ARTICLE11
 
 

mercredi 21 juillet 2010

Le Charançon Libéré

posté à 23h48, par JBB
66 commentaires

Full Metal Sarkozie
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Trop jeune, tu as raté Verdun ? Pas grave, il te reste une chance d’assister à une guerre, une vraie. Le front sécuritaire gouvernemental - Grenoble et Saint-Aignan pour ligne Maginot - te permet ainsi de plonger au cœur de la machine belliciste. Comme en 14, ses experts et officiers rêvent d’un désordre pourtant condamné à grands cris, pour mieux satisfaire leurs intérêts et ambitions.

Il y a chez ceux qui s’affichent comme les plus pieux défenseurs de l’ordre une très trouble inclination à savourer les manifestations du désordre.

Et il ne me surprendrait pas d’apprendre qu’ils les appellent de leurs vœux, tant leur empressement à les monter en neige et à en tirer les plus alarmistes discours illustre leur schizophrène position.

D’un côté, ils s’alarment, dressant le plus apocalyptique des tableaux de deux violents emballements (sans guère de perspectives politiques, si tu veux mon avis), à Grenoble et à Saint-Aignan.

De l’autre, ils s’enthousiasment, heureux de trouver dans deux explosions marginales la confirmation de leur cauchemars tout autant que la validation de leurs programmes politiques.

Ainsi de la dame-patronnesse de la réacosphère Élisabeth Levy qui, sur RTL et aux heures de grande écoute, s’est criardement lancée dans un prêche haineux et belliciste : « Enfin, on est en guerre ! On a des zones de guerre ! On a des gens qui tirent sur les flics à l’arme lourde ; ils rentrent dans la cité, ils passent une frontière et on est là à faire des chichis (…). Est-ce que vous vous rendez compte de la situation dans laquelle nous sommes ? Là, on n’a pas affaire à de pauvres gamins discréminés, si vous voulez, qui volent des mobylettes ; on a affaire à des caïds, à des malfrats, à des clients de Cour d’assise - d’accord ? - qui tirent sur les flics sans aucune hésitation - il y en a un qui meure, excusez-moi, je n’aurai pas une larme, j’en suis navrée mais c’est comme ça (…). Le deuxième disparaît dans la cité, on dirait qu’il est dans un pays étranger. (…) Non, mais là maintenant, si vous voulez, il faut y aller avec l’armée ! On est dans une situation de guerre, je suis navrée. »1

De tout cela, il n’est rien à retenir, hors cette certitude : Élisabeth Levy n’est pas navrée.

Mais alors : pas du tout.

.

Il ne saurait être question de donner de l’importance à la pétroleuse de Causeur et de conférer à ses propos un poids qu’ils ne méritent pas.

Elle n’est rien - si ce n’est un glacial coup de vent.

Mais elle incarne parfaitement - ce dont Élisabeth Levy est le nom, en somme - cette sorte de gens se sentant confortés à chaque fois que les principes qu’ils portent en martial (étendard) sont battus en brèche ; d’où cet amusant paradoxe : les thuriféraires de l’ordre ne prospèrent que sur son envers supposé2.

Et la dame - avec son invite à faire donner « l’armée » - représente tout aussi justement les désolants adeptes du discours guerrier, militaires ratés seulement capables d’en rajouter dans les rodomontades bellicistes dès que l’occasion s’en présente ; « Le gouvernement mène une lutte implacable contre la criminalité. C’est une véritable guerre que nous allons livrer aux trafiquants et aux délinquants », entonne Sarkozy, « La guerre contre la délinquance se gagnera dans la rue », lui fait écho le député UMP Éric Ciotti, « Nos rues sont le théâtre de véritables scènes de guerre », braille encore Marine Le Pen.

Eux trois - parmi nombreux autres - n’ont d’autre intérêt que de gonfler les choses, de faire prospérer ce « désordre » qu’ils condamnent avec tant de vigueur : leur survie politique et électorale est à ce prix.

Taïaut ; la prochaine guerre mondiale ne sera pas, la mobilisation est désormais purement et uniquement intérieure.

