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mardi 1er septembre 2009

Médias

posté à 08h49, par PT
44 commentaires

De l’industrie du X comme forme d’avilissement moderne : le porno dans de sales draps
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Les centaines de millions de dollars brassés chaque année par l’eldorado du X virtuel ont fort logiquement aiguisé les appétits. Et alimenté une manne fort rentable : le gonzo. Non-genre trash. Sans limites. Ultraviolent. Quitte à laisser les filles sur le carreau. Qui s’en soucie, au fond ? Tant compte l’ivresse du business d’un côté, de la branlette express de l’autre. A la tienne !

Que les jean-foutre du net, palucheurs de tout poil accros au cul pixellisé et autres hypertrophiés du poignet nous pardonnent à l’avance de leur gâcher un peu de leurs menus plaisirs solitaires : les lignes qui arrivent devraient pour un paquet de temps vous passer l’envie de vous flatter l’engin - concomitamment au mulot.

Allons ! Article XI en croisade contre le porno gratos et librement distribué ? Ouais, et pas qu’un peu. Et si la chose vous contrarie, prière de trouver le guichet des plaintes au 12, place de la Bourse, Paris II. Bureaux du Nouvel Observateur. Auteur dans son supplément Télé-Ciné en date du 16-22 juillet du deuxième volet d’une série estivale consacrée aux « films à scandale ». Cette semaine-là, le tour était venu de se pencher sur le cas de Gorge profonde (Deep throat), production mythique s’il en est, qui effectivement en son temps – au virage des années 70 - fit longuement scandale. Coupable de chatouiller là où il ne le souhaitait pas un troupeau états-unien à tout le moins coincé du col.

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Le truc, c’est qu’à l’Obs on a bizarrement tourné l’affaire, évacuant à bons frais le destin de l’« héroïne » du bazar, miss Linda Boreman, alias Linda Lovelace1. « Pionnière ou victime ? » s’interroge le canard, sans pousser plus avant le questionnement. Il est vrai que le papier se borne à instruire le procès d’une Amérique plus que jamais campée sur un puritanisme surjoué - le journaleux, joyeux drille, ne se privant pas tout le long d’amuser la galerie avec de riches trouvailles stylistiques (« Un pitch en acier trempé » ; « Les queues devant les cinémas s’allongent » ; « Gorge profonde ébranla tout le système » – ah ! ah !).

Plus sérieusement : que connaît-on de Linda Lovelace ? « Enfant martyr », « prostituée »2, Linda doit sa carrière pornographique à la rencontre avec son futur mari, proxénète à ses heures. Jeune femme paumée en réalité, loin de l’image de « performeuse » véhiculée par Deep throat, production qui symbolise l’acmé de sa brève « ascension » et tombe le voile sur quelques versants à gerber. Comme lorsque, sur ordre de son époux, L.L. fut contrainte durant un tournage de se soumettre à une scène zoophile avec un chien.

Entre autres parcours, l’histoire de Linda Lovelace est évoquée dans la roborative enquête de Frédéric Joignot, Gang Bang3, publiée en 2007. Et c’est là qu’on veut en venir. Gang Bang ? Un long voyage à travers les enfers de la pornographie moderne, dont la propre destinée de L.L. contenait tous les germes. Voyage, surtout, à travers le business galopant d’une industrie qui aura considérablement muté durant les quinze dernières années. Le porno à papa (VHS élimées, play, rewind, arrêt sur image) disparaissant au profit du gonzo crade, accessible d’un simple clic.

Dèche généralisée et valeur refuge

Des chiffres ? En voilà : chaque seconde, sur le net, 89 dollars sont dépensés pour le X. Dans le même temps, 266 sites nouveaux fleurissent sur la Toile4. Mais aussi : chaque seconde, 28 258 internautes de par le monde s’injectent une dose de porno via leur PC. Du côté des sites : Hustler comptabilise 8 millions de visiteurs uniques chaque jour, quand Kara’s Adult Playground se fait fier de revendiquer 5,9 millions de clients enregistrés. Le marché américain spécialisé pèse 13 milliards de dollars. Autant le dire : en ces temps de dèche généralisée, le porno demeure une valeur refuge.

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Et sans se ruiner par-dessus le marché. Ben oui : une piaule, une caméra, un logiciel de montage. Et des filles. Basta. Donc fastoche. « Pas de scène, pas de décor » , ainsi que le résume Sweet, une ancienne « actrice » de gonzo5. « Le gonzo, c’est très dur, poursuit-elle. La baise directe, de la double pénétration, de la triple, des godes énormes, les scènes qui s’enchaînent à toute blinde ». Plus loin : « Une D.P., c’est pas du tout évident à faire. Ça fait trop mal des fois ! Aucune fille n’y arrive du premier coup (…) C’est très différent de ce qu’on voit sur un écran. C’est très impressionnant, deux types qui enfoncent une femme, la bourrent. Des actrices ne le supportent pas. »

La question, c’est : jusqu’où ces filles sont-elles consentantes ? Que savent-elles des scènes qui les attendent ? Que savent-elles de la double pénétration, de la sodomie, du fist fucking ? Et que sait-on, nous, spectateurs, de ce qui se trame hors champ ? Caméra éteinte. Quand le tournage est interrompu.

