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lundi 31 janvier 2011

Invités

posté à 23h45, par -Jd
41 commentaires

« Kant bro, kant giz, da bep labous e gan, da bep pobl e frankiz »
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« Voilà quelques temps que je cherche un endroit pour coucher mes questionnements : C’est quoi être un internationaliste Breton ? Je me suis décidé. Corrigez les fautes, modifiez le texte, taillez dedans ou jetez-le ; l’avoir écrit et avoir été lu par au moins une personne, c’est déjà quelque chose. » Eh bien, on n’a pas corrigé grand chose. Par contre, on le publie avec plaisir...

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« Kant bro, kant giz, da bep labous e gan, da bep pobl e frankiz » / « Cent pays, cent modes, à chaque oiseau son chant, à chaque peuple sa liberté »

Je n’ai jamais compris pourquoi sur ma carte d’identité était écrit : « nationalité française ». Je ne me suis jamais reconnu là-dedans. Non pas que je rejette tout sentiment d’appartenance culturelle, mais plutôt parce que la mienne n’est pas celle que voudrait m’imposer l’État. Non, décidément, je ne suis pas français. C’est pourtant ce dont on cherche à me persuader à longueur de temps, ce qu’on tente toujours de m’inculquer. Ce sont même parfois les amis les plus proches et sincères qui sont les plus insistants.

« Chez moi ». Voilà le genre de propos qui m’ont valu de me faire traiter d’extrémiste de droite par certains. Parce que je ne voulais pas partir ailleurs vivre mieux. Parce que je voulais changer les choses ici. Là où j’ai grandi, là où je me sens comme à la maison, que ce soit au chaos rocheux du Uhelgoat ou dans le vent humide de la côte, en passant par les rues de Lorient, Vannes où Rennes. Là où je connais les gens, où les odeurs me sont familières. Est-ce que je ferme la porte à l’ami venu d’ailleurs ? Est-ce que je jette la pierre aux victimes du capital, quelles qu’elles soient ? On en reparle à la prochaine réunion de soutien aux immigrés. Est-ce un crime de se sentir bien quelque part ?

« Pourquoi veux-tu l’écrire en breton ? Les rares qui le comprennent parlent tous français. » Là encore, c’est récurrent. À les entendre, utiliser le breton relève d’une posture de militant nationaliste. Ils ont peur qu’on les catalogue, qu’on les considère comme ces crétins du Bloc identitaire, voire, pis, comme l’infime partie des Bretons qui ont collaboré lors de la seconde guerre mondiale. Même les plus réfléchis restent persuadés que c’est se fermer, se recroqueviller sur soi. « Si on se basait sur des éléments ethnographiques au sujet des Bretons, ce serait normal. Mais là, je ne vois pas l’intérêt. » Voilà : on peut parler la langue de nos grand-parents, mais juste pour parler de notre nombril. Pas question de s’ouvrir sur le monde, de vouloir parler de graphisme, de musique, de politique en breton. Ni de chercher à montrer combien c’est une langue riche et vivante. On ne peut pas essayer de faire valoir la « différence », parce qu’elle nous enrichit. Non, tout ça n’est pas bienvenu, même si tout le monde y gagnerait. Est-ce un crime de parler une langue qui ne dit pas « avoir » mais « être avec » ?

« Ma patrie c’est la langue française », disait Camus. Alors, la mienne elle est quelque part entre le breton, le français, l’anglais, l’espagnol, le portugais et toutes les langues que je n’ai pas encore apprises. Ma patrie est cet assemblage de concepts inscrits dans chaque langue, dans chaque parlé, dans chaque geste. C’est ce que je découvre chaque jour, d’un oncle diacre à un livre de Vaneigem, de la voie stridente d’un vieux de « chez moi » au regard profond d’un immigré croisé dans la rue, d’un blues grave à un hip-hop énervé, d’une cuite rue St mich’ à une conférence d’universitaire. Un patchwork encore en construction et qui, j’espère, le sera toujours.

Aujourd’hui, comme Émile Masson au début du XXe siècle2, je parle à tous ceux qui se dressent face au brunissement idéologique de la société : le plus intime, le plus fort d’une pensée se trouve dans la langue, dans les langues, celles qui viennent du cœur et du corps. Dans les langues officielles et institutionnelles, dans les langues réprimées ou non-acceptées, car elles contiennent la niaque, la hargne, la rage, l’envie de ne plus subir venant de leurs locuteurs. Et dans les langues qui parlent sans rien dire : le regard, la peinture, le dessin, la danse, la musique, le graffiti, le théâtre, le silence, car elles font exister le souffle de la vie.

Enfin, j’appelle tous ceux qui ont quelques neurones à arrêter de répéter « vous les nationalos, vous faîtes chier avec votre indépendance », parce qu’on parle une langue différente de la vôtre. L’amalgame entre langue et idéologie politique est la pire des bêtises. Et le subir de manière régulière est usant, fatiguant, éreintant. On ne se sent Breton que parce qu’on nous force à ne pas l’être, mais on parle notre langue parce qu’elle nous apporte bien plus qu’un dénominateur identitaire commun.

« Bevet ar c’humun »3


1 Gravure de R.Y.Kreston.

2 Les Bretons et le Socialisme, Éditions Toullec et Geffroy 1912, présentation et notes par Jean-Yves Guiomar, Paris, Maspero, 1972.