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Il en va de la sphère sécuritaire comme de tout éco-système : il faut des petits poissons et des gros, des sardines et des requins.

Elisabeth Levy est une sardine, donc - comme par exemple le magistrat Philippe Bilger, qui commence ainsi un billet publié sur Marianne.fr : « La guerre à Grenoble. Je n’exagère pas »4 - , mais ses discours excités dans les médias sont nécessaires à l’existence et à la bonne santé des requins aux manettes.

Meneurs du jeu qui s’appuient tout aussi nécessairement sur une palette de moyens poissons - disons : des loups de mer - faisant l’incessante navette entre le rivage et les haut-fonds, le front médiatique et le front politique.

Eux sont présentement à la fête.

À l’image du dangereux criminologue Alain Bauer, discrètement - et il y a moins d’un mois - fait officier de la Légion d’honneur par Sarkozy himself ; bien le moins pour un multi-instrumentiste sécuritaire : conseiller spécial de l’Élysée en matière de sécurité, Bauer est aussi président de la Commission nationale de la vidéosurveillance5, ainsi qu’en charge d’un rapport très récemment commandé par Luc Châtel sur la question des « sanctions à l’école », directeur d’une société privée de conseil en sécurité (AB Associates) et invité plus ou moins permanent des plateaux de télévision.

À l’image, aussi, de son compère de toujours, le désolant criminologue Xavier Raufer qui, il y a un an dans l’émission C dans l’air, tenait ce discours actuellement entonné avec vigueur dans les plus hautes strates - « Quand, dans un Etat de droit en paix, des individus se servent d’armes de guerre, dans le cadre d’une opération préméditée, pour tirer sur des représentants de forces de l’ordre, cela s’appelle un acte de guerre civile » - , discours qu’il avait précédemment posé sur papier, avec Alain Bauer, dans un ouvrage publié en 2002, La Guerre ne fait que commencer : «  À partir de ces zones de non-droit inaccessibles aux forces de l’ordre et grouillant d’armes de guerre, assurer la logistique d’un réseau terroriste est stricto sensu un jeu d’enfant », s’enflammaient gaillardement les deux auteurs.

À l’image, encore, de l’inénarrable Frédéric Lagache, secrétaire national du syndicat de police Alliance6, lequel multiplie les interventions médiatiques pour demander plus de fermeté contre « les criminels sans foi ni loi » et les « voyous », ainsi que pour s’effaroucher de toute critique des justes interventions de ses collègues ; face aux propos de la mère du braqueur descendu, femme digne appelant au calme tout en disant ses fermes soupçons que la police ait « assassiné » son fils, lui a exigé que le ministère de l’Intérieur la poursuive en justice : « C’est tout simplement inacceptable, dans la mesure où ce n’est pas la vérité. Le ministre de l’Intérieur doit soutenir ses policiers. Il est là pour faire respecter la loi. C’est pourquoi nous lui demandons de porter plainte, de poursuivre en justice la mère de ce jeune homme pour ses propos inacceptables » ; même pour un syndicaliste policier et pour un sarkozyste revendiqué - par ailleurs très joliment promu il y a dix jours7 - , l’idée de poursuivre pour ses propos une mère tout juste endeuillée devrait sembler un brin obscène…

À l’image, enfin, de ces très récentes nominations, hommes promus pour leurs qualités répressives et leur fidélité au régime, qu’ils s’appellent Joël Bouchité8, Éric Le Douaron9 ou Christian Lambert10 ; « Engagé dans une « véritable guerre » à la délinquance, Nicolas Sarkozy muscle sa force de frappe en nommant une nouvelle génération de préfets de choc à la tête des départements les plus symboliques », euphémise Le Figaro à propos des ces martiales affectations.

Oui : ça va chier…

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11

« Sarkozy entre en ’guerre’ contre la violence », titre France Soir12.

Et la formule invite à voir dans le dangereux baratineur présidentiel un courageux fantassin, prêt à prendre des risques et à donner sa vie pour l’honneur de la patrie.

