ARTICLE11
 
 

vendredi 5 juin 2015

Sur le terrain

posté à 14h28, par Alan Balevi
29 commentaires

L’auto-stop est un sport de combat (1)

Sur le bord des routes, ils se font rares. Mais tous les auto-stoppeurs n’ont pas dit leur dernier mot. À l’image d’Alan Balevi, pratiquant convaincu. Quinze ans qu’il fait du stop. Et quinze ans que certains l’embarquent et que d’autres l’ignorent. Typologie.

Cette chronique, première d’une série de quatre consacrée à l’auto-stop, a été publiée dans le numéro 15 d’Article11

*

On ne voit plus beaucoup d’auto-stoppeurs.

J’ai 33 ans, je ne suis plus étudiant, j’ai une voiture, et pourtant je me déplace souvent en stop. J’ai commencé quand j’avais 16 ans ; je vivais à Lorient et voulais me rendre à la plage. Une fois étudiant, j’ai continué, sur le trajet Lorient-Rennes. Puis j’ai élargi les distances. Comme je n’avais pas d’argent pour payer des billets de train, le stop me permettait d’aller de Nantes à Paris ou de Bordeaux à Marseille pour une soirée. Le temps passant, j’ai continué sur ma lancée. La semaine dernière, encore, j’ai gagné Toulouse de cette manière. En quinze ans de pratique, j’ai été pris par beaucoup de monde. Peut-être par vous. Peut-être est-ce même vous qui m’avez dit qu’on ne voyait plus beaucoup d’auto-stoppeurs ?

*

Le plus compliqué est d’arriver à la première station-service d’autoroute. Pour l’atteindre, je tends une pancarte indiquant une ville proche, je marche ou je prends un bus, un tram ou un métro. Que ce soit à Toulouse, Nantes ou Bruxelles, il y en a toujours un qui passe près de cette première station-service. Ensuite, c’est simple. Il suffit d’avoir le moral. Et d’interpeller les présents : « Bonjour. Excusez-moi de vous déranger, je fais du stop. Est-ce que vous pourriez me prendre ? »

Vous devez répondre. Pourriez-vous me prendre en stop ? Vous ne vous attendiez pas à cela. Je vous scrute. J’attends la réponse. On ne voit plus beaucoup d’auto-stoppeurs ? En voici pourtant un. Nous sommes face à face. Est-ce que vous pouvez me prendre en stop ? La réponse est sous nos yeux : oui, vous pouvez. Votre voiture est là, nous sommes sur une aire d’autoroute, la prochaine sortie est dans 30 kilomètres, Paris à 250 bornes. Oui. Vous pouvez. Que faites-vous ?

Plusieurs mensonges possibles. Ils me font souvent rire. Vous sortez à la prochaine ? Ah, d’accord. C’est fou le nombre de gens qui sortent à la prochaine. Je croyais que l’A10 était l’autoroute Bordeaux-Paris ; à vous entendre, c’est plutôt une départementale un peu large que vous avez prise par commodité pour traverser le Loir-et-Cher.

Souvent, il n’y a pas de mots. Vous feignez d’être sourd. Pitoyable. Je suis face à vous, je vous parle et vous tournez la tête. Vous accélérez vers la caisse, vous faites comme si vous n’aviez pas entendu. Pour vous, je n’existe pas. Vous voulez continuer votre autoroute seul, sans que rien n’arrive. Mon interférence est intolérable. Votre vie ordonnée. Je ne vous aime pas. Je vous ai vus. Maniaques. Vous êtes moche et vous ne dites rien.

Ceux qui énoncent à haute voix « je ne prends jamais personne en stop » sont encore plus effrayants. Eux verbalisent leur haine. Les autres la cachent comme une honte. C’est courant de passer devant un mendiant en évitant son regard. C’est plus rare d’avoir l’aplomb de lui dire : « Je ne donne jamais rien à personne. »

Les voitures de société sont une plaie. Elles sont brandies en boucliers : « Je ne peux pas, c’est une voiture de société, je ne suis pas assuré. » L’argument est faux, mais vous y croyez peut-être. Certains patrons interdisent à leurs employés de prendre des gens en stop. Patrons en question, vous êtes minables. Employés qui appliquez la règle débile, vous n’êtes pas glorieux.