3 Soit « vive la Commune » en breton.


COMMENTAIRES

 


  • mardi 1er février 2011 à 08h14, par un-e anonyme

    Ni « identité nationale », ni « identité régionale » : http://www.youtube.com/watch?v=2QuFrlUrB_o

    • mardi 1er février 2011 à 10h42, par un-e anonyme

      et l’identité culturelle ? à moins que tu ne veuilles faire disparaitre toute forme d’identité, souhaitant une égalité sur tout les plans ? Mais faire disparaitre une culture ou une langue, cela semble un peu radical, non ?
      Je ne connais pas bien le phénomène occitan (ni même le corse ou le basque), avec toutes les ramifications plus ou moins dégueulasses qui y sont liées, mais je suis bretonne ; on m’a retiré ma langue, je vis à Nantes et on me retire même l’autorisation (oui ça relève de l’autorisation) de me dire bretonne, on se fout de ma culture musical (et oui, la Bretagne pays de poètes c’est vrai), on me traite de fachos dans les cercles militants que je fréquente... pourtant nous sommes nombreux à garder le cap.
      Alors, quand un document comme le tien me rappelle que ceux que j’aimerais pouvoir considérer comme un-e compagnon-gne de combat (sur d’autres terrains) sont aussi bornés, parce qu’ils ne se sont confrontés qu’à des couillons de natios dans une « discussion » sur l’identité culturelle, j’ai mal.



  • mardi 1er février 2011 à 10h43, par un-e anonyme

    Merci ! Trugarez mad !



  • mardi 1er février 2011 à 17h21, par CaptainObvious

    Je cherche toujours la différence entre un nationaliste français (pas bien) et un nationaliste régionaliste (bien).

    • Il n’y en a pas et c’est bien ce que je dis.
      Par contre, ce n’est pas parce qu’on se sent bien là où on vit et qu’on est content de parler une langue qu’on est nationaliste !
      Attention aux raccourcis !

      • mercredi 2 février 2011 à 05h17, par un-e anonyme

        « on parle notre langue parce qu’elle nous apporte bien plus qu’un dénominateur identitaire commun. »

        Pourriez-vous éclairer ma lanterne ?

        Quel est ce « bien plus » ?

        • Toutes les différences conceptuelles induites dans la langue en elle même. Une langue c’est plus qu’un moyen de communiquer, c’est un mode de penser. Je donne un exemple dans le texte qui, à mon sens, exprime bien l’idée : « être avec » au lieu de « avoir ». En somme la logique de « propriété » n’existe quasiment pas.
          Des exemples de ce type il y en a des dizaines.
          De cette manière, parler où au moins comprendre plusieurs langues ce sont autant de manières de penser, autant d’outils pour enrichir notre manière de regarder et de ressentir ce qui nous entoure. Alors pourquoi pas le breton ?
          Seulement, en dehors de quelques Autrichiens (l’université Viennoise a un département d’étude des celtes), quelques enfant de la diaspora, et quelques basques et occitans, il n’y a personne d’autre que les bretons qui apprennent cette langue. D’où l’association rapide entre langue et nationalisme. Mais tout le monde ici comprend que ce n’est parce qu’on parle français qu’on est un faf, eh bien c’est pareil pour le breton.

          • jeudi 3 février 2011 à 08h40, par A.S.Kerbadou

            ETRANGE !

            JBB et LEMI, est-ce normal que lorsqu’on passe des plombes sur une analyse pour éclairer quelqu’un qui se mélange les pinceaux, le texte disparaît du cadre alors qu’on est en pleine correction-mise en page sur le châssis « voir ce message avant de l’envoyer » ?

            Têtue, je récidive, un peu remontée contre ce « piratage » en bonne et du forme, en contractant au max et un peu dans le desordre.

            « Pourquoi pas le breton ? »

            Parce qu’à l’origine, ce n’est pas une langue mais un patois, un langage local.
            Pour avoir le statut de langue, il faut que le mode d’expression soit à la fois oral et écrit, une écriture, des signes, d’origine et une communication étendue à un peu plus loin que quelques villages autochtones. Bien que le génie breton a transcrit son patois avec un alphabet qu’il n’a pas inventé, et encore moins, dans la nuit des temps, pour un linguiste, cela n’en fait pas une langue.

            Le celte n’est pas le breton.

            Il n’y a pas d’histoire écrite celte parce qu’il n’y a pas de civilisation celte. Il y a eu des celtes qui ont vadrouillé sur la terre, comme il y a eu des Huns, des germains, des vikings... toujours à la recherche d’une herbe plus verte.

            Les bretons ne sont pas des celtes mais en très grande majorité, des gallo-romains. Tout comme les normands ne sont pas des vikings.

            Que quelques gènes celtes surnagent sur les vagues successives qui ont couvert la Bretagne et la Normandie, cela n’en fait pas des pays avec langue particulière.
            Ceux des bretons qui se veulent objectivement celtes, ne devraient se penser ni bretons, ni français mais se souvenir que ce sont les romains qui les ont blousés en baptisant cette région petite Bretagne par analogie ou, plutôt, en contrepoint de la Grande-Bretagne.

            Compréhensible que l’on défende la langue de ses aïeux pour qu’elle ne disparaisse pas, mais pas qu’on se demande pourquoi le reste du monde ne l’apprendrait pas au même titre que toute autre langue, même sous prétexte d’en élargir les « concepts ».

            Prendre l’exemple de « quelques Autrichiens » pour justifier l’idée, sous-entendue, qu’il n’est fait que peu cas de sa langue maternelle, fait sauter la supposée bonne intention.
            L’Autriche et son histoire ont toujours roulé dans le mauvais sens politico-historique. Il y a un trait commun aux autrichiens et à une partie des bretons qui ne se sentaient pas français qui fait réfléchir :

            la « celtitude » implique une notion consciente de l’aryanité, un différentiel de taille qui explique beaucoup de choses et beaucoup de réactions.

