ARTICLE11
 
 

samedi 26 février 2011

Sur le terrain

posté à 21h44, par JBB
71 commentaires

Retour de brun
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Depuis quelques mois, ils relèvent la tête (rasée). Multiplient les sorties. Essaient de s’incruster dans les manifestations et rendez-vous de gauche. Surfant sur le très réactionnaire esprit du temps, cachant (un peu) leur jeu à la manière des néo-fascistes italiens ou des nationalistes allemands, les groupes de l’extrême-droite radicale française passent à l’offensive. Une montée en puissance inquiétante.

Cet article a été initialement publié dans le numéro 2 de la version papier d’Article11.
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Paris, 24 janvier 2009. Grande manifestation de soutien à la Palestine, quelques jours après que les Israéliens ont mis fin à l’opération « Plomb durci », déluge de bombes lâchées sur la bande de Gaza. Au rendez-vous place Denfert-Rochereau, une cinquantaine de militants du Centre Zahra – groupuscule chiite radical et antisémite2 – déploient une banderole « Front uni contre le sionisme ». Pas pour longtemps : le service d’ordre et les antifascistes interviennent rapidement, repoussant les indésirables – qui ont reçu le renfort des membres d’Égalité et Réconciliation, le mouvement rouge-brun d’Alain Soral. Quelques échauffourées n’y changent rien : la petite centaine de militants d’extrême-droite, étrange alliance de voiles et de drapeaux bleu-blanc-rouge, en est réduite à voir passer la manifestation de loin.

Même cause, autres effets. Paris encore, 5 juin 2010 : manifestation de soutien à la Palestine, quelques jours après que les Israéliens ont pris d’assaut la flottille humanitaire tentant de gagner Gaza. Parmi la dizaine de milliers de manifestants, une bonne cinquantaine de membres d’Égalité et Réconciliation. Brandissant des drapeaux tricolores et mêlés au cortège de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), ces derniers effectuent le parcours de bout en bout. En toute quiétude. Hors quelques résistances et protestations individuelles, personne pour s’étonner de leur présence et les expulser de la manifestation. Comme si Égalité et Réconciliation était à sa place, toléré dans le paysage militant.

Paris toujours, 24 novembre 2010. Devant l’hôtel Crillon, répondant à l’invitation du réalisateur Pierre Carles et du documentariste Michel Fiszbin, près de 300 personnes huent et chahutent gentiment les participants au dîner du Siècle, club très privé réunissant chaque mois les élites patronales, politiques et médiatiques françaises. Joie, cotillons, lazzi et bonne humeur. Sauf que – à nouveau – des invités surprises se mêlent à la (contre) fête. Des complotistes de We Are Change et de ReOpen9113, ainsi que deux militants d’Égalité et Réconciliation, distribuent des tracts, avant d’être éjectés du rassemblement. Plus en retrait, regroupés derrière une banderole « Changeons de siècle, pouvoir au peuple », une quinzaine de néo-fascistes du MAS (Mouvement d’action sociale) font le pied de grue, trop nombreux pour être facilement repoussés ; ils partiront finalement d’eux-mêmes, au bout d’une heure.

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Ces tentatives d’infiltrations, réussies pour les deux dernières, valent parfaite illustration. De l’appétit renouvelé d’une frange de l’extrême-droite, raciste et anti-parlementariste, qui entend elle-aussi surfer sur le très réactionnaire esprit du temps - sarkozysme triomphant en France et extrême-droite parlementaire à la fête dans une bonne partie de l’Europe. De sa volonté de profiter d’un espace ouvert par une certaine déliquescence de l’appareil politique du FN. De son ambition de parasiter certains fronts de contestation, en se présentant sous un nouveau jour et en jouant sur des ambiguïtés. Et du manque de réaction des militants de gauche (au sens large), trop peu informés des nouvelles formes que peut prendre l’extrême-droite et insuffisamment déterminés à la combattre. «  Il y a dix ans, une infiltration comme celle d’Égalité et Réconciliation à la manifestation de soutien à la Palestine du 5 juin n’aurait même pas été envisageable : ils n’auraient jamais osé, remarque un membre de la revue antifasciste Reflex(es)4. Désormais, ils n’hésitent plus - spécialement dans les manifestations pro-palestiniennes. Et je crains qu’il n’en aille bientôt de même pour le mouvement social : un jour ou l’autre, on va les voir débouler.  » Un scénario catastrophe ? Même pas. Disons : un futur vraisemblable et prévisible.

Pour l’instant, les choses se jouent à la marge. Les groupes d’extrême-droite tentent de s’agglomérer aux actions et rassemblements contestataires quand ceux-ci n’ont pas de service d’ordre ou quand les antifascistes y sont en nombre réduit. Ils avancent ainsi leurs pions progressivement, se montrent, habituent à leur présence. Ils savent qu’être présent sans déclencher de réaction des autres manifestants est déjà une victoire. Signe qu’ils seraient légitimes dans les cortèges. Et preuve de la dynamique de leurs mouvements.

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Nouveaux visages ?

Hors les boneheads5 et les nationalistes les plus acharnés, la plupart des formations de l’extrême-droite radicale ont intégré la nécessité de se montrer sous un jour nouveau. De faire accroire aux naïfs qu’ils auraient coupé les ponts avec certaines de leurs pratiques les plus spectaculairement choquantes (recours à la violence physique, salut hitlérien, racisme et antisémitisme forcenés) pour présenter un visage un peu apaisé et moderne. Exemple emblématique, les Identitaires, nébuleuse regroupant le Bloc du même nom (qui revendique 2 000 adhérents), quelques associations et des déclinaisons régionales. Essentiellement raciste, prônant la sauvegarde des identités régionales, le mouvement sait mieux que nul autre fausser les apparences6 et se donner une image moins guerrière - même si ses membres ne répugnent pas au coup de poing. Il joue ainsi sur les mots – revendiquant la « défense de la laïcité » ou la « lutte contre l’islamisme » plutôt que la « chasse aux musulmans ». Il met en place des événements très médiatiques – les « Assises contre l’islamisation », récemment organisées par les Identitaires au cœur de Paris, ont fait le plein de journalistes, assurant au Bloc une couverture médiatique inespérée. Il multiplie les alliances conjoncturelles pour gagner en respectabilité – ces mêmes assises étaient organisées en partenariat avec Riposte Laïque, et deux élus UMP, Christian Vanneste et Xavier Lemoine, avaient été invités à y prendre la parole7. Et il annonce déjà qu’il présentera un candidat à la présidentielle de 2012 : Arnaud Gouillon, jeune homme à l’allure de gendre parfait.

Voilà pour le visage extérieur, celui d’une apparente quête de respectabilité et de légitimité. Mais attention : « Cela concerne uniquement les meneurs. La base des Identitaires reste – justement - très basique, remarque le membre de Reflex(es). Elle ne se sent pas du tout concernée par ce souci de se présenter sous un meilleur jour. » C’est que le vrai fondement du succès des Identitaires, groupuscule rapidement monté en sauce au sein de l’extrême-droite, est ailleurs, dans le renouvellement d’un imaginaire d’essence fasciste, sauce XXIe siècle. Il s’agit de parier sur une conception culturelle de la politique, de jouer sur ses marges esthétiques et visuelles : le projet Apache, ancrage jeune et parisien du Bloc Identitaire, incarne parfaitement, avec son graphisme léché et ses affiches soignées, ce renouveau axé sur la communication. « Ils ont réalisé une mutation à l’italienne, poursuit le rédacteur de Reflex(es). L’emballage a été modifié – ils se sont réinventés une identité visuelle et culturelle – mais le fond reste le même. »

Une mutation d’autant plus aisé que ce fond – l’idéologie – est très faible. Un point mis en avant par le chercheur Jean-Yves Camus8 : « Le préjugé du sens commun considère l’extrême-droite comme la famille politique produisant, plus que toute autre en dehors de la nébuleuse marxiste, de l’idéologie. Bardée de certitudes tranchées, volontiers polémique, accrochée à des systèmes de pensée qui entendent englober la totalité des champs de la vie politique, sociale et intellectuelle, on l’imagine volontiers dirigée par des bâtisseurs de systèmes. La vérité est pourtant à l’opposé : l’imaginaire de l’extrême-droite est fait avant tout de ’visions du monde’, d’images fugaces arrivant en gerbes, et qui dessinent un univers intellectuel dans lequel l’attitude et le style importent finalement davantage que la cohérence.  » À ce petit jeu, celui des « images fugaces arrivant en gerbe », les Identitaires se montrent plutôt doués. Mais ils ne sont pas les seuls : des Autonomes nationalistes lorrains à Égalité et Réconciliation ou au Mouvement d’action sociale, une bonne part des groupes de l’extrême-droite radicale partagent ce goût pour la forme superficielle, l’idéologie et le discours ne s’élevant guère au-dessus du niveau de vagues platitudes anti-système et d’éternelles dénonciations des supposés ennemis de la France. Las : c’est justement cela qui se révèle payant.

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Vitalité européenne

Ce renouvellement de la forme et de l’apparence s’appuie essentiellement sur le « modèle » italien : en France, ils sont un certain nombre à lorgner sur le modèle néo-fasciste transalpin, resucée de l’héritage mussolinien à la sauce troisième millénaire qui met l’accent sur une (prétendue) action sociale de proximité. Pour porte-drapeau, le mouvement Casa Pound, du nom d’un squat fasciste ouvert en 2007 en plein centre de Rome, copiant ouvertement la réussite des centres sociaux gauchistes.

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Squat de Casa Pound, à Rome.

Se revendiquant fascistes tout en refusant l’étiquette d’extrême-droite, camouflant leur profond racisme derrière des actions centrées autour de la « lutte contre l’usure » ou contre la vie chère, mettant en avant leurs goûts culturels – graphiques ou musicaux9 -, les membres de ce mouvement réussissent habilement à brouiller les genres. Et donc à aplanir une partie des critiques à leur encontre : « On est parfaitement intégrés culturellement dans le quartier et dans la ville. Quand les gens voient les affiches de Casa Pound, ça ne pose pas de problème, même si elles comportent des symboles fascistes ou s’il y a ’fascisme’ inscrit dessus. On a importé le fascisme dans ce millénaire, en le modernisant un peu et en l’adaptant à la société actuelle », revendique ainsi Simone10, membre romain du mouvement. « L’idée qui sous-tend ce type d’opération renvoie à l’imaginaire, le véritable point de force du groupe Casa Pound, écrit la revue Reflex(es)11. À travers une série de slogans et un vocabulaire novateurs, un graphisme coordonné, des instruments d’auto-narration […], le groupe cherche à renforcer et à construire une rhétorique épique qui permet de le rendre plus compact et résistant. » Une recette qui fonctionne : Casa Pound a essaimé à travers tout le pays, ouvrant une dizaine de « centres sociaux » dans des bâtiments squattés.
De quoi pousser certains à piocher dans les mêmes ingrédients. En France, le Mouvement d’action sociale se revendique explicitement du modèle Casa Pound, tentant de se positionner sur un même créneau « social » et de surfer sur des préoccupations quotidiennes - notamment la malbouffe : le MAS a effectué plusieurs « opérations » contre des fast-foods, avec distribution de tracts et du célèbre documentaire Super Size me. À Paris, le squat du Château-Pirate vient de faire très récemment parler de lui, par le biais d’un article publié sur le site Indymedia Paris12 pour ses accointances douteuses et ses sympathies conspirationnistes : l’article pointait notamment l’organisation d’une exposition avec certains artistes se revendiquant d’extrême-droite. Quant à Serge Ayoub, figure historique du milieu bonehead parisien qui vient de lancer une formation à prétention syndicaliste, « Troisième Voie, pour une avant-garde solidariste », il dit vouloir reproduire le mode de développement de Casa Pound et rêve de créer des « bases autonomes » sur tout le territoire français.