Au visionnage de certaines séquences, Frédéric Joignot s’estime « témoin payant d’un viol ». « Le X n’est pas un genre à part entière, corrobore la réalisatrice Jacky Tyler. A cause de la manière dont il est pensé et fabriqué (…), il s’apparente plus à du snuff movie.6 » A preuve : l’évocation d’un tournage gonzo où un type « met la tête de la jeune femme dans la cuvette des toilettes pendant qu’il la baise.7 »

Leur métier : « Forcer les chairs »

Marc Dorcel et ses robes longues de soirée, cuivres endiablées, cravates de notaire et demeures à l’avenant, ont vécu. Exit le porno petit-bourgeois. Place au trash. A la défonce. Où l’acteur surmembré s’emploie à « forcer les chairs ». « Je les ai vus mettre un téléphone portable dans l’anus d’une actrice, puis ensuite le faire sonner, se souvient une actrice présente sur un tournage allemand. Je les ai vus enfoncer une pizza dans le vagin d’une actrice. Les yeux de la fille blanchissaient. Je suis intervenue pour interrompre le massacre, le réalisateur a voulu me gifler. La fille a refusé mon aide. Elle tenait trop à son cachet. Elle a pris son fric, et elle est partie sans rien dire.8 »

Comme d’autres, le porno prospère sur la merde ambiante. Google. Je tape « Défonce anale » : 528 000 réponses. « Destruction anale » : 2 300 000 réponses. Fenêtres pop-up à l’appui. Welcome sur la Toile. Visages déformés, images de la souffrance. L’ultra-violence de partout. Consentie ? Certes, la fille empoche les dollars, les euros. A l’exemple de ce qui se pratique sur le site Gang Bus9. Le pitch : un van sillonne les centre-villes de quelque bourgade américaine, ramasse en auto-stop ce que ses propriétaire trouvent de blondes dépoitraillées, les filles en prennent pour leur grade, s’en tirent avec la sempiternelle éjac’ faciale, les portes du véhicule s’ouvrent en grand, les filles jetées sur le bitume, des billets volent, le van reprend sa course sous les rires gras des types satisfaits. Bangbros, la boîte qui balance ça, détient 29 sites et présente un chiffre d’affaire annuel avoisinant les 2 millions de dollars.

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Les filles ? Des « biatches ». Des « salopes ». Prêtes à tout pour un peu de fric. Des « big mouthes », « big asses », « big boobs », assoiffées, affamées, que sais-je encore ? Justement : on ne sait pas grand-chose d’elles. Elles non plus d’ailleurs. « Je sais que je suis une grosse pute. Mais je ne me rappelle pas comment ça a commencé » , racontait une actrice dézinguée à la réalisatrice suédoise Alexa Wolf, auteure du documentaire Shocking Truth, compilation de témoignages plus saisissants les uns que les autres. Shocking Truth retient que les « actrices » « sont très souvent d’anciennes victimes de viols ou d’incestes ». A la question « quand ça a commencé ? », toujours, une autre répond dans le film, le visage couvert de foutre : « Peut-être quand je me suis fait enculer par l’avocat de mon père. Enfin, je ne sais pas si c’était son avocat ou un de ses collègues. J’avais douze ans10 ».

« Une spirale de la violence »

D’autres enquêtes témoignent des séquelles physiques retenues contre ces filles usinées sans ménagement. L’une condamnée à la chaise roulante après un gang bang. Une autre séjournant six mois à l’hôpital au sortir d’un tournage. « J’ai vu beaucoup de filles saigner du nez, à cause des gifles, raconte Sweet, citée par Joignot11 J’ai vu des poignets cassés, des bleus, des contusions (...) Cela n’a rien à voir avec des accidents de tournage, pendant un film de karaté. Nous ne savons pas, avant, que ça va aller si loin. Ils voulaient m’enfoncer un tuyau dans l’anus pour me faire sortir de la merde (...) mais j’ai refusé. Nous sommes emportés dans une spirale de la violence. Il y a déjà des filles pas mal amochées, c’est certain, et je ne te dis pas psychologiquement. »

Au plus fort de sa notoriété, tournant le dos (sans jamais être parvenue à se délester de l’encombrant fardeau) à sa trajectoire X, Linda Lovelace avait l’habitude de répéter : « Les spectateurs de « Gorge profonde » assistent à mon viol ». Dans le fond, rien n’a bougé. Les salles dédiées ont depuis longtemps fermé boutique. Désormais, c’est depuis le confort de son bureau, sur son portable, joies du wi-fi, à toute heure, que se rend disponible le spectacle des corps.

A la chaîne.



1 « Lovelace » - Traduction littérale (quoique approximative) : « amour et dentelle ». Ce qui, compte tenu des motivations ayant conduit à la retenir au casting, confine au plus sordide des foutages de gueule.

