ARTICLE11
 
 

dimanche 11 décembre 2011

Entretiens

posté à 21h22, par Lémi & JBB
58 commentaires

PMO : « Tant qu’on nous réduira à l’état de robots, les robots nous réduiront à néant »

On les a cueillis au saut du lit, à l’occasion d’un récent passage à Paris. Cernés et fatigués, mais loquaces. « Le secret, c’est de tout dire  », expliquent-ils sur la page d’accueil de leur site. Dont acte. Voici, au vol, quelques propos des Grenoblois de Pièces et Main d’œuvre sur IBM, Clinatec, l’accélération technologique, la police des populations, la société de contrainte, etc.

IBM, Thales & Clinatec. Deux entreprises, un laboratoire - trois faces d’une même industrie de la contrainte. IBM travaille à inonder le monde de capteurs et de puces RFID via son projet de« planète intelligente ». Thales développe Hypervisor, un logiciel surpuissant capable de traiter et classer un nombre de données proprement stupéfiant. Et le laboratoire grenoblois Clinatec s’est spécialisé dans les implants cérébraux – nanotechnologies implantées au cœur même des neurones.

Ces trois entreprises de mise sous tutelle technologique de l’humain ont été étudiées en détail par ceux qui écrivent à l’enseigne de Pièces et Main d’Oeuvre (PMO) dans un ouvrage signé avec Frédéric Gaillard : L’industrie de la contrainte (Éditions l’Échappée1). Une mise à nu effrayante de ces « progrès » technologiques pavant la voie à un « monde-machine » qui prend le pas sur le vivant, entre macro-pilotage d’ensemble et micro-pilotage individuel. Pour PMO et Frédéric Gaillard, ces trois projets ont évidemment valeur de symbole. Mais ils sont surtout à l’avant-garde d’un futur proche, annonçant une nouvelle étape de la tyrannie technologique : « La société de contrôle, nous l’avons dépassée. La société de surveillance, nous y sommes. La société de contrainte, nous y entrons  », écrivaient-ils en 20082. Ils le détaillent ici.

Police partout

« Ces militants suisses3 récemment arrêtés alors qu’ils tentaient de faire sauter un laboratoire d’IBM spécialisé dans les nanotechnologies ne se sont pas trompé de cible. Un journal suisse a écrit qu’il était étrange de s’attaquer à ce bâtiment, car rien de polluant n’y était fabriqué. Mais si l’on considère que le problème essentiel des nanotechnologies est environnemental, on évacue le principal. L’activité d’IBM repose avant tout sur la volonté de rationaliser nos vies par l’informatique.

Les innombrables publicités d’IBM autour du concept de « planète intelligente »4, publiées dans Le Monde, L’Express et d’autres journaux grand public, sont très révélatrices : pas un aspect de nos vies qui ne soit concerné. Il s’agit de tout gérer : l’école, sa vie sentimentale, sa sexualité, sa santé... Tout doit tourner comme une usine, selon des critères d’efficacité économique et technique. Le projet même de « planète intelligente » consiste à mailler l’ensemble du territoire de capteurs électroniques, puis à confier aux ordinateurs l’analyse et le « monitoring » des données ainsi recueillies. Les malades aux urgences sont des éléments de flux ou de stock – tout comme les automobilistes sur la route, les marchandises d’un entrepôt ou les gamins dans une cour de récréation.

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Les données sont le minerai de la société de l’information : qui sait les extraire et les traiter peut les employer pour le profit (entre autres via le marketing ciblé) ou le pouvoir (par la prévision des comportements, par exemple). Déplacements, habitudes, relations, préférences, profil : tout est cartographié et utilisé. À l’ère du portable et des publicités ciblées, ces informations n’ont pas de prix. Voyez comment le chalutier et ses filets ratissent les fonds marins. Pour les données c’est pareil : rien ne peut échapper, c’est le principe même du réseau. Un mot qui provient du latin « rets », qui signifie « filet », comme dans l’expression « être pris dans les rets ».

Mettre une puce électronique sur un malade aux urgences permet de le suivre à la trace, de savoir à chaque instant où il est, combien de temps dure chaque soin, de gagner du temps à chaque étape. Et ainsi, de rationaliser les procédures, d’intensifier la productivité de l’hôpital, de travailler à flux tendu. On « optimise les process ».

