoir qu’à un autre moment j’aurais aussi posé la question du moment) est un peu court aussi... et faux. Je pense au contraire que les auditeurs auraient commenté le papier s’il était sorti à un autre moemtn, auraient vu sur le répondeur s’ils passaient ou s’ils étaient censurés sur le sujet, auraient vu ou entendu si Mermet s’emparait du sujet et comment. . Bien sûr que des gens auraient accusé de je ne sais quoi, mais ce n’était pas mon propos.De toute façon c’est le cas. Mais ce n’est pas mon propos.
            Laisser entendre que je penserais que ce papier n’aurait jamais dû être publié est carrément faux. Je ne le trouve pas abouti et du coup nuisant à ce qu’il prétend dénoncer et je le dis. C’est tout.
            Et je ne suis pas pro-Mermet et je ne suis pas « de gauche ». Et si vous me répondiez sur le fond plutôt que de faire des suppositions erronées ?

            • lundi 15 juillet 2013 à 23h53, par Gilbert Duroux

              Je crois que vous n’avez pas bien compris la fonction du répondeur chez Mermet. S’il arrive que soient diffusés des messages en désaccord profond avec ce qui est défendu à l’antenne, ce n’est pas par alibi pluraliste (ce qui serait une belle connerie dans une émission qui revendique son positionnement).
              Depuis quand le répondeur aurait pour fonction de servir les détracteurs de Mermet ? Est-ce que vous avez déjà écouté l’émission ? Si oui, vous avez sans doute remarqué que lorsqu’il arrive à Mermet de passer des messages d’opposants, il passe les plus caricaturaux et les plus farfelus. Pour mieux les discréditer. Vous n’êtes pas sans avoir remarqué que même parmi les plus idolâtres de Mermet, la partie « répondeur » n’est pas la partie de l’émission la plus appréciée.

            • mardi 16 juillet 2013 à 11h48, par JBB

              Je vous ai répondu sur le fond ; relisez-vous, le fond, dans votre commentaire, c’était le moment de la publication - pourquoi maintenant ?

              Si la réponse ne vous satisfait pas, je ne peux faire davantage. Vous pouvez reposer cette question de mille manières différentes, ma réponse ne variera pas. Gardez vos doutes, je conserverai mes certitudes. De toute façon, à vous lire, je vois bien que vous n’avez aucune envie de lire la vérité (on l’a publié maintenant parce qu’on l’a reçu maintenant, et c’est tout).

          • mardi 16 juillet 2013 à 01h18, par toto

            Bonsoir JBB,
            je suis content que vous vous immisciez dans ce débat. Pourriez-vous me préciser à quelle partie de votre article (ou dans un commentaire que je ne retrouve plus) faites-vous référence quand vous écrivez : « Je ne partage pas du tout votre point de vue sur « le manque de rigueur » de l’enquête ; mais cela, je l’ai déjà dit. »

            Je veux pas vous embêter outre mesure mais que pensez-vous d’une enquête basée sur quatre témoignages allant « tous » dans le même sens ? Que pensez-vous d’un journaliste qui « traite » en ouverture du sujet de son article une personne (son sujet principal) de « schizophrène » ? Que pensez-vous de la « pique » subliminale qui pointe du doigt le 7000 euros de gains que représente le prix de la SCAM ? Que pensez-vous d’un article où l’auteur se permet de citer un permanent anonyme d’un syndicat anonyme (bonjour l’info) ? Comment pouvez-vous accepter qu’un journaliste puisse écrire (je cite) : « Pourtant, tout le monde n’est pas maltraité à « Là-bas si j’y suis ». Les reporters permanents, comme Giv Anquetil, Antoine Chao ou Charlotte Perry, disposent de revenus corrects et d’un statut de « lieutenants du bon dieu » qui les met à l’abri des tourments. Mais ce privilège ne va pas sans contreparties, au premier rang desquelles l’obligation de regarder ailleurs quand un collègue se fait démolir. La solidarité des travailleurs, c’est bon pour l’antenne, pas pour le bureau 528. »
            Attendez-là, relisez ce passage, vous n’y voyez pas un problème vous ? Non ? Vraiment ?
            Ce paragraphe c’est de la littérature. S’il faut en croire ce que dit Cyran les journalistes autres que ceux cités comme permanents sont donc « maltraités » ? (les mots ont un sens quoi qu’on en dise). Ils disposent de « revenus corrects » ce qui veut dire que les autres ont des revenus « incorrects » ? Il sont les « lieutenants du bon dieu », c’est-à-dire aux ordres d’un Mermet dépeint en « dieu » tout puissant qui les protège de je ne sais quels « tourments » ? (« tourments » : douleur, grande souffrance physique ou morale) Vous y croyez vraiment vous à cette caricature religieuse ? Et ce sont des « privilégiés » qui ont « l’obligation de regarder ailleurs quand un collègue se fait démolir » ? Ça veut dire que ce sont des lâches les permanents ? Qu’ils jouissent de « privilèges » ? Lesquels ? J’ai bien lu ou pas ? Et les collègues quand ils se font « démolir », dites-moi, c’est à coup de tatanes ou de coup de poings ? Non mais faudrait qu’il soit précis Cyran. Il nous faut des détails. Faut que ça saigne. On attend de voir qui a « fait le mort » puisque qu’il n’y aurait pas de solidarité entre travailleurs dans le studio 528 ? On veut des noms ! on veut la confession des « traitres » !
            Rassurez-vous je ne fait que relater ce qu’on lit entre les lignes sur un ton humoristique et un peu outragé mais franchement dans un article sérieux je ne m’attendais pas à lire ce genre de bêtises (là pour le coup la prose est vraiment bardée de « clichés »).
            Je pourrais continuer ainsi à citer Cyran tout au long de son article mais j’arrête là, je n’ai pas la force de passer à la moulinette l’article en entier. Selon moi, l’utilisation constante et répétée d’adjectifs qualificatifs à charge décrédibilisent sa démarche initiale de faire une enquête « fouillée ». C’est quasiment une faute de « style » qui plombe son discours.

