ARTICLE11
 
 

mardi 7 octobre 2008

Le Charançon Libéré

posté à 09h59, par JBB
15 commentaires

Parachutes dorés : avec son code de bonne conduite, Parisot fait trembler les patrons…
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Elle a décidé de prendre le taureau par les cornes, de taper du poing sur la table et d’agir avec fermeté. Qu’on se le dise : Laurence Parisot supprime les parachutes dorés pour les patrons incompétents ! Prête à tout pour faire respecter cette décision, la patronne du Médef se propose même d’inscrire l’interdiction… dans un code de bonne conduite. Sûr que les patrons voyous doivent trembler…

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Partout, son monde s’effondre.

Les traders s’affolent et se rongent les mains, après s’être mangés ongles et doigts ; bientôt, ils se dévoreront les jambes et disparaîtront corps et biens, ne laissant derrière eux qu’un vague halo de peur et beaucoup de mauvaises odeurs.

Les banquiers courent en rond comme des lapins rendus fous, yeux devenus rouge vifs à force de fixer leurs portefeuilles vides, s’interpellant les uns et les autres en quête de ces liquidités qu’ils ne dénicheront pas plus que leur camarade d’Alice au Pays des Merveilles ne réussissait à trouver le temps juste.

Les patrons se prennent mutuellement le pouls, s’auscultant les uns les les autres avec gravité et compoction en une sarabande sans fin, aussi pressés qu’inquiets de découvrir chez les autres ce vers qui est déjà dans leur fruit.

Les autorités monétaires n’en peuvent mais, se contentant de signer des chèques à tire-larigot avec tellement de zéros au bout que traders, banquiers et patrons sont convaincus qu’ils finiront pas se révéler de bois.

Bref : la crise, le krach, l’effondrement final.

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Dans ce sauve-qui-peut général, il faut rendre gloire à Laurence Parisot.

Louer son sang froid.

Et célébrer son sens tactique.

Tant la sainte-patronne du Medef ne se laisse pas gagner par la panique.

Reste droite dans ses bottes.

Et poursuit ses petites magouilles en forme de défense de ceux qui l’ont choisie comme berger.

Comme si de rien n’était.

Et toujours décidée à agiter les mêmes miroirs aux alouettes.

La classe…

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Hier donc, Laurence Parisot se faisait chevalier blanc.

Annonçait qu’elle mettait fin aux parachutes dorés.

Et présentait un texte, largement repris dans la presse, interdisant à un patron ayant échoué de toucher une indemnité de départ.

Une bonne chose ?

Oh oui.

Bien sûr.

Génial !

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Si ce n’est qu’il ne s’agit que d’un code de gouvernance, dont l’application sera soumise au bon vouloir des intéressés.

Et que Laurence Parisot freine des quatre pattes et du museau devant l’éventualité d’en faire une loi, affirmant doctement : « Chacun sait que dans ce domaine, pour être efficace, mieux vaut éviter toute législation. La loi a toujours eu des conséquences qu’on ne prévoyait pas au départ, qui aggravent la situation. »

(Sic…)

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Plutôt de se demander comment la loi pourrait aggraver la situation en matière de parachutes dorés…

Avec une loi, les patrons incompétents toucheraient encore plus de pépètes ?

Et que de souligner combien un code de gouvernance, attrape-gogos auquel personne ne croit, ne changera rien à la situation…

MédiaPart le démontrait il y a quelques jours avec un excellent article sur les parachutes dorés que Sanofi vient de décider d’accorder à son patron sur le départ et à celui qui le remplace, alors même que le groupe a lancé un plan social de 927 licenciements.
Démissionnaire, Gérard Le Fur a reçu un parachute doré de 2,7 millions d’euros, le versement d’une clause de non-concurrence de 100 000 euros par mois jusqu’en décembre 2010 et le maintien d’un salaire de 50 000 euros par mois pendant trente mois. Quant au nouveau patron, Chris Viehbacher, il peut se targuer d’un salaire confortable (1,2 millions d’euros de rémunération fixe), d’un prime de bienvenue de 2,4 millions d’euros et de 65 000 actions gratuites (soit 3,1 millions d’euros).
Des cadeaux effectués alors même que le débat sur les parachutes dorés, relancé par Nicolas Sarkozy, battait son plein, que le capitalisme débridé n’avait jamais été autant remis en question et que le groupe licenciait à tout-va… Autant dire qu’un code de bonne conduite aura autant d’efficacité qu’une cautère sur une jambe de bois tant ces gens-là se fichent de la morale et de la bienséance comme de leur première action Eurotunnel…

On se contentera de noter que cette nouvelle sortie de Laurence Parisot prouve combien la dame n’a rien compris à ce qui est en train de se passer.

Perfide baratineuse qui pense que les mêmes mensonges, ressortis à intervalles régulières, peuvent encore avoir une quelconque efficacité.