Pourtant, j’ai parfois été pris par des patrons. Ils s’ennuient le soir sur l’autoroute et ont envie de discuter. Ils se vantent de leur vie, de leur entreprise et de leurs points de vue éclairés. Un auto-stoppeur, ça écoute, ça relance et ça s’intéresse. Forcément. C’est le public captif par excellence. Les patrons adorent. Ils roulent vite, ils ont des détecteurs de radars ou ils connaissent le préfet. Ou ils sont préfets. Ça m’est arrivé. 160 km/h sur le pont d’Aquitaine avec le préfet du coin. Ils sont comme ça, ces gens : ils interdisent de prendre des auto-stoppeurs, mais eux-mêmes en embarquent pour parler, pour faire passer le temps, pour s’évader.

Avec les voitures de société, je négocie. Quelle assurance ? Quel risque ? Vous êtes nombreux à avoir peur. Vous êtes bizarres. Vous faites corps avec la boîte qui vous fournit cette voiture et sa carte Total. Comme si vous étiez investis d’une mission supérieure. Une mission de société. Pour être à la hauteur, vous refusez les auto-stoppeurs. C’est important, cette voiture avec logo. Mais c’est encore plus gratifiant si elle banalisée : ça veut dire que vous êtes haut placé. Dans tous les cas, vous restez employé et loyal. La voiture de société, c’est votre identité.

Heureusement, vous êtes quand même nombreux à franchir le cap. Vous me prenez malgré tout. On discute un peu, vous me déposez 200 kilomètres plus loin. Ce n’est pas bien compliqué. Vous faites un écart à la règle.

Le stop, ce n’est que ça : des écarts à la règle. Les péages et les autoroutes sont interdits aux piétons, comme les voies d’accélération. Les flics et les employés de Vinci viennent déloger les auto-stoppeurs. Il faut faire gaffe. Et vite. C’est que les routes sont longées par des glissières de sécurité. Que les ronds-points sont entourés de trottoirs de plus en plus hauts. Et que s’arrêter pour prendre quelqu’un en stop, c’est risquer de se faire emboutir. Comme si tout était fait pour compliquer la vie des auto-stoppeurs.

Ou comme si ces derniers n’existaient pas. Il n’y a jamais eu d’association d’auto-stoppeurs, il n’y en aura jamais. Il y a bien les sites de covoiturage ; j’ai essayé, je préfère le stop. Les sites de covoiturage sont au voyage ce que Facebook est à l’amitié. 226 likes. Avec le covoiturage, on a des relations marchandes. En stop, on discute. Un moment imprévu entre inconnus, sans intermédiaire.

*

Illustration de vignette : détail d’un tableau d’Edward Hooper, « Portrait of Orleans », 1950

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COMMENTAIRES

 


  • vendredi 5 juin 2015 à 16h55, par B

    « J’ai 33 ans, je ne suis plus étudiant, j’ai une voiture, et pourtant je me déplace souvent en stop. »

    Alan, , sachez que je ne me suis jamais garé devant votre garage.
    Vous pouvez avoir confiance.



  • samedi 6 juin 2015 à 12h33, par Linktif

    Salut,

    J’ai une voiture de société la semaine :) Et on m’interdit strictement de prendre des stoppeurs, et en cas de poke, l’assurance ne fonctionnera pas et je me ferai sanctionner ...
    Par contre, si je vous croise dans ma caisse perso, vous embarquerez !
    L’autre problème que vous soulignez, c’est que les stoppeurs stoppent à des endroits où il est dangereux de ralentir et de s’arrêter, toute une éducation à faire.
    Et au plaisir de lire la suite.

    • dimanche 7 juin 2015 à 13h13, par jean claudus

      remarque : sur la route, il y a ceux qui ne s’arrêtent pas car c’est trop dangereux, et d’autres qui s’arrêtent dans des endroits vraiment limites sans qu’on ait eu besoin de lever le pouce... Tout ne serait qu’une question de volonté ?