            L’étude des celtes, de leur histoire et de leur mythologie, n’est interdite nulle part et n’induit pas automatiquement celle des bretons.

            C’est cet amalgame voulu et entretenu entre Celte et Breton qui fait une grande place au « concept » bretonnants = collabos = séparatistes.

            Camus dit avec cinq mots, l’inverse de ce qui est tendu par le texte :
            sa langue, son vecteur de communication est sa patrie, pas la France. Autrement dit, Le Français est sa patrie parce que langue de sa liberté d’expression, non celle de sa famille ou du pays de ses ancêtres. Quand on sait d’où il vient, on comprend son CONCEPT.

            Normal de se sentir à l’aise parmi les siens, dans sa langue. Rien de moins normal que d’avoir envie de rester dans son pays, de participer à l’élan général, d’avoir sa place parmi les siens. Ce qui n’est pas normal, c’est qu’une minorité, veuille en imposer à la majorité.
            J’imagine la gueule de tout ricain, noir, rouge ou blanc, s’il entendait un indien bien inspiré, parce que historiquement il a raison de penser que l’Amérique est son pays, que sa langue tribale est belle et prioritaire et que tout le monde doit l’apprendre et la parler pour qu’il continue à se sentir amérindien et s’éviter de parler la langue de l’envahisseur historique !

            Que les bretons soient intelligents, que leur manière de formuler leur pensée soit intéressante, sûr que oui, comme tout le reste de la diversité humaine.

            On a eu quelques échantillons bretons quand ils atteignent le sommet : Le Lay et compagnie qui pensent que le reste n’est bon qu’à se faire bourrer le mou, se faire tondre dans les caraïbes ou à importer pour élargir l’esprit dans les enclaves autarciques au sein desquelles, se marier à quelqu’un d’un village éloigné de quelques kilomètres, équivalait à une haute trahison, pas plus tard qu’il y a cinquante ans.

            Après 7 ans passés en votre contrée :
             × le breton s’enseigne dans les écoles, les panneaux de signalisation sont bilingues, les vieux le parlent tous et de tous les parents qui veulent que leurs mômes apprennent le breton, il n’y en a pas beaucoup qui ne le font que pour des raisons d’ouverture au monde extérieur.

             × s’il est question de DIWAN, c’est une tout autre histoire qui se rapproche plus de celle de ces « quelques Autrichiens », Diwan ayant été montée par un Irlandais qui voulait finir son action séparatiste en Bretagne par défaut de la réussir en Irlande.

             × Les communes bretonnes bien que, pratiquement, toutes situées à gauche, sur l’échiquier politique, sont toutes dirigées par des propriétaires ou de grands entrepreneurs, tout ce qu’il y de capitalo.

             × sept années de porte, table, cœur ouverts et trésors de créativité partagés malgré la misère à laquelle m’ont forcée certains tenants du système local, au nom d’une pègre bien installée dans la « diaspora », je ne compte qu’une amie de ... 96 ans pour laquelle j’ai fait péter mon épaule droite et, l’hôtel, pour m’héberger.

            Masson, qui est cité, s’est promené ailleurs et s’est frotté à d’autres que des bretons pour construire son idéologie, enrichir et faire valoir son opinion.

            Il y en a un autre, le prêtre fondateur de l’ancêtre de Ouest-France, l’Ouest-Éclair. Engagé dans un combat contre le pouvoir de la misère.

            Le cheminement, le développement et la direction de sa création est un parfait reflet du MENTAL BRETON.

            Un mélange de croyances, un fond solide de chrétienté importée, solidarité dans l’autarcie, sentiment de supériorité, complexe d’infériorité vis-à-vis du britt et de l’irlandais, fermeture totale à l’étranger même s’il n’est que le villageois d’à côté, en général. Cela, sur des siècles !

            « Diaspora ».
            Quel mot ! pour ne pas dire les « émigrés » ?

            On parle de diaspora juive, palestinienne, arménienne pour ce qu’elles ont de commun:tentative presque réussie de leur extermination qui les a forcés à fuir leur pays.

            Y a-t-il eu une tentative d’extermination du peuple breton restée sous silence ?

            Il est de notoriété publique que la Bretagne était pauvre jusque dans les années soixante-dix. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y avait pas de Bretons riches qui entretenaient la misère de leurs cerfs, ni que le grand Charles ne l’a pas privée des bienfaits du plan Marshall pour la punir du fait qu’une partie de la population a préféré le blond germanique au gaulois, brun hirsute.
            C’est de ce côté qu’il faut trouver l’origine des départs vers un meilleurs ailleurs. Rien à voir avec une DIASPORA. Cela s’appelle des migrants économiques et il serait faut de croire que les bretons ont enduré autant que les africains dont les corps échouent sur les rives d’Europe, actuellement.
            Je ne parle pas des marins-pêcheurs qui finissent au fond.

            « être avec » au lieu de « avoir ».

            Qu’il faut comprendre « être ensemble », avec celui qui a par défaut de posséder et non dans le sens d’une impossibilité de concevoir l’idée de possession. Ou, être ensemble, avec qui nous ressemble pour contrer les coups durs ou partager les bienfaits de la chasse, par exemple.

            Les seuls qui peuvent se targuer d’un tel mode de pensée, sont les nomades. Est-ce le cas des bretons ? Non.

            Ce qui formate un peuple, c’est son milieu, son mode de fonctionnement social et son fonctionnement politique.
            Les nomades ne construisent ni maison en pierres ou en bois, ni enceintes de villages, ni châteaux parce que leur fonctionnement socio-culturel requiert le mouvement et l’échange pour la survie en milieu hostile. Bien que ne concevant pas l’idée de possession, au sens cadastral, ils se doivent de posséder de quoi vivre et de quoi échanger, vendre ou troquer. Au minimum, des bêtes pour se déplacer et pour se nourrir, et au maximum, pour se faire respecter.