2 Lire l’article de wikipédia la concernant.

3 Seuil, 202 p. 15 €. Le livre sert abondamment de trame à ce billet, que son auteur en soit remercié.

4 Statistique qu’il convient, en toute évidence, de pondérer étant donnée la proportion de sites qui parallèlement baissent le rideau – mais je n’ai rien trouvé de certain sur le sujet.

5 Gang Bang, p. 42.

6 Gang Bang, p. 51.

7 Gang Bang, p. 55.

8 Gang Bang, p. 86.

9 Adresse crapuleuse s’il en est dégotée par Lémi. Une multitude existe, en une course effrénée aux scénarios les plus cradingues.

10 Témoignages extraits d’un article publié par l’écrivain Isabelle Sorente disponible ici à la lecture

11 Gang Bang, p. 108.


COMMENTAIRES

 


  • C’est ça qui est fou avec le réseau. Tout ce que le genre humain peut avoir en tête se retrouve en image, quelque part.
    Alors oui, le porno gonzo, c’est vraiment pas beau, les proxénètes des ordures qui se font du fric sur la misère des filles.
    Mais alors quoi, on légifère, on interdit ? On interdit quoi, techniquement ?
    L’esclavage, le viol, le mobbing, sont déjà hors la loi.
    Alors faisons respecter la loi.
    La loi de quel pays ? Comment ?

    Je suis bien sur d’accord avec toi sur l’inadmissibilité des pratiques que tu décris. Mais je veux juste pointer du doigt que 1) les moyens d’action sont plus que limité, que 2) que ces merdes prolifère sur la misère ambiante, et que 3), qu’il y a aussi de belles choses sur la Toile, même sans le bas...

    • mardi 1er septembre 2009 à 19h20, par CaptainObvious

      « Tout ce que le genre humain peut avoir en tête se retrouve en image, quelque part. »

      Règle N°34 : Si quelque chose existe alors il y a quelqu’un qui a fait du porno avec.

    • « 1) les moyens d’action sont plus que limité »

      Certes, mais le silence serait pire encore.

      « 2) que ces merdes prolifère sur la misère ambiante »

      Je ne dis pas autre chose. C’est même la propagation de la merde ambiante qui accélère cette prolifération du X crade-violent (enfin me semble)

      « 3), qu’il y a aussi de belles choses sur la Toile, même sans le bas »

      Mille fois d’accord aussi (mais ça revient à dire : bon c’est vrai qu’il y a des snuff movie, mais hé, y a quand même de chouettes films qui traitent de la violence - évidemment)



  • Trop tard pour légiférer, j’en ai peur.

    Tant que la télé au travers d’émissions comme dernièrement Secret Story, ce monument de vulgarité, où se pavanent des personnages qui reprennent tous les codes du porno : types glabres et bobybuildés, bimbos piercées, tatouées et botoxées, et je passe sur les discours lénifiants...
    Là où ce type d’émissions est dérangeante à mon avis, est qu’elles s’adressent à un public d’ados, avec des gens pas si jeunes que ça, et dont certains ont déjà probablement roulé leurs bosse dans le milieu porno ou la photo. C’est déjà arrivé dans les éditions précédentes.

    Combien de fois aussi n’avons nous pas vus Rocco Sifreddi (m’en fous de l’orthographe !), invité sur Canal au grand journal, au nom de l’info décalée, du deuxième degré cher à la chaîne, et tous de se marrer comme des bossus avec force vannes salaces (parfois même avec un invité politique), alors que ce type là est un des producteurs les plus prolifiques dans le porno discount. Mais bon, ces gens là sont interviewés gentiment par des présentateurs en cravatte, alors...

    Donc tout ça semble banalisé aujourd’hui.

    • Sous quelques soirées de détresse, il me semble avoir aperçu des spécimens de bimbos X paradant sur les émissions aussi raffinées que celles de Cauet.

      Vrai : l’imagerie du porno s’est incrustée partout. Mais ça ne date pas d’hier. Dans un registre identique à celui que tu décris pour Secret Story, je te conseille de visionner d’ancestraux épisodes des séries AB (Hélène et les garçons, d’autres aussi). Des feuilletons pour midinettes qui empruntaient mêmement aux codes du X - décors chiches, réalisation à la tronçonneuse, dialogues creux, jeux d’acteurs minimalistes, scénarios bidons, l’acmé de chaque épisode tenant dans les baisers échangés par les personnages (soulignés par les « wouhouhou » de la bande-son public) que l’on pourrait assimiler, en l’espèce, aux scènes de cul dans le porno.

      (et la prochaine fois, promis, je tente de pondre une phrase encore plus grasse - longue)

      • mardi 1er septembre 2009 à 20h00, par CaptainObvious

        je te conseille de visionner d’ancestraux épisodes des séries AB (Hélène et les garçons, d’autres aussi). Des feuilletons pour midinettes qui empruntaient mêmement aux codes du X - décors chiches, réalisation à la tronçonneuse, dialogues creux, jeux d’acteurs minimalistes, scénarios bidons, l’acmé de chaque (...)