            Mais pourquoi donc ne s’est-il pas retenu de faire état de ses considérations personnelles ? Pourquoi ne s’est-il pas mis en retrait, même si son avis sur la question était fait et qu’il est éminemment respectable ? Le boulot d’un journaliste n’est-il pas de nous présenter des faits afin que l’on se fasse soi-même sa propre opinion (je me répète, je sais) ? Pourquoi n’a-t-il pas interrogé les autres protagonistes ? Sur ce point je n’ai pas d’explication. Seul Cyran pourrait nous en fournir une. Peut-être qu’une mise au point de sa part sur ce sujet précis serait la bienvenue ? Je ne demande pas une justification contrite de sa part mais il serait intéressant qu’il nous fasse un « making-of ». Peut-être que des gens lui ont refusé d’apporter des réponses à ses questions, peut-être qu’il s’est retrouvé devant un mur de silence ? Qu’il nous le dise et cela ajoutera une pierre à son édifice. Mais laisser cela dans le flou me semble contre-productif pour la compréhension de cette affaire. Flou qui permet ensuite à n’importe qui de dire n’importe quoi et qui n’aidera personne, ni Brygo, ni Fernandez, ni Cyran, ni Mermet, ni Ruffin, ni les autres. Les seuls que cela servira ce seront ceux qui voudront décrédibiliser à nouveau la gauche de la gauche en pointant ses contradictions et son incapacité a rester unie.
            Par ailleurs je suis entièrement d’accord avec vous quand vous vous défendez d’avoir publié cet article au moment où vous l’avez publié. Personnellement je ne vous fait pas de procès d’intention à vous rédacteurs d’Article 11 d’avoir publié cet article maintenant. Que vous l’ayez publié hier ou demain n’aurait pas changé grand chose à l’histoire (hormis le fait que de nouveaux éléments ne viennent enrichir le sujet). Dans l’un de mes commentaires je ne fait que pointer du doigt le fait que la direction de France-Inter s’est « peut-être » servie de cette histoire, y voyant une « fenêtre de tir » toute trouvée pour supprimer une journée de diffusion de Là-Bas. Ce n’est bien évidemment pas de votre fait à la base et d’ailleurs j’ai moi-même du mal à imaginer que la direction de France-Inter se soit servie de cette histoire d’une façon aussi grossière. Vu la maladie de « l’austéritite aigüe » actuellement en vigueur partout, il est bien possible que la décision ait été prise depuis longtemps. Mais la coïncidence des dates entre la publication de l’article et l’annonce fait que l’on peut légitimement s’interroger sur l’à-propos de la décision de France-Inter.
            Je le répète encore une fois. Je ne suis pas plus que ça un fan de Mermet. J’apprécie la qualité de certains reportages de Là-bas et je suis gré à Mermet d’avoir crée cette émission. Mais ce n’est pas pour ça qu’il doive bénéficier d’un tratement de faveur. Au contraire, je suis toute ouïe quand il s’agit de pointer les dérives d’untel ou d’untel, à fortiori quand il s’agit d’un militant de gauche (qu’il soit « influent » ou pas d’ailleurs, hein Cyran ?). Il faut savoir balayer devant sa propre porte, c’est indispensable pour rester crédible auprès du plus grand nombre, surtout par les temps qui courent où tous les coups sont permis. Mais comme je l’ai déjà fait remarquer : la critique « il faut la faire dans les règles » (journalistiques et éthiques, j’entends).
            C’est compliqué de faire un article documenté ? Un peu de temps, de la tenacité et une sacré dose d’impartialité, ça devrait suffire, non ?
            Bien à vous.

            • mercredi 17 juillet 2013 à 05h44, par GoG

              Bonsoir,

              Je ne me permettrais pas de répondre à la place de JBB, mais je souhaiterais malgré tout répondre aux questions que vous soulevez. D’ailleurs je ne suis pas certain que JBB ait le temps de répondre à tous les commentaires (surtout les plus longs d’entre eux) étant donné qu’il doit être assez pris par la tournure que l’affaire a prise. Donc il est fort probable que vous ayez à vous contenter de ma réponse !