Et bien piètre analyste, qui imagine qu’une ou deux mesurettes suffiront à endiguer la colère et la vindicte populaires contre ces excès d’un capitalisme débridé que plus personne ne peut prétendre ignorer.

Du vent !


COMMENTAIRES

 


  • mardi 7 octobre 2008 à 10h25, par Jean-Pierre Martin

    J’ai l’impression qu’on s’est compris...

    Voir en ligne : Le blog à Jean-Pierre Martin

    • mardi 7 octobre 2008 à 13h09, par JBB

      A lire ton jouissif blog, j’ai le même sentiment depuis un moment.

       :-)



  • Médrano vous présente en avant première le duo d’illusionnistes, Foutriquet et Pimprenelle.

    • mardi 7 octobre 2008 à 13h11, par JBB

      Exactement.

      Je vais d’ailleurs citer le grand Raoul Vaneigem : « Le vide produit par le fétichisme de l’argent aspire tout sur son passage et tout tient à une seule force, celle du spectacle. C’est le rien qui a force de loi et régit la formidable inertie selon laquelle le monde dévale vers sa perte. »



  • Kék’elle a dit Mââme Parisot ? Qu’on va ranger les parachutes dorés dans les niches fiscales des paradis fiscaux ? Bonne idée, ça fera moins désordre...

    Voir en ligne : http://repvblicae.wordpress.com/

    • mardi 7 octobre 2008 à 13h12, par JBB

      Oui, elle feint de s’agiter pour sauver le peu de meubles qu’il reste en rayons. Vivement la 2e démarque !



  • mercredi 8 octobre 2008 à 11h27, par Herr Grimaud

    Cher jamon,

    T’étais-tu aperçu de la troublante ressemblance entre la Parisot sur ta photo poing levé et Bernard Thibaut. Peut-être est-ce un seul et même pervers transsexuel ?

    Ton dévoué adrichou

    • jeudi 9 octobre 2008 à 12h24, par JBB

      Cher Adri

      La chose ne m’avait pas échappé. J’aime beaucoup cette image de la contestation active, poing vaillamment levé et mèches coupées au bol, que l’on retrouve chez tous les grands révolutionnaires. Hasta la victoria toussa-toussa…



  • mercredi 8 octobre 2008 à 18h21, par paul pourdoulou

    finalement, ce qui la dérange dans parachute doré, c’est le doré. La question du parachute est -en off- non négociable. Le parachute va devenir offshore.

    • jeudi 9 octobre 2008 à 12h26, par JBB

      « pour le parachute je le prend, mais vous auriez pas une autre couleur que le doré ? »

      Il faut voir ça avec dame Parisot (c’est elle qui gère les stocks), mais je crois qu’il est disponible en rose ou en bleu fluo. peut-être un peu moins classe…



  • jeudi 9 octobre 2008 à 15h30, par Jean-Marie Belgique

    Là où il y a de la gène, il n’y a pas de plaisir !
    Maintenant, « on » en est à nous dire qu’on va renflouer ou nationaliser les banques pour les aider à passer un cap difficile mais que le moment venu, « on » les revendra si possible avec un petit bénéfice !
    Le moment venu, « on » demandera au copain s’il veut se faire un max en passant comme « on » avait pratiqué avec EADS et Lagardère, TF1 et Bouygues etc...
    Le patron belge de la banque Dexia a été viré (sans parachute doré alors que contractuellement il y avait droit ) à la demande expresse du souverain de France pour y placer son ami Mariani alors que les difficultés de Dexia viennent d’une filiale de l’ancienne banque Le Crédit Local de France !
    Sait-on si on a demandé à Monsieur Tapie de faire un « geste », vu les circonstances ?

    • jeudi 9 octobre 2008 à 19h05, par JBB

      Avec tous les millions qu’il a récupéré, ce pauvre martyr de Tapie, qui « ne s’est jamais rendu à l’Elysée, je vous le jure » et qu’on a si injustement calomnié, doit attendre le bon moment pour investir. Dommage qu’Adidas ne soit plus à vendre…

      • vendredi 10 octobre 2008 à 21h47, par Jean-Marie Belgique

        Au train où vont les choses, le nanard pourra bientôt racheter Ford et la Général Motors, restructurer et licencier à tour de bras, c’était son passe-temps favori autrefois !

        • vendredi 10 octobre 2008 à 21h51, par Jean-Marie Belgique

          En ce qui concerne Addidas, le nanard a une chance de pendu car le tribunal arbitral est venu juste à temps... Je doute que dans les cirscontances actuelles, Lagarde et Sarkozy se seraient montrés aussi généreux !

          • vendredi 10 octobre 2008 à 23h16, par JBB

            « Je doute que dans les cirscontances actuelles, Lagarde et Sarkozy se seraient montrés aussi généreux ! »

            Tout pareil. Mais qui sait… A voir les scandales des privilégiés d’AIG et de Fortis, invités à se régaler aux frais de la princesse, je ne suis même pas sûr que la leçon ait porté…

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