Les néo-fascistes italiens ne sont pas les seuls à avancer (relativement) masqués : en Allemagne aussi, un mouvement – celui des autonomes nationalistes – s’ingénie à brouiller les cartes, tout en prétendant renouveler les canons historiques du genre. Récupérant les codes vestimentaires (sweats à capuche et cagoules noires) et les symboles de l’extrême-gauche, plus particulièrement des black blocs, défilant derrière des banderoles dénonçant le capitalisme ou l’impérialisme, ils ressemblent beaucoup à ceux dont ils usurpent les codes. Mais se revendiquent de l’idéologie nationaliste et néo-nazie.

On retrouve un semblable mouvement, quoique beaucoup plus embryonnaire, dans l’Est et le Nord de la France. Avec Nancy pour tête de pont : c’est là que ce réseau informel, nommé Nationalistes autonomes lorrains et s’étant donné la formule « Libre, social, autonome » pour devise, se montre le plus agressif. À tel point qu’en novembre dernier, le maire de la ville a demandé au ministère de l’Intérieur la dissolution du groupe, «  en raison d’une volonté affichée, par des pratiques violentes et agressives, de générer des troubles publics systématiques ». Le 8 février,cinq d’entre eux ont finalement été interpellés, reconnaissant de nombreuses agressions contre des militants de gauche et d’extrême-gauche13.

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Hold-up idéologique

Il est des hommes qui, dans le monde de l’extrême-droite radicale, incarnent parfaitement la tentative de hold-up opéré sur certaines valeurs de la gauche. L’un – Alain Soral – se revendique, mensonger syncrétisme, de «  la gauche des idées et la droite des valeurs »14. L’autre, Serge Ayoub, prétend incarner une alternative entre «  un monde libéral et un monde marxiste », tout en appelant à « la grève générale » et à « la démocratie directe ». Tous deux se retrouvent pour refuser l’étiquette d’extrême-droite, poussant parfois le bouchon jusqu’à s’afficher hommes de gauche. Une revendication qui ne trompe (presque) personne.

L’essentiel est ailleurs : cette prétention à se prétendre au-delà de la droite et la gauche ne renvoie pas seulement au corpus historique du fascisme français - «  Le slogan ’ni droite ni gauche’ indique historiquement presque toujours une idéologie de type nationaliste-révolutionnaire. Zeev Sternehell y voit même l’origine française du fascisme  », note Jean-Yves Camus15. Elle se base surtout sur cette certitude qu’il y a là un « coup » à jouer, sur le constat que les forces de gauche ont perdu leur capacité à porter les aspirations de changement et que le sentiment de révolte partagé par une fraction croissante de la population peut très bien se marier avec les simplistes discours anti-système de l’extrême-droite. Presque un boulevard, donc. Ce qu’exposait très clairement Alain Soral, lors d’une réunion au soir du 1er mai 200816 : « On peut en rendre perplexe certains en ayant un discours très pointu sur la mondialisation néo-libérale, où parfois on peut même donner des leçons à ce petit con de Besancenot […]. Il ne faut pas avoir de complexes : nous sommes l’avant-garde et nous n’avons de leçons de modernité à recevoir de personne. Surtout quand on voit que ceux qui ont pu incarner l’avant-garde à un moment, c’est-à-dire l’extrême-gauche, font aujourd’hui le tapin pour les néo-libéraux américains […]. On a un énorme espace, en réalité. »

Un énorme espace. C’est cela qui fait rêver un Serge Ayoub, nationaliste forcené émaillant son discours de (très) vagues références à la lutte des classes pour annoncer le lancement de son étrange syndicat « Troisième Voie, pour une avant-garde solidariste »17 et affirmant benoîtement : «  Si nous nous permettons de rentrer dans les luttes sociales, c’est que nous avons compris […] que le principal ennemi est le capital transnational. » C’est aussi cela qui motive les groupuscules ayant participé à la traditionnelle journée de mobilisation du 9 mai, dont la dernière édition – qui a notamment réuni Égalité et Réconciliation, les Autonomes nationalistes lorrains et le GUD18 - était placée sous le sceau de la lutte « contre le mondialisme » : la vidéo d’appel à manifestation reprenait ainsi des images des ouvriers de Continental en lutte et de cheminots en grève19. Et c’est – enfin - cela qui fonde le discours du MAS, qui se présente ainsi sur son site : « Il n’y a pas de fatalité : l’immigration, la crise sociale, la perte d’identité, le chômage, la consommation de masse, la destruction de la nature sont des maux directement produits par le capitalisme mondial. Notre peuple souffre, écrasé par les lois de l’argent et du politiquement correct […], abruti par ce monde de publicité et de bonheur marchand.  »

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Il y a sept jours, les membres du Projet Apache, branche parisienne des Identitaires, manifestaient dans un fast-food de la capitale.

Un tel discours peut surprendre dans la bouche d’extrémistes de droite. Il n’a pourtant rien de fondamentalement nouveau, précise le membre de Reflex(es) : « On constate clairement une recrudescence d’activités conduites sur ces thématiques. Mais elles n’ont rien de réellement neuves pour l’extrême-droite : cela fait des années que certains de ces groupes reprennent des thèmes de gauche, dont l’écologie et la malbouffe20. Sauf qu’ils n’allaient pas plus loin que la rédaction de tracts et la confection d’autocollants, alors qu’ils passent désormais à l’acte et montent des actions autour de ces thèmes.  » Un « passage à l’acte » sans doute facilité par le fait que quelques figures de l’extrême-droite aient – auparavant – transité par les rangs de la gauche, voire de l’extrême-gauche : Alain Soral était membre du Parti Communiste à la fin des années 1990 ; Dieudonné a un temps milité contre le Front National ; et l’association Riposte Laïque compte, parmi ses membres fondateurs, d’anciens trotskystes. Soit autant de personnages, familiers des combats de la gauche, qui ont pu faciliter la récupération de certains de ses thèmes.

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Nécessaire auto-défense

Facteur aggravant : alors que ces groupuscules se sentent pousser des ailes et réalisent de réelles percées, l’antifascisme est à la peine. «  Il y a toujours eu deux sortes d’antifascisme, l’un radical et l’autre moral. Le deuxième s’est cassé la gueule à force de récupérations, et le premier peine à se renouveler, d’autant qu’il est frappé de plein fouet par la répression policière », précise le rédacteur de Reflex(es). Les Assises contre l’islamisation, organisées par les Identitaires et Riposte Laïque, se sont ainsi tenues en plein XIIe arrondissement, quartier d’habitude « tenu » par les antifas ; quant à la manifestation de protestation contre l’événement, elle n’a réuni que deux cent personnes.

Que faire, alors ? Connaître l’ennemi, être au fait de ses mutations et évolutions. Et se préparer à le rencontrer souvent. « L’organisation et l’auto-défense, il n’y a pas d’autre solution. Parce qu’il faut être clair : on va les voir de plus en plus  », explique une figure connue du milieu antifasciste parisien. Et d’insister : « Les militants doivent se prendre en main, et intégrer l’idée qu’il est désormais possible de tomber sur ces gens dans nos manifestations. À chacun de prendre ses responsabilités et de réagir.  » Pas mieux.



1 Œuvre de Conrad Felixmüller, L’Agitateur.

2 Du Centre Zahra est né le Parti Anti Sioniste ; ce dernier s’est associé à Dieudonné et à Alain Soral pour présenter une « liste antisioniste » aux élections européennes de juin 2009.

3 We are change et ReOpen 911 sont deux associations complotistes. La première prétend œuvrer à la fois contre « le Nouvel ordre mondiale » et contre « le sionisme » ; la seconde s’est constituée pour mettre à bas « la vérité officielle » sur le 11 septembre 2001, élargissant ensuite son domaine d’action. Les deux entretiennent des relations troubles avec l’extrême-droite.

4 Entretien réalisé par téléphone. Par ailleurs, la lecture des articles de Reflex(es), très informés et d’excellente facture, est vivement conseillée.

5 Les boneheads sont des skinheads d’extrême-droite ; le mouvement skinhead compte aussi une mouvance apolitique et une autre d’extrême-gauche (redskins).

6 Jusqu’à de très étonnants grands écarts. La cellule niçoise des Identitaires (Nissa Rebela) a ainsi organisé, le 5 novembre 2010, une (très petite) manifestation en soutien au peuple tibétain :

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7 Devant le tapage médiatique, les deux hommes ont finalement préféré s’abstenir. Par ailleurs, Reflex(es) révèle que la sécurité de l’événement était assurée par la LDJ (Ligue de défense juive), groupuscule sioniste très violent. Au gré de la conjoncture et à la faveur d’une même haine des musulmans, d’étranges alliances se nouent...

8 Dans un article titré «  L’Extrême droite : une famille idéologique complexe et diversifiée  » et publié dans le n° 68 de la revue La Pensée et les hommes.

9 Casa Pound s’est ainsi lancé autour du groupe Zeta Zero Alfa.

10 Dans un reportage d’Arte.

11 En un article titré « Petite histoire récente du néo-fascisme italien ».

12 Le papier est œuvre de Marie-Anne Boutoleau. Par ailleurs, cette référence au squat du Château-Pirate ne figurait pas dans la version originale de la version papier.

13 Si cinq sympathisants de ce mouvement ont été interpellés à Nancy, d’autres restent actifs aux alentours. Par exemple dans les Vosges, rapportait le Mrap il y a deux jours : « Un tract de la mouvance néonazie des Nationalistes Autonomes vient d’être distribué, ces deniers jours, à Epinal (88). Ce tract renvoie vers une chanson, dont la vidéo a été postée sur Internet, intitulée « Une ratonnade ». Les auteurs de ce texte extrêmement violent appellent entre autres à « une ratonnade, le massacre des sales Rebeus » (sic) - visant les personnes d’origine arabe -, à « un carnage », et ils s’exclament : « J’ai envie de buter un macaque ». ».

14 Ce qui renvoie à la formule d’un Jean-Marie Le Pen se prétendant, en 2002, «  socialement à gauche » et «  économiquement de droite  ».

15 En un entretien accordé à Gauchebdo et publié le 26 novembre 2010.

16 Dans une vidéo exhumée parl’excellent blog Droite(s) Extrême(s), alimenté par deux journalistes du Monde.

17 Qui s’inscrit clairement dans la lignée du groupe auquel appartenait le bonehead Ayoub dans les années 80, les Jeunesses nationalistes révolutionnaires, formation elle-même membre du mouvement Troisième Voie de Jean-Gilles Malliarakis.

18 Groupe Union Défense, organisation étudiante tristement célèbre, par le passé, pour son activisme sur le campus d’Assas.