              Au préalable, il est clair que vous ne partagez pas le même « idéal » journalistique que moi, ou que, je pense l’avancer sans trop me risquer, certains journaux comme A11 ou CQFD. Là où vous voudriez de « l’impartialité », vous avez du journalisme militant, politisé qui n’a pas peur d’assumer une ligne éditoriale claire et précise . Rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul à le déplorer, j’ai noté qu’un certains nombre de commentateurs avaient du mal avec les partis pris par le journal.
              Cela relève, je pense, d’une vision de la subjectivité humaine foncièrement différente. Personnellement, je pense que l’homme est un être social qui se construit à travers des représentations culturelles fondamentales qui façonnent son rapport à autrui et qu’il n’a pas ou prou de libre-arbitre à proprement parler (CF Spinoza et Lordon). Si l’on accepte ce principe (ce à quoi on n’est pas du tout tenu), il me paraît difficile d’ergoter en toute impartialité ou en toute objectivité, et bien souvent, ceux qui s’en prétendent sont de vastes charlatans à la solde du libéralisme comme Le Monde et comme vous n’avez pas manqué de le relever.
              Mediapart non plus n’est pas impartial, il défend ses chapelles politiques (gobalement, il se situe entre le FdG et EELV), et si jamais un lièvre devait être levé sur P.Laurent ou JL.Mélenchon, je doute que ce soit de leur fait... A moins que Edwy Plenel ne décide de re(re)tourner sa veste, il est tristement célèbre dans le milieu et, quand il était à la tête du Monde, ce n’était pas exactement ni la déontologie, ni l’humilité qui l’étouffaient (CF Sébastien Fontenelle et ses articles sur les pratiques moustachues du Monsieur).

              Ayant eu plusieurs fois à faire à des journalistes « impartiaux » pour des sujets très éloignés de la politique (du moins, dans des sphères relevant plus de l’épiphénomène, si l’on considère que tout est politique), j’ai pu constater que leur « impartialité » était déjà toute dogmatique, auto-convaincue et irrévocable, ce, dès les premières questions posées, toujours pernicieuses. D’ailleurs, mon expérience est loin d’être un cas isolé, c’est une des raisons pour laquelle les journalistes (même les plus modestes) ont bien souvent mauvaise presse, tout milieu socio-culturel confondu. C’est pour cette raison que je préfère lire un journal engagé qui ne cache ni son parti pris, ni ses préférences éditoriales, plutôt qu’un journal qui renvoie systématiquement dos à dos les protagonistes d’un conflit, sachant que cela favorise _toujours_ les dominants en minimisant leurs exactions.

              Vous pouvez, bien sûr, ne pas être d’accord avec cette vision du journalisme, ou penser qu’il peut tendre à une forme d’impartialité. C’est un point de vue que je ne peux partager étant donné les conclusions auxquelles m’ont amenées mes différentes lectures (notamment sociologiques). Et il me semble que les personnes qui, en général, ont un rapport moins absolu que vous aux médias ou qui ont eu des déconvenues face à leur impartialité auto-érigée en vertu inaliénable, préfèrent aussi ce genre de presse. Il en faut pour toutes les sensibilités philosophiques.

              Cette vision engagée du journalisme explique pourquoi il n’y a pas nécessairement de problème à lire ou à écrire un article dont les témoignages vont tous dans le même sens. Déjà parce que les victimes en ont besoin, elles sont trop nombreuses à renoncer à poursuivre un employeur en justice parce que dans ce rapport de force, leur parole est, au mieux, minimisée. Or, le journalisme n’est pas un tribunal, il donne à voir un éclairage, il suscite le débat, contrairement à un procès, il n’a donc pas nécessairement à entendre tous les protagonistes d’une affaire, surtout quand la partie incriminée a tout à fait les moyens médiatiques de se défendre. Ainsi, d’autres témoignages ont été apportés du côté de la partie incriminée (celui de Mme Le Bot ou celui de M. Ruffin) et, pour peu qu’on ait un peu d’expérience dans le harcèlement au travail ou qu’on ait un peu étudié la question des rapports de domination entre individus, le résultat est plutôt sans appel quand aux méthodes de D.Mermet. Ce n’est pas à nous, auditeurs, de le juger pénalement, par contre se faire une idée sur sa moralité personnelle et sur ses pratiques, oui. La dénoncer, oui, et plutôt deux fois qu’une.

              Pour en revenir à l’emploi du mot « un brin Schizophrénique » (lequel est le fait, ce me semble, de JBB et non de O.Cyran vu qu’il se trouve dans le chapeau... Et puis, il me semble reconnaître la pâte ;-)). D’une part, vous noterez que ce qualificatif n’est pas un arrêt catégorique puisqu’il lui en reste au moins plus d’une bonne moitié. D’autre part, le terme est généralement utilisé dans un sens globalement dévoyé de son sens clinique, et à ce sens il ne me paraît pas du tout inapproprié. Ainsi, le TLFI me donne à l’entrée schizophrénique : b) P. anal. Relatif à la schizophrénie (supra B), qui est déphasé de la réalité, marqué d’une scission interne, d’une dualité insurmontable.
              Ainsi le qualificatif dénote d’un comportement ambivalent, et il est de nos jours souvent employé pour parler de quelqu’un dont les actions ou les paroles sont antinomiques, ou qui se trouve dans une situation où il doit satisfaire deux injonctions contraires.
              Cela me semble plutôt bien adapté au cas Mermet, non ?

              Pour le prix SCAM, ce n’est pas une « pique », et pas franchement subliminal non plus. C’est une gratification ronflante et pas franchement modeste. On peut assumer d’avoir des revenus ronflants _et_ (jusqu’à une certaine limite) se battre pour un aplanissement des inégalités, par contre faudrait voir à pas se revendiquer comme appartenant au prolétariat, comme le fait Mermet a priori, alors qu’il n’appartient plus à cette catégorie socio-professionnelle depuis plusieurs dizaines d’année.

              S’il faut en croire ce que dit Cyran les journalistes autres que ceux cités comme permanents sont donc « maltraités » ?