Sarkozy n’est rien de tout cela, évidemment, mais ce titre a au moins un indirect mérite, celui de souligner que le locataire de l’Élysée s’appuie sur un état-major informel - officiers de l’arrière (politiques, gens des médias, experts) n’ayant d’autre spécialité que de souffler sur les braises pour y gagner immérités galons et décorations scandaleuses.

Là est la machine de guerre - le terme, pour le coup, est justifié : il s’agit de faire accroire à la réalité du combat tout autant que d’en créer les conditions.

Et cette machine, comme toutes les mécaniques guerrières, ne repose sur rien d’autre que la confluence de petits intérêts, minables calculs et médiocres ambitions.

Eux ont tout à y gagner - hors leur prétendue guerre.



1 Une émission qui continue ensuite dans la même eau. Sous un percutant billet de CSP, « La (vraie) guerre civile », le commentateur Ramiro revient sur la suite de la prise d’antenne :

"Dans la même émission et quelques minutes plus tard, Renaud Girard, journaliste au Figaro, ajoute « Cela ne me gênerait pas du tout que l’on rétablisse la peine de mort pour les attaques contre les forces de l’ordre » (31:45).

Elisabeth Levy surenchérit : « Je ne suis pas du tout favorable au rétablissement de la peine de mort. Par contre, je suis assez favorable à ce qu’il soit annoncé solennellement que, si vous brandissez une arme, de quelque nature qu’elle soit, contre un flic, celui-ci ait le droit de vous tirer dessus » (33:40), une phrase que ponctue Renaud Girard en lâchant « C’est la moindre des choses. »"

2 Ne me fais pas dire que les récents événements montés en épingle sont vivante incarnation du désordre ; c’est juste ainsi qu’ils sont communément présentés dans les médias et chez les politiques.

3 Ce billet ne serait pas ce qu’il est (quoi qu’il soit par ailleurs…) sans les excellents conseils de Lémi en matière d’illustration. Rendons à machin ce qui revient à machin, et toutes ces sortes de choses….

4 Ben si, justement, bonhomme : tu exagères un max.

5 Cette même vidéosurveillance censément l’un des axes de l’action gouvernementale en matière de sécurité. Invité par Le Figaro à revenir « sur les récents épisodes de violences urbaines », le ministre Hortefeux contre-attaque : « Justement, que chacun fasse son bilan. Pourquoi certaines villes socialistes refusent-elles encore la vidéoprotection ? »

6 Syndicat marqué à droite, très à droite ; plus à droite, il n’y a pas…

7 Frédéric Lagache vient en effet de bénéficier d’une très belle promotion, décrochant le statut envié (chez les policiers, s’entend…) de « responsable d’unité locale de police », grade le plus élevé chez les sous-officiers. À 46 ans, c’est pratiquement un record…

8 Joël Bouchité, ancien directeur des RG, fidèle de Sarkozy et de Squarcini (qui dirige la DCRI), vient d’être nommé conseiller pour la sécurité intérieure de l’Élysée.

9 Chargé de 2007 à 2009 de la Direction centrale de la sécurité publique, Éric Le Douaron est - depuis ce matin - le nouveau préfet de l’Isère.

10 Prétendument « grand flic » légendaire et ancien patron du Raid, l’homme a été promu en avril dernier préfet de Seine-Saint-Denis.

11 Le visage de la guerre, par Dali.

12 Titre ayant à cœur de repousser toutes les limites de la dégueulasserie en matière de presse. Ce n’est pas là le sujet, mais il y aurait beaucoup à dire sur les crapuleries quotidiennes de France Soir


COMMENTAIRES

 


  • jeudi 22 juillet 2010 à 00h46, par ZeroS

    La recette pour gouverner est simple :
    1- allumer le feu ;
    2- crier « Au feu ! » ;
    3- proposer d’éteindre le feu.

    Vérification par l’exemple, deux pour être précis.

    Afghanistan, début des années 1980 : la C.I.A. équipe certaines communautés au Moyen-Orient pour lutter contre l’Armée rouge et pour les intérêts pétroliers U.S.. Vingt ans plus tard, des « extrémistes » bien équipés proposent un réaménagement urbanistique à New-York : « Halte aux terroristes ! » Les gros mots sont lancés : « Partons à l’assaut de l’Axe du Mal ! ».