Par ailleurs, voici le flyer de la manifestation du 9 mai :

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19 S’attirant – pour réponse – un salutaire communiqué de Sud-Rail et de la CGT-Continental : « Nos grèves et manifestations ne sont pas récupérables par les fascistes. »

20 Dans le même esprit, la revue Flash, bimensuel d’extrême-droite, n’hésite pas à se revendiquer altermondialiste...


COMMENTAIRES

 


  • dimanche 27 février 2011 à 01h40, par un-e anonyme

    Je vous invite à lire les échanges qui ont eu lieu dans les commentaires sur ce blog http://11sept2010.wordpress.com/2011/02/26/les-nationalistes-autonomes-des-vosges-travaillent

    • dimanche 27 février 2011 à 21h03, par JBB

      Eheh, c’est assez rigolo, en effet...

      Pas très courageux, les mecs. Si c’est votre blog, bien joué.

    • lundi 28 février 2011 à 13h21, par wuwei

      plutôt cocasse en effet !



  • dimanche 27 février 2011 à 12h48, par passager

    Bonjour,
    plusieurs fois dans votre article vous parlez de « complotisme ». Qu’entendez-vous par là ? Pouvez-vous donner une définition claire de ce que vous entendez par « complotisme » ?
    Merci pour votre réponse.
    Bien à vous.

    • dimanche 27 février 2011 à 21h49, par JBB

      Euh... De façon schématique, disons : toute compréhension du monde reposant sur la mise en avant de forces occultes en lieu et place des rapports sociaux et politiques.

      • lundi 28 février 2011 à 15h12, par passager

        Bonjour. Votre réponse appelle une autre question car il faudrait définir précisément ce que vous entendez par ’forces occultes« . Est-ce que par exemple, les forces qui ont œuvré pour générer la catastrophe bancaire mondiale que nous connaissons aujourd’hui sont des »forces occultes" ? Attention à votre réponse car vous risquez de devenir vous-mêmes, selon votre propre définition, un complotiste.

        Vous comprenez que la clarté et l’objectivité du discours nécessite une définition claire des concepts que l’on utilise. Les vôtres ne le sont pas, c’est dommage.

        Pour en revenir à votre article, je suis allé regarder ce qu’était ce groupe « égalité et réconciliation » dont vous parlez. Je suis allé sur leur site et j’avoue avoir du mal à retrouver la description que vous en faite. Visiblement, un nombre important de musulmans ont l’air, au moins, d’êtres sympathisants. Sont-ils tous des antisémites ou bien sont-ils tous des idiots qui n’ont rien compris et qu’en fait ils soutiennent un « groupuscule » qui n’a qu’une envie, les mettre dehors ?

        Je vous encourage à prendre du recul par rapport à vos allégations. Je me suis toujours méfié de ceux qui avaient raison contre tout le monde.

        Enfin, votre façon d’interpréter les choses me pousse à penser que vous voyez des « forces occultes »de partout du moment que c’est à votre droite. Seriez-vous un complotiste ?

        Bien à vous.

        • lundi 28 février 2011 à 15h23, par JBB

          C’est rigolo, on vous voit venir gros comme une maison, avec votre fausse candeur et vos prétendus doutes...

          « Est-ce que par exemple, les forces qui ont œuvré pour générer la catastrophe bancaire mondiale que nous connaissons aujourd’hui sont des »forces occultes«  ? »

          Bien sûr que non, elles sont clairement identifiées : les marchés financiers sont une entité bien réelle.

          « ce groupe »égalité et réconciliation« dont vous parlez. Je suis allé sur leur site et j’avoue avoir du mal à retrouver la description que vous en faite. »

          Ah mais oui, que suis-je bête ! Égalité et Réconciliation est une groupe de gentils scouts, et non une chapelle de l’extrême-droite... C’est con, quand même...

          « Je vous encourage à prendre du recul par rapport à vos allégations. »

          Je vous encourage à aller faire votre pub ailleurs.

          • lundi 28 février 2011 à 16h30, par passager

            Le débat oui, mais si j’ai raison à la fin, autrement allez faire de la pub ailleurs.

            Votre réponse concernant la banque prouve que vous n’y connaissez rien, mais alors rien du tout.
            Pour info sur le sujet, le site d’un gars sérieux, pas un complotiste ;-) : http://www.renovezmaintenant67.eu/

            Vous m’avez convaincu, je vous laisse vous auto-persuader que vous savez tout mieux et à la place des autres, mais maintenant sans moi.

            Bien à vous.

            • lundi 28 février 2011 à 17h49, par un-e anonyme

              c’est ça, passager

              et ta meuf, elle est docile ou elle meurt, pas ?

              tocard.

              • mardi 15 mars 2011 à 12h59, par un-e anonyme

                Remarque machiste inutile et imbécile.
                ça ne vaut pas le coup de tomber aussi bas pour un simple passager ridicule...

          • vendredi 4 mars 2011 à 07h25, par Caro

            @ JBB
            Merci pour avoir immédiatement repéré ce faux naïf ...

            C’est d’ailleurs un des traits dominants des partisans de Soral. Tout comme lui, ils s’imaginent avoir dans le domaine politique la « science infuse » et finissent par réellement se prendre au sérieux au point de se considérer comme une sorte « d’élite » seule ayant compris le destin du monde et les objectifs de « ceux »(1), disent-ils, responsables de tous ses défauts. Du coup, ils prennent tous ceux qui n’ont pas rejoint leur secte politique ... pour des ignorants qu’il serait facile de manipuler.

            Avec cet illuminé de « Christ brun » Soral, ils ont trouvé leur guide (führer en allemand) . Il en a tous les traits.

            Personnellement, je pense qu’à l’extrême-droite, ce sont les gens les plus dangereux car la proportion de gens ayant une réelle culture politique est bien plus importante que dans n’importe quelle chapelle de celle-ci. Si la culture néo-fasciste propagée par la nouvelle droite a pris racine, ce n’est pas seulement chez les partisans du « nationaliste-révolutionnaire » Christian bouchet - petit éditeur n’ayant aucune aura - c’est bien dans le cerveau de ces petits soldats politiques endoctrinés et fascinés par « l’homme au sept cent femmes »(2)

            (1) Seule la peur de la Loi les empêchent d’annoncer clairement leur antisémitisme ...

            (2) Alain Soral, affirme, à qui veut bien l’entendre, qu’il aurait conquis 700 femmes. Ce quantitativisme est absolument ridicule ... sauf justement auprès de jeunes frustrés.

        • lundi 25 avril 2011 à 15h35, par un-e anonyme

          c’est le coté noir de la force obscure... Luke je suis ton pére... ohohoh... :)



  • dimanche 27 février 2011 à 15h40, par dan

    Je profite de cette republication pour vous dire que j’ai beaucoup apprécié le n° 2 (excellents articles)

    Il n’y a plus qu’à attendre le 3 :-)

    • dimanche 27 février 2011 à 20h50, par JBB

      C’est cool, grand merci à toi.

      On est en train de boucler le numéro 3, j’espère qu’il te plaira aussi. :-)



  • dimanche 27 février 2011 à 18h49, par aqueunon@nono.fr

    C’est fatigant les gens qui passent leur temps à essayer de détourner la population des vrais questions politiques...

    Je ne crois pas une seule seconde ce que vous annoncez. Il n’y a pas plus d’émergence de hordes de crânes rasés en France en 2011 qu’il n’y a le moindre risque que le FN y arrive un jour au pouvoir. Cela fait 25 ans qu’on nous bassine avec la montée de l’extrême-droite et du FN, alors que rien (rien !) n’a jamais prouvé qu’elle soit en progression dans l’opinion publique. L’extrême-droite est à 10% du corps électoral depuis 25 ans. Une génération ! Elle ne progresse pas et est pour tout dire totalement institutionalisée, médiatisée, relayée au plus haut niveau. Vous faites d’ailleurs vous-même naïvement la promotion du FN en lui refusant le caractère d’institution (sur le mode de « le FN contre le reste du monde », ce qui est exactement le discours du FN, bé oui !).

    Votre groupuscule de crânes rasés représentent quelques centaine de personnes tout au plus en France. Comme il y a 10, 30 ou 50 ans. Rien d’autre. A l’échelle d’un pays de 65 millions d’habitants, c’est tout bonnement peanuts.

    Vos crânes chauves étaient-ils présents dans les énormes manifestations sur les retraites de fin 2010 ? Non.
    Présenteront-ils des candidats à des élections prochainement ? Non.
    Ont-ils un quelconque relais dans la société réelle, le monde économique, les médias, le milieu associatif, les syndicats ? Non (à part au FN bien sûr...).
    Disposent-ils même de quelconques moyens financiers ? Non.

    Votre « bruit de botte » se limite donc à deux douzaines de pékins en rangers avec banderolle, essayant pathétiquement de se glisser en fin de cortège d’une manifestation dont personne ne parle.

    Je vous rappelle quand même que l’extrème-droite co-gouverne l’Italie, les Pays-Bas, Israël et quelques autres « démocraties ». Et qu’il n’est pas spécialement prévu que les fachos arrivent au pouvoir en 2012 en France. La France est justement LE rempart contre l’extrême-droite populiste, ce que vous ne semblez pas avoir compris.

    Alors arrêtez de faire la promotion de ces sales types en les victimisant.

    • dimanche 27 février 2011 à 20h02, par un-e anonyme

      « la france est justement le rempart contre l’extrême droite populiste »

      On aura tout entendu...
      Cette phrase serait presque drôle si elle n’était pas révélatrice des oeillères républicaines de bon nombre de « citoyens » convaincus que l’extrême droite et le fascisme n’ont pas d’avenir...

      Réveillez vous !!!
      l’extrême droite a gagné la bataille des idées en France depuis de nombreuses années.
      Il n’y a aucune raison qu’on ne se retrouve pas comme des cons, un beau jour, avec un gouvernement d’union nationaliste. Comme en Italie, aux pays bas, etc...

      c’est maintenant qu’il faut lutter.
      Les fafs gagnent du terrain.c’est eux ou nous...
      Ce qui m’inquiete est l’absence criante de mouvement anti fa sur paris.
      Mis a part le rituel à la con du 9 mai, les anti fa ne se bougent plus le cul, en arguant que organiser une contre manif (par ex contre les identitaires ya pas longtemps) c’est faire de la publicité aux fafs...
      on est mal...

      • dimanche 27 février 2011 à 21h02, par JBB

        @ aqueunon@nono.fr : « C’est fatigant les gens qui passent leur temps à essayer de détourner la population des vrais questions politiques... »

        C’est quoi, les vraies questions politiques ? Ça m’intéresserait pas mal de le savoir.

        « Je ne crois pas une seule seconde ce que vous annoncez. »

        Je n’annonce rien. Je décris (de façon plus ou moins réussie) la mutation qui touche les franges de l’extrême-droite radicale, et le relatif dynamisme accompagnant cette mutation. C’est un état des lieux, pas un exercice de prospective.