              Déjà O.Cyran n’a pas dit que tous les journalistes outre ceux cités étaient mal traités. Il dit par contre très clairement que les permanents en général ne sont pas (ou sont moins) maltraités que les autres, ce qui coule de source : la précarité _est_ une maltraitance. Et D.Mermet en use et en abuse à loisir. O.Cyran a cité à ce propos un fait précis, et vérifiable :

              On a fait le calcul : entre 2010 et aujourd’hui, l’émission « modeste et géniale » a usé quatre réalisateurs, trois assistants réalisateurs, quatre attachés de production, six « chefs du répondeur » (responsables du tri des messages d’auditeurs diffusés au début de l’émission) et huit reporters.

              Quand vous dites :

              Ils disposent de « revenus corrects » ce qui veut dire que les autres ont des revenus « incorrects » ?

              C’est en effet le cas. Tous les autres ne disposent pas forcément de revenus incorrects, mais certains oui et cela est parfaitement expliqué dans l’article. Si le reporter ne fait pas assez d’heures (et toutes les heures passées ne sont pas comptabilisées, personne ne le conteste, ce qui en soit est un scandale), il ne peut pas prétendre au statut d’intermittent. Du coup, il ne touche que le salaire d’un reportage (un par mois dans l’ensemble, d’après l’article, cela aussi c’est vérifiable si besoin est). Ce qui correspond à un salaire mensuel de 630 à 920 euros par mois (vérifiable), qui est un salaire misérable quand on habite à Paris. Tout ceci est très clairement expliqué dans l’article.

              Pour la caricature religieuse, c’est une figure de style, c’est votre droit de ne pas l’apprécier, mais il est évident que le manager-protecteur est une des méthodes couramment utilisées dans le management moderne. Ce dernier a malheureusement parfaitement intégré que le fonctionnement de la carotte inéquitable était redoutablement plus efficace que le bâton égalitaire. (Je vous invite à lire « Le nouvel esprit du capitalisme » par Chiapello/Boltanski.)

              « Démolir » est un terme qui s’emploie au sens propre comme au sens figuré. Si vous prenez la peine de lire le témoignage de Benjamin Fernandez dans les commentaires de Fakir, cela correspond plutôt bien à l’idée que je me fais d’une démolition psychologique, pas vous ?
              Quand à ceux qui détournent le regard, ils ne le font certainement pas tous sciemment. C’est là où les techniques de management peuvent être très perverses. Par contre F.Ruffin, par exemple, l’a fait sciemment, il l’admet, je vous invite à relire son témoignage.

              En outre les permanents jouissent, de par leur statut même, d’un statut de privilégié, impossible de le contester.

              Quand aux autres protagonistes, O.Cyran en a interrogés, relisez l’article !
              Il a interrogé D.Mermet par téléphone, il a interrogé la direction du CHSCT d’alors qui lui a fermement claqué la porte au nez et qui était très réticente à poursuivre l’affaire. Il semblerait que l’article les ai _a minima_ réveillés puisque, si vous relisez attentivement le communiqué du SNJ, il va _dans le sens_ d’O.Cyran. Il atteste qu’il y a eut des tentatives de laisser la procédure se déliter.
              Ils déplorent effectivement le fait que cela ait circulé dans la presse, mais en même temps, l’article leur a permis de se fendre d’une circulaire qui atteste de ces pratiques, circulaire intersyndicale qui n’avait jusqu’alors jamais été émise, ce que déplorait à juste titre l’article d’O.Cyran. L’article aura au moins permis cette juste (mais tardive) reconnaissance syndicale de la souffrance des victimes.

              GoG

              • mercredi 17 juillet 2013 à 05h52, par GoG

                Juste une précision parce que je n’ai pas été assez clair sur un point, et parce que je ne voudrais pas froisser les syndicats qui font leur boulot sous une pression qui doit être particulièrement délétère dans un grand groupe publique aussi politisé que RF/France Inter.

                Dans mon dernier paragraphe, je voulais parler de reconnaissance syndicale officielle .

                • vendredi 19 juillet 2013 à 16h59, par toto

                  Bonjour GoG,
                  Je rejoints votre réflexion quand vous évoquez la construction sociale de l’être humain. La subtilité que vous semblez ignorer c’est que l’évolution de la pensée de l’être humain, sa faculté de réflexion n’est pas figée. L’être humain est effectivement dépendant du contexte social dans lequel il vit, mais il « évolue » en permanence à l’intérieur et donc son avis peut changer, sa représentation du monde aussi. Moi c’est ce qui m’arrive tous les jours, cela ne fait pas de moi une girouette mais un être humain qui réfléchit, qui s’informe et ce flux d’apprentissages et d’informations modifie ma façon de voir le monde. Je suis ce qu’on appelle un « être humain qui doute », en ce sens je dois être plus proche de Descartes que de Spinoza. Mais passons ce débat philosophique… (on en finira jamais).

                  Ce qui m’intéresse c’est que vous soulevez un débat qui a le mérite de rentrer en profondeur dans le sujet qui nous préoccupe.

                  Peut-on être impartial quand on est journaliste ? À fortiori quand on est un journaliste « militant » ?

                  Personnellement je pense qu’avoir des idées bien arrêtées sur la politique, le social, l’éthique, etc. ne dédouane pas celui qui écrit (le journaliste) de sa responsabilité d’éclaireur de la société (un peu comme les sociologues, les philosophes et autres). Ne vous méprenez pas, quand je dis « éclaireur » ce n’est pas qu’il est au-dessus des autres, c’est parce que du fait de son travail il peut lui arriver d’avoir accès à des informations confidentielles ou éparses qu’il met en perspective sur la place publique.