Partout on remplace l’humain par la machine – automate ou système automatique. Pure logique capitaliste des gains de productivité. On l’a vu il y a deux cents ans dans l’agriculture, quand nombre de paysans ont été dépossédés de la terre par la mécanisation. Puis dans les usines. Le mouvement touche maintenant les services : les guichetiers de banques, les pompistes, les caissières de supermarché ; l’enseignement aussi. Dès qu’une tâche est mécanisée, rien ne vaut une machine pour l’exécuter. Tant qu’on nous réduira à l’état de robots, les robots nous réduiront à néant.

L’objet auquel s’intéresse PMO, c’est la police des populations, c’est-à-dire l’organisation rationnelle de l’ordre public. Au fil des siècles, on a perdu la réelle signification du mot « police », dont l’usage courant s’est restreint au « maintien de l’ordre ». Au-delà de cet aspect répressif, la police des populations englobe l’organisation et la gestion de la cité (polis, en grec). Le réflexe conditionné des militants est de dénoncer le flicage. Mais il faut mettre en évidence l’emprise étatique et technocratique en amont sur tous les aspects de nos existences. Il s’agit de supprimer l’imprévu, l’improvisation, la liberté. Le grand nombre semble avoir renoncé aux hasards de la liberté pour les échanger contre un confort machinique et lobotomisé. En termes savants : aliénation et réification. »

De l’invasion technologique

« Après le capitalisme agraire et le capitalisme industriel (vapeur, électricité, pétrole), nous voici dans le capitalisme des hyper-technologies, à l’époque de l’économie planétaire unifiée par la technologie (informatique, robotique, numérique, fret globalisé). C’est le fait majeur de notre période. On ne peut faire de politique, ni livrer bataille, sans en tenir compte au premier chef. Chaque évolution dans le domaine des hypertechnologies entraîne une cascade de conséquences sur tous les autres champs.
Tous les « fronts » sont atteints quand de nouvelles technologies se font jour : aussi bien l’environnement que la « malbouffe », la ville ou la condition féminine. La technologie est devenue la politique par d’autres moyens, et reste d’abord l’apanage du pouvoir. Certains citent Internet comme un contre-exemple, mais c’est purement illusoire. Chacun peut ouvrir un site, envoyer des messages voire mener des opérations de piratage électronique ; mais qui contrôle les infrastructures, les protocoles, et finalement la circulation des flux ? Sans parler du flicage sociologique permanent de chaque internaute... Les liaisons électroniques entre les contestataires tunisiens ou égyptiens n’auraient pu exister si Facebook et le gouvernement américain en avaient décidé autrement. Et in fine, la révolution, ce sont des corps dans la rue, pas des messages numériques.
Le pouvoir technologique a toujours un temps d’avance sur la masse désarmée. Quand les Indiens d’Amérique finissent par disposer de fusils, les Tuniques bleues ont déjà des mitrailleuses. Les nanotechnologies perfectionnent les moyens de police, y compris les drones pour la surveillance des banlieues ou les assassinats ciblés au Pakistan. La capacité de viser une personne à des milliers de kilomètres accentue les déséquilibres du rapport de force.

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On ne peut faire de critique sociale sans faire d’abord une critique de la technologie. Ainsi du chômage de masse, évidemment lié à la robotisation, au remplacement d’un nombre croissant d’humains par des machines. Dans l’industrie comme dans les services. On en arrive au point où des machines construisent des machines, le seul rôle de l’humain étant de les servir, d’être leur appendice. Personne, surtout dans les organisations de défense des travailleurs et dans les partis de gauche, ne comprend ce phénomène. Ou plutôt : ils feignent de l’ignorer, par crainte de passer pour des réactionnaires.