        La je suis plus que dubitatif, la vacuité est peut être caractéristique du porno, mais je ne pense pas que le porno soit caractéristique de la vacuité.



  • Le titre en forme de jeu de mots n’exprime malheureusement pas la réalité économique de ce secteur qui est florissant. D’ailleurs il est intéressant de savoir un peu qui sont les clients et à qui profite cette manne, ce ne sont pas forcément ceux à qui l’on penserait : http://libertesinternets.wordpress....

    Voir en ligne : LA PORNOGRAPHIE, C’EST AVANT TOUT UNE AFFAIRE D’ADOS… ET C’EST TRÈS PROFITABLE

    • « Le titre en forme de jeu de mots n’exprime malheureusement pas la réalité économique de ce secteur qui est florissant. »

      Euh, certes : mais le reste du papier tente quand même d’en faire part (non ?) :)

      Quant à l’impact de ces nouvelles formes de pornographie sur les cerveaux encore mal vissés de nos amis les ados, oui, ça mériterait une longue étude ici même (mais, ouche !, on risque encore de nous taxer de puribonderie (ce qui franchement consiste à bien, fort bien nous connaître hein)).

      • mardi 1er septembre 2009 à 20h04, par CaptainObvious

        « 

        Quant à l’impact de ces nouvelles formes de pornographie sur les cerveaux encore mal vissés de nos amis

         »

        La encore je dubite, si les films avaient une forte influence sur les gens, avec tout les films violents (et notamment les films gores) qu’il y a depuis le début du cinéma on aurait du voir une explosion de la violence chez les gens.

        • « Quant à l’impact de ces nouvelles formes de pornographie sur les cerveaux encore mal vissés de nos amis »

          La encore je dubite

          Dubitage de bon aloi.

          Mais note - et ce n’est pas une pirouette de ma part - que je ne présume de rien en écrivant cela. Simplement : oui, ça m’intéresserait de connaître l’impact de ces nouvelles représentations de la pornographie sur des imaginaires en construction.

          • mercredi 2 septembre 2009 à 02h52, par pièce détachée

            @ Captain Obvious : « on aurait dû voir une explosion de la violence chez les gens ». Eh bien non. Puisque le porno tel qu’il règne est — n’en démordons pas non plus — l’une des manifestations meurtrières de la vacuité qu’on nous inflige de respirer en mille particules diverses, sa violence s’inflige elle aussi en poussières avilissantes qu’on ne sent même plus tellement elles sont dans l’air du temps. Pas besoin d’un passage à l’acte violent, dont la sanction pénale menacerait peut-être, hou là là, le confort du prédateur : il suffit, une fois visionné le hard, de le recycler innocemment en meurtrissant l’imaginaire d’autrui par tout un assortiment de manières baveuses*, et l’on a pour soi la dernière mode des industries du fantasme, dont la vacuité n’est pas pénalisable. Le meurtre des imaginaires non plus : par définition, un objet sexuel n’a pas d’imaginaire (il en va autrement du recyclage soft au quotidien des violences entre « vrais mecs », sujets à armes égales, pas enculables, etc.).

            * « Si quelque chose existe alors il y a quelqu’un qui a fait du porno [ = des rapports de pouvoir] avec ». J’aime beaucoup.

            @ PT : « ça m’intéresserait de connaître l’impact de ces nouvelles représentations de la pornographie sur des imaginaires en construction ». Je peux juste témoigner pour l’instant qu’affronter les grands yeux bleus, déjà pourris par le porno soft ambiant, d’une chère gamine de dix ans, heu... houark... no future.

            • D’où, tout en continuant de manier le sujet avec force précaution (je n’ai ni enfant, ni lu d’études riches sur le sujet), je m’inquiète grave de ce que ces représentations de la pornographie - partant, de la sexualité - suscitent chez les ados. Et les quelques remarques lues ici (mais ailleurs aussi) taxant ces craintes de puribonderie mal placée émanant du plus insipide des peine-à-jouir ne font qu’accroître ma vigilance.

              (Tout angélisme à part, fort à parier qu’à dix ans seulement ces grands yeux bleus-là s’ouvriront sur un tas de merveilles qui enseveliront le crade ambiant...)

              • mercredi 2 septembre 2009 à 05h08, par pièce détachée

                Force précaution moi aussi : « je peux juste témoigner pour l’instant ». La fille n’est pas la mienne (moi pas épouser, moi pas enfanter). L’imaginaire de la gamine se construit « en liberté » (soyons modernes) sur de la pub et du crade soft adaptés à son âge, grâce à des technologies dont la mère, complètement à l’ouest, s’émerveille que sa fille les « maîtrise » si bien (ça arrange le père).

                Je n’ai pas lu, moi non plus, d’études fouillées sur le sujet. Je vais devoir, et ce ne sera pas par curiosité d’intello.

                Ces grands yeux bleus-là vivent au milieu de merveilles. Déjà aveugles, ils ont obtenu (le fric fait tout pardonner) le séjour proto-porno dont ils rêvaient : Disneyland. J’aurai le récit demain, mélangé portnawak avec les pubs TV les plus rigolotes, le dernier jeu vidéo méchant, et bientôt les meilleurs truc d’Internet sans apprentissage dans sa chambre.