            Il n’y a pas d’idéal altruiste, ou socialiste, breton.

            Il y a des humains dont le développement est conséquent à leurs conditions de vie. Bretagne, ancien massif montagneux, climat rude, qui ne permet que quelques cultures vivrières, pays de pêcheurs et d’éleveurs. Pays de migrants. Qui dit migration, dit regroupement, communautarisme pour ne pas se sentir perdu, seul dans sa misère et avec sa seule richesse : sa langue. D’où des canadiens qui en sont encore aux patois des bords de l’Atlantique français, du Poitou, des Charentes de leurs ancêtres et au rejet de l’Anglais.

            Pour un Émile Masson, combien de bretons tenaient, et tiennent encore, le haut du pavé, dans les caraïbes et l’Océan Indien ? Ils n’ont pas fait la révolution « avec » ou contre les Français. Ils se sont enrichis, puis rentrés construire chez eux, en Bretagne.

            Le paradoxe breton :

            un grand désir d’émancipation libertaire, un amarrage solide aux traditions chrétiennes avec la charité en guise de « concept » d’action sociale et un ancrage indéfectible à une histoire basée sur des légendes et une mythologie qui ne lui est pas propre.

            Finistère, pays aux 3000 calvaires !

            René Goscinny et Albert Uderzo se serait-ils plantés en nous racontant un village gaulois ? Auraient-ils du dire village celte ?

            • Bonjour,
              Il y a de nombreuses choses dans ce que tu dis. Du vrai, mais aussi des contre vérités que je ne saurais laisser sans réagir.

              Tout d’abord, le breton est une langue, que tu le veuilles ou non c’est bien le cas. Il y a une littérature oral et écrite (les premiers textes en breton préexiste d’ailleurs aux premiers textes en français).
              Le fait que l’alphabet latin soit utilisé n’enlève en rien la qualité de langue, à ce que je sache il n’y pas un alphabet par langue. L’utilisation du latin vient essentiellement du fait que les premiers écrits ont été fait par des moines (comme à peu près partout ailleurs en Europe) parlant tous le latin. Il n’y avait pas d’autres alphabet puisque avant ça il s’agissait d’une tradition orale.
              Patois est un mot péjoratif pour parler de dialecte local. Donc selon toi le breton serait un dialecte de quoi ? de l’ancien français ? Les différences de structure grammaticales et de vocabulaire entre le breton et n’importe laquelle des langues latines rend malheureusement caduque cette théorie. Par ailleurs, la proximité qu’il y a entre breton, cornique et gallois dans un premier temps (les langues dîtes « britonniques ») et avec les trois différents gaëliques, qui forment à eux six la famille des langues dîtes « celtiques », confirme le fait qu’il ne s’agît pas d’un dialecte latin. Mais peut-être confonds-tu breton et gallo, l’autre langue régionale qui est, elle, une langue latine.

              Le breton serait alors un dialecte britonnique ? où celte ? Oui sans doute il y a quelques siècles, une bonne dizaine pour le moins, mais tout dialecte évoluant, certains donnent des langues. C’est d’ailleurs le cas avec le français, n’importe lequel linguiste te le dira.
              Le breton est donc une langue. Je m’excuse je fais assez court comme démonstration, mais je sais que ceux qui liront cette réponse sont intelligent et qu’ils iront vérifier mes propos dans divers ouvrages linguistiques et éventuellement auprès de différents universitaire connaissant un tant soit peu le sujet.

              Concernant la celtitude,
              Je me fous de savoir que je suis celte où pas !! Ça ne me fait ni chaud ni froid. Pas plus que de savoir que le nom de Bretagne vient des romains. J’aurais pu être Armoricain où Letavien (autres noms de la Bretagne, on dit toujours Llydaw en gallois) ça ne change strictement rien. Pas plus que de savoir que je suis gallo-romain. Je ne me sens pas du tout partie prenante d’un grand peuple d’élus aux yeux bleus et à la moustache blonde.
              Par ailleurs, dire qu’on est gallos-romains où celtes n’apporte rien puisque nous sommes probablement génétiquement issu des populations établis avant l’arrivée des romains et des britons.
              Donc le discours sur la celtitude ne me concerne en rien.

              L’existence d’un département celte à la fac de Vienne se justifie simplement parce que « l’âge d’or » du peuple celte à été au moment où ils étaient en Europe central (c’est un peuple migrateur parti d’Europe de l’Est), les plus grande traces archéologique de ce peuple (je ne peux pas parler de civilisation puisqu’on me traiterai d’Aryaniste) ce trouvent entre l’est de la France et l’Autriche.
              Dans cette fac il y a des cours de breton, c’est un fait, je n’y suis pour rien.
              Donc la référence au Autrichiens était juste un constat, pas un argument. Je ne tire aucune fierté là-dedans. Je voulais juste dire que d’autres personnes que les bretons s’intéressait à ce patrimoine linguistique. Puisque les bretons ne sont pas les seuls à se pencher dessus autant le dire, non ? Après je connais pas ces étudiants, il m’est donc difficile de connaître leurs positions politiques, et il me paraît un peu réducteur de dire que tout les Autrichiens sont des néo-nazis.