Les emplois relevant du social, fondés sur la relation humaine, sont eux aussi soumis au diktat de la rationalité technologique. Remplacer le soin aux personnes et l’attention par une gestion sur écran, n’est pas sans conséquence. Les gens n’en peuvent plus d’être traités en automates. C’est une raison des suicides à France Télécom, des faits divers fréquents à Pôle emploi ou à l’hôpital. Les employés sont unanimes : ils n’ont plus le temps de parler aux usagers. Ceux-ci doivent téléphoner, et taper 1, 2 ou 3... Même le Médiateur de la République, depuis deux ans, attire l’attention sur ce qu’il nomme le « burn out » de la société, lié au manque d’humanité, au sens littéral, dans les rapports entre les usagers et l’administration. Avant, celle-ci n’était pas assez humaine, maintenant ce ne sont plus des humains. »

Désert critique

« S’il n’y a pas de protestation contre cette robotisation, c’est qu’elle est ubiquitaire (on parle d’informatique « ambiante »), et donc – paradoxalement – invisible. Comme dans la nouvelle d’Edgar Poe La lettre volée, où le document recherché ne se voit pas parce qu’il est punaisé en évidence au-dessus de la cheminée.

L’obstacle est d’abord idéologique. Aujourd’hui « progrès » signifie « progrès technologique ». Le critiquer est réactionnaire. De même pour le lien entre science et technologie. Critiquer la technoscience, c’est critiquer Dieu au temps de l’Inquisition. Une croyance partagée par tous les milieux de la gauche progressiste et citoyenniste, qu’on retrouve même chez certains libertaires. Aborder la question provoque un raidissement, une panique.

Le marketing et les sociologues de l’acceptabilité sont le clergé de cette religion – on l’a encore vérifié avec les funérailles de Steve Jobs, célébrées comme celles du prophète de notre temps. Pour le grand public la technologie s’incarne dans le gadget. Voyez la course au téléphone portable, et maintenant au smartphone. On a franchi avec le téléphone portable un seuil de pénétration similaire à celui de la télé. On dresse le troupeau à des comportements irréversibles. C’est l’effet cliquet de la technologie : on ne revient pas en arrière. Imagine-t-on un monde sans portables ? Qu’une haute autorité médicale ou scientifique révèle ses dégâts sanitaires (multiplication des tumeurs au cerveau et des malades d’Alzheimer), croyez-vous que l’État interdira sa fabrication et sa vente ? Quant aux dégâts sociaux et anthropologiques, la question ne sera pas posée. »

La société de contrainte

« La contrainte vise à empêcher ou à obliger. D’une part au niveau macro-social, par exemple sur la « planète intelligente » : les rats dans leur labyrinthe suivent des parcours imposés. D’autre part au niveau micro-individuel, avec les « progrès » des neurotechnologies. À Grenoble vient d’ouvrir Clinatec, clinique expérimentale du Commissariat à l’énergie atomique et de Minatec, destinée à « nous mettre des nanos dans le cerveau ». Avec la combinaison du projet cybernétique global d’IBM et du projet neurotechnologique de pilotage individuel, on entre dans la société de contrainte.

Quand on en parlait il y a cinq ans, on nous traitait – comme d’habitude – de paranoïaques, de catastrophistes. Aujourd’hui, tout le monde entend parler des implants cérébraux destinée à stabiliser les tremblements des malades de Parkinson via des électrodes, et dont l’usage s’étend déjà. On modifie, grâce à des mini-implants électroniques, les comportements des anorexiques, des boulimiques, des patients atteints de troubles obsessionnels compulsifs, les humeurs des dépressifs. C’est une nouvelle étape dans l’automatisation de l’espèce humaine. Comme le Soma du Meilleur des mondes, une technologie censée rendre stable, paisible, productif.

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L’alibi médical est comme toujours mis en avant. La maladie d’Alzheimer est le plus important problème de santé publique des années à venir. Les décideurs – fanatiques de l’idéologie technicienne – s’en remettent aux spécialistes, les neuro-techniciens, et à leurs solutions. Rappelons qu’Alzheimer et Parkinson sont d’abord des épidémies nées de la civilisation industrielle. Depuis une dizaine d’années, les chiffres explosent, même compte tenu du vieillissement et d’un meilleur dépistage. Ces maladies neuro-dégénérescentes résultent de la dissémination de produits toxiques et de la multiplication des pollutions électromagnétiques. Mais les intérêts de l’industrie interdisent de toucher aux causes de la catastrophe sanitaire.
Comme l’idée de la neuro-dégénérescence abomine, à juste titre, les victimes potentielles sont prêtes à se jeter dans les bras du premier sauveur venu : les neurotechnologues et leurs manipulations cérébrales.