                Le premier qui me traite de Philippe Val, je sors mon sex-toy du jour (Stihl 023 C, 62 dents, 325« .063 », 1,6mm, c’est écrit).

        • et c’est bien ce que nous avons aujourd’hui, une explosion de la violence...



  • L’article d’Isabelle Sorente est vraiment retournant. D’autant que ce n’est pas une critique émanant d’un quelconque conservateur américain, choqué à chaque fille nue lui sautant aux yeux.
    Le dernier paragraphe est plein de sens :
    « On peut se demander quels automates dociles on cherche à faire des hommes qui regardent ces films. Voulons nous fabriquer des générations d’individus onanistes, passant leur vie derrière les écrans, économiquement performants, faciles à faire jouir - et de l’autre côté, une autre humanité, laborieuse, obligée, mise en image, qu’il sera permis de « démolir » ? »

    Et pour ceux qui pensent que beaucoup d’actrices font ça par volonté (ce qui n’est pas totalement faux,admettons), on pourrait se pencher sur le cas de Pierre Woodman qui part en Europe de l’Est chercher de nouvelles filles pour ses films. Lui d’habitude ne fait pas gonzo, mais filme une première vidéo (comme casting) où il se met en scène avec elles. Assez sordide, si en plus on ajoute le fait que certaines sont vierges. (cf interview vidéo : http://www.ecranlarge.com/article-details-7411.php , très instructif sur l’envers du décors)

    Merci pour l’article.

    Voir en ligne : http://quandlesconssontbraves.blogspot.com/



  • Un peu facile de dénoncer les horreurs -c’est vrai- parfois associées à certains films ou vidéos X .
    Branlettes express, palucheurs...On peut aussi parler des coincés-du cul, peines-à-jouir et tristes
    copulateurs, souvent moins prompts à dénoncer les violences sociales ou guerrières dont nous
    sommes témoins quotidiennement.
    Vaste débat qui entraine sur le terrain de la bien-pensance, du politiquement correct et de la censure
    mais loin de moi l’ idée de défendre les coupables industries associées au sexe...
    L’ auteur aura au moins un terrain d’ entente avec P.Val lors de sa prochaine visite , sur le tout-à-l’égout que représente pour lui le Net, pas toujours très net, c’est vrai aussi .

    • Oh la belle indignation que v’là. Tellement prévisible en plus. Y’auraient une hiérarchie des violences à dénoncer ? Et les violences sexuelles, ce serait moins graves, un souci de coincés-du-cul ? J’ai bien une idée du pourquoi de cette hiérarchie...

    • mardi 1er septembre 2009 à 19h27, par CaptainObvious

      souvent moins prompts à dénoncer les violences sociales ou guerrières dont nous sommes témoins quotidiennement.

      C’est sur que sur article XI on vois jamais de textes dénonçant « les violences sociales ou guerrières dont nous sommes témoins quotidiennement »....

      • Euh oui... Ce passage-là aussi m’a fait sourire. Tant il est vrai que les camarades JB, Lémi et le reste des troupes se désintéressent au plus haut point de ces questions. Une grosse bouse inconséquente et indifférentes aux choses du monde, ce site - qui ferait mieux d’être hébergé par Skyblog, je vous le dis.



  • mardi 1er septembre 2009 à 18h10, par pièce détachée

    Absolument aux antipodes de ces femmes idéales — des bouts d’emmental avec un max de trous : la maman, le papa, et le fiston Jacopo Fo.

    « Trop tard pour légiférer », commente namless. C’est évident : toutes les variantes du hard, du gonzo et que sais-je se retrouvent intacts et font rire de bon cœuren prime time (ce n’est qu’un exemple parmi des milliards de milliards, avec des milliards de dollars à la clé, comme l’explique le lien du commentaire de lsm).

    @ jide :

    Oui ! « il y a aussi de belles choses sur la Toile, même sans le bas... »

    @ Alex,

    Vous savez, le chantage aux « coincés-du cul, peines-à-jouir et tristes copulateurs », il y a déjà un moment que c’est très, très éculé. Ça fait rire, même avec des enjeux qui font si mal.

    Il seraient « souvent moins prompts à dénoncer les violences sociales ou guerrières dont nous sommes témoins quotidiennement ». Ah ? Tout le monde est au courant — et vous ? — que les premières victimes de ces violences sont les filles et les femmes de tout âge, et que la pornographie n’est qu’un aspect de ces violences, produit de normes masculines jusque dans l’orgasme.

    De tous mes sex-toys de fille, celui que je préfère là tout de suite maintenant, c’est peut-être ma tronçonneuse, voyez-vous.

    • mardi 1er septembre 2009 à 18h12, par JBB

      Eheh, je ne fais que passer dans le débat (biaisé, je suis d’accord). Mais j’ai adoré ça :

      « De tous mes sex-toys de fille, celui que je préfère là tout de suite maintenant, c’est peut-être ma tronçonneuse, voyez-vous. »

      (Hop, je me sauve)

      • mardi 1er septembre 2009 à 18h21, par pièce détachée

        Nan nan, tu te sauves pas comme ça. Je ne mettrai pas le sex-toy en route pour toi, mais je viens d’hériter d’une bouteille de Marsannay rosé 2006. Rhaaa lovely ! Tchin !