      • dimanche 7 juin 2015 à 14h37, par poupousse

        non, pas seulement... je fais beaucoup de stop depuis longtemps, et quand j’utilise une voiture je prends les auto-stoppeurs, mais des fois il m’arrive de ne pas pouvoir m’arrêter parce que vraiment la personne est trop mal placée.

        quand moi-même je suis en galère dans un endroit pourri, il y a toujours quelqu’un heureusement qui finit par s’arrêter, généralement une personne à la conduite nerveuse, qui a de bons réflexes. mais c’est quand même dans ces endroits pourris que je glande le plus longtemps, logique.



  • samedi 6 juin 2015 à 13h01, par Rician

    L’auto-stop c’est le gratuit, or cela n’est pas bon. Tout est marchandise : votre voiture, pour le covoiturage, votre maison pour la chambre « d’hôte » et .... Tout se vend ou se loue.
    Je fréquente régulièrement un site de dons où je me fais un plaisir de donner des plantes en surplus. Il y à boire et à manger.
    J’ai proposé récemment des nénuphars, c’est plutôt pas donné dans les jardineries. Une seule personne s’est déplacée, et j’espère qu’elle n’a pas été déçue, elle a eu plus qu’elle n’en voulait en plantes.
    Toujours des nénuphars sur les bras, ayant de grands scrupules à composter de si belles plantes, je les mets en vente, mais pas chers : j’ai écoulé tous mes rejets et 80 euros de gagnés. Je ne suis pas très fier de mon affaire. Il fût des temps et des lieux où proposer de payer certains services ou certains biens est une insulte suprême.
    Les humains ont fait des progrès !



  • samedi 6 juin 2015 à 15h42, par jandia

    okay, vous faites de l’auto stop, tant mieux mais si une personne vous prend en stop avec le véhicule de la société, et a, par malheur un accident, comme c’est interdit, il se fait virer, c’est peut-être vous qui le prendrez sous votre aile, et si, qui plus est l’accident provoque un mort (l’auto stoppeur le cas échéant), comme les personnes sont devenues procédurières (comment faire de tout bois du pognon), le pauvre conducteur n’est pas sorti de l’auberge.Encore une petite remarque, cela fait des années que vous profitez de ce mode de locomotion, alors, comme vous possédez une auto, inversez la donne et à votre tour, prenez des autos stoppeurs.



  • samedi 6 juin 2015 à 19h54, par farchouette

    Parmi toutes mes amies, aucune sans exception ne prend jamais d’autostoppeur. Parce qu’elles ont grandi dans la peur de l’aggression, du viol, etc. parce que nous vivons dans la région de Patrick Allègre aussi, qui a traumatisé pas mal de monde. Bref, tout ça pour dire que la pupart du temps, les gens qui refusent de prendre des autostoppeurs ne le font pas par égoïsme ou peur de se faire taper sur les doigts, mais par crainte.

    • dimanche 7 juin 2015 à 13h19, par jean claudus

      Lorsqu’on tend le pouce (sans trop y croire) devant une voiture conduite par une femme, cela donne souvent des échanges de regards gênés mais presque amusants, du type :

      "Je n’ai pas envie de me faire violer, désolée...

       × Je comprends, pas de souci."



  • dimanche 7 juin 2015 à 11h24, par Anne Hocat

    Et si je n’ai tout simplement pas envie d’avoir une relation (non-marchande, « authentique », y tutti quanti) avec un inconnu ce jour là ? Dans la tête de cet auto stoppeur, il n’y a que deux catégories : égoïste débile ou gentil altruiste.

    Lui, qui n’a a priori plus de problèmes d’argent, continue à faire du stop par choix, sans s’en soucier.

    Quitte à être dans la première catégorie, j’accelererai la prochaine fois.