On connaît la Ritaline pour les enfants remuants. Ce sera pareil avec les implants neuro-électroniques. Un peu de mélancolie, ou d’inappétence au boulot ? On peut arranger ça. Grenoble est le vivier de cette vision machinique de l’humain. À l’université dominent les théories comportementalistes. Les élus ont souhaité et soutenu la création de Clinatec. C’est d’ici qu’est partie la récente recommandation de détecter les enfants « à risque » dès l’âge de cinq ans. La technologie règle tout. »



1

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2 Terreur & Possession. Enquête sur la police des populations à l’ère technologique, Éditions Échappée.

3 Trois hommes avaient été arrêtés en mai 2010, au Sud de Zürich, non loin d’un laboratoire d’IBM - avec dans leur voiture, selon la police, des explosifs et des tracts destinés à revendiquer un attentat contre la multinationale de l’informatique. Ils ont été condamnés, en juillet dernier, à un peu plus de trois ans de prison ferme.

4 Voir le site dédié à la « planète intelligente » hébergé par Le Monde contre espèces sonnantes et trébuchantes.


COMMENTAIRES

 


  • Bien vu et bien dit.

    La science s’impose inéluctablement et transforme notre humanité.

    • Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

      Par Maximilien Robespierre

      1793

      Article XXXVI

      Les rois, les aristocrates, les tyrans quels qu’ils soient, sont des esclaves révoltés contre le souverain de la terre, qui est le genre humain, et contre le législateur de l’univers, qui est la nature.

      • L’idéal serait que tout le monde ne fonctionne pas à circuit fermé dans une cuvette de chiottes.

      • Robespierre etait compris de moins de 10% de la population française de l’époque quand il a ennoncé cet article.Et pour cause personne ne cause personnes ne se comprenait en france faute d’une langue commune comprise par tous .Combien le comprenne actuellement cet article ?
        Lire « histoire buissonnière de la France » ( d’en bas) par G. Robb.

        • Allons, allons, renseigne-toi mieux...

          Combien de Clubs Jacobins en France en 1793, combien de participants, combien d’affiches imprimées de la Déclaration de 1793, annulée par celle de 1795, combien de lettrés, et nombre d’illétrés, dont la langue n’était pas le français, comprenaient très bien et ces textes et leur sens ????

          C’est plutôt aujourd’hui qu’un grand nombre comprend que pouic, sauf en langage sms...

          • Je me renseigne :
            La france francophone de 1863 :

            • 18 département avec 90 à 100 % de commune non francophone.
            • 11 à plus de 50 % de commune non francophone
            • 21 avec des commune non francophone en minorité ( 12 départements supplémentaire avait des patois majoritaires en 1880 )
            • 25 département considéré comme francophone ( centré sur la région Parisienne).
              Donc c’est un état en 1860 après 50 ans de purge linguistique menée en marche forcée depuis la Révolution et initié par L’abbé Grégoire après 1790.
              Il est précisé que les données de la carte (que j’ai sous les yeux) ne tiennent pas compte des nombreux dialectes inintelligibles au locuteur de français standard.

            • Boun Diou, mais qu’est-ce que tu veux dire ???

              Que la révolution n’était l’oeuvre que des sans-culottes parisiens ???

              Et en 1792, que crois-tu que l’on parlait à Marseille ???

              Le provençal, pardi ! Ô, bonne mère !

              Et pourtant quand leurs bataillons sont arivés à Paris que chantaient-ils ??? le « chant de guerre de l’armée du Rhin », tu sais, la Marseillaise, quoi... en provençal ???

              Même les corses comprenaient le français...

              t’as entendu parler de la famille Bonaparte ???

              Je te le répète : renseigne-toi mieux !

              • attends je vais me le faire le professeur d’Oxford :

                IBM, Thales & Clinatec

                CE, BCE, FMI

                Les rois, les aristocrates, les tyrans

                Le père, le fils, le St Esprit

                ça commence à bien faire les analogies à la con !

