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lundi 4 juin 2012

Entretiens

posté à 21h42, par Damien Almar & Julia Zortea
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« Le corps comme événement » – Entretien avec Arlette Farge

L’historienne Arlette Farge est une chercheuse de détails. Entre les lignes des archives au XVIIIe siècle (sa période « fétiche »), elle déniche les corps et les voix des anonymes engloutis par le temps, avant de leur redonner vie. Une manière engagée de prendre la science historique à bras le corps, loin des puissants, proche de celle du regretté Howard Zinn. Discussion.

Cet entretien a été publié dans le numéro 8 de la version papier d’Article11, en février 2011.

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Historienne, Arlette Farge travaille depuis près de 40 ans sur les comportements populaires à Paris au XVIIIe siècle à partir des archives judiciaires. Chercheuse du détail, elle donne voix et chair aux anonymes que l’histoire a souvent fait taire, et transcrit la quotidienneté d’une société orale au détour de scènes singulières et de paroles exhumées des procès verbaux. Rumeur, violence, foule, famille, solidarité... Chargés d’intime, ses sujets esquissent avec finesse les contradictions d’un siècle charnière où, de manière croissante, « les individus offrent une surface de prise à des transformations autoritaires, réfléchies et calculées »1. Depuis quelques années, Arlette Farge entreprend le récit des corps des gens de peu, de ceux qui, comme elle le dit, en « ont fait […] leur unique bien  ». Discussion au fil des gestes.

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Comment en êtes-vous venue à vous intéresser au corps et, plus indirectement, à la médecine ?

Je commence une longue recherche sur ce que les gens du peuple, peu lettrés ou illettrés, disent de leur corps et de leurs souffrances au XVIIIe siècle. J’avais déjà travaillé sur la souffrance au travail en publiant un article sur les artisans malades de leur travail dans les Annales2.

J’ai toujours été frappée par cette assertion courante selon laquelle, par le passé, plus les enfants mourraient, moins leurs parents y étaient sensibles. Comme si dans une vie si précaire et terrible, les pauvres ne ressentent pas la douleur. Une théorie que l’on entend depuis très longtemps et qui était, pour ainsi dire, protégée par les écrits de l’époque. Quand des chroniqueurs du XVIIIe traversent la France et voient les laboureurs complètement éreintés, ils écrivent : « De toutes façons, les travailleurs sont tellement habitués qu’ils ne sentent ni la chaleur ni le froid. » Ces propos tenus au XVIIIe siècle ont été relayés par le discours historiographique.

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Lors d’une présentation de votre dernier livre, « Un ruban et des larmes »3, vous évoquiez le cas d’Anne-Sophie, jeune femme emprisonnée à tort suite à un procès en adultère...

Quand j’ai travaillé sur ce procès en adultère, j’ai été touchée par la description des maux de cette femme, par la manière dont elle arrive à se décrire de façon très intense4, et par le fait que les médecins aient tout de suite perçu chez elle autre chose que ce que l’on appelait l’hystérie. Un médecin écrit dans son rapport qu’il est resté auprès d’elle durant trois heures et qu’elle était comme morte, atone.

C’est très compliqué à accepter pour ces médecins parce que la théorie selon laquelle l’utérus provoque des humeurs particulières en tournant comme une bobine dans la matrice ne tient plus : Anne-Sophie est sans humeurs. Ils vont alors voir le directeur de la prison en lui demandant de la faire sortir, pointant les effets des « peines de l’âme et de l’esprit  » qui la tuent à petit feu.

Cette inquiétude des médecins, qui voient des horreurs toutes la journée, est rare. Ils agissent ici non pas au nom d’une théorie médicale mais par intuition. Officieusement, un lien se crée entre l’état de santé et le chagrin. Pour moi, tout ce qui est singulier, comme l’histoire d’Anne-Sophie, est un événement.

Quel rapport les médecins entretiennent-ils avec le corps de la femme au XVIIIe siècle ?

À cette époque, les médecins ne connaissent pas le lien entre conception, cycle menstruel et enfantement. Pour eux, le corps de la femme est une énigme, un spectacle qui les fascine et qu’ils veulent comprendre.