    • dimanche 7 juin 2015 à 18h24, par B

      de toute façon, on est entouré de gens qui ne pense qu’à une chose :
      faire des petits arrangements à l’amiable plutôt qu’une belle lutte.
      Disons plutôt que Alan vous met le nez dans votre caca.

      donc manifestement vous confondez précipitation et accélération.
      OK Anne ?



  • dimanche 7 juin 2015 à 17h19, par P

    Et encore en France on joue en Division d’Honneur. Essayez donc en Amérique Latine, là bas l’autostop c’est de l’Ultimate Fighting.

    J’en ai fait durant plusieurs mois là bas et les gens y sont tellement flippés qu’avant toute chose quand on projette d’y faire un tour ainsi, il faut surtout se dégager de toute notions temporelle, quelle qu’elle soit, le jour la nuit, l’heure, le mois.

    Tout doit disparaître.

    Ça à son intérêt, mais ça reste fatiguant.

    Bonne continuation, moi ici je n’en fais plus, sauf en ville des fois quand j’ai la flemme de marcher et très souvent ça fonctionne bien.



  • lundi 8 juin 2015 à 00h09, par patrick GRANET

    Ce n’était pasun sport de combat. en france beaucoup de mères
    de famille s’arrétaient en songeant à leur fils sur la route
    c’était en 1972, j« avais 20 ans en ces temps si lointains , j’ai 65 ans a cette epoque j »allais aux Indes en stop je traversais les pays de l’est ,la turquie , l’iran ;l’afghanistan,pakistaet Indes .je voulais connaitre les peuples j avais achete une carte d"étudiant a istanbul ( a suivre ...=



  • lundi 8 juin 2015 à 00h24, par Vincent

    Bonjour,

    En lisant cet article j’ai l’impression que tu as beaucoup de rancœur envers les personnes qui ne veulent ou ne peuvent pas prendre quelqu’un en stop.

    Personnelement ca me laisse plutôt indifférent : je préfère continuer de ne monter QUE avec les personnes ouvertes et qui jugent à vue de nez que je suis digne de confiance.

    Pour ceux qui ne s’arrêtent jamais : c’est sans doute leur perte, pas forcément la notre :-)

    Au plaisir,

    • lundi 8 juin 2015 à 11h33, par B

      Doucement sur le pavé glissant :
      cette rancœur peut se comprendre si on considère que quand un train a 30 minutes de retard, on te verse des indemnités.
      hein, qui a oublié que le service public doit nous servir d’exemple ?



  • lundi 8 juin 2015 à 18h33, par BR

    Ah oui donc en gros, quelqu’un qui ne prend pas un stoppeur - quelle qu’en soit la raison - est forcément un être pitoyable, lâche, asservi au système marchand, incapable de compassion ou d’altruisme. Donc haïssable, tout juste digne du mépris exprimé dans l’article.
    Non mais c’est bien, c’est vraiment très nuancé et éclairant tout ça.

    • lundi 8 juin 2015 à 19h23, par B

      allez plus loin, dites-le tout net, cet article est un vivier pour l’étude comportementale et l’exercice de la « zénitude ».



  • lundi 8 juin 2015 à 20h42, par patrick GRANET

    a lire les divers commentaires on s’aperçoit qu’’il y a une différence entre les jeunes générations
    ’j’ai pris pas mal de gens en stop jusqu’au jour ou 2 hommmes ont essayé de me dévaliser, j’ai sorti un ’cran d"arret l’ai pointé sur le cou du passager arriere, ai arrete mon auto puis fait sortir l’autre
    Alors je ne critiquerai pas ceux qui refusentd’accepter des stopeurs . M l«  »époque de cette liberté ce n était ni compassion ni pitie il y avait l"ambiance de woodstock comunautes
    de nos

    • lundi 8 juin 2015 à 21h22, par B

      d’accord,d’accord, mais on aimerait entendre l’avis du môme qui ne connaît pas son père, parce que c’est un chauffeur de poids lourd qui a pris sa mère en stop un jour qu’elle descendait dans le sud.