              • Que la révolution n’était l’oeuvre que des sans-culottes parisiens ???
                hé bien je commence à me poser la question à la lecture de ce livre sur la prétendu homogénéité de facade de cette futur république de France juste avant la Révolution.
                Il y avait les grandes cités certes. mais l’immensse majorité de la population etait dans les campagnes.
                Des sans-culottes ( de l’élite ) parisiennes avec des méthodes qui ont du inspirer un Staline ou un Polpot ?
                j’y réfléchi et je ferme la parenthèse de ce hors sujet.
                et bonne lecture.

                • Juste avant de refermer la parenthèse, laisse moi te conseiller de te pencher sur l’oeuvre de l’historien Albert Mathiez, et à l’heure actuelle sur celle de Florence Gauthier, et tu réviseras (peut-être) tes filiations avec Staline et Pol-Pot...

                  Amicalement.... et bon bou d’an ! ’c’est du provençal !)

                  • le pauvre Reveric, lui qui veut être gourou
                    lui qui veut fonder sa secte,
                    c’est mal barré !

                  • je crois bien avoir entendu dire que la tête de pont « Kmer rouge » de l’époque avait comme reférence un certains Robespierre qui n’a pas vécu assez longtemps effectivement pour assurer la continuité des actions visant a homogénéiser en marche forcé la mosaiques incroyables des cultures du peuples qui vivaient sur le territoire de ce qui allait devenir la république Française. Pour moi le livre de Robb est un peu à l’Histoire officielle telle qu’on me l’a enseigné ce qu’est le bouquin de Zinn sur l’histoire des USA. On en saura bientôt plus sur cro-magnon dans les bouquin que sur qu’était nos ancêtre il y a seulement 5 générations. Tout à été effacé , occulté et oublié. Mais il faut tenter de tout lire totu en essayant de sortir de l’etau du poilitiquement correct qui a servi tant bien que mal fédérer une population en instrumentalisant de mythes comme la « Revolution sauce parisienne » ou « nos ancêtres les gaulois ». Merci pour les références .



  • « Ces maladies neuro-dégénérescentes résultent de la dissémination de produits toxiques et de la multiplication des pollutions électromagnétiques. »

    Maladies neuro-dégéneratives...

    Menace sur nos neurones : Alzheimer, Parkinson... et ceux qui en profitent
    Marie Grosman, Roger Lenglet

    Actes Sud, 2011

    Emission Terre à Terre sur France Cul.  :ici



  • Tu savais ça, que les informaticiens d’IBM (qui touchent pas même 2500 euros par mois) peuvent, en 5 clics de souris, planter un gros client multinational qui cessera de produire, de vendre, de propager, pendant bien 10 jours ! c’est un pote qui y bosse qui m’a expliqué ça. ça laisse rêveur ... c’est d’une fragilité énorme ! moi je te paierais les ingénieurs à 10 000 le mois et je les protégerais dans un bunker antiatomique loin de la centrale.



  • « Smarter city est un programme international proposé par IBM et destiné à accompagner les métropoles dans de grands mutations à partir d’un brainstorming avec des chercheurs. “C’est une démarche prospective ambitieuse qui part des problématiques rencontrées par les villes pour aller des solutions plus « intelligentes » (smart), plus durables et plus ouvertes aux citoyens”, explique Jean-Philippe Clément, coordinateur au Secrétariat général (SG) [de la Ville de Paris]. La Ville de Paris s’est lancée dans la démarche. » (extrait d’une publication de la ville)

    • Heureusement, face à la normalisation fonctionnelle de l’existence, à la réduction de tout écart, des résistances apparaissent. Dans le champ de la psychiatrie (qui ne concerne pas que les fous puisqu’il y est aussi question de notre grain de folie à tous), s’est créé le Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, rassemblant psychiatres, infirmiers psychiatriques, patients, psychanalystes, usagers et usagés de la psychiatrie, professionnels divers qui confrontent leurs expériences, leurs analyses, leurs avancées, leurs impasses, leurs interrogations, loin de tout dogmatisme, de toute réification mécaniste. Passionnant. On peut voir ça ici :

      http://www.collectifpsychiatrie.fr/

      • « LES PSYCHIATRES OU BIEN ILS SE SUICIDENT, OU BIEN IL FAUT LES TUER ! »(DAVID COOPER)

        • LES PSYCHIATRES OU BIEN ILS SE SUICIDENT, OU BIEN IL FAUT LES TUER !"(DAVID COOPER)

          « Bullshit ! »

          Ni plus, ni moins....