        « Cela fait 25 ans qu’on nous bassine avec la montée de l’extrême-droite et du FN, alors que rien (rien !) n’a jamais prouvé qu’elle soit en progression dans l’opinion publique. »

        Vous vivez dans quel monde ? La droite extrême est déjà au pouvoir, appliquant en très bonne part le programme de l’extrême-droite. Nous subissons un cycle de conservatisme et d’exclusion absolus, et cela vaut pour toute l’Europe. Partout, l’extrême-droite est à la fête, et quand elle ne l’est pas c’est qu’elle s’est faite siphonner son programme et une partie de son électorat par la droite extrême.

        « Vous faites d’ailleurs vous-même naïvement la promotion du FN en lui refusant le caractère d’institution »

        Je ne parle même pas du FN, hors une mention rapide... Quant à lui refuser le caractère d’institution, évidemment : le FN est un parti, pas une institution.

        « La France est justement LE rempart contre l’extrême-droite populiste, ce que vous ne semblez pas avoir compris. »

        C’est hallucinant de lire cela. Débranchez l’ORTF et connectez-vous au monde réel, vous risquez d’être surpris....

        @ anonyme de 20 h 02 : pas mieux :-)

      • dimanche 27 février 2011 à 21h59, par nono

        Mais non, il n’y a aucune montée de l’extrême-droite en France. Cela fait 25 ans qu’on nous sort cette salade faisandée. Du pipeau complet.

        Cela fait plus d’une génération que ça dure, cette pseudo « montée ». Déjà, dans les années 80, déjà, avant chaque élection, les nervis du FN descendaient en camionnette faire des ratonnades dans la moindre préfecture. Les collages d’affiches donnaient lieu à des bagarres entre militants PC et FN. Je l’ai vu de mes yeux.

        Le résultat au bout de 25 ans de « montée de l’extrême-droite » ? En 2002, Le Pen a fait 13,4% des voix des électeurs inscrits. Un vrai raz-de marée, donc, après deux décennies de « montée »... Depuis, le FN ruiné a été contraint de vendre son siège. Il a perdu la moitié de ses militants, déjà peu nombreux. Ces derniers ont une moyenne d’âge qui doit avoisiner les 70 ans. L’extrême-droite ne dirige aucune collectivité locale et ne rencontre aucun échos électoral dans une bonne moitié de la France (2,8% des électeurs inscrits chez moi aux régionales 2010). Le FN a même été obligé d’abandonner son discours économique ultra-libéral. La fille Le Pen navigue à vue. Son discours est à la ramasse, de la pure langue de bois qui ne tiendra pas 5 minutes au premier débat télévisé argumenté. En plus, les cadres du FN sont en guerre ouverte.

        Finie l’extrême-droite française. Elle a perdu la bataille politique. Et c’est certainement pas avec les révolutions démocratiques des pays musulmans qu’elle va pouvoir se refaire une santé ! En plus, la composition démographique de la France fait que la génération des Dupont-Lajoie de la guerre d’Algérie disparaît au moment même où une génération de jeunes Rebeus de banlieue accède au droit de vote. C’est vous dire l’avenir du vote anti-arabe en France...

        L’extrême-droite qui monte en France, c’est LE marronnier politique. Le truc qui fait peur à Duchmoll, qui se précipite pour acheter le Nouvel’Obs en serrant bien fort son petit loden. Aucune montée électorale depuis 25 ans. Jamais.

        Vous voulez connaître le programme politique à venir : une Allemagne qui bascule à gauche, une France qui bascule plus ou moins à gauche, comme l’Italie. Une Union Européenne qui redevient interventionniste et les populistes fachos qui profitaient de la vacance du pouvoir qui se font virer un peu partout.

        • dimanche 27 février 2011 à 22h28, par JBB

          Non mais en fait, on ne peut pas être d’accord. Pour trois raisons :

          D’abord, vous limitez votre lecture de la chose au champ électoral et au jeu parlementaire ; c’est une vision qui peut se défendre, mais ce n’est clairement pas la mienne : je pense qu’il est beaucoup d’autres facteurs qui jouent politiquement que le simple scrutin électoral. En l’occurrence, il s’agit là d’un champ subjectif de force, idéologique : cette renaissance d’une extrême-droite radicale - même si elle est au fond très marginale dans le champ politique français - va peser d’un poids certain dans les années à venir, faisant encore davantage pencher la balance en faveur de l’ultra-droite. Pour comparaison, prenez l’influence jouée par le mouvement Occident dans les années 60 : ultra-marginal, il a pourtant vu passer dans ses rangs un certain nombre de responsables politiques de (plus ou moins) premier plan (Longuet, Madelin, Novelli, Devedjian, Orcival, Schuller, Haut, Goasguen...), et ce mouvement, ainsi que les groupuscules et « cercles de pensée » (à commencer par l’Institut d’histoire sociale de Georges Albertini ; Mathieu Rigouste en parle longuement dans l’excellent bouquin qu’il vient de sortir aux éditions Libertalia, Les marchands de peur) qui lui ont succédé, ont largement préparé le terrain à l’avènement du discours ultra-sécuritaire que nous subissons aujourd’hui. Il était à la pointe de la contre-révolution, et a essaimé bien au-delà de son ancrage immédiat, que ce soit dans le temps ou en nombre de militants.

          Ensuite, vous limitez votre appréhension de l’extrême-droite au FN. Outre que je ne suis pas tout à fait persuadé que le FN soit mort et enterré comme vous le prétendez (m’est avis qu’on n’a pas tout à fait fini d’entendre parler de Marine Le Pen, et que rien ne garantit qu’elle ne fasse pas partie d’une coalition gouvernementale si Sarkozy l’emporte), c’est une visions qui ne tient pas du tout compte du renouvellement de l’extrême-droite. D’autant que vous négligez totalement le fait que le programme du FN est peu ou prou appliqué par le locataire de l’Elysée : peu importe que la structure soit en déliquescence, son programme est au pouvoir. De fait, le FN a gagné - et qu’il soit à 2 ou à 13 % des votes n’y change à peu près rien.

          Enfin, vous semblez considérer que les malsaines passions - qui ont vu la montée en puissance de l’ultra-droite dans à peu près toute l’Europe - disparaîtront comme elles sont venues, dès que le jeu électoral s’inversera au profit d’une gauche qui n’en est pas une. Je gage qu’il n’en est rien. Parce qu’on ne joue pas avec le racisme et l’exclusion dans une société donnée sans que les effets ne s’en fassent longtemps sentir. Et parce que nous parlons là de longs cycles, qui se fichent largement du jeu électoral : la conversion du Parti socialiste à la thématique sécuritaire, actée à la fin des années 1990, en est une parfaite illustration.

          Dernier truc :

          « Vous voulez connaître le programme politique à venir : une Allemagne qui bascule à gauche, une France qui bascule plus ou moins à gauche, comme l’Italie. Une Union Européenne qui redevient interventionniste et les populistes fachos qui profitaient de la vacance du pouvoir qui se font virer un peu partout. »

          Je vous trouve très très optimiste.

          • lundi 28 février 2011 à 12h13, par un-e anonyme

            « Vous voulez connaître le programme politique à venir : une Allemagne qui bascule à gauche, une France qui bascule plus ou moins à gauche, comme l’Italie. Une Union Européenne qui redevient interventionniste et les populistes fachos qui profitaient de la vacance du pouvoir qui se font virer un peu partout. »

            C’est pour ça qu’on a un ministre qui vient du GUD, d’autres qui étaient à Occident... Totalement logique...

          • mardi 1er mars 2011 à 22h21, par nono

            Je crois que vous êtes à côté de la plaque. La vie politique n’est pas un concept. Et surtout, la France ne ressemble à aucun autre pays.

            Ce ne sont pas comme vous dites des « champs subjectifs de force, idéologique » qui dirigent un pays comme la France, mais en général sa majorité élective. Peu importe ceux qui prévoient des invasions de sauterelles, comme le font le FN, les groupuscules fachos, mais aussi la multitude de chapelles d’extrême-gauche... Sauf cas de révolution, le seul résultat qui compte, c’est celui des élections. Le reste, c’est de la comm’.

            Ce sont les lois qui régente la vie quotidienne. Ce sont des individus en chair et en os qui les votent. Or, malgré vos « incantations » sur le fait que Sarkozy s’entoure d’anciens militants d’extrême-droite (plutôt des anti-communistes en fait), je ne crois pas que les gens qui votent les lois en France en 2011 soient comparables avec les fascistes des années 1930 ou les franquistes des années 1950. Malgré tous leurs défauts, les gens de l’UMP ne sont pas de ce bois-là. Il faut donc arrêter de délirer. Vous pouvez les qualifier de droite dure, de libéraux cyniques, d’affairistes, d’incompétents, de véreux, de malhonnêtes, d’abrutis (vous complèterez...), mais ces gens-là ont été au pouvoir en France par alternance durant les 30 dernières années sans avoir fusillé leurs opposants politiques. On sent bien qu’il y en a deux ou trois que ça démangerait, c’est sûr, mais ils restent ultra-minoritaires.

            On est donc en France en 2011 dans un régime démocratique, malgré toutes ses imperfections, et d’ailleurs cette année, le Sénat basculera même à gauche ! C’est dire notre avenir radieux, donc... D’accord, c’est pas le grand soir, l’alliance Ps-Pc-Mrg-Verts, mais ça reste quand même très éloigné des identitaires à crâne chauve. Ce n’est donc pas encore cette année que l’extrême-droite prendra le pouvoir en France.

            Vous croyez qu’en 2011 les Français sont préoccupés par les questions de sécurité et d’immigration soulevées par la droite dure ? Et bien vous vous trompez : ils sont préoccupés par leurs factures, le petit dernier au chômage, le loyer et la retraite. La gamelle ! Et ça va aller en s’aggravant, vu que Sarko ne comprend rien à la France. Les discours sur l’insécurité, l’immigration, sont des leurres qui tombent à plat. Les Français sont « ailleurs ». Regardez Le Pen : il a crié après les immigrés pendant des décennies et il finit à 85 balais contraint de passer le relais à sa fille sans avoir jamais été au pouvoir. Pas même ministre. Rien ! Un naufrage. Et il se trouve encore des gens - dont vous – pour dire que les idées d’extrême-droite sont en progression en France, là c’est sûr, et attention, regardez comme il sont en train de gagner. C’est faux ! Les Français ne veulent pas des fachos. Ils ont tellement donné dans les guerres, les crises, les pièges à cons, qu’ils veulent surtout avoir des élus pépères. Regardez le rejet du bling-bling.

            Ce qui nous protège des fachos ? Notre histoire d’abord. Elle a été violente et les Français la connaissent très bien. Le mélange aussi nous protège. Notre passé colonial. La France s’est construite sur la diversité, depuis très longtemps, à la grande différence des autres pays. C’est une construction politique, la France. Pas de droit du sang chez nous. Et puis les révolutions. En fait, les Français sont très moraux, égalitaristes. Des curés ayant oublié la religion. Ils en sont encore à parler de la Collaboration avec dégoût trois générations après, la honte totale, alors qu’on était envahi par les nazis et qu’une toute petite minorité de Français a trahi. Les lettres de dénonciation à la Gestapo... Non mais vous imaginez une majorité de Français portant ça au pouvoir ?