        • mardi 1er septembre 2009 à 19h46, par JBB

          Si tu prends par les sentiments, aussi…

           :-)

          • mardi 1er septembre 2009 à 19h55, par PT

            Ça ferait un beau titre de porno, ça : « Si tu me prends par les sentiments » (enfin j’me mêle pas hein).

            • mercredi 2 septembre 2009 à 03h52, par pièce détachée

              Ah nuance. JBB a écrit : « Si tu prends par les sentiments », sans ce « me » impudique. Tout de même... Je vois plutôt ça comme « Si tu prends par le chemin qui grimpe à la Vierge où la bouteille est au frais sous le genévrier piquant... »

              Et puis les sentiments, comme le pouvoir, la tangente, les armes, la porte, les gens, les cuites, je n’ai jamais bien su par où les prendre : par les trous, par les anses ou par les poignées ? — Et vous, qu’est-ce que vous prenez ? Rien. JBB ne fait pas exception, quand bien même il serait muni de tels accessoires.

              • mercredi 2 septembre 2009 à 07h29, par TaF

                A vous lire sur la fin, il est bon et presque rassurant de voir combien le trash, le gonzo, bref tout ce qui nous rend étroit a (aussi) cette capacité à reveiller de la belle écriture et des manifestions un plus subtile de l’humain, y compris son humour et ses émotions.
                Mais j’me rassure peut être ;)

              • mercredi 2 septembre 2009 à 10h58, par PT

                par les anses

                Si tu me prends par l’aisance.

                • mercredi 2 septembre 2009 à 12h07, par Lémi

                  Je décrète arbitrairement ce fil de discussion et la série de commentaires ornant ce billet « Meilleure preuve 2009 que le web 2.0 n’est pas que du caca ». Et, nonobstant le fait qu’il me fait passer pour un gros pervers fournisseur de liens crados, je félicite l’auteur de ce billet pour son retour en force.

                  Concernant les anses à JBB, je serais vous, je chercherais ailleurs, il gaspille ses poignées d’amour en vains (20 ?) footings quotidiens. Ne restent que les oreilles, tristement banales et peu adaptées à la chose.



  • Soyons clairs. Ce qui est nouveau, ce n’est pas tant l’exploitation sexuelle des femmes, qui est certainement aussi vieille que l’humanité, mais la profusion d’images et de vidéos facilement accessibles. Cela ne justifie évidemment rien, mais je voudrais simplement relativiser cette idée d’une évolution de la dépravation humaine, le discours éculé du genre « tout fout le camp », c’était mieux avant").

    L’exploitation sexuelle est toujours aussi horrible et insupportable qu’il y a 50, 100 ou 1000 ans, et c’est un domaine où l’être humain n’a pas beaucoup évolué. J’en veux pour preuve justement la relative tolérance de la police et de la justice sur ce sujet, qui permet à ce genre de situation de perdurer aujourd’hui. D’ailleurs, peut-on supprimer cette part de l’Humanité ? Rien n’est moins sûr et moins complexe.

    Alors quoi de neuf ? Internet et la vidéo aggravent-t-il cette déchéance ? Nouveau le gonzo ? je n’y crois pas une seconde. Vous accusez le « porno gratos et librement distribué », mais le problème est-il là ? La suite de votre article montre bien, chiffres à l’appui, que c’est avant tout un business, et que gratuit ne signifie pas « non rémunérateur ». Deep throat est un film distribué en cinéma, donc payant, ce qui n’a pas empêché des pratiques avilissantes.

    En fond de débat, avouons-le, il y a aussi notre bonne vieille éducation judéo chrétienne. Est-ce le sexe que nous condamnons ainsi ou ses dérives ? Les dérives sont elles dues aux pratiques sexuelles, ou à l’esprit déviant de quelques malades mentaux (comme votre article en dépeint quelques uns) ? Je crois que les jean-foutre du net et autres hypertrophiés du poignet sains d’esprit (oui oui, on peut se branler et être équilibré) sont capables de faire la différence. Et nous DEVONS faire la différence, au risque de basculer dans une société puritaine où même notre activité sexuelle sera surveillée par l’oeil de Big Brother et où la loi imposera la position du missionnaire, seule position moralement respectable chez les gens bien comme il faut.

    Comprenons-nous bien, je ne suis pas en train de défendre des pratiques honteuses et qu’il faut combattre. Je dis simplement que ce genre de débat amène souvent à des conclusions simplistes, et qu’il ne faut pas se tromper de cible.

    • @quidam : pas mieux... Le gonzo fleuri comme je l’ai dit sur la misère ambiante, misère financière des filles, bien sur, mais aussi misère affective des conso-mateurs, coincés entre leur morale judeo-machin et leurs fantasmes auto-entretenus par le porno omniprésent.