              Donc je te rejoins quand tu dis :
              « la « celtitude » implique une notion consciente de l’aryanité, un différentiel de taille qui explique beaucoup de choses et beaucoup de réactions.
              L’étude des celtes, de leur histoire et de leur mythologie, n’est interdite nulle part et n’induit pas automatiquement celle des bretons.
              C’est cet amalgame voulu et entretenu entre Celte et Breton qui fait une grande place au « concept » bretonnants = collabos = séparatistes. »
              Par contre, lorsque tu dis :
              « Ce qui n’est pas normal, c’est qu’une minorité, veuille en imposer à la majorité. »
              J’espère sincèrement que tu n’as pas cru que c’est ce que je souhaite ! Loin de moi l’idée de vouloir imposer le breton à tous.
              Je ne veux juste pas que cette langue meure par cause de mépris, je ne veux juste pas qu’elle meure par fermeture, je ne veux juste pas être déconsidéré pour le simple fait que je parle cette langue.
              Pour ça j’invite tout un chacun à l’apprendre, mais de la même manière qu’il est aussi intéressant d’apprendre l’arabe, le finnois, le vietnamien, le peul, le quechua où n’importe quelle autre langue. Quelques part j’envie ceux qui parlent depuis leur plus jeune âge pas loin 5-6 où davantage de langues. Moi qui n’en parle couramment que 3, tente de communiquer dans une autre et tente de comprendre 1 ou 2 de plus. Finalement c’est bien peu.

              Par ailleurs je ne fais pas l’apologie du « Peuple Breton », dans l’histoire il y en a eu de beaux salauds, et il y en a toujours !! On est d’accords là-dessus. Ce n’est pas non plus le cas de tous.
              Pour le résultat de ton analyse après 7 ans de vie en Bretagne elle ne me semble pas totalement érronée. Dommage que tu t’adresses à un ancien de Diwan qui n’a jamais subi aucune propagande nationaliste chez les professeurs. D’ailleurs quand on regarde le discours du bloc identitaire et de l’ex-adsav eh bien on se rend compte que « diwan est mains des gauchistes ». Mais après tout, l’association est catalogué de « secte » par certains (Mélenchon par exemple), de « fabrique de terroristes » par d’autres, alors je t’avouerai que « le moule à fascistes » ne m’étonne pas vraiment. Même si c’est très loin de ce que c’est.
              D’ailleurs je ne sais pas si la création de Diwan vient d’un irlandais, mais toujours est-il qu’elle a été créée dans les années 70 et que la révolution Irlandaise c’est dans les années 20. Alors 50 après tu penses bien que la séparation entre Irlandais et Anglais était consommée. Donc le coup de la frustration ça m’étonne un peu, et ça ressemble davantage à un discours pas vraiment étayé.

              Sur le mot de Diaspora, je n’avais jamais pensé à la connotation au martyr. Si le bon emploi du mot renvoi à cette logique, alors c’est un mauvais usage de ma part. « Émigrés » auraient été plus juste, je te l’accorde. Les conditions de pauvreté et l’endoctrinement étatico-religieux ont beaucoup joués sur le départ des bretons, mais il n’est pas question de tentative d’extermination. La précision devait être faîte.
              Pour cette phrase : « ni que le grand Charles ne l’a pas privée des bienfaits du plan Marshall pour la punir du fait qu’une partie de la population a préféré le blond germanique au gaulois. » Je ne te féliciterais pas : compte le nombre de résistants breton et compte le nombre de collabos, le compte est vite fait, les derniers sont très largement sous-représentés. L’argument ne tient pas, même s’il est récurrent. Par contre il est épuisant à force. Et puis ni moi ni aucun autre camarade breton n’est responsable des agissements d’une poignée de nazillons il y a 70 ans.

              « Il n’y a pas d’idéal altruiste, ou socialiste, breton. »
              On est bien d’accord là-dessus aussi. Mais il y a des éléments historiques, sociologiques et linguistiques qui m’aident aujourd’hui à me construire dans l’altruisme et le Socialisme, et je ne suis pas le seul. Toi qui semble connaître Masson, tu as dû remarquer qu’il est aussi dans ce cas.
              Mais ces éléments là ne valent pas plus que ceux inscrit dans l’Histoire d’autres pays ou dans d’autres langues.

              Je suis désolé mais j’ai sincèrement l’impression de me répéter sans arrêt.
              Est-ce que je manque de clarté quand j’écris ? Où est-ce que je me heurte à une mauvaise lecture ? C’est sans doute un phénomène inconscient, mais c’est fatiguant. Au moins les commentaires illustres bien la lassitude qui est à l’origine de l’écriture de ce texte.
              Désolé du fait que tu es dû réécrire ton texte et merci d’avoir pris le temps de le faire.
              Camaradement
              P.S. : J’espère que tu ne m’en voudras pas de t’avoir tutoyé.

            • vendredi 4 février 2011 à 00h28, par thiererybzh5

              Les communes bretonnes bien que, pratiquement, toutes situées à gauche, sur l’échiquier politique, sont toutes dirigées par des propriétaires ou de grands entrepreneurs, tout ce qu’il y de capitalo.

              complètement idiot

              ce post est un tissu d’aneries et approximations et entre autre le breton n’est pas une langue
              et le texte vient de quelqu’un qui ne connait rien à la Bretagne

      • vendredi 4 février 2011 à 14h25, par CaptainObvious

        A mais j’ai pas de problème avec le fait d’être content de parler une langue et de se sentir bien là où on vit, au contraire même. Mais de nos jours personne n’empêche personne de parler la langue qu’il veut et de se sentir bien.

    • mercredi 2 février 2011 à 05h45, par A.S.Kerbadou

      Tout à fait d’accord, Captain.

      Mais je viens d’en découvrir une. Toute petite, de sémantique.

      Pour le nationaliste français c’est du nationalisme.