                  En ce sens, peut-être qu’effectivement nous ne partageons pas les mêmes « idéaux journalistiques ».

                  Pour moi un journaliste ne peut pas, ne doit pas altérer son sujet pour le tourner dans le sens qu’il veut. C’est à mon avis une faute professionnelle. Que diriez-vous par exemple d’un journaliste « de droite », aux idéaux capitalistes, qui écrirait un papier d’un seul point de vue, le sien ? Ne seriez-vous pas scandalisé par un article qui, imaginons, ferait la part belle à des patrons peu scrupuleux en dénonçant des travailleurs ou des syndicats sur la base de quelques témoignages orientés ? Peut-être me direz-vous que c’est là leur façon de faire à eux « les journalistes de droite » ? Il faudrait donc séparer les bons journalistes des mauvais uniquement en fonction de leur « idéologie », de leur rattachement à un mode de pensée, surtout si celui ci est opposé à celui que vous défendez ? Je pense pour ma part que ce n’est pas en fonction d’une idéologie qu’il faudrait dénoncer un article écrit de la sorte, mais plutôt en pointant du doigt les méthodes utilisées. Dire d’un « journaliste de droite » ou d’un « journaliste de gauche » qu’il à tort parce qu’il est de « gauche » ou de « droite » est tout simplement inutile tant qu’on aura pas « aussi » démontré de facto que les méthodes employés pour écrire l’article en question ne relèvent pas d’une enquête journalistique sérieuse mais, par exemple, d’un empilement de faits utilisés à charge tout en ignorant d’autres faits qui contrediraient la thèse développée par le journaliste en question.

                  Concernant la presse indépendante de gauche (dans laquelle je range A11, CQFD, Fakir, Médiapert et les autres), je ne pense pas, ainsi que vous l’écrivez, qu’elle ferait l’économie d’un papier à charge sur un responsable politique de son camp dans le cas où elle disposerait de suffisamment d’informations corroborées par plusieurs sources. Vous faites là par avance un procès d’intention à vos confrères, ce que je ne trouve pas très constructif, mais vous avez peut-être vos raisons.

                  Concernant les « journalistes impartiaux » que vous évoquez parce que vous les avez rencontré, je ne peux vous répondre ne connaissant pas moi-même personnellement des journalistes et me basant le plus souvent sur des articles que je lis, sur des infos que j’essaye de recouper entre sites français, étrangers, de droite, de gauche, etc. Je ne regarde plus la télé depuis longtemps et ce n’est que par bribes que me parviennent du web les quelques questions « politiquement et spectaculairement orientées » posées par les Pujadas et Cie qui eux effectivement ne sont souvent là que pour se « faire » quelqu’un et non pas mener une interview sérieuse.. Ce qui ne veut pas dire que tous les journaliste sont « dogmatiques » et « auto-convaincus ». Evidemment, comme partout dans la société, ce sont les « tièdes » et les « suiveurs » qui font la majorité, mais ce n’est pas pour ça qu’il faut tous les jeter en masse en croyant que certains n’essayent pas de faire justement un boulot sérieux et… « impartial ». Malheureusement ils sont peu nombreux…

                  À la suite de votre mise au point en début de votre commentaire je comprends tout a fait que vous défendiez un article « engagé » ne proposant que des témoignages allant dans le même sens.
                  Mais on ne sera pas d’accord là-dessus.
                  Quand vous dites que F.Ruffin et A.Le Bot ont apporté leurs témoignages ils l’ont pas fait dans l’article de Cyran, il ne l’ont pas fait dans le contexte d’une enquête journalistique mais dans un contexte de « polémique publique » déjà en cours. Comme je l’ai déjà dit, Cyran aurait pu, aurait du, les interviewer pour son article. Je repose encore une fois la question : pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Seuls Mermet et, je crois, A.Chao ont été rapidement cités en quelques lignes et le CHSCT. Votre réponse c’est que Cyran pratique un journalisme engagé et qu’il décide donc qui doit parler et qui doit être ignoré. Comme je l’ai déjà dit, pour moi ce n’est pas du journalisme. Au mieux c’est une série d’entretiens personnels avec en soutien quelques infos et rumeurs glanées ici ou là, doublées d’un point de vue personnel sur la situation. N’appelons pas ça du journalisme mais un point de vue ou une prise de position. L’enrober ensuite d’un style journalistique (« nous allons vous dire la vérité et les faits ») est une faute morale de la part de son auteur.
                  Quand vous dites qu’il faut se faire une idée sur la moralité personnelle et les pratiques de Mermet, je vous réponds oui bien sûr. Mais si cette idée est basée sur uniquement des témoignages allant dans le même sens, comment voulez-vous vous faire un avis en toute objectivité ?

                  Merci de m’avoir expliqué le paragraphe de Cyran que je prenais en exemple, j’en avais rudement besoin (humour, hein ;-). C’est encore un autre débat, peut-être j’aurais le temps d’y répondre mais, désolé, aujourd’hui je n’ai plus le temps pour continuer...

                  • vendredi 19 juillet 2013 à 18h47, par Gilbert Duroux

                    « Votre réponse c’est que Cyran pratique un journalisme engagé et qu’il décide donc qui doit parler et qui doit être ignoré. »

                    Non, il choisit de parler de ce qui est ignoré. Encore une fois - Godard avait raison - l’objectivité ce n’est pas « une minute pour les juifs, une minute pour Hitler ».