  • lundi 8 juin 2015 à 23h31, par Alan Balevi

    J’ai exagéré en disant : « je ne vous aime pas ». Ponctuellement tout le monde peut toujours se trouver de très bonnes justifications pour préférer rester seul et ne pas prendre en stop. Ce qui est frappant c’est « statistiquement », au bout de milliers d’heures, de situations et de stations-services « différentes », la proportion très importante de ces justifications, qui fait que le monde est passé dans une norme, une évidence qui est : « je reste seul parce que je préfère éviter l’inconnu, j’ai peur de l’autre comme tout le monde ». Et tout cela se transmet en un regard qui se détourne sans qu’il soit besoin de le dire ni même de le penser. C’est une norme froide et efficace que nous vivons partout, et notamment, très clairement, en faisant du stop. Et c’est une norme très agréable à transgresser, notamment en faisant du stop et en prenant en stop.
    Globalement, le maintien et la généralisation de cette norme portent des mutilations bien plus graves que sa transgression.

    • mardi 9 juin 2015 à 07h32, par alx

      Le pouce, ça rend confiance en l’être humain : au final, y’en aura toujours un pour vous filer la main...

      C’est l’expérience de notre nature altruiste au milieu de l’individualisme (supposé).

      l’homme-loup pour l’homme est une exception ; notre instinct nous pousse à chercher les sourires amis.



  • mardi 9 juin 2015 à 09h23, par Reveric

    Deux idées pour que je puisse prendre en stop :
     × savoir ou (donc voir) le stoppeur veut aller(donc avec un panneau lisible avec la destination (1) )
     × pouvoir m’arrêter en sécurité pour l’embarquer
    j’ai pas mal galéré en stop.
    donc quand j’en rencontre un je le prend.
    « Le pied dans le porte » c’est une bonne méthode pour se faire embarquer , ;0))
    ps (1) ce qui peut aussi marcher sur des arrês de bus en ville d’ailleurs

    • mardi 9 juin 2015 à 11h26, par B

      dans ma famille, depuis que leur chien est mort, y’en qui s’arrangent pour rencontrer un autostoppeur avant le départ ce qui permet d’éviter d’emmener la mamie en vacances.
      Attention à la manipulation...



  • mardi 9 juin 2015 à 20h20, par patrick GRANET

    FAIRE du « stop »,ça dépend des périodes apres 1968 A cette epoque la mentalite était « cool »les gens pensaient a ggenfants partis sur les routes Et y vivre l aventure .au départ de paris une camionnette et accepta de m"amener jusqu a kaboul
    en orient les gens sont formidables

    maus il faut les respecter



  • jeudi 18 juin 2015 à 22h30, par célia turrel

    Bonjour,
    Je fais aussi de l’auto-stop, il se trouve que je suis une femme.
    Des plans dragues plutôt cocasse oui,une fois ou deux, c’est arrivé mais bon en étant droite, ferme avec le sourire pas de viol. J’ai 36 ans, je suis enrobée, bien en chair, peut être que cela explique le reste Hee !

    Je fais de courte distance entre 20 et 50 km max 100, L’auto-route de temps en temps, je crois que le première fois, c’était pour une panne d’essence avec ma mère j’avais 6 ans, une aventure.
    J’ai rencontré des gens fauchés -« car il faut bien s’entraider ». j’ai rencontrés des gens déracines qui avait besoin de faire un bout de chemin.
    J’ai même était prise une fois en stop par un gas qui n’osai plus aller à l’association où je milite ( mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples MRAP) du coup il m’a accompagné et on a regardé ses papiers, je l’ai confié a des collègues militants car j’avais autre-chose à faire.
    Je suis monté dans des voitures d’avocats, de magistrats. Je suis monté avec des ouvriers clandestins. Des gens parfois me disent m’avoir aperçue faire du stop et avoir fait demi-tour pour me prendre avec une voiture pleine d’enfants.
    il m’est arrivé de refuser de prendre des voitures car je n’étais pas à l’aise avec la personne à l’intérieur ( regard, odeur d’alcool, conduite pas claire voir carrément proposition non souhaité ) mais bon : in challah !
    Une fois je suis montée à l’arrière d’un camion genre pick-up avec une chèvre, les cheveux aux vents.
    Il m’arrive aussi de prendre les gens en stop, mes grand-parents sont en ardéches, non loin d’un bled paumés pas loin de l’association « terre et humanisme » à lablachère ou un certain Pierre Rabbih a élu domicile, il y a fort longtemps. Ben cela me manque, m’ennuie de ne pas trouver certains jours d’ auto-stoppeurs pour faire la route jusqu’à ce petit coin. Il y a le co-voiturage mais ce n’est pas pareil. Moi, je continue ma route, je n’y suis jamais allé, mais je connais le parking et l’entrée ( tout de même) mais peut être qu’un de ces jours j’irai en stop pour m’y arrêté, avant d’aller embrasser ma grand-mère !!! l’auto-stop je crois c’est une façon de se déplacer ou on sait quand on part jamais où cela nous mènent.
    En moyenne pour faire 30 km, je met 1h15 du coup c’est cool !!