            • mercredi 2 mars 2011 à 16h44, par fred

              à nono

              La France s’est construite sur la diversité, depuis très longtemps, à la grande différence des autres pays. C’est une construction politique, la France. Pas de droit du sang chez nous. Et puis les révolutions. En fait, les Français sont très moraux, égalitaristes. Des curés ayant oublié la religion. Ils en sont encore à parler de la Collaboration avec dégoût trois générations après, la honte totale, alors qu’on était envahi par les nazis et qu’une toute petite minorité de Français a trahi. Les lettres de dénonciation à la Gestapo... Non mais vous imaginez une majorité de Français portant ça au pouvoir ?

              C’est exactement l’image de la France que j’avais après avoir vu films « On a perdu la 7e compagnie » et « La grande Vadrouille »... mais je crains que ces versions de l’histoire ne soient « un peu édulcorées ».

              Sincèrement, nono, si les français de l’époque avait été comme tu les décrits, on ne se serait pas fait repasser en trois semaines ( du 10 mai au 22 juin 40).
              Je t’invite à regarder Henri GUILLEMIN, trouvé ici même sur A.11 via un autre post.

              • jeudi 3 mars 2011 à 00h12, par JBB

                @ nono : vous semblez accorder une grande valeur au peuple français : « La France ne ressemble à aucun autre pays » ? Ah bon ? Sommes-nous plus éclairés ? Plus intelligents ? Plus justes ? Personnellement, je ne le crois pas une seconde, et l’histoire du XXe siècle le prouve suffisamment (14-18 et le militarisme bêlant, régime de Vichy, guerres coloniales, etc...) : nous sommes justes des crétins comme les autres, ni plus malins, ni plus idiots.

                Quant à « la majorité élective », elle ne dit rien, sinon l’état d’une opinion soumise à l’influence de forces multiples, à commencer par les provocations des politiciens et les excitations médiatiques. Les élections sont pur reflet de cela, ne disent rien en elles-mêmes, et surtout pas une vérité intangible.

                « Vous croyez qu’en 2011 les Français sont préoccupés par les questions de sécurité et d’immigration soulevées par la droite dure ? »

                Oui, je le crois, malheureusement. J’aimerais abonder dans votre sens, mais il est difficile d’oublier que c’est exactement sur ce programme que Sarkozy a été élu, que c’est pile-poil ce programme qu’il applique.

                Quant aux « préoccupations des Français ».... Je ne saurais parler à leur place. Mais je note la multiplication de signes très inquiétants. Pour dernier exemple, entre mille autres, ce papier publié aujourd’hui par le site Arrêt sur Image. L’accès est réservé aux abonnés, j’en copie-colle juste le début :

                Le « Camp des Saints » : le succès inattendu d’un livre raciste de 1973
                « Des hordes d’étrangers débarquent en France » : 5000 exemplaires vendus en un mois

                La fin du monde « blanc », envahi par des « hordes » d’étrangers affamés : c’est l’histoire du Camp des Saints, de l’écrivain Jean Raspail, publié en 1973 et réédité le mois dernier.
                Le livre se classe parmi les meilleures ventes de la semaine du 7 au 14 février, selon TopIpsos, cité par le blog du Monde.fr Droites Extrêmes. La semaine dernière, il est monté à la 15e place, selon des chiffres de Livres Hebdo à paraitre ce vendredi, avec 4699 exemplaires vendus au total depuis le 3 février.
                Comment expliquer un tel succès pour un livre, ancien, qui fut un classique de l’extrême-droite ? Pourquoi les éditions Robert Laffont le rééditent-elles aujourd’hui ? Le succès de ce roman raciste semble bien être révélateur d’un climat particulier dans l’opinion publique.

                Indéniablement, le livre est un succès. Aux éditions Robert Laffont, on en est même surpris : « Nous nous attendions à un succès, mais pas à ce point », assure l’attachée de presse, Caroline Babulle. 25 000 ouvrages ont été commandés en février par les libraires, chiffre important, même s’il ne correspondra sans doute pas au nombre de ventes réelles. Pour connaître ce dernier, il faut consulter Topipsos, qui fait des estimations “sorties de caisse”, intégrant ventes en librairies traditionnelles et grandes surfaces, mais aussi ventes sur internet. La semaine suivant sa parution, du 7 au 14 février, il se classait au 22e rang des meilleures ventes de fiction ; la semaine suivante, au 14e rang. Et la semaine dernière, selon les chiffres qui nous ont été communiqués par Livres Hebdo, à paraître vendredi, il se maintient à la 15e place sur 50. Sur Amazon.fr, le livre se situe aussi parmi les meilleures ventes. Au total, depuis sa re-publication le 3 février, selon Ipsos, 4 699 exemplaires ont été vendus.

                « Pas même ministre. Rien ! Un naufrage. »

                Encore une fois : l’emprise d’un politicien sur une population ne s’analyse pas seulement - et de loin - aux hochets électifs qu’il peut décrocher. En l’espèce, Jean-Marie Le Pen pourra se vanter d’avoir influé largement sur le débat politique national de ces trente dernières années, d’avoir contribué à radicaliser nombre de discours ; il n’est au final que le reflet d’un mouvement de fond, détestable et inquiétant, mais le résultat est là.

                « Ce qui nous protège des fachos ? Notre histoire d’abord. Elle a été violente et les Français la connaissent très bien »

                Mouais... C’est un discours qu’on entendait en 1940 : la violence de la Première Guerre mondiale était censée avoir dégoûté les Français d’une redite. Résultat ? Pétain au pouvoir et une bonne partie d’un peuple se comportant comme des carpettes.
                De façon générale, je ne crois guère aux leçons de l’histoire. Les erreurs se répètent, encore et toujours.

                « Les lettres de dénonciation à la Gestapo... Non mais vous imaginez une majorité de Français portant ça au pouvoir ? »

                Votre lecture de l’histoire est étrange - un brin façon Amouroux. En l’espèce, pendant l’occupation allemande, ces Français ont pulvérisé tous les records de dénonciations anonymes. Rien de glorieux, jamais, ni des Français ni des autres : votre vision des choses - qui me semble teinté d’un républicanisme très idéaliste, voire un brin naïf - ne correspond guère à l’histoire de ce pays, non plus qu’à la nature des hommes.

                @ fred : « C’est exactement l’image de la France que j’avais après avoir vu films »On a perdu la 7e compagnie« et »La grande Vadrouille« ... »

                Eheh....

                 :-)

                • jeudi 3 mars 2011 à 22h15, par pions

                  Ce sont les néo-libéraux qui mènent le jeu, et c’est le jeu historique des libéraux :
                  d’un côté on se prépare à avoir aux élections de 2012 un non-choix au 2e tour entre 2 néolibéraux. Et pour forcer ce non choix, on fait mousser l’extrême droite afin que les électeurs votent quand même, même si ça les fait gerber, pour un des 2 néo libéraux.
                  Historiquement, entre la gauche et les fascistes, la droite a toujours choisi l’extrême droite : c’est ce qui explique toute la construction électorale à laquelle on assiste en ce moment.

                  Reste la rue, et cet article est excellent car l’extrême droite a lancé une offensive sans précédent pour occuper le terrain : c’est vrai.

                  Donc c’est au contraire très cohérent : dans les urnes et dans la rue il s’agit de traquer le seul ennemi qu’il faut faire disparaitre définitivement du paysage politique : la gauche.

                • vendredi 4 mars 2011 à 18h52, par nono

                  Vous êtes amusants. On dirait que vous avez du papier à vendre... « Opinion soumise à l’influence de forces multiples ». Non mais vraiment, c’est pour quand les invasions de sauterelles ?

                  Je vous rappelle que Sarko et sa clique de néo-conservateurs ont RECULE électoralement parlant dès les élections législatives de 2007 (mais oui, ils ont perdu des députés). Que la soi-disant machine de guerre politique de Sarko s’est pris un bouillon aux municipales de 2008, aux Européennes de 2009 (11% des inscrits) et aux régionales de 2010. Et qu’elle va se prendre une nouvelle raclée électorale à la fin du mois. Que ses « forces multiples » vont même réussir à perdre le Sénat (une innovation). J’oublie bien sûr les quelques millions de manifestants de l’année dernière sur les retraites.

                  Sarko va donc dégager en 2012. Et qui le remplacera ? Une improbable alliance PS-PC-Verts-MRG. Mais cela ne changera rien pour vous de toute façon, puisque ses futurs successeurs sont aussi de dangereux opposants à la liberté (des staliniens peut-être ?) et que la France est en train de basculer du côté obscur de la force (25 ans qu’on nous sort cette salade quand même).

                  Ces élements contradisent légèrement votre hypothèse d’une montée des idées extrémistes de droite dans l’opinion publique française. Mis en parallèle avec l’effondrement électoral bien réel du FN (que certains médias promeuvent très étrangement depuis 3 mois...), cela ruine votre belle construction intellectuelle sur les Français désorientés se réfugiant dans l’eau de Vichy. Je le redis donc : les Français ne sont pas des gens comme les autres. Ils sont ingouvernables et c’est ce qui fait leur charme. Ils sont capables de voter contre le nationalisme d’extrême-droite en 2002 et de voter contre un Traité Européen inique trois ans plus tard. Ils ont été les premiers européens à remettre en selle l’extrême-droite populiste dans les années 1980, mais ils n’en veulent pas, sinon ils l’auraient élue en 2002. Ite missa est !

                  Sarko, lui, aura beau se démener en tout sens pour rameuter ce qu’il reste de son électorat (un coup vers les cathos, un coup vers les paysans, un autre vers les rentiers ISF), il est cuit et « ses gens » vont retourner pantoufler dans le privé en 2012. Il est au fond d’un trou. Il a échoué sur tout. Il en est réduit à aller à la messe pour plaire aux grand-mères (à la France qui se lève tard, donc). « Sa » France est au bord de l’effondrement financier, le chômage augmente et personne, absolument personne, ne croit à ses tentatives désepérées de détournement de l’opinion publique par des leurres sécuritaires. A chaque fois qu’« ils » ouvrent la bouche, les Français sont au mieux exaspérés, au pire pliés en quatre. C’est le monde réel, ça !

                  Quand à vos 5000 livres fachos vendus. Non mais vous connaissez les tirages annuels de l’édition française ? Proportionnellement et à l’échelle de Paris intra-muros, vos bouquins représentent 192 exemplaires !!! Vite, tous aux abris, il y a 192 fachos à Paris... L’extrême-droite a toujours représenté 2% de l’opinion publique française, ce qui fait quand même quelques centaines de milliers de personnes, mais pas exactement une majorité.

                  Il faut sortir des banlieues nerveuses, les gars. Allez respirer un peu l’air pur ailleurs.

                  • vendredi 4 mars 2011 à 22h20, par pions

                    Il y a un petit problème dans ce que vous dites : c’est l’équivalence entre la défaite électorale du nain et l’arrivée de « la gauche » au pouvoir. Le parti qui se dit socialiste adhère à tous les principes néo libéraux, c’est un parti de droite. (DSK au FMI, privatisations de la gauche plurielle-plus nombreuses que celles du nain- politique européenne, etc.. etc...)

                    C’est pourquoi il y aura probablement aux prochaines élections un non-choix entre 2 néo libéraux. Dans ce cas l’élection de 2012 n’inquiète pas du tout le MEDEF.