        • lundi 15 juillet 2013 à 21h40, par Gilbert Duroux

          « Une question demeure : pourquoi maintenant ? pourquoi maintenant et pas plutôt il y a quelques mois ? ou encore pourquoi maintenant et pas en septembre prochain ? enfin à un moment qui aurait évité la possibilité de se dire « quand même, ça tombe pile poil au moment où on rogne une heure de l’émission. Pas de risque de voir une levée de boucliers pour protester maintenant » »

          C’est marrant, ces interrogations n’auraient pas lieu d’être si c’était un patron de droite en face. Tous les militants vous le diront, quand on agit on trouve toujours des braves gens qui sont d’accord avec vous mais qui finissent toujours par vous dire que c’était pas le bon moment ou qu’on se trompe de cible (je suis sûr que j’éveille des souvenir en disant ça, du moins chez ceux qui se bougent le cul).
          Avant, ça n’aurait pas non plus été le bon moment. À la rentrée de septembre, ce serait encore pire. Au moment de la mise en place des nouvelles grilles. France Inter aurait beau jeu de se servir des critiques à Mermet pour justifier d’avoir sabré un jour d’émission.
          Au fait, comment faites vous le lien entre l’article de Cyran et la suppression d’une journée d’émission ? C’est Cyran, Brygo et tous ceux qui dénoncent la politique managériale de Mermet qui sont responsables de cette suppression ? C’est la direction de France Inter qui vous l’a dit, comme elle a prévenu Antoine Chao qui, vicieusement, le fait remarquer dans sa défense de son boss chéri ?
          Quand l’horaire de l’émission a été déplacé, ou quand Mermet était aux prises avec Adler, Finkielkraut ou d’autres crétins communautaristes pro-Israël, tout le monde est monté au créneau pour défendre Mermet, comme le rappelle Acrimed. Et pourtant il y avait déjà eu des précédents avec Joëlle Levert, Thierry Scharf et Claire Hauter.
          Faut arrêter avec le chantage à l’émission menacée. C’est indigne. C’est du même niveau que les néocons précités qui gueulent à l’antisémitisme dès lors qu’on met en cause la politique d’Israël.

    • mardi 16 juillet 2013 à 10h29, par AgnesLeBot

      Pardon je ne réponds que là dessus : « Madame Le Bot, un peu moins de 10% des salariés étant passés par Là-Bas se trouvent en position de victimes (5/60), ce n’est pas assez pour être pris en considération ?) »

      Ce n’est pas du tout ce que je disais, et loin de moi l’idée de sous estimer la souffrance de la reporter qui a témoigné, par exemple, dont j’ai parlé dans mon témoignage.

      Ce que je disais c’est que je trouve étonnant que l’on donne tant de foi à 5 témoignages dont 2 anonymes (et dont je remets personnellement certains point en cause tel que la durée réelle du temps de travail du répondeur), 1 qui m’interroge grandement (pour ne pas dire plus), et 1 qui n’a pas été fait à l’auteur de l’article directement.
      Et si vous vous aperceviez, à l’instar du CHSCT, que le dossier est vide. Ne regretteriez-vous pas d’avoir écrit tout ça ?

      Je m’étonne également que l’on ne s’interroge pas sur le fait qu’Olivier Cyran ayant manifestement accès à plusieurs autres membres des équipes passées et présentes de Là-bas si j’y suis (il connait François Ruffin, en tous cas) n’ait pas jugé bon de questionner les personnes en question. Et qu’il puisse passer sous silence ce qui lui chante, sans que personne ne le relève, alors que nous sommes sommés de dire combien nous gagnons, combien d’heures nous travaillons, si nous sommes des lobotomisés, etc.

      Voilà, je vais vous laisser à présent. J’ai donné ma vérité, et si vous ne voulez pas la voir cela ne me concerne plus.

      • mercredi 17 juillet 2013 à 08h56, par Pierre-Marie Bourdaud

        Dommage que vous ne reveniez pas, Madame.

        Vous auriez peut-être nous expliquer les choix de Mermet de ne diffuser, à partir du répondeur, des messages « contre » que s’ils sont bêtes et méchants (lire le post de l’excellent quoiquue borné Duroux)

      • vendredi 19 juillet 2013 à 05h58, par GoG

        Bonjour,

        Je vous remercie pour votre réponse.
        En préambule je voudrais vous signaler que je ne refuse absolument pas de voir votre vérité. Ainsi, afin qu’il n’y ait pas de malentendu, je me dois de vous signaler que notre grille d’analyse politique diffère vraisemblablement de façon essentielle.
        Vous le reconnaissez vous-même d’ailleurs, vous êtes sympathisante mais sans plus, c’est probablement pour cette raison que votre témoignage a reçu un si mauvais accueil.
        Car il est choquant, à plus d’un titre, tout comme peut l’être celui de F.Ruffin pour qui réfléchit fréquemment aux rapports de domination entre individus.