      Pour le nationaliste « régionaliste », c’est du bon vieux CLANISME.



  • mardi 1er février 2011 à 18h21, par un den deut aman

    Sed aze un destenn gaer ! beau texte !
    « On ne se sent Breton que parce qu’on nous force à ne pas l’être, mais on parle notre langue parce qu’elle nous apporte bien plus qu’un dénominateur identitaire commun. »
    Je me retrouve totallement là dedans.

    Les nationalismes minoritaires (meme de gauche révolutionnaire) qui se construise en réaction à un nationalisme d’Etat sont dans une logique de pouvoir étatique meme sans avoir ce pouvoir. Ils se projetent dans cette forme de pouvoir et donc ressemble énormément à cequ’on connais. Avec son lot d’homogénéisation culturelle, de mythes fondateurs etc.
    On devrait être capable de pouvoir inventer autre chose !

    Ken ar c’hentan kamaradoù ar revolusïon !



  • vendredi 4 février 2011 à 05h59, par alex

    Je ni connais rien mais avant la francisation (Ferry, Jules) il devait y avoir différentes forme de bretons selon les bleds. Ce qu’on appelle le breton aujourd’hui ne doit être que la forme standardisée. Reste que ces « patois » devaient être inter-compréhensibles. Et formés un ensemble breton (d’origine celte) distinct du français d’origine latine. Le « normand » pourrait être considéré comme un patois dans la mesure où c’est une langue d’oil comme le français parisien. Mais patois induit toujours une notion d’infériorité. Le « normand » n’est devenu patois que parce que la langue du prince et devenue la langue standard du pays. In fine, le français ile-de-francien n’est qu’un patois comme les autres mais « qui a réussit ».

    Il est toujours regrettable qu’une langue disparaisse, et la politique linguistique française a tué nombre de langues, dont le Breton qui à l’air de trépasser. Si sauver cette langue nécessite l’indépendance, pourquoi pas ? puisque l’état français refuse de respecter la diversité linguistique (sur le plan interne, car à l’extérieur le français commence à faire figure de patois face à l’anglais, au mandarin ou à l’espagnol, là la France plaide pour la diversité linguistique...)...
    Reste à voir si les Bretons eux-mêmes tiennent au maintient de leur langue. Dans le cadre français cela parait compliqué. Il faudrait que le breton soit langue d’enseignement dans la région du primaire au secondaire et à l’université, que le breton soit présent dans les lieux de travail, dans les administrations. L’Irlande est un contre-exemple. Israël peut faire réfléchir nos camarades bretons qui voudraient revitaliser leur langue.
    L’état français l’acceptera-t-il jamais ? Les Bretons ont-ils à coeur de maintenir leur langue ?

    P.S. Je ne suis pas Breton, mais le mépris cinglant à l’encontre de ceux qui militent pour l’indépendance m’énerve.

    • vendredi 4 février 2011 à 11h41, par un den deut aman

      Les différentes formes du breton sont encore vivante, c’est celui là qui est encore majoritaire face à un parler standart (ce qui est pour moi une abération). L’intercompréhension est possible, il s’agit de tendre l’oreille, de comprendre un peu les mécanismes des différents parlers et ça roule. Pour le vannetais c’est un peu plus difficile, il forme un groupe assez distinct de parlers, l’écrit pouvant aider à comprendre sa morphologie.
      Ca fait parti du plaisir interne au breton, un tas de couleurs et de nuances dans un territoire grand comme 2 départements. Une barrière au statut de langue selon certains... ce qui est stupide

      • vendredi 4 février 2011 à 14h29, par CaptainObvious

        L’intercompréhension est possible, il s’agit de tendre l’oreille, de comprendre un peu les mécanismes des différents parlers et ça roule.

        Génial... Impossible d’avoir une communication fluide et sans effort avec ses plus proches voisins, ça donne vraiment envie.

    • vendredi 4 février 2011 à 14h36, par CaptainObvious

      Si sauver cette langue nécessite l’indépendance, pourquoi pas ?

      Et pourquoi ? Qu’est que le fait de parler breton, ou provençal ou corse a de si extraordinaire qu’il mérite de casser une nation de 65 millions d’habitants pour avoir des multiples mini-nations de quelques millions d’habitant ? Et pourquoi se limiter a un ensemble linguiste et ne pas aussi créer une nation par patois local ?

      • vendredi 4 février 2011 à 15h20, par alex

        Je te suggère mieux, créer une nation globale unique unilingue anglophone. Comme ça, ça sera bien fluide.

        • vendredi 4 février 2011 à 16h35, par Michel

          Au fait, à L’Ile Longue, ousse qu’il y a plein de sous-marins lanceurs de confettis, ils communiquent sûrement en breton, pour tromper « l’ennemi »...Dans les casernes de crs, pareil.

          Kor’ch ki gwen a kor’ch ki du !

        • vendredi 4 février 2011 à 17h26, par CaptainObvious

          Marrant de voir esquiver la question et de se faire caricaturer.

          Mais je vais répondre sérieusement :

          Ce que tu raconte, c’est déjà la.

          Pour l’anecdote, je travaille à l’étranger. J’apprends la langue du pays (l’allemand), mais en attendant d’avoir un niveau suffisant (j’ai fait d’autres choix linguistiques à l’école), je parles anglais. Et je peux dire que c’est foutrement pratique de pouvoir parler à un docteur ou un proprio directement. Pareil pour mes collègues de travail, qu’ils soient allemands, espagnols, chinois ou japonais (et je passe le reste).