  • vendredi 19 juin 2015 à 15h22, par Jerzy

    Bonjour gens du bord de route,

    Effectivement, l’auto-stop a la vie dure. Je le pratique depuis maintenant quinze ans, un peu partout en France et en Europe. Aujourd’hui, c’est devenu plus difficile. Nous en avons eu la preuve hier soir où nous avons tenté de rallier Dunkerque de Lille. Seule une personne sérieuse s’est arrêtée. Il s’agissait d’une femme, nous étions deux hommes et il faisait nuit. Les autres se sont rangés sur le bas-côté pour se foutre de nous ou nous faire marcher. Malheureusement, nous avons du jeter l’éponge.

    En ce qui concerne la frilosité des femmes à prendre des hommes en stop, je peux témoigner du contraire, car j’ai été très souvent pris par ces dernières. Il y a des exceptions partout.

    En tout cas, ce mode de déplacement constitue quelque chose d’incroyable, avec tous les imprévus, les dangers et les rencontres que l’on peut faire.

    Pourvu que l’auto-stop survive à cette période de repli sur soi et de peur de l’autre.



  • mardi 28 juillet 2015 à 13h06, par Pierre-Elie

    « Ou comme si ces derniers n’existaient pas. Il n’y a jamais eu d’association d’auto-stoppeurs, il n’y en aura jamais. »

    Ne jamais dire jamais !
    Sciences Po Paris a créé il y a 4ans une association visant à promouvoir l’autostop dans les milieux étudiants et continuer à faire vivre ce mode de déplacement.
    Et cela fonctionne, plusieurs centaines d’étudiant.e.s ont pris part aux voyages à travers la France et l’Europe. Donc des centaines (milliers ?) de conducteurs et conductrices ont vu de leurs propres yeux que le stop se pratiquait toujours !
    Mieux, Sciences Po Paris n’ayant pas voulu rester « entre soi » a développé l’idée dans les autres facs, Rennes, Poitiers, puis maintenant Lyon, Toulouse et Bordeaux vont voir ces associations étudiantes se créer à partir de septembre, pour permettre à d’autres de voyager et découvrir le monde de cette manière !
    Objectif : ne pas laisser disparaître l’autostop qui est un formidable moyen de rencontrer les gens, même si nous essuyons et essuieront toujours des refus, les lifts sont toujours l’occasion de belles rencontres, de partage, de disparition de la peur et restauration de la Confiance !
    Dernière chose, en mai a eu lieu le premier festival étudiant d’autostop, toujours organisé par Stop&Go Paris, avec des étudiant.e.s de toute la France !
    Voilà, j’espère que cette nouvelle vous réjouira, bonne continuation, bons voyages, à bientôt peut-être sur les routes =)

    ps : le lsite des assos Stop&Go : http://stopandgosp.wix.com/stopandg...;!



  • mardi 28 juillet 2015 à 14h51, par Toc

    Il ne faut pas haïr les gens qui ne prennent pas les autostoppeurs. C’est leur droit.

    Plutôt, en ayant une attitude irréprochable, il faut leur montrer qu’il n’y rien à craindre. Que c’est même une expérience plutôt positive !

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