          • LA PSYCHIATRIE EST UNE PRISON.
            LA PSYCHIATRIE EST UN CAMP D’EXTERMINATION.
            LES PSYCHIATRES LES MATONS, LES PSYCHIATRES LES SS.

            Doux euphémismes

            • Eh, bé, Camille Claudel, permets-moi de te dire, s’il y a un secteur du soin où l’on réfléchit le plus sur la « politique du sujet » dans le champ du soin, entre medecins-infirmières(ers)-patients-tiers « état »- c’est bien le secteur psychiatrique... et où souffrance sociale et politiques « libérales » s’affrontent et ne devraient laisser personne indifférent, c’est bien là !

              Ne confond pas les personnes et la misère de l’institution...

              Tuer les « psys », et les « profs » et les « instits », etc...???

              Ouais, pas de doutes, « il nous faut un Guépéou...! »

              Amicalement

              • @ anonyme (aka Ah Ah et Peuh !) : ça serait bien que tu redescendes un peu, hein... J’ai viré deux de tes commentaires, et tes appels à tuer la moitié de l’humanité, j’aimerais autant que tu ailles les coller ailleurs - déjà la comparaison psys et SS, bonjour le niveau...

                @ Remugle : désolé, tes réponses mesurées ont sauté du même coup. Mille excuses :-)

              • Camille Claudel, tu as été censuré

                les psychiatres ne sont pas au service des directions patronales en charge de « déchets sociaux improductifs » comme tu l’as dit.
                Le patronat parle d’ailleurs plutôt de « personnel en difficulté »
                ce qui pousse encore plus à l’auto-destruction et leur permet de s’en laver les mains.

                Alors, maintenant, choisis ton camp !

                • Censuré, c’est un grand mot. Le mec parle quand même d’exterminer une petite part de l’humanité, hein...

                  • il dit peut-être ses symptômes.

                    c’est le plus dur de dire ses symptômes.
                    normalement, on les dit à un psychiatre.
                    Il peut pas blairer les psychiatres, alors il le dit à Remugle.
                    Jusque là, tout va bien.

                  • mercredi 14 décembre 2011 à 17h17, par Le Collectif des 39 est un commissariat

                    Ah ah ah ! Aucune distance ! Vous êtes drôles ! (d’autant plus que vous semblez avoir oublié les discours antipsys des années 1970, radicaux eux au moins, pas comme votre torchon de bisounours libertaire comme une camisole chimique)

                    La psychiatrie est un pilier de l’ordre social capitaliste et moral bourgeois. La psychiatrie à visage humain que prône le Commissariat des 39 est belle comme une guerre juste, une fosse commune de roses couvrant ses torturés assassinés.

                    La psychiatrie mutile, assassine. En quoi c’est un problème de mutiler, détruire, faire sauter ces tortionnaires, assassins ? Tendre l’autre joue ? Laisser faire en attendant le Saucialisme ? Article 11 défendrait cette Police Psychique Nationale comparse de l’industrie médicale, de son pouvoir policier et militaire au nom de la Vélorution ?

                    Il y a des gens qui choisissent de servir un système dégueulasse, de se comporter en salauds... Qu’ils assument. L’auto-défense, les retours de manivelles ultra-violents si il le faut, sont légitimes. Et entretenir les crapules dans la peur c’est jouissif.

                    Tremblez, chiens !

                    (Pauvres petits flics qu’ils sont responsables de rien, c’est vraiment triste qu’ils se flinguent pas en masse... :’()

                    • tu crois peut-être que t’es pas dans le moule, toi ?

                      sale prétentieux, va !

                      • mercredi 14 décembre 2011 à 18h06, par La psychiatrie est une opération de police

                        N’importe quoi. Quand on a que l’ironie pour masquer son impuissance, sa lâcheté... c’est vraiment triste, minuscule.

                        Soyez chootés quelques temps en HP ou non, sous camisoles d’Haldol et Cie détruisant le corps, et puis on rediscute. Soyez confrontés au pouvoir psychiatrique, ses kapos de jour et de nuit, ses curés pédophiles ou non dîplomés psychiatres, ses AS perfusées au TRAVAIL FAMILLE PSYCHIATRIE... et puis on rediscute. Mais peut-être êtes vous comme ces singes aimant leur maton-salaire, prêts à le défendre jusqu’à la fin par tous les moyens ?