        En effet, ce qui me choque dans vos déclarations, c’est le fait de minimiser ou de relativiser (très certainement de façon involontaire) la souffrance des personnes passé-e-s par Là-bas. Par exemple lorsque vous ne comprenez pas pourquoi on a pas fait appel à vous ou à d’autres, globalement satisfaits par leur expérience à Là-bas, pour ce reportage.
        Ce que vous ne comprenez pas, mais qui est naturel pour un bon nombre d’entre nous, c’est que la démarche politique (journaliste ou non) de quelqu’un qui est idéologiquement de gauche (j’entends par là quelqu’un dont l’idéal est l’abolition de toutes formes d’inégalité) n’est pas de recenser de façon impartiale tous les points de vue lorsqu’il existe un rapport avéré de domination, mais de se placer _a priori_ du côté des opprimés.
        C’est la démarche de Cyran, c’est la démarche de nombre de syndiqués et c’est la démarche de pas mal de lecteurs d’A11 ou... de Fakir, d’ailleurs.

        En outre, il me semble que si l’on donne tant de foi à la parole des victimes, c’est d’une part, parce qu’elle est cruellement familière à nombre d’entre nous, et d’autre part, parce que la façon dont elle a été montrée du doigt par votre témoignage ou celui de M.Ruffin, révèle au grand jour des concepts de rapports à autrui ou au travail qui sont en opposition avec les nôtres.
        Un des points communs entre votre témoignage et celui de M.Ruffin, finalement, c’est la glorification d’un travail difficile mais plein de richesses et d’enseignements retirés, donc quasiment érigé en modèle, du moins en quelque chose de parfaitement acceptable.
        Or, c’est précisément ce que nous ne pouvons accepter.

        Que vous ou M.Ruffin n’ayez pas eu trop de problème à suivre une cadence infernale, tant mieux pour vous et je n’y vois personnellement aucun mal. Par contre, ce n’est ni un travail qui doit être considéré comme « normal » ou simplement « formateur », ni un travail décent, c’est un rythme qui peut briser des êtres humains, et qui crée une hiérarchie des individus basée sur le mérite à l’effort dont on peut vite percevoir tous les dangers théoriques (et hélas, pratiques).

        Il est un second élément qui m’a particulièrement choqué dans votre témoignage, il s’agit du moment où vous rationalisez les interactions entre D.Mermet et une de ses employées et que vous analysez leur discorde comme un simple problème de compréhension réciproque.
        En ayant cette analyse, vous procédez par omission en considérant que D.Mermet et sa subordonée se situent au même niveau d’échange et peuvent converser ou avoir des problèmes de communication d’égale à égal.
        Or ce n’est pas le cas. D.Mermet et Mme.L. ont des rapports d’employeurs à subalternes et il ne saurait y avoir des problèmes de communication entre eux qui ne soient pas en la faveur exclusive de M.Mermet.
        Des « problèmes de communication » dont une partie exclusivement a l’ascendant structurel, peuvent tout à fait s’inscrire dans des faits de harcèlement moral.

        Et si vous vous aperceviez, à l’instar du CHSCT, que le dossier est vide. Ne regretteriez-vous pas d’avoir écrit tout ça ?

        Le récent communiqué du SNJ confirme à tout le moins que le dossier n’est pas vide. Cette reconnaissance syndicale officielle est une belle victoire que l’on peut certainement imputer à l’article d’O.Cyran.
        Ceci dit, quand bien même les syndicats auraient laissé tomber les salariés (cela arrive), je n’aurais rien regretté du tout, tant les témoignages me semblent absolument concordants, et tout particulièrement après avoir lu le votre ou celui de F.Ruffin. Cela revient d’ailleurs à ce que j’expliquais dans mon préambule.

        Finalement, quand je lis les témoignages en faveur de D.Mermet, je ne peux m’empêcher de penser à cette citation de Bourdieu tirée de son préambule introductif à son émission Sur la Télévision. Le contexte est sensiblement différent mais le propos me semble correspondre de façon assez juste.

        « L’analyse sociologique se heurte souvent à un malentendu lorsqu’elle met au jour des mécanismes cachés, ceux qui font l’objet de ces analyses [...] ont tendance à penser que le travail d’énonciation [...] est un travail de dénonciation, et de dénonciation personnelle, et ils se sentent, en quelque sorte, visés par les analyses ; alors que plus on avance dans l’analyse d’un mécanisme, d’un milieu, d’un fonctionnement social, plus en quelque sorte on est amené à dédouaner les agents de leurs responsabilités ; ce qui ne veut pas dire que l’on justifie tout ce qui se passe dans un univers social, mais plus on comprend comment il fonctionne, plus on comprend aussi que les gens qui le font fonctionner sont manipulateurs autant que manipulés ; ce qui ne veut pas dire qu’ils ne manipulent pas ; et souvent ils manipulent d’autant mieux qu’ils sont eux-mêmes manipulés et inconscients de l’être. Donc, j’insiste sur ce point, tout en sachant que malgré tout, tout ce que je dis sera perçu comme ce que l’on appelle une critique ; c’est aussi une manière pour les groupes sociaux analysés de se défendre contre l’analyse. »

        GoG



  • lundi 15 juillet 2013 à 08h09, par Olivier

    Bonjour,

    je découvre avec éffarement toute cette affaire ! Après m’être baladé de rue89 à Fakir en passant par Acrimed, avoir lu les positions respectives des uns et des autres, je ne peux que vous saluer pour la votre. Il me semble que ces déchirements (pour reprendre le mot de conclusion du papier de François Ruffin) sont, dans un sens, nécessaires car ils révèlent une fracture éthique vis-à-vis de la gestion des personnes dans leur milieu de travail. Une fracture qui réclame des éclaircissements et des réponses. Bravo et merci pour votre travail d’analyse.