À partir de 1775, le Roi décide d’envoyer des médecins dans les régions françaises pour mieux comprendre la physionomie et l’état de santé de sa population suite aux grandes épidémies. Les rapports de ces médecins – je ne sais pas si c’est vrai – sont remplis de femmes monstrueuses qui accouchent de quatre enfants à la fois, dont deux, par exemple, ont la tête déformée. C’est étonnant. Je comprends bien qu’il y ait davantage de grossesses anormales que de nos jours, en raison de médecines tout-à-fait différentes, mais à ce point-là… Ces médecins du XVIIIe observent la femme avec stupeur, mais aussi désir et fascination. La femme donne la vie ; ils n’ont pas de mépris.

Quels sont alors les liens entre médecine et justice ?

Les médecins sont constamment appelés pour livrer des expertises. Par exemple, dès que survient un accident ou une bagarre dans la rue, on appelle le maître-chirurgien, l’équivalent du secouriste aujourd’hui. Il peut écrire un procès verbal qui aura de la valeur si la personne porte plainte, même s’il n’a pas l’agrément de la faculté de médecine. Les maître-chirurgiens sillonnent les rues et sont constamment sur la brèche, car les bagarres sont nombreuses.

Dans leurs rapports avec la police, les médecins sont considérés comme des « experts » de l’accident. Les rapports montrent leur souci du détail : ils décrivent les habits, ce que les gens ont dans leurs poches. C’est émouvant, très fort ; cela disparaîtra d’ailleurs au XIXe. Mais au XVIIIe siècle, il y a encore une volonté de comprendre le corps. Le pouvoir royal cherche à tenir la population en vie. Il a peur d’une trop grande faiblesse démographique.

Je travaille actuellement sur les registres des noyés. La Seine était très vivante. On trouve à ses abords et dans ses ports un grand nombre de métiers et, énormément de gens tombaient à l’eau. Le Conseil du roi avait mis en place une administration du secours aux « noyés ». Les registres sont extraordinaires : quand ils ne sont pas morts et qu’ils ont été repêchés, ces noyés sont amenés dans de petites constructions au bord de la Seine où ils sont réchauffés. On leur met un bonnet de flanelle, on leur donne de l’ammoniac. Dès qu’ils se réveillent, ils doivent raconter ce qui leur est arrivé et dire… tout ce qu’ils ont ressenti sous l’eau. Le fait de donner la parole à des personnes très pauvres révèle quelque chose sur le rapport au corps, à la frayeur. D’ordinaire, on ne demande pas le ressenti des gens.

L’avis d’un médecin, lors d’un procès, peut-il avoir valeur de circonstance atténuante ? Dans le cas de la folie par exemple ?

La plupart du temps, le fou est considéré comme un criminel. À Paris, il est emprisonné sans jugement ; à Bicêtre pour les hommes, ou à la Salpetrière pour les femmes. Les insensés, souvent enchaînés, sont mélangés avec les mendiants, les prostituées et les criminels. Ils ne font pas l’objet de soins particuliers. En ville et à la campagne, il y a le fou que l’on tolère, parce qu’on le connaît depuis toujours, et le fou que l’on considère dangereux, objet des théories de Michel Foucault5. Jugé marginal et incontrôlable politiquement, celui-ci est enfermé, mis à l’écart de la société à partir de 1656.

Une autre situation m’interpelle, sur laquelle il n’y a pas d’étude : il s’agit de l’ivresse, alors extraordinairement répandue. Aux yeux de la justice, elle joue le rôle de circonstance atténuante. On peut entendre pendant un procès quelqu’un se défendre en disant : « Désolé, mais ce n’est pas ma faute : j’avais trop bu, je sortais du cabaret. Comme j’avais une épée, je lui ai troué le ventre...  » Et ça fonctionne, la personne est vite pardonnée. C’est curieux car l’ivresse poussée au délire peut être considérée comme un mode de folie. Mais l’homme ivre, à moins d’être un mendiant ou de fréquenter une cour des miracles, n’est pas incontrôlable politiquement : il se réveille le lendemain.

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Vous expliquez que le XVIIIe siècle est empreint du souci croissant de savoir, pour la monarchie, comment se porte la population dans son ensemble6...

La préoccupation démographique majeure dans la politique de la monarchie se situe autour du rapport à l’enfant : la mort d’environ trois enfants sur quatre à la naissance et des femmes en couche n’est plus supportable. D’autant que pour atteindre l’âge de quatre ans, il fallait vraiment s’accrocher !

Cette obsession préoccupe politiquement la monarchie et entraîne l’apparition de tout un appareil administratif et médical. Par exemple, les médecins vont visiter, dans les campagnes et dans les villes, les enfants qui sont, très souvent, en nourrice. Ils regardent comment les soins sont faits et appliquent la théorie aériste, émergente à l’époque. Ils ouvrent les fenêtres, même si les gens s’y refusent à cause du froid. Les médecins s’inquiètent aussi du développement du corps de l’enfant, trop emmailloté. Ils accusent parents et nourrices de ne pas changer les bébés, de ne pas s’en occuper.

Les sages-femmes sont-elle concernées par ces missions du roi ?

Le roi veut assurer la natalité par tous les moyens : missions d’hygiène et aéristes, désemmaillotage, et surtout... lutte contre la sage-femme. C’est la querelle du siècle ! Les sages-femmes sont évacuées, perdent leur métier. Le chamboulement psychologique est énorme, tant les gens avaient terriblement confiance en elles. Du point de vue de la pudeur, pour les femmes, c’est inacceptable : quand elles voient arriver les médecins, certaines refusent d’écarter les jambes. Le rapport au médecin – à l’homme – est impossible. Cette lutte va durer 25 ans, et évidemment, les médecins, soutenus par la monarchie, s’imposent. Les sages-femmes sont mises à l’encan avec tout leur savoir.

Qui étaient-elles ?

Chaque village compte alors sa sage-femme, qui n’a pas reçu de formation ; le savoir se transmet de mère en fille, oralement. Les sages-femmes se baladent dans les campagnes avec tout un matériel. Dans leur panier, elles ont de très belles poupées de son, aujourd’hui conservées aux archives de l’Assistance publique, pour montrer aux futures mères à quoi ressemblera le bébé. En général, la sage-femme est âgée et veuve : elle peut donc tout voir. Elle tolère aussi des choses que les médecins n’accepteront jamais : les amulettes, les petits grigris que portent les mamans. Dans les rapports, certains médecins racontent qu’ils ont été obligés d’arracher l’amulette. Ils soupçonnent les sages-femmes de superstition, d’invocation du Diable ou d’esprits maléfiques. Il y a une espèce de brusquerie de la vie médicale au XVIIIe...

Progressivement, les gens prendront cependant l’habitude de voir les médecins s’introduire dans leur vie. L’enfance bénéficie d’une véritable mission, d’un programme intensif.

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Quelle est la réaction du peuple face à ces programmes intensifs, à une certaine brusquerie, comme vous dites ?

Très violente. Je dirais qu’il ressent cela comme un viol. Jusqu’ici, les femmes accouchaient entre elles : toutes les femmes du village, les voisines, se rendent à l’accouchement ; il n’y a jamais d’hommes, ils restent dehors. Voir arriver un homme est donc terrifiant. Certains médecins prendront des précautions, mais les dernières années du XVIIIe siècle sont sauvages, très dures. C’est l’introduction du rationnel sans pitié et sans partage.

Vous parlez de la relation entre femme, sage-femme et médecin, mais où se situe le mari ?

L’homme est écarté de la naissance. Les peintures, gravures ou textes décrivent la même scène : les hommes regardent par la fenêtre ; imaginez des maisons aux toutes petites ouvertures à la campagne... Ils ne sont pas indifférents, ils sont mêmes confortés par les cris. Le médecin est – lui - autorisé parce qu’il représente une autorité, comme un curé ou un très grand notable. Cette société populaire passée à la trappe, où les gens ont toujours été décrits comme des animaux, est tellement riche...

Au XVIIIe siècle, force t-on le corps à « parler » ? Pendant les interrogatoires de police, par exemple ?

Le commissaire de police recueille la plainte, mais il n’y a pas de torture. Celle-ci est réservée aux grands procès qui se passent au Parlement7 ; l’accusé peut y être supplicié. Les écarts sont énormes et les peines peuvent être terrifiantes, telles les galères... Dieu sait si j’ai vu des procès-verbaux, mais je n’ai jamais constaté de violence dans le commissariat.

L’idée de paternité du commissaire est prégnante. Les soldats qui amènent le délinquant sont peut-être un peu brusques, mais personne ne se fait tabasser dans un commissariat.

Aujourd’hui, commissariats et prisons sont des lieux clos. Au XVIIIe, est-ce que le commissariat est un lieu ouvert ?

Oui, la maison du commissaire est un lieu où l’on va tout le temps. Parce qu’on a un ennui, qu’il faut s’occuper de la voirie, qu’on a vu quelque chose de suspect, ou bien pour faire des déclarations. Souvent, suite à une dispute, le commissaire réconcilie les gens. Les murs extérieurs de sa maison sont couverts d’affiches, collées par les gens : ce peut être un mot de quelqu’un ayant perdu son chien ou son cheval, ou bien des pamphlets, ordonnances et règlements. C’est aussi le lieu où tout le monde va voir ce qui se passe dans la ville. Mais attention, un passage par la maison du commissaire peut aussi s’achever à la Bastille.

Est-ce que le commissaire a un rôle de médiateur qui peut éviter le recours au tribunal ?

Il peut éviter que le cas ne termine en procès. À l’époque, il n’y a pas de lois, pas de codes civil et pénal (qui arrivent après la Révolution) ; il existe seulement des règlements et des ordonnances. Par exemple, quelqu’un qui a volé des cerises sur le marché peut se retrouver banni de l’endroit où il vit. Il n’y a pas de juste mesure mais des coutumes, et des jugements à la fois très longs et explicatifs, avec beaucoup de témoins, et totalement arbitraires.

C’est pour ça qu’on n’aime pas toujours être face au commissaire : on ne sait pas comment ça va se terminer. À Paris, il y a sept juridictions, comme l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, le Faubourg Saint-Antoine, etc. ; toutes jugent très différemment... C’est pareil dans les provinces. D’où la peur de la police – surtout du lieutenant général. L’aspect paternel existe, mais ce n’est pas, finalement, ce que retiennent les gens.

La police patrouille t-elle ?

Il y a la garde-à-pieds, la garde-à-cheval ; elles patrouillent. Elles sont souvent mises en déroute parce que Paris compte beaucoup de petits passages qui n’existent plus maintenant. On peut également assez facilement s’échapper de la prison.

C’est à la fois un monde tragique et un lieu plein d’interstices où l’on peut, pour un temps, refaire une vie, se retrouver. Ce monde est très peu régulé et en même temps très autoritaire. Il est plein de contradictions.

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Est-ce que la maladie effraie, notamment lors des grandes épidémies ?

Les problèmes de contagion sont mal connus. Lors des grandes épidémies, surtout de variole ou de petite vérole, maladie vénérienne, naissent effectivement de grandes peurs. On voit bien que c’est contagieux, mais on ne sait pas pourquoi. En ville comme à la campagne, ces épidémies sont appelées des fièvres. Les gens les plus aisés parlent de «  fièvres populaires », disent : « Attention, la fièvre et la maladie viennent du peuple !  » Ils partent alors dans leurs maisons de campagne.

Quelle est la place du malade dans le quartier, dans la communauté de vie ? Dans « La nuit blanche »8, vous décrivez le rapport de Pierre à son voisin malade, alité, qu’il visite...

Le voisin malade, celui qui a le pied cassé – probablement lors d’un accident au travail –, attend que l’on vienne lui raconter les nouvelles. Les gens vivent les uns à côté des autres, les appartements ne sont pas fermés. Je ne dis pas qu’ils prennent tout le temps soin les uns des autres, mais que les voisins habituels vont passer, qu’il y a une présence. Le plus important dans la société populaire est d’être au courant des nouvelles et de la politique. Le voisin de Pierre préfère être au fait des déplacement du roi, des lieutenants généraux de police, de ce qui se passe dans la rue, que prendre de l’élixir à la poudre de vipère.

Un dégoût du corps des malades est-il perceptible ?

Oh non ! Tous ont de grosses cicatrices, pas de dents, alors s’il fallait qu’on en ait peur... On peut s’effrayer quand il arrive quelque chose d’horrible, quand des viscères sont répandues sur le trottoir. Quand j’ai écrit Vivre dans la rue à Paris au XVIIIe siècle9, je n’y étais pas encore habituée, et je racontais l’histoire de cette femme qui accouche dans la rue, ne retire même pas le cordon ombilical, et met le bébé dans la brouette qu’elle trimbalait pour aller à l’hôpital. Les gens la regardent gentiment, mais elle ne devait pas trouver ça drôle. Ce sont des choses inimaginables aujourd’hui, des scènes de films gores.

Sur quelles sources travaillez-vous ?

Je travaille sur un corpus de source éclatées afin de faire émerger la parole des gens. Par exemple, je trouve des références au corps sain sur une source bien particulière : tout le monde fait du cheval à l’époque, et c’est douloureux, alors le XVIIIe siècle voit naître la bande herniaire ; un commerçant a fait fortune en vendant ces dispositifs. Celui-ci a gardé toute la correspondance de ses malades.

Les gens, par exemple, mettent dans le dossier le fil qui a servi a mesurer leur tour de taille. Ils font des dessins de leur enfant, disent pourquoi il a mal, pourquoi, eux, quand ils font du cheval, ils ont mal. Les femmes s’interrogent : « Enceinte de quatre mois, est-ce que je peux porter une bande ? » J’ai découvert beaucoup de témoignages très impressionnants, comme sur les détails de descente d’anus d’homosexuels ou de personnes qui demandent des bandes pour pouvoir continuer leur vie sexuelle.

Mais majoritairement, j’utilise les archives judiciaires, de police. S’il y a des abus, des attouchements, c’est écrit dans les inventaires. Je ne peux par contre pas écumer les successions pour trouver des correspondances de ce type, parce que c’est assez rare.

Vous retranscrivez, par leurs souffles, l’histoire des corps anonymes des gens de peu du XVIIIe siècle...

J’aime le XVIIIe parce que c’est un siècle extrêmement sensuel, effervescent, très gestuel. Le siècle d’une société orale qui a fait de son corps son unique bien et qui l’emploie jusqu’au bout, corps que le XIXe étouffera par l’industrialisation, en améliorant sa santé pour qu’il soit plus rentable. Cette époque, je l’aime aussi pour ses contradictions : au fond, il est sans doute mieux que les femmes accouchent dans de meilleures conditions ! Il nous a légué, sauf qu’on l’a oublié, cette espèce d’anarchie des sens avec lesquels les gens ont été, mêmes pauvres, souvent très heureux, je crois.



1 Selon Michel Foucault (in « Sécurité, territoire, population », Cours au Collège de France, 1977-1978, Gallimard, Seuil, 2004), philosophe avec lequel Arlette Farge a collaboré pour l’écriture de Le désordre des familles, Lettres de cachet des archives de la Bastille, Gallimard, éd. 1982.

2 « Les artisans malades de leur travail », in Annales ESC, septembre-octobre 1977.

3 Un ruban et des larmes, procès en adultère au XVIIIe siècle, éd. des Busclats, 2011.

4 Ces paroles sont retranscrites par un greffier dans les archives.

5 Cf. Michel Foucault, Histoire de la folie à l’âge classique, Gallimard, 1972.

6 Voir à ce sujet Michel Foucault, « Sécurité, territoire, population », Cours au Collège de France, 1977-1978, Gallimard, Seuil, 2004

7 Le Parlement est, entre autres, la Cour où se tiennent les procès en appel.

8 La nuit blanche, éd. du Seuil, 2002.

9 Éd. Gallimard, 1979.


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