                    Le problème est qu’une bonne partie de l’électorat risque de trainer des pieds devant cette nouvelle mascarade électorale.
                    C’est pourquoi, rien de tel que de booster le FN médiatiquement pour faire du chantage et avaler la pilule. Le coup classique. Donc le soutien médiatique depuis 3 mois n’est pas inexplicable, c’est le contraire : il fait partie de la manoeuvre.

                    Enfin, l’extrême droite cherche à occuper le terrain de la rue pour achever le travail contre une gauche absente des élections et des médias.
                    La cible de tout le spectacle politique en ce moment est la gauche, car les gens sont de plus en plus nombreux à avoir compris le parti qui se dit socialiste est un parti néo libéral comme un autre. Et c’est ça qui inquiète le Parti de la Presse et De l’Argent.

                    • samedi 5 mars 2011 à 19h23, par un-e anonyme

                      "C’est pourquoi il y aura probablement aux prochaines élections un non-choix entre 2 néo libéraux.
                      (...) rien de tel que de booster le FN médiatiquement pour faire du chantage et avaler la pilule. Le coup classique. Donc le soutien médiatique depuis 3 mois n’est pas inexplicable, c’est le contraire : il fait partie de la manoeuvre.« Je suis à 100% d’accord avec vous. Toute cette salade bidon sur la montée de l’extrême-droite dans l’opinion publique (encore un sondage aujourd’hui !) vise uniquement à bloquer le débat politique en France. »Elisez Machin (mettez qui vous voulez) ou ce sera le désastre (le FN)".

                      A mon avis, ça vise à promouvoir la candidature de Strauss-Kahn à la présidentielle. C’est le mieux à même de représenter les intérêts de la grande finance. On le connait, Strauss-Kahn. Un début quasiment à l’extrême-gauche et il finit en libéral économique pur jus. Pire que Sarko, en fait, parce que lui est vraiment compétent dans son domaine.

                      Il ne faut surtout pas se laisser berner. L’extrême-droite ne progresse pas en France, sinon elle serait au pouvoir depuis longtemps. On va d’ailleurs le constater à la fin du mois avec les cantonales, qui seront probablement faiblardes pour le FN. Tous les commentateurs politiques vont tourner la tête en sifflottant comme si de rien n’était et ils recommenceront leur cirque dans quelques mois sur « la montée de l’extrême-droite ». 25 ans qu’ils nous font le coup et 25 ans qu’à chaque fois les Français marchent et se précipitent comme des cons pour élire des libéraux.

                      Moi j’irai voter. En ce moment, c’est très important.

                • lundi 7 mars 2011 à 15h42, par Caro

                  Pour appuyer votre analyse des ventes de livres comme symptômes d’une orientation générale de la société vers les thèses de l’extrême-droite, on peut également noter les bonnes ventes (Voir au 4 Mars) du médiocre essai-pamphlet du petit agitateur mégalo obsédé par le sionisme (pour ne pas dire plus)...

                  Quant à « l’absence de montée » du vote Front National, un des derniers sondages vient à point pour faire taire ceux qui croient que l’histoire s’est arrêtée une fois pour toutes et que « l’incontestable » progrès rapide des consciences depuis plus d’un demi-siècle fait que plus jamais la saloperie raciste et l’ordure fasciste n’auront cours dans nos beaux pays civilisés ...

          • mardi 19 avril 2011 à 19h12, par Riri

            C’est vrai, on a bien vu que la France n’a pas du tout basculé à gauche au dernières cantonales...

    • vendredi 11 mars 2011 à 12h38, par un-e anonyme

      « Vos crânes chauves étaient-ils présents dans les énormes manifestations sur les retraites de fin 2010 ? » : oui (ex : manif « antiracaille »de Lyon ou 200 identitaires et hooligans armes de barres de fer et cokes ont tente d’attaquer les manifs pour la retraite ,et meme le piquet de greve de Perrache.
       × « Présenteront-ils des candidats à des élections prochainement ? » OUi (le candidat identitaire arnaud gouillon .)
       × « Ont-ils un quelconque relais dans la société réelle, le monde économique, les médias, le milieu associatif, les syndicats ? » OUI
      T’as jamais du travailler dans ta vie pour croire qu’il n’y a aucun facho dans le monde de l’entreprise ou le monde syndical... Pas une journee sans un outing de syndicaliste frontiste ,Jacques Peyrat fricote avec les identitaires a Nice en s’alliant a eux pour les cantonales ,Eric Zemmour rencontre des proches des identitaires et soutient a la tele leur apero saucisson pinard..).
      Quand aux journalistes ils sont plutot mielleux avec les identitaires et evitent de les interroger sur leur passe neo-naze (unite radicale)ou le fait que leur conception « enracinee » de la nation signifie reellement une europe exclusivement blanche..meme taddei sert regulierement la soupe a Soral sans lui apporter aucune contradiction,ni meme inviter quelqu’ un en face qui pourrait..
      -« Disposent-ils même de quelconques moyens financiers ? » oui ,mais heureusement pas autant que l’ump ,mais oui...
      Tiens au fait ,la junte syrienne et l’Iran soutiennent financierement la bande a soral/meyssan/dieudonne ,ca t’etonne ?
      Et la ligue du nord et Oskar Freysinger le suisse s’affichent avec les identitaires..
      il t’en faut plus ?
      ah oui j’oublai les dizaines d’agressions de militants de gauche qui ont eu lieu a lyon ,besancon et ailleurs ces deux dernieres annees...mais toi tu dois surement tendre l’autre joue,tocard !



  • lundi 28 février 2011 à 08h39, par un-e anonyme

    le nain a ouvert la boîte de pandore avec l’aide des « partis de gauche » et des médias dominants, ça va être très difficile de la refermer...

    • jeudi 3 mars 2011 à 00h13, par JBB

      Oui, elle n’a pas fini d’empuantir notre horizon, cette fichue boîte.



  • lundi 28 février 2011 à 10h46, par Mehdi B.

    Si l’extrême-droite a changé de style, si elle réussit, parfois sans peine, à s’immiscer dans les manifs ou actions traditionnellement « de gauche », il est peut-être temps de redéfinir ce qu’on entend par « extrême-droite », afin de la combattre non par réflexe pavlovien (réflexe qui tend à s’émousser, la preuve) mais pour ce qu’elle est.

    Dès lors, l’urgence n’est pas seulement de la dénoncer et de la chasser de nos rangs mais consiste aussi à se demander ce qui fait d’elle une galaxie qui, malgré toutes ses divergences internes (tout semble opposer par exemple le Bloc identitaire et Egalite & Réconciliation), a des frontières qui la séparent des autres camps politiques. Quelles sont ces frontières ? Et pourquoi NOUS ne les passerons jamais ?

    Par ailleurs, j’aimerais croire comme Camus que son « imaginaire est fait avant tout de visions, d’images fugaces », mais j’aurais plutôt tendance à penser que, bien que cette image soit plaisante, elle n’est pas tout à fait ou pas toujours juste, pour avoir lu par exemple Michel Drac ou Soral qui ne prétend pas sans raison avoir « un discours très pointu sur la mondialisation néo-libérale » et n’est pas né de la dernière pluie.

    Et au sujet de la mondialisation et de ce qu’Ayoub nomme « le capital transnational », il faudrait que là-dessus aussi la gauche radicale et l’ultra-gauche aient quelque chose à dire, si elles ne veulent pas être prises de vitesse. C’est bien beau de dénoncer la politique sécuritaire sarkozyste et le malheur des clandestins (ce que du reste tout le monde sait faire, voir les éditoriaux du « Monde »), encore faut-il avoir une analyse un chouïa plus poussée de ce qui provoque ici des montées de fièvre sécuritaire, là le départ de milliers de gens vers nos contrées etc., et là on tombe vite sur des problèmes marxistes de base telles que l’existence d’un « capital » devenu effectivement « transnational » et qui veut pouvoir à la fois déplacer et diviser le prolétariat, afin de mieux le contrôler et l’exploiter. Quoiqu’en disent BHL et ses amis, il n’est nul besoin d’être antisémite (comme l’est de toute évidence Soral) pour juger le concept pertinent et très utile, surtout en ces temps de révolutions, pour qui veut désigner la classe contre laquelle nous luttons, et ses intérêts comme ses crimes.

    Il y a, hélas, un folklore gauchiste, et il a deux visages : celui, défensif, du souvenir inlassablement remué de ce que fut la « vraie » gauche, libertaire, marxiste hétérodoxe etc., et qui constitue, pour la majorité oublieuse, une sorte de secte, et celui, plus offensif, de la défense des opprimés, qui pêche parfois par ce que la droite a su intelligemment désigner par le terme d’« angélisme », qui veut informer au maximum sur les souffrances des minorités abandonnées, pourchassées ou fliquées, et ce gauchisme-là est, pour la même majorité oublieuse, sympathique mais bien incapable d’offrir une vision politique dépassant des luttes de terrain inaccessibles au commun des travailleurs.

    En puisant, pour l’aspect offensif, dans ce que le matérialisme historique avait de bon (la désignation et mise en opposition de la classe bourgeoise possédante et des classes lésées de tout pouvoir) et, sur le versant défensif, dans une mémoire au long cours (et, de fait, l’histoire de France ne se résume pas aux luttes sociales), un de Benoist ou un Soral proposent aux gens qui devraient logiquement se positionner très à gauche une analyse globale de la société bien plus séduisante que l’impressionnisme gauchiste habituel, qui n’est un impressionnisme que parce qu’il n’est pas cynique et qu’il sait bien que dans le contexte étouffant du capitalisme mondialisé, c’est au coup par coup qu’on peut encore sauver des vies, et pas par de grandes manœuvres politiciennes vouées à la brutalité étatique.

    Mais cette faiblesse, le PCF l’a hier payée en laissant s’envoler ses militants vers le désespoir ou le FN, et aujourd’hui c’est toute la gauche radicale qui est en miettes. Ses beaux restes ne doivent pas dissimuler qu’en se trouvant dans le même état que la société anomiée, elle exaspère celle-ci plutôt qu’elle ne la fait rêver. Car une société que le règne unique de la marchandise a dépouillée de toute cohérence en a très soif, et ne peut se satisfaire des quelques gorgées de bonne conscience ou de sainte colère que la gauche radicale lui propose d’avaler en chœur de temps en temps.

    • jeudi 3 mars 2011 à 19h20, par Caro

      Bonjour Mehdi B.

      Vous êtes le seul ici à avoir cité De Benoist (qui écrit dans le même torchon que Soral), Pourriez développer votre sentiment à cet égard ?

      Le mien est que je suis de plus en plus persuadé que le « pape » de la nouvelle droite n’a jamais - contrairement à ce que certains universitaires un peu naïfs ont cru et hélas semblent encore croire - renié ses idées de jeunesse ; notamment l’antisémitisme et l’antiparlementarisme ...

      Depuis quarante ans il essaie de faire croire qu’il ne serait qu’un intellectuel « inclassable » et certainement pas classable à l’extrême-droite. Or la réalité est que tous ceux qui a l’extrême- droite sont capables de construire un discours de type « novateur » tel celui analysé dans l’article ci-dessus - ont été chercher leur références idéologiques chez des auteurs qu’Alain de Benoist et la nouvelle droite ont systématiquement mis en avant. Un exemple parmi d’autres est la référence nouvelle que Soral fait maintenant au doctrinaire Julius Evola ; référence on ne peut plus marquée au fascisme italien dans ce qu’il a de plus réactionnaire. Qui peut croire que Soral ait trouvé cela tout seul ?