  • mardi 16 juillet 2013 à 20h34, par Pierre-Marie Bourdaud

    Quelqu’un a posé plus haut la question de la rémunération des pigistes à Rue 89. Je l’ignore, mais je peux vous parler de mon expérience de « troisième voix » (défense de rire) lui ayant donné, c’est le mot exact, plusieurs articles. Récit :

    //Bon, ceci est mon dernier message, je vous informe de mon départ de la Rue.

    L’envie de ce départ fut la reprise par Rue89 le mensuel de mon article sur l’Art Contemporain (n°3, p 101). Sur le coup, je fus flatté (qui ne l’aurait été). Ensuite, je me dis (et le fis savoir à la rédaction) que fournir bénévolement de quoi gagner son pain quotidien à d’autres, ça le faisait moyen. Je n’ai rien contre le bénévolat, j’en fais, mais c’est avec et pour des gens bénévoles comme moi, pas des professionnels. J’ajoutai aussi mon regret que Rue89 n’ait pas mentionné, en signature, le fait que j’étais écrivain et donc avec des livres à vendre.

    On me répondit, entre autres, que les tribunes publiées par Le Monde et Libé ne sont pas rémunérées.

    Je répondis que certes, mais au moins on fait état des titres et des travaux de leurs auteurs.

    Là-dessus : depuis 10 jours aucune réponse, même pas le regret d’avoir oublié cette mention qui n’aurait rien coûté à la Rue et m’aurait (peut-être) permis de commencer à regagner l’argent que jusqu’ici j’ai perdu, écrire un livre ça coûte cher.

    Même pas ce minimum qui m’aurait fait encaisser de bosser gratos pour le mensuel. Alors, cette goutte a fait déborder le vase.

    « L’info à trois voix » est un jeu de dupes. Nous sommes tous égaux certes, mais certains sont moins égaux que d’autres : les simples riverains.

    La gratuité du net est un leurre : il y a toujours, quelque part, au moins quelqu’un qui donne et quelqu’un qui encaisse//

    (Le mot « leurre » est gentil, j’aurais dû mettre « vol qualifié »)

    http://tinyurl.com/67j7vy

    • mercredi 17 juillet 2013 à 13h06, par Pierre-Marie Bourdaud

      Petite digression (quoique) sur le thème des « patrons-de-gauche-mais-faut-l’dire-vite ».

      Après mon expérience déplaisante sur Rue89, je suis allé commenter sur ASI et Médiapart. Mais j’ai mis du temps à comprendre le fonctionnement pervers des ces médias prétendument participatifs. Pervers car on paie… pour leur fournir du contenu éditorial. Que ce soit en ouvrant un blogue chez Plenel*.

      Ou en postant sur les forums d’ASI des commentaires parfois nettement plus longs et élaborés, écrits avec des connaissances, du temps et de la réflexion, que l’article sur lequel ils rebondissent. Et le nombre desdits commentaires fait que parfois le ratio article-commentaires de qualité est largement au dessus de un à dix !

      Donc, je ne commente plus ni chez Ed ni chez l’autre Daniel**, et je réserve mes écrits à des sites totalement bénévoles comme Harmoniques et Nuances, où je suis Jésus Crie (oui, je sais, mauvais calembour)

      http://harmoniques-nuances.blogspot...

      * Qui pousse la perversité jusqu’à interdire aux blogueurs d’assurer leur propre modération. Résultat : des auteurs de qualité sont partis, écœurés par les rafales d’attaques ad hominem. Auteurs de qualité qui avaient un gros défaut : ne pas être dans la ligne islamistophile du bel Edwy.

      ** Individu « narcissique et autoritaire » (définition d’un journaliste ayant brièvement bossé pour lui), capable de bannir pour une durée indéfinie un posteur l’énervant, Dominique Godin, qui a traité Mettout de caniche alors que lui a traité Mme Hinterman de hamster. Faites ce que je dis pas ce que je fais.



  • jeudi 18 juillet 2013 à 12h13, par B

    sinon, pour la prochaine vente d’Article 11, faudra crier :
    numéro 13
    allez aux putes pour 3 euros Messieurs Dames !

    bécots.



  • dimanche 28 juillet 2013 à 16h26, par Elvis

    Merci pour cet article. Personnellement, ça fait un bout de temps que je m’éloigne inexorablement à la fois de Mermet et de Fakir (question des femmes, celle-là maintenant), non sans tristesse mais c’est indispensable que certaines choses soient dites, comme Cyran l’a fait, pour que le mouvement libertaire (au sens large) garde sa cohérence.

    Merci donc à Olivier, à Article 11 et je me réjouis de vous retrouver à la rentrée, l’annonce de votre décès m’avait bouleversé. Ouf !



  • dimanche 28 juillet 2013 à 17h33, par Auditeur

    Olivier Cyran et Julien Brygo propose souvent des travaux de qualité (les anciens articles de Charlie, avec CQFD, le site webphotograpique de Julien, ses reportages audio, ses papiers dans le diplo...)

    Bref, c’est chouette de pouvoir les lire, les écouter ou les regarder (boulots vidéos avec ... Pierre Carles).

    Je m’en vais péter dans la soie.



  • jeudi 29 août 2013 à 14h22, par reveric

    Apparemment dans la grille de la rentrée sur F.Inter la Direction « offrirait » à Mermet un petit 32 heures par semaine...

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