    France, début des années 1980 : petite révolution libérale chez les socialistes (1984 pour être précis) continuée par la droite. Cassons l’État-Social, cause de tous nos maux. Laissons les pauvres s’appauvrir. Vingt ans plus tard : « ça crame dans les cités ! » Renforçons les dispositifs de sécurité.

    Évidemment, quand on pense, même simplement, à la délinquance (drogues, armes, contre-façon et prostitution). Les hommes et femmes politiques de gauche omettent de réfléchir au fonctionnement des filières économiques mafieuses de la production à la consommation. Parce que si même la thèse populiste du « jeune délinquant de cité » était teinté d’un soupçon de vérité, il faudrait poser plusieurs questions et ébaucher quelques réponses. En amont, qui exploite les personnes qui produisent ? Du personnel politique et administratif corrompu et des cadres d’entreprises transnationales. Dans les processus de fabrication, qui sait opérer des synthèses chimiques pour créer les produits stupéfiants ? Des laboratoires pharmaceutiques. Qui connaît suffisamment les réseaux de transports internationaux pour assurer l’acheminement des produits ? Des managers sortis d’écoles de commerce de sociétés de transports transnationales (arsenaux, transports routiers) ? En aval, qui consomme puis qui est capable de blanchir de l’argent en bourse ou dans le marché immobilier ? Pour les drogues, essentiellement de jeunes bourgeois, puis pour le blanchiment des personnes un minimum qualifiées pour placer de l’argent en bourse ou dans l’immobilier sans prendre trop de risque. Le « jeune délinquant de cité » dans tout ça ? Un bouc-émissaire, un maillon faible, un fusible, une image idéal-typique à brandir pour satisfaire les ardeurs réactionnaires par un brin de populisme.

    • jeudi 22 juillet 2010 à 20h03, par JBB

      « Vingt ans plus tard, des « extrémistes » bien équipés proposent un réaménagement urbanistique à New-York »

       :-)
      (Je ne devrais pas, mais la formule m’a fait marrer)

      Pour cet exemple afghan que tu donnes, Mike Davis en parle notamment dans son (excellente) Petite histoire de la voiture piégée. J’en avais fait un compte-rendu, je me permets de copier-coller le passage qui tournait autour de la figure de Casey et de ses manipulations :

      « Au premier rang de ces sorciers inconscients, la CIA. Évidemment. Mike Davis revient longuement sur une figure centrale de cette instrumentalisation de la terreur, l’ancien directeur de la CIA, William Casey (photo ci-dessus), fervent catholique et soutien de Franco par le passé. Grâce au blanc-seing de Reagan, celui-ci décida de venger l’affront subi par les États-Unis au Liban en 1982. L’idée ? Œil pour œil, boum pour boum : puisque les terroristes du Hezbollah avaient eu recours aux voitures piégées contre les Américains, les Américains allaient avoir recours aux voitures piégées contre le Hezbollah. En mars 1985, des mercenaires libanais embauchés par Casey firent ainsi sauter une camionnette chargée de 400 kilos d’explosifs dans le quartier populaire de Bir al-Abed, non loin d’une mosquée. Causant 80 morts et 256 blessés, dont beaucoup de femmes et d’enfants, mais ratant la cible de l’attentat, le cerveau présumé des bombes de 1982. Et ? « Le fiasco de l’attentat (…) aurait pu en décourager plus d’un, mais William Casey ne perdit rien de son enthousiasme à l’égard du terrorisme urbain comme véhicule des objectifs de l’administration Reagan, remarque Mike Davis. Son attention se tourna toutefois désormais vers les Soviétiques et leurs alliés en Afghanistan. » Ni une ni deux, le bonhomme créa une véritable « université de la voiture piégée » en Afghanistan, devenant de fait - et grâce au soutien saoudien et pakistanais - »un chef terroriste", actif de 1985 à 88.
      Mike Davis écrit ainsi : « Des experts des Forces spéciales américaines enseignaient clandestinement les plus récentes techniques de sabotage, dont la préparation de voitures piégées au nitrate-fioul, aux officiers [pakistanais] de l’Inter-Services Intelligence (…). A leur tour, ces derniers (avec l’aide de quelques agents de la CIA agissant dans l’ombre) entraînaient des milliers de moudjahidines afghans et étrangers, dont les futurs militants d’Al-Qaïda, dans une myriade de camps financés par les Saoudiens et les émirats du Golfe. Mais c’est l’ISI qui contrôlait la sélection des candidats à l’entraînement, canalisant l’essentiel des flux d’armes et d’explosifs vers les quatre groupes islamistes les plus radicaux. »