      • samedi 5 mars 2011 à 22h04, par un-e anonyme

        Bonjour, Caro.
        J’ai plus entendu que lu de Benoist, et j’ai pu constater en effet qu’il cherche à se faire passer pour inclassable. Mais s’il l’était vraiment, il serait moins complaisant avec l’antisémite Soral.
        Quant à cette référence toute neuve à Evola (comme à Guénon), elle est logique dans la quête qui est celle de de Soral et de ses partisans : celle d’un chef (voir tout le fétichisme hilarant de la hiérarchie chez Evola).
        Bien à vous.

        • dimanche 6 mars 2011 à 09h03, par un-e anonyme

          Bonjour Mehdi,

          A propos de de Benoist, vous avez tout à fait raison concernant sa complaisance envers Soral. Il s’en défend en disant qu’on ne peut pas déduire du fait qu’il le fréquente (dans la vie et au sein d’une même équipe éditoriale) qu’il partagerait ses idées ; que c’est un amalgame malveillant.

          Comment expliquer alors la complaisance qu’il a également pour les idées d’un Christian Bouchet ou tout du moins leur concordance et qu’on le retrouve fréquemment dans les mêmes lieux que ces gens d’extrême-droite et qu’il se réjouit des mêmes spectacles.

          La réalité est bien qu’Alain de Benoist, quoi qu’il puisse affirmer par ailleurs, est bien resté mentalement dans ce milieu. Ce qui ne peut pas uniquement s’expliquer par je ne sais quel tropisme sociologico-idéologique, ni par l’ostracisme dont il a parfois été la victime.. Le cas est plus complexe.

          Si l’on quitte le terrain psycho-sociologique pour aborder celui de l’idéologie, cela demanderait de plus amples développements tant il semble si difficile à certains intellectuels un peu trop orgueilleux, tels, par exemple, Pierre-André Taguieff, de finir par se convaincre qu’Alain de Benoist a été plus « malin » qu’eux en arrivant à leur faire croire qu’il avait abandonné toutes les idées qu’il avait lorsqu’il signait sous le nom de Cédric de Gentissard. (Taguieff est l’auteur d’un volumineux ouvrage intitulé « Sur la nouvelle droite » dont on peut lire une critique nuancée ici)

          Au sujet de ce que vous nommez, à juste titre, le « fétichisme hilarant de la hiérarchie » que l’on trouve chez Evola, on peut également remarquer qu’Alain de Benoist a fait paraître en 1995 un livre, l’Empire intérieur, qui s’appuie intellectuellement, donc idéologiquement, sur les deux principaux auteurs de ce que l’on nomme dans certains milieux réactionnaires « la Tradition ». On remarque aussi que dans sa revue de prestige, « Nouvelle Ecole », le moindre opuscule ayant trait à l’auteur fasciste italien fait l’objet d’une recension généralement élogieuse ...

          Tout cela (et bien d’autres points à développer) ne fait pas de l’auteur de « Vu de droite », une sorte de « nazi » déguisé -comme le prétendent les antifascistes d’incantation - mais fait qu’on est en droit de le juger comme en grande partie responsable du renouveau d’une pensée néo- fasciste telle celle incarnée, par exemple, chez un petit idéologue comme Christian Bouchet ou un petit penseur illuminé comme Alain Soral. Et ceci explique le « soutien crique » qu’il apporte aujourd’hui à la candidate présidentiable d’extrême-droite Marine Le Pen.

          • mardi 8 mars 2011 à 10h57, par Mehdi B.

            De Benoist semble incapable d’aller pêcher dans le passé (qu’il fréquente cela dit parfois plus sérieusement que beaucoup de « gauchistes ») autre chose que des vertus d’ordre et d’obéissance. C’est son lourd côté « de droite », qui le conduit très logiquement à fréquenter des Le Pen et des Soral. Tous ces gens-là confondent la moindre critique de l’autorité avec les errements du capitalisme mondialisé, sournoisement mais systématiquement assimilés par eux au nomadisme juif.

            Ces « patriotes » sont à mille lieues de comprendre qu’on ne construira un « nouvel ordre » valable que lorsque on se sera passé aussi bien de la nostalgie des ordres anciens, morts de leur belle mort, que du désordre moderne, inégalitaire et mortifère. On ne peut pas prétendre refaire le monde sur la base de jolies architectures tirées de bouquins d’un autre âge, sinon c’est qu’on cherche seulement à alimenter le désir d’un coup de force fasciste qui ne profitera évidemment, comme toujours, qu’à ces messieurs-dames.

            Seule une grande modestie donnera lieu à une invention politique digne de ce nom. Par exemple les écrits de Marx brillent, pour qui sait les lire, par leur merveilleuse modestie. Quelle modestie y a-t-il à se prendre pour le peuple incarné (dixit Soral) ? Aucune, or c’est cette arrogance qui fait les chefs, et ce sont les chefs qui font les esclaves.

            • mercredi 9 mars 2011 à 12h57, par Caro

              Bonjour Medhi et merci pour votre réponse.

              Je suis tout à fait ravie de celle-ci tant elle résume bien, à mon avis, sans hostilité de principe, le « cas » de Benoist et celui de ses petits épigones politiciens comme l’agitateur prétendument « sociologue ».

              A propos des « jolies architectures tirées de bouquins d’un autre âge », j’ai noté que Alain Soral citait désormais assez souvent le doctrinaire réactionnaire italien Julius Evola (référence récurrente de la « nouvelle droite »). Ces gens sont effectivement des « passéistes » mais aussi des « pessimistes actifs » : attitude d’esprit qui conduit politiquement, comme on le sait, toujours au fascisme.

              Le terme qu’ils affectionnent souvent de « révolutionnaire-conservateur » recouvre l’idée d’une « révolution » mais d’une révolution dont le but serait de ramener à un ordre ancien. Ce qui effectivement ne pourrait se faire qu’en employant des moyens coercitifs de plus en plus violents. Leur défense d’une certaine forme d’écologie - point de contact également avec certaines franges alter - ne peut passer que par l’écofascisme dont Serge Latouche avait fort justement dénoncé le danger dans le Monde Diplomatique.

              Je suis également tout-à-fait d’accord pour dire qu’Alain de Benoist fait un travail intellectuel bien « plus sérieux que beaucoup de gauchistes ». C’est d’ailleurs là une des raisons qui ont fait que le bouillon de culture idéologique qu’il s’efforce d’entretenir depuis une quarantaine d’années ait fini par prendre racine - par l’intermédiaire de l’agitateur « national-communiste » et de quelques micro-chapelles d’extrême-droite - auprès de certains déclassés et/ou demi-intellectuels.

              Je pense que vous avez raison d’insister sur cette notion de « modestie » tant est nettement perceptible (il suffit d’avoir surfer sur leurs forums) chez tous les partisans des deux Alain une arrogance intellectuelle des plus détestable ; leur anti-sémitisme prenant ici souvent racine sur le fait que, dans leurs esprits cyniques pour certains, dans leurs inconscients ou dans leur imaginaires pour d’autres, il ne saurait y avoir deux « peuples élus »en même temps...

              • mardi 15 mars 2011 à 14h04, par Mehdi B.

                Merci, Caro. C’est le moment de dire qu’un article comme celui que nous « commentons » en ce moment me paraît largement insatisfaisant. N’importe quel lecteur d’Article 11, n’importe quel antifa conséquent peut savoir d’où viennent les groupuscules en question, qui sont les personnes qui les dirigent et jusqu’où ces dernières peuvent aller dans leurs discours : il suffit d’aller sur internet. Cette petite cartographie fait peut-être gagner un peu de temps aux paresseux, mais elle cède à la facilité de l’invective et ne protège personne du plus dangereux : la séduction que ces groupes peuvent exercer avec leurs discours et leurs actions de frappe, qui tiennent leur efficacité de cette synthèse que j’évoquais plus haut entre d’une part la lutte au nom des opprimés (lutte dite « anti-impérialiste », voire même parfois « de classe ») et de multiples références à des racines qui plongent plus loin que la seule histoire des luttes sociales.

                Car en disant aux gens qu’ils doivent se battre au nom de ce qu’ils sont, les « identitaires » ont pris un coup d’avance sur la gauche radicale, qui pendant ce temps dit aux mêmes gens de construire un autre monde sans garder quoi que ce soit de ce monde-ci et de son passé, excepté le souvenir d’un nombre restreint de grands moments de radicalité explosive artistique ou historique… Bref, à un moment où les classes populaires se sentent dépouillées et démunies, l’ultra-gauche revendique sa générosité en leur intimant d’aller plus loin dans le détachement et le dépouillement. Cela me fait penser à Badiou qui ne cesse de vanter la puissance émancipatrice de l’événement et s’en tient, face à Finkielkraut (dans leur « Explication »), à cette seule promesse vague et indéfinie, tandis que son « adversaire », qui cite quelques beaux morceaux de littérature, gagne la partie en offrant au moins au lecteur une matière à partir de quoi méditer.

                En proposant aux gens de les guider dans une lutte au service de ce qu’ils sont (et non de ce qu’ils doivent être), certains « identitaires » (nous retombons sur nos deux Alain) en sont arrivés à faire avaler à beaucoup cette monstruosité : l’extrême-droite tendant la main aux musulmans, en leur signifiant tout le respect (sans doute bien réel, ceci dit sans ironie) qu’elle voue à leur identité de musulmans. Le sous-entendu étant bien sûr qu’il y a d’autres identités qui ne sont ni chrétiennes ni musulmanes et qui sont en soi problématiques. Et si c’est à cette conclusion – que les juifs ont toujours été de trop – que la plupart de leurs interventions aboutissent, il n’en reste pas moins que le charme a pu entre-temps opérer, parce que nulle part ailleurs on n’offre aux musulmans (pas plus qu’aux catholiques tradi) une telle promesse de « réconciliation » sur la base d’une reconnaissance mutuelle

                A contrario, on imagine difficilement les représentants connus de la gauche radicale fréquenter des musulmans ou des catholiques pratiquants dans une perspective autre que leur transfiguration. C’est en ce sens qu’il faut entendre ce cri-là. Tout laisse à penser que lorsque le NPA met en avant sa composante immigrée, ou quand Badiou parle des sans-papiers auprès desquels il dit lutter, ou le groupe de Tarnac des émeutiers de la banlieue, c’est surtout l’électorat petit-bourgeois de l’un et les auditoires petits-bourgeois des autres qu’il s’agit de rassurer sur le caractère radical de leurs positions respectives.

                Ajoutons à cela que, médiatiquement parlant, l’extrême-droite semble faire davantage peur aux élites en place que l’extrême-gauche, qu’elle semble plus provocante, plus politiquement incorrecte (voir les procès en cours contre divers « infréquentables » autoproclamés), et on s’explique l’attraction qu’elle suscite chez tous ceux qui subissent l’injustice et veulent se révolter sans savoir précisément comment et au nom de quoi.

                Il est grand temps qu’Article 11 ou d’autres se penchent un peu sur tous ces points au lieu de s’en tenir à la plus bête et méchante des luttes antifas.