                        La classe des médecins et leurs sbires doit disparaître avec ses HP. L’HP c’est beau comme la Prison : seulement quand ça brûle, sa flicaille emmurée.

                        • de mon point de vue, quand des salariés d’IBM par exemple vont individuellement chez un psychiatre ( qui n’a bien sûr rien à voir avec IBM )
                          ça règle le problème individuellement
                          mais ça élude la question collective.

                          de là, à dire qu’un service hospitalier de pathologies professionnelles ferait le jeu de l’entreprise, je ne le pense pas.
                          Maintenant que certains salariés soient complices de leur direction, qu’ils ne soient pas en phase avec ce que vivent ceux qui tombent malades, parce que tout va à peu près bien pour eux ( ces connards ), parce que ils ne sont pas encore pas passés par là, ça me parait plus probable.

                          • mercredi 14 décembre 2011 à 19h24, par Nazie comme la psychiatrie

                            Un psychiatre ne règle rien. Il peut tasser un symptôme, écarter en enfermant celui-ci si il dérange l’Ordre. Symptôme qui est une source de profit pour l’industrie dont il (le psychiatre) est un médium, un chien de garde de la « machine travail ». Le psychiatre est un bourgeois défendant les intérêts de sa classe.

                            Un psychiatre faisant porter au système capitaliste les causes du symptôme remettrait en cause celui-ci, sa position de classe, la nature répressive et moralisatrice de sa fonction. Ce qu’il ne fait pas, en bon (petit) bourgeois. Voilà pourquoi le psychiatre et plus largement la psychiatrie voire la médecine est un ennemi qui, comme tout ennemi, n’est bon que descendu, au moins verbalement ou juridiquement parfois.

                            • si un salarié veut obtenir un congé pour ne pas devenir complètement dingue dans sa boîte de merde, il est obligé d’attester d’un suivi médical par un psychiatre ; obligé de se mettre dans le moule.

                              Un psychiatre n’hésitera pas à dire que les symptômes sont liés aux conditions de travail.
                              Si certains n’ont pas le courage de faire un diagnostic, ils doivent renvoyer leur patient à un confrère.

                              • C’est carrément osbolète comme argument, à moins que de vouloir reporter un changement radical dans... voyons voir... 10 000 ans ? et quelques milliers de milliards de tonnes de psychotropes consommés pour avoir « tenu le coup » ? et des médailles à la fin du jeu pour qui a été respectueux envers les matons du système-monde capitaliste ?

                                Qu’un salarié d’IBM (tiens donc, encore des nazis) descende dans la salle de réunion la kalash au poing et tire dans le tas, en quoi serait-ce une abération ? Parce qu’il tue des « innocents » ? Lol. Les innocents qui font leur boulot ont tous les mains sales, leur force est dans l’inertie qui conduit des « dingues » à commettre des délicieux massacres.

                                Un psychiatre dira « Oui nous avons des problèmes d’emploi » et puis ? « Changez de boulot ». Mais encore ? Accuser le salariat donc le rapport social nécessitant sa fonction répressive ? Effectivement je rêve.

                                Que vous soyez d’accord ou non n’y change rien. Le bavardage n’a jamais fait perdre un centime à la bourgeoisie, dont le pouvoir psychiatrique est un de ces piliers. Le pouvoir est maudit, à c’qui paraît... Le contre pouvoir non.

                    • Ouinh, ouinh,... Tous les psys, ils sont pas gentils, tous les psys, ils veulent contrôler nos cerveaux...

                      L’idée que la plupart des gens qui vont voir un psy le font d’eux-même pour être aidés ne t’a-t-il pas traversé l’esprit ? Que toute personne qui va voir un psy ne finit pas avec des neuroleptiques ? Et que même... attention... un psy peut t’aider quelque temps si tu en as besoin puis disparaître de ta vie !

                      Non, les psy asservissent le monde et ils doivent crever, quelle réflexion intéressante !!