          Et je suis vraiment vraiment très content quand mes bredouillement en allemand sont compris dans la ville voisine de celle où j’habite parce qu’il y a une langue commune, et pas un patois pour chaque village.

          Alors certes, cela concerne pour l’instant plutôt une fraction classe moyenne et de la bourgeoisie, certes j’aurais préféré que la langue en question soit un truc genre esperanto.

          Mais tout plutôt que les petits nationalismes obtus.

          • vendredi 4 février 2011 à 17h43, par un-e anonyme

            English will be the official language of the European Union...

            The European Commission has just announced an agreement whereby English will be the official language of the European Union rather than German, which was the other possibility.

            As part of the negotiations, the British Government conceded that English
            spelling had some room for improvement and has accepted a 5- year phase-in
            plan that would become known as ’Euro-English’.

            In the first year, ’s’ will replace the soft ’c’. Sertainly, this will make the sivil servants jump with joy. The hard ’c’ will be dropped in favour of ’k’. This should klear up konfusion, and keyboards kan have one less letter.
            There will be growing publik enthusiasm in the sekond year when the
            troublesome ’ph’ will be replaced with ’f’. This will make words like
            fotograf 20% shorter.

            In the 3rd year, publik akseptanse of the new spelling kan be expekted to reach the stage where more komplikated changes are possible.

            Governments will enkourage the removal of double letters which have always
            ben a deterent to akurate speling.

            Also, al wil agre that the horibl mes of the silent ’e’ in the languag is disgrasful and it should go away.

            By the 4th yer people wil be reseptiv to steps such as replasing ’th’ with ’z’ and ’w’ with ’v’.

            During ze fifz yer, ze unesesary ’o’ kan be dropd from vords kontaining ’ou’ and after ziz fifz yer, ve vil hav a reil sensi bl riten styl.

            Zer vil be no mor trubl or difikultis and evrivun vil find it ezi tu understand ech oza. Ze drem of a united urop vil finali kum tru.

            Und efter ze fifz yer, ve vil al be speking German like zey vunted in ze forst plas.

          • cet article est interessant, j’avais peur au debut qu’il traite d’andré breton.

            uN Copainhagégé de plusieurs langue cherchant dans un collège de france les convergences poissbles nous disait l’autre soir, sur fr 3, que la langue c’est enorme et qu’elle traduit une phylogenese culturelle est historique, le fruit de batailles d’innvation de contraintes rocheuses aussi, de hasards et necessite aussi en partie

            sI NOUS POUVOUS TOus JoURS NOUS INDIGNER, CEST BIEN ParCE QUE LA LANGouste TONIQUE DE LA VIE PASSE AUSSI PAR LE LANGAGE AU SENS GENERAL, les 6 sens en sont alertés oui camus disait je me revolte car nous sommes, et la parole est un acte poietique en soi, car au moment ou elle s’epxrime cette parole libère et est libére du poids du encore non dit

            si nous sommes les fils de nos temps, nous parlons aussi comme nos vents



  • vendredi 4 février 2011 à 18h35, par alex

    @captainobvious
    Vouloir maintenir en vie les langues ne signifie par forcement interdire la communication entre les peuples. Ni le bilinguisme ou le trilinguisme.
    Dans le cas de l’Europe l’anglais et de fait la langue de communication. C’est dégueulasse et induit une inégalité de fait entre citoyen Britannique et Irlandais d’un côté et les citoyens non-anglophones.
    Mais depuis quand le soucis d’égalité et une préoccupation de l’U.E.?
    L’espéranto me paraît la solution la plus satisfaisante a priori.

    • Et si tous ces commentateurs écrivaient et orthographiaient le français correctement ? Leurs discours n’en seraient-il pas plus compréhensibles et crédibles ?

    • vendredi 4 février 2011 à 22h11, par CaptainObvious

      Mais je n’ai pas de problème avec le fait de maintenir en vie des langues (ou des traditions locales), je suis aussi d’accord pour que l’on en subventionne le maintien. J’ai même rien contre le fait de vouloir faire revenir à la vie des langues mortes comme le grec ancien ou je ne sais... Tout ça c’est de la culture, et plus il y en a, mieux c’est.

      Mais pas à n’importe quel prix. Pas au prix de vouloir casser le pays en multiple petites nations, pas au prix de développer des micronationalismes basés essentiellement sur des fantasmes.

      En ce qui concerne l’anglais et l’esperanto tu as raison (quoique ce qui m’embête dans l’anglais c’est plus le fait que ce soit la langue de l’ultralibéralisme que celle de ces damnés anglois), mais à qui la faute ? Combien d’espérantistes dans le mouvement révolutionnaire et internationaliste ?

      Certes il y avait (a ?) des militants espérantistes, peut être même plus que dans la moyenne de la population, mais je n’ai jamais entendu parler de tentatives de mise au point d’outils de communication internationale (en dehors d’éventuelles pétitions de principe). En laissant faire la nature et les bonnes volontés, on a le résultat que l’on sait.

      • Bon, sans vouloir prolonger indéfiniment la question (« qu’est-ce qu’une nation ? »...), juste préciser qu’être contre l’anglais langue de l’Europe ne veut pas dire qu’on est anti-« anglois ». Je n’ai rien contre cette langue ni ceux qui la parle, mais seulement contre le fait qu’elle soit utilisée comme un outil de domination (de classe notamment, ceux qui savent l’anglais se distinguent ainsi de la masse, dans certains pays plus que d’autres, etc...). Outil de domination que peut être aussi le français.



  • samedi 5 février 2011 à 19h07, par tasmant

    Il y a des fois, on a envie d’exprimer des trucs...
    Et pi un gars le dit mieux que vous....
    Trugarez, JD, mem estra...