      Et on peut largement faire le parallèle avec l’esclavage moderne qui produire à vil prix du gadget-plastique-asiatique que des drogués de la consommation (fantasmes auto-entretenus par la pub omniprésente itou) irons acheter sans frémir au Wal-Carrouf du coin.

      Voir en ligne : http://jide.romandie.com

    • Ce qui est nouveau c’est le systeme capitaliste, quoi de mal de prendre en photo ou dessiner un joli corps, même si c’est juste pour le plaisir sexuel ? Quand l’argent entre en jeu, et qu’il en faut toujours plus, c’est de la que partent toutes les dérives et dépravations du porno.

    • samedi 26 septembre 2009 à 22h27, par krop

      D’ailleurs, peut-on supprimer cette part de l’Humanité ?



  • La tête dans la cuvette des toilettes, c’est Rocco, pas un obscur Gonzo.
    Les pornos c’est pas ma passion, mais il serait de bon ton d’arrêter de sortir des lieux communs.
    Les tournages, c’est pas du cassage jubilatoire d’anus, c’est de l’Arnica et de la crême Emla pour anesthésier, c’est l’usine. C’est 2 plombes de préparation avant la pénétration.
    Cet article a l’air tourné pour coller une demi-molle à des vieux cochons et faire dans le sensationnel, avec moultes anecdotes « légendes urbaines ».
    C’est sordide par le manque d’émotion, pas par cette perversité jubilatoire décrite ici.

    • je pense que vous n’avez pas compris ce qui se disait dans cet article, car l’auteur prend la peine de préciser qu’il fallait faire une différence entre le porno style « marc dorcel » et ce qu’on voit aujourd’hui sur internet.

      à titre général, on voit bien, selon le style de réponse que certains défendent leur petit monde. c’est un peu comme la prostitution, il y a des putes heureuses, mais combien en pourcentage, 1, 2 ou 3% ? et certains prennent prétextent de ces exceptions pour défendre la prostitution. combien y a t’il de fille réellement volontaire pour faire ce genre de chose ? le porno est devenu (est devenu ou est ?) une industrie du marche ou crève. il faut savoir qu’une fois que vous avez mis le doigt dans l’engrenage, il est très dur d’en sortir, ceux qui arrivent à mener une vie normal pendant et après sont des exceptions très très rares. comme pour la prostitution, cette activité est très souvent couplée à d’autres dépendances, utilisées par ce milieu à la moralité totalement inexistante. pour moi, il ne s’agit aucunement de pruderie (chacun est libre de faire ce qu’il veut de sa vie), mais d’exploitation et d’esclavage, de mépris de la personne humaine.

      qu’on le veuille ou non, il ne faut pas croire que les faces réjouies de toutes ces filles siliconée et écartelées représentent la réalité, ou alors il faut être le dernier des imbéciles pour le croire. derrière tout ça, il y a souvent de la souffrance et de la détresse et se réfugier derrière une pseudo innocence ne change rien au fait qu’en consommant à hautes doses ce genre de choses, on fait un tel appel d’offre que la pression sur ces pauvres filles est immenses. le consommateur est bien, en final, le vrai responsable de tout ce grand merdier. voilà ce que certains voudraient bien éviter de savoir, préférant se voiler la face en se disant que ce ne sont que des salopes qui sont bien contentes de se faire détruire devant une caméra et que ceux qui le dénonce ne sont que des puritains arriérés...

    • « La tête dans la cuvette des toilettes, c’est Rocco, pas un obscur Gonzo. »

      Oups ! Grosse erreur factuelle de ma facture. D’autant qu’il est vrai qu’imaginant Rocco en train d’entreprendre une demoiselle la tête plongée dans les toilettes, juste contre le bloc Harpic, d’un coup ça me rend la scène plus sympathique (mais j’y pense : est-il impossible de concevoir que le gonzo ait songé à recycler pareille scène hyprabandante ?)

      « Les tournages, c’est pas du cassage jubilatoire d’anus, c’est de l’Arnica et de la crême Emla pour anesthésier, c’est l’usine. »

      Tout de suite, c’est certain, ça rend le truc plus humain. Je te recommande cependant le visionnage de quelques gonzos de derrière les fagots en circulation sur le net, où l’on sent bien que ni l’Arnica ni toute autre prévention miracle ne peuvent rien contre les souffrances endurées. Pour le coup, c’est même le spectateur qui doit s’équiper au préalable : anti-vomitif de rigueur.

      « avec moultes anecdotes « légendes urbaines ». »

      Oui, oui, c’est bien connu : la thérie du complot pour mettre à terre le porno-géant aux pieds d’argile. Mouarf !

      « C’est sordide par le manque d’émotion, pas par cette perversité jubilatoire décrite »

      D’une : je te jure qu’il faut sacrément être blindés pour ne pas ressentir quelque émotion (pitié, rage, dégoût, colère...) devant certaines scènes. De deux : c’est précisément la perversité jubilatoire mise dans certaines scènes qui font le sel (et probablement le succès) de quantité de sites ayant pignon sur web. Merci d’avoir trouvé les mots justes.