      Oui : à William Caseay, ancien directeur de la CIA, Ben Laden reconnaissant. La chose est connue, c’est vrai. Mais il est toujours utile de rappeler, ainsi que le fait Mike Davis, que se joua là « le plus important transfert de technologie terroriste de l’histoire » pour le plus grand bénéfice de « 35 000 combattants musulmans de divers pays ». Dès lors, le 11 septembre 2001 était « un retour de manivelle (…) pratiquement inévitable. »"

      Pour tout le reste de ton commentaire, je m’incline : j’adhère. En tant qu’ancien consommateur de drogue, j’ai d’ailleurs largement participé à l’existence de cette large, très large économie informelle que tu décris.

      • vendredi 23 juillet 2010 à 00h38, par ZeroS

        « Vingt ans plus tard, des « extrémistes » bien équipés proposent un réaménagement urbanistique à New-York. »

        Je ne rigolais qu’à moitié... le malheur des uns (familles des victimes et contribuables américains) fait le bonheur des autres (cabinets d’urbanismes et d’architectes, entreprises de BTP, tour-opérateurs, etc.). L’assistance fédérale fut de 10 milliards de dollars, formidable transfert du public vers le privé : un bel exemple de « destruction créatrice » comme l’entendait l’économiste Joseph Shumpeter. Ground Zero est devenu, d’une part, un haut lieu du tourisme new-yorkais et, d’autre part, l’occasion d’un grand plan de réhabilitation. J’ai lu récemment - je ne sais plus où - qu’une petite tour avait été détruite à proximité alors qu’elle n’avait pas été endommagée... question de réaménagement urbain... elle ne devait pas coller au projet ambitieux des « archistars ».

        Mike Davis a écrit un texte dans la New Left Review, « The Flames of New-York », sur la « mondialisation de la peur ». Il se télécharge sur la Toile, s’il n’a pas été traduit en français pour une publication de l’auteur.



  • jeudi 22 juillet 2010 à 07h15, par Guy-Yves Ganier d’Émilion

    La rhétorique devient suffocante : dans le vocabulaire de Hortefeux, il n’y a plus ni police, ni gendarmerie, ni forces de l’ordre, mais seulement l’appellation si peu neutre de « forces de sécurité » qui semble en train de définitivement supplanter toutes les autres. On peut s’attendre a ce que les comparaisons avec Bagdad deviennent des éléments de langage. Tiens, à propos de pacification, voilà que l’on apprend que le nombre de mercenaires sur le territoire pourrait approcher celui des forces régulières en 2014 (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/06/14/01016-20100614ARTFIG00631-nomination-d-un-m-securite-privee.php).

    • jeudi 22 juillet 2010 à 19h52, par JBB

      Tu as raison : l’évolution du vocable dit beaucoup. Comme toujours avec ces gens-là : il n’est rien de plus révélateur que les mots dont ils usent pour avancer et camoufler.

      « le nombre de mercenaires sur le territoire pourrait approcher celui des forces régulières en 2014 »

      Très révélateur, en effet. Et une belle confirmation de ce que Mathieu Rigouste expliquait ici, voici deux semaines :

      « Tout se cristallise autour d’une ligne de transformation fondamentale, celle du développement de la sécurité privée - qu’elle soit militaire ou civile – qui doit accompagner la réduction des dépenses publiques et permettre de réagir aux « nouvelles menace