  • dimanche 13 février 2011 à 00h29, par ZeroS

    Votre échange m’a tuer...

    J’aime bien l’anglo-allemand...

    Et je définirais la langue comme un organe situé dans ma cavité buccale, qui sert à la mastication, à la phonation et à la déglutition. C’est aussi l’organe du goût. Si on me la coupe, je ne peux plus parler... breton, français ou anglais.



  • mercredi 16 février 2011 à 22h47, par pièce détachée

    Cher Jd, j’arrive un peu tard juste pour dire tout le bien que je pense de ton billet. Il ne pouvait pas mieux tomber : je reviens (ou plutôt je n’en reviens pas) d’un travail de voix et souffles avec un autre affreux tout pétri par son terroir : Beñat Achiary, fabuleux, universel et absolument basque. Tiens, écoute.



  • vendredi 25 février 2011 à 11h17, par PMB

    Fin de « Comment peut-on être Breton, essai sur la démocratie( Le Seuil, 1972)

    « J’ai commencé ce livre dans les tumultes de mai 1968. Il m’a suivi toute une année dans mes reportages et le hasard a voulu que je termine un de ses chapitres à la lueur des incendies de Belfast. Cependant, Alger, Cuba, Israël, émeute noire de Newark ou printemps de Prague, mille souvenirs en constituaient déjà la préface non écrite. « Se vivre est une mer », dit Sponde. Notre siècle nous laisse peu le loisir d’en explorer les fonds. Avant de savoir qui nous sommes, il nous faut descendre dans la rue, choisir notre camp, nous qui n’avons même pas eu le temps de nous choisir, épouser les passions d’autrui, nous qui connais-sons à peine les nôtres, discerner le juste et l’injuste - et en grande hâte, car avant le soir, le juste vainqueur sera injuste à son tour. Cernés de couteaux et de voix qui nous jettent des ordres, aurons-nous le temps d’entrevoir une seule vérité à emporter dans la mort ? Une vérité, ce serait beaucoup. Je n’ai qu’une croyance et dans ce livre, je me suis borné à l’éprouver, comme celui qui, ayant trouvé un sou dans la terre, le tend aux passants dans le creux de sa main pour savoir si c’est de l’or ou du plomb. Il me paraît que le monde n’a de sens que dans le respect des pluralismes et que son sort se joue à tous les ni-veaux pour ou contre cette définition. Breton, Français et citoyen du monde, qui me dénie une seule de ces composantes me rejette de la communauté ; je ne veux pas nourrir en moi une part maudite qui maudirait mes frères ; je ne puis servir les autres qu’en étant moi-même. Cela s’appelle la démocratie, qui n’est que l’ordre naturel des hommes. Sur un point, pourtant, ma foi est plus précise : je crois aux pauvres. Je crois aux peuples qu’on a vaincus, soumis, humiliés, qu’on a faits valets, mercenaires, putains, à qui on a accroché un sabot au cou. Dites-moi si le monde est gardé, demande Glenmor, notre Glenmor, le poète errant qui va de porte à porte avec sa guitare, chantant la nation bretonne ; et partout, dans les villes, les villages, à la Mutualité où l’acclament les Bretons de Paris, la foule répond : Non ! - Non, le monde n’est pas gardé, personne n’a le droit d’apposer des scellés sur un seul de ses domaines. Il est sans honneur de voler son nom à un peuple. Mais ce nom, c’est aussi à vous, démocrates, à vous tous qu’on l’a volé. »

    Morvan Lebesque

    Je souligne : « Breton, Français et citoyen du monde, qui me dénie une seule de ces composantes me rejette de la communauté ; je ne veux pas nourrir en moi une part maudite qui maudirait mes frères ; je ne puis servir les autres qu’en étant moi-même. Cela s’appelle la démocratie, qui n’est que l’ordre naturel des hommes. »
    Remplacez « Breton » ou « Français » par tout nom que vous voulez, l’essentiel est d’arriver à « citoyen du monde ».

    Voir en ligne : Lebesque



  • vendredi 25 février 2011 à 11h36, par humour déplacé

    il faudra expliquer tout ça à ces joyeux festifs, ils n’ont pas l’air sensibles à toutes ces subtilités.

    C’est une période compliquée : il faut taper sur plusieurs camps à la fois.

    • vendredi 25 février 2011 à 13h57, par PMB

      Intéressant votre lien. pas nécessaire d’aller plus loin dans son exploration, l’esthétique des affiches dit très bien de quelle période ces « identitaires » sont nostalgiques.

      • vendredi 25 février 2011 à 23h57, par pièce détachée

        Plusieurs camps à la fois, oui bien sûr, et partout. Ça se voit peut-être plus à la campagne qu’ailleurs, surtout quand elle est sinistrée : cernée de vide, chaque fondrière mortelle te tord le cerveau. Quand même, ça résiste, ici par exemple, et tout près sous d’autres formes. C’est pas gagné : les armes à feu sont partout, et le cas échéant elles se justifieraient facilement (vrais ou faux maquis en 43) de tirer sur tout ce qui bouge pas bien.

        Morvan Lebesque ? Je viens d’« acheter » (0,20 €) dans une brocante moisie ses Chroniques du Canard enchaîné, 1952-1970, publiées À l’enseigne de l’arbre verdoyant éditeur en 1983. De l’année de ma naissance en passant par mai 68, en style d’époque, ça m’a l’air de bien dézinguer les ras du front.



  • mercredi 20 avril 2011 à 19h37, par Houarn

    Vivement un réel régionalisme pour être plus proche du peuple et de l’autonomie.



  • dimanche 15 février 2015 à 14h19, par Wally

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