      • samedi 26 septembre 2009 à 22h34, par krop

        Merci d’avoir trouver les mots justes !... de rien.,Tu le raconte si bien !



  • On a essayé de faire quelque chose.

    Et JF Kahn est arrivé et a dit que son ami Baudis était innocent, et que les réseaux pédophiles ça n’existait pas.



  • La BBC (channel 4) a presente un reportage tres interessant sur le sujet.

    http://www.bbc.co.uk/iplayer/episod...

    Presentation BBC4 :

    "Tim Samuels explores how in the 21st century, pornography has never been more profitable or more pervasive. Tim sees how pornography is now piped into people’s lives via new technologies and how this is creating powerful new revenue streams for supposedly ’family friendly’ mobile phone and credit card companies.

    Tim discovers how the Internet has spawned ’Porn 2.0’. He travels to the US headquarters of a porn website with millions of users, and has the opportunity to get ’hands on’ with their latest porn technology.

    Tim finds out that the spread of porn is having far-reaching consequences. On porn sets in LA, Tim sees that condoms are rarely used, and in Africa, he finds that these American condom-free movies can undermine safe sex education, increasing the risk of HIV infections."

    Broadcast on : BBC Two, 10:00pm Monday 31st August 2009
    Duration : 60 minutes
    Available until : 10:59pm Sunday 13th September 2009"

    Le journaliste devoile le nom des compagnies qui profitent de l’industrie pornographique (ex. Google, Yahoo, Vodafone...), il interview plusieurs personnes (analystes fincanciers, acteurs/actrices...)... On se rend vite compte que le systeme est tentaculaire ! C’est effrayant !

    Voir en ligne : Reportage BBC4



  • Bon, puisque j’arrive après la partouze de mots, je ferai simplement une remarque et un conseil de lecture :

    Une remarque concernant le chiffre d’affaire généré par l’industrie du porno : le doute m’habite quant aux montant faramineux censés être les chiffres d’affaires des entreprises de ce milieu (et notamment via internet).
    Quel crétin moyen irait filer son pognon et son numéro de carte bancaire sur le site www.foufouneschaudesetpayantes.com alors qu’on trouve encore plus d’images et de films pornos gratuits sur le net que de mp3 des Beatles, Madonna et Michael Jackson réunis.
    Ce bizness me semble être un moyen particulièrement intéressant de blanchir de l’argent d’autres provenances ou d’utiliser massivement des numéros de cartes bancaires volés.

    Le conseil de lecture est un livre canadien intitulé « Le Jaguar et le Tamanoir » de Bernard Arcand que j’ai lu il y a longtemps.

    On peut en avoir un aperçu préparatoire dans un article “Vers une analyse anthropologique
    de la pornographie : notes préliminaires au début d’une recherche.”

    "Les Sherente du Brésil central ont choisi deux animaux, le jaguar et le tamanoir, comme résumant à merveille deux modes de vie radicalement contrastés. Le jaguar est compris grand chasseur, grand mangeur et grand baiseur, vivant dans un milieu social fondé sur l’échange, l’alliance et la réciprocité. Le tamanoir, chasseur et mangeur de fourmis, le plus ridicule des gibiers, est un animal dit asexué et solitaire. Autre contraste, le tamanoir vit très vieux et est peut-être même immortel. Dans les duels mythiques entre les deux animaux, la mort a toujours raison en dernière instance, comme disaient Staline et Ingmar Bergman, et le tamanoir sort toujours vainqueur.

    L’opposition entre jaguar et tamanoir se donne sous forme de choix aux Sherente. Lors de la cérémonie du padi (Nimuendaju 1942 : 68-70), les Sherente se proposent à eux-mêmes les deux modèles et optent pour le jaguar : les humains seront donc des êtres de société, mangeurs et baiseurs, mais ils seront aussi mortels. Les Sherente refusent l’immortalité au prix d’une vie qui leur paraîtrait minimale (Portante 1977).

    Le phénomène récent de la prolifération commerciale de la pornographie en Occident semble être le symptôme du choix contraire à cette question que les Sherente posent si clairement. La pornographie est affaire de tamanoir.

    Et il y a dans le livre un chapitre ébouriffant mettant en parallèle le capitalisme débridé décrit dans les livres de Dickens et la pureté capitaliste du marché de la pornographie à la fin du XXème siècle.

    Cela devrait intéresser les lecteurs de ce lieu honni par Philippe Val et les hordes hortefiques, bandes de tamanoirs !

    Et quant au gonzo, je préfère celui d’Hunter S. Thomson et consorts.

    Arf !

    Zgur

    Voir en ligne : http://zgur.20minutes-blogs.fr

    • samedi 26 septembre 2009 à 22h44, par krop

      forme « existentielles » ou « verbales » ?peut être reposant sur un « idéale » ?



  • Purée que ce débat m’énerve, non pas que je sois en désaccord avec le contenu de l’article. Mais des gens qui s’abîment dans leur travail (physiquement et/ou mentalement) , il y n’y a pas besoin d’aller chercher dans le porno.

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