                • mercredi 16 mars 2011 à 05h13, par Caro

                  Pour ce qui concerne l’article ci-dessus, tout dépend de ce qu’on en attendait. Il me semble qu’appeler à la vigilance et expliquer pourquoi il faut être vigilant face aux discours ambigus d’habiles sophistes d’extrême-droite est un premier pas.

                  Si on était déjà soi-même vigilant sur le plan intellectuel, évidemment, cela n’apprend rien. Apparemment vous l’êtes et je le suis mais il faut penser à tous celles et ceux dont les idées ne sont pas forcément claires sur certains sujets...

                  Sur l’aspect souvent fumiste dans la surenchère et le « chic radical » de certains penseurs, poseurs, rédacteurs de manifestes ou révolutionnaires de salons, je ne m’étendrai pas. Leur public est connu, ce sont les petits bourgeois de gauche ... et de droite. Les deux finissent toujours par se faire manipuler et/ou « rentrer dans le rang ». On a vu pu voir, après 68 ce que sont devenus la plupart des militants de la gauche radicale du passé, il est facile de deviner ce que deviendront les militants de la droite radicale d’aujourd’hui.

                  Le problème est tout de même qu’avec les seconds la vie sera certainement moins rose ...

                  Votre remarque sur le discours de ces militants de la droite radicale « proposant aux gens de les guider dans une lutte au service de ce qu’ils sont et non de ce qu’ils doivent être  » est, me semble-t-il, très importante. Ce discours est typiquement celui de l’égoïsme et c’est une des conséquences, à travers l’individualisme, du capitalisme. Une fois cet égoïsme étendu à la nation, on a le fascisme.

                  Rien de bien nouveau donc.

                  La « sympathie » que des antisémites peuvent avoir envers les musulmans n’est pas nouvelle. Il suffit de penser à la politique du Troisième Reich envers les communautés et les pays arabes. Il y a même eu une division SS composé de musulmans !

                  Pour ce qui est de la défense de l’identité qu’en font les « deux Alain », j’ai dit suffisamment de mal de De Benoist pour pouvoir reconnaître qu’entre les délires quasi paranoïaques du national-communiste antisémite Soral et de son ami le fou à lier « Lelibrepenseur » (alias le Dentiste Salim Laïbi) et le « pape de la nouvelle droite », il y a une très importante distance intellectuelle. Il suffit, par exemple, de lire le texte de ce dernier intitulé « Nous et les autres » pour s‘en convaincre (C’est d’ailleurs une bonne occasion pour constater son extrême habilité de sophiste et donc ainsi de comprendre pourquoi il a, lui et l’antisémite Christian Bouchet, du succès auprès de « l’élite » de l’extrême-droite et malheureusement auprès de certains universitaires un peu gogos...)

                  Ce qui ne veut pas dire, bien entendu, qu’il ne se situe pas objectivement dans le même camp, celui de l’extrême-droite pour qui « existent différents peuples irréductibles les uns aux autres ».

                  Pour mieux comprendre les nuances dialectiques entre tous ces gens - mais leur même creuset idéologique -, je vous conseille - mise à part le côté militant et docte -, de lire l’analyse très éclairante qu’en font certains communistes.

                  Sincèrement je ne crois pas que « l’extrême-droite fasse plus peur aux élites que l’extrême- gauche ». Ou alors ce n’est qu’une illusion d’ordre effectivement « médiatique ».

                  Tout dépend de quelles « élites » on parle. Il me semble en tous cas que les élites autochtones détenant le pouvoir économique se sont partout et toujours accommodées de l’antisémitisme. Ce fut vrai dans l’Allemagne nazie bien évidemment mais également dans bien d’autres pays à la même époque. Sur ce point les choses n’ont guère changées.

                  • dimanche 20 mars 2011 à 14h33, par Mehdi B.

                    Merci, Caro, pour ce lien vers le site communiste. Je suis content de voir que certains à l’extrême-gauche prennent très au sérieux la menace (néo-)fasciste, ne se contentent pas de crier au loup mais cherchent à la définir précisément. Un aspect manque néanmoins dans ces textes : la prise en compte de l’assimilation par une frange de l’extrême-droite d’une part importante du travail théorique marxiste. Si, en effet, la Le Pen s’attaque à « l’Argent roi » au lieu de s’en prendre à la bourgeoisie (sa classe) et par là fait apparaître que l’anticapitalisme de son mouvement est totalement romantique et donc fasciste, ce n’est pas exactement le même discours que tiennent Soral ou de Benoist (même s’il ne serait pas très difficile de montrer qu’il ne s’agit chez ces marxiens de façade que d’un moyen pour guider les classes populaires vers l’hostilité aux élites « nomades » et « cosmopolites », leur grande obsession).

                    Je doute sérieusement de l’utilité de ce genre d’article (je parle de celui d’Article 11) parce qu’il revient à dire : méfiez-vous des faux amis, mais ne commence même pas à faire la différence entre la rhétorique de ces « amis » faux et la nôtre. Le mépris complaisant envers les diverses formes de fascisme est une arme à double tranchant, qui a le mérite de la clarté mais pas celui de la rigueur.

                    Pas d’accord sur le fait que les élites « partout et toujours » s’accommodent de l’antisémitisme, il suffit de regarder la France où la lutte gouvernementale contre l’antisémitisme a tout l’air d’une priorité, comparée à la défense de l’Arabe ou du musulman stigmatisés. Il est évident qu’une blague antijuive de Hortefeux lui aurait valu immédiatement la porte, tandis que sa plaisanterie anti-arabe ne lui a pas causé le moindre tort… Conséquence à la fois du traumatisme vichyssois, et de l’influence de certains organismes représentatifs de la communauté juive très à cheval sur l’opposition au lepénisme (cf. cet article, d’ailleurs très bien) et à toutes les sortes d’antisémitisme. Mais justement, parce qu’elle est soutenue haut et fort par les pantins médiatiques de la bourgeoisie, cette « vigilance » anti-antisémite nourrit à son tour la poussée d’une critique torve et graduée du judaïsme (toujours associé à « la maçonnerie », au « sionisme » ou à « l’Empire »), critique dont ses auteurs jugent sans doute qu’elle finira par rassembler assez de monde (prolos « de souche » + prolos « immigrés ») pour peser politiquement un jour… Espérons qu’il s’agit là d’un vain espoir.

                    Une dernière chose : je reconnais qu’il peut y avoir une part d’égoïsme, et même d’aveuglement dangereux, dans la satisfaction d’être ce qu’on est, ou de venir d’où on vient, mais il en va parfois de la cohérence d’un vécu. Reprochera-t-on aux populations colonisées d’avoir voulu, très égoïstement sans doute, protéger leurs modes de vie et leurs croyances face au rouleau-compresseur de la civilisation des droits de l’homme et du citoyen ? Ou aux immigrés stigmatisés de revendiquer leur singularité ? Comme Lévi-Strauss l’explique bien dans « Race et histoire », la résistance à l’uniformisation forcée et à l’acculturation est indémêlable de la défense de son identité. On ne peut pas demander aux gens de jeter par-dessus bord leur attachement à des racines sans que soit définie et un tant soit peu approchée la société nouvelle dans laquelle ils pourront s’épanouir en-dehors de toute obsession identitaire. Or, c’est l’essence même du capitalisme que de broyer toutes les formes singulières de vie sociale, toutes les identités collectives, toutes les traditions. Cette question de l’identité constitue selon moi une des apories de la réflexion ultra-gauchiste actuelle. Quand on lit les anars, les post-situ, Badiou, le NPA etc., on a mille formes d’appels à la transformation de la société et des individus au sein de cette société, mais aucun indice de ce qui sera conservé dans ce qui existe depuis des siècles. Rien n’est plus effrayant qu’une page blanche, où quelles mains dessineront quel homme nouveau ?

                    J’avoue espérer, pour ma part, que ce dont on hérite de ses parents et plus généralement de sa culture d’origine ne sera pas jeté avec l’eau du bain quand viendra le jour du grand renversement. Comme disait Péguy, qui cherchait à concilier la foi catholique qu’il tenait de ses grands-parents et l’aspiration à la fraternité universelle, et qui n’avait rien d’un fasciste ni d’un préfasciste (comme Bernanos, presque le seul à droite, l’avait bien compris), « la révolution c’est aussi remettre en place des choses très anciennes et oubliées. »

                    • jeudi 24 mars 2011 à 04h58, par un-e anonyme
                    • mercredi 30 mars 2011 à 11h25, par Caro

                      Bonjour Mehdi B., Je réponds un peu tardivement car très occupée par ailleurs.

                      A vrai dire ce site ne peut être dit « communiste » qu’en un sens particulier. C’est une sous- chapelle du maoïsme. Leur « anti-fascisme » est donc plus doctrinal que le résultat d’une véritable analyse de la situation présente ; plus « intellectuel » (dans un sens péjoratif) qu’historique du temps présent.

                      Ils ont, par contre, à mon avis, bien mieux compris que certains dits « spécialistes » (universitaires ou non) le rôle qu’a joué la « nouvelle droite », notamment à travers son principal (et unique ?) chef de file, dans le renouveau et l’adaptation idéologique de ce que vous appelez fort justement un « anticapitalisme romantique et donc fasciste ».

                      Sur « l’assimilation » qu’aurait « une frange de l’extrême-droite d’une part importante du travail théorique marxiste », je suis moins d’accord ou alors nous ne nous entendons pas sur le terme « d’assimilation ». En dehors du fait qu’effectivement ce n’est qu’un moyen de « guider » les gens qu’ils veulent convaincre vers d’autres buts (Cf leurs rengaines anti-mondialistes, anti-nomadisme, anti-cosmopolitisme,etc), tout cela reste, chez ces gens, très très superficiel.

                      Qu’un Soral puisse passer pour un intellectuel compétent et un véritable « sociologue » auprès de ce public montre quel est le niveau intellectuel de celui-ci !

                      Quant à de Benoist, je ne crois pas me tromper en disant que l’orientation qu’il a pris ces dernières années fait qu’il s’est marginalisé à l’intérieur de l’extrême-droite ; les nouveaux militants de ces milieux ne s’intéressant qu’à ce qu’il a écrit il y a plus de vingt ans (« Les Idées à l’endroit », par exemple, véritable bréviaire du parfait réactionnaire ...). Ce qui ne dilue en rien, bien au contraire, sa responsabilité quant à l’émergence de ce que l’on peut appeler sans abus une sorte de « pensée » néo-fasciste et ou nationale-socialiste.

                      Sur l’article ci-dessus, je suis moins sévère que vous car je crois que la conscience et la clarté de vue politique ne s’obtiennent pas d’un coup. Peut-être demandez-vous trop à cet article.

                      Pour ce qui est du « mépris », je précise mon point-de-vue. Il ne s’agit en aucun casi pour moi de celui de ceux qui adoptent « spontanément » ce genre de rhétorique néo-fasciste et y croient sincèrement mais, bien entendu, de ceux qui, cyniques, les utilisent.

                      Sur « l’accommodement des élites à l’antisémitisme », je me suis peut-être mal exprimée.

                      Ce que vous dites à propos des réactions différentes en fonction du racisme exprimé publiquement (judéophobe ou arabophobe) est en partie