  • 1) « Les liaisons électroniques entre les contestataires tunisiens ou égyptiens n’auraient pu exister si Facebook et le gouvernement américain en avaient décidé autrement. »

    Moubarak dictateur, OK
    mais
    c’est pas de la faute aux ricains si des connards violent une journaliste parce qu’ils la trouvent mal fringuée...

    2) « Comme l’idée de la neuro-dégénérescence abomine, à juste titre, les victimes potentielles sont prêtes à se jeter dans les bras du premier sauveur venu : les neurotechnologues et leurs manipulations cérébrales. »

    normal
    et vous savez combien de personnes se jettent dans les bras des homéopathes de mes deux parce qu’ils veulent plus s’intoxiquer avec des médicaments ? la dernière que j’ai rencontrée m’a sorti ceci : Mieux vaut allumer une chandelle que maudire l’obscurantisme.



  • Salut les lulus,
    Juste une petite correction :
    Les trois personnes arrêtées en 2010 (et jugées et condamnées à de la prison ferme cet été) pour tentative d’attentat sur IBM étaient 2 hommes (italien et suisse) et 1 femme (italienne) - Silvia, Billy et Costa.



  • Chic, vu ma bientôt soixantaine je peux donc espérer me trouver rajeuni et même amélioré grâce à la bienfaitrice nano-technologie. Quand je pense qu’il y a des attardés, des pisse-froid et autres « moyenageux » qui refusent tout progrès ! En plus ce n’est que par philanthropie et pour améliorer le sort de l’humanité que ces entreprises développent ces si jolies inventions.



  • On modifie, grâce à des mini-implants électroniques, les comportements des anorexiques, des boulimiques, des patients atteints de troubles obsessionnels compulsifs, les humeurs des dépressifs.

    Et l’avidité des puissants, on peut faire qqchose ?

     ;-)

    Cdlmt



  • Selon L’Observatoire des inegalites, organisme pilote par ATTAC, les 10% de revenus les plus riches sont en France 6,8 fois plus eleves que les 10% des revenus les plus pauvres. Cette plaisanterie de « gauche » annonce assez clairement ce que sera la presidence socialiste. D’aussi grossieres minimisations des disparites, comme le fait regulierement l’UMP, font de ces ennemis, droite et gauche, avant... tout des allies contre le reel et la verite. Par ailleurs je soupconne maintenant fortement le militantisme de gauche et d’extreme gauche de s’etre opportunement deleste de toute une part encombrante de gens dont le passe desastreux temoignait de quelque chose de bien embarrassant pour leurs ambitions : la verite sur la nature tyrannique de ce regime.... Des gens nombreux qu’on croyait nos amis ont obei a ce mot d’ordre implicite. Il s’agit pour cette gauche de gagner et l’on sait que les vainqueurs sont toujours arrogants...



  • « On l’a vu il y a deux cents ans dans l’agriculture, quand nombre de paysans ont été dépossédés de la terre par la mécanisation » ?
    200 ans ? 2011 - 200 = 1811.
    relire ou en etait la france en 1811 , ;°)
    G. Robb. Une histoire buissonière de la France.



  • Robot : du tchèque « Robota » esclave ou travailleur asservi.
    Aujourd’hui, c’est nous qui sommes asservis aux robots alors qu’ils auraient dû nous libérer. Mais ça c’est notre faute pas celle de la technologie qui elle est neutre.
    Quand les serfs du Moyen-Age étaient asservi à leur seigneur, les désignait-on comme coupable de la puissance qu’il en tirait ?

    Ne vous trompez pas de cible, le monstre c’est IBM, pas les nano-technologies qui peuvent sauver ou ruiner des vies.

    « Les armes ne tuent pas les gens, les gens tuent les gens » (Dimebag 1966-2004 tué par arme à feu)



  • « La société de contrôle, nous l’avons dépassée. La société de surveillance, nous y sommes. La société de contrainte, nous y entrons »

    Mouai..alors disons qu’il est tout à fait possible que j’ai merdé ma lecture de Foucault et de Deleuze, mais pour moi, la société de surveillance et la société de contrainte semblent toutes deux tenir dans le concept de société de contrôle, car pourquoi surveiller si ce n’est pour contrôler ? Pourquoi contraindre si ce n’est pour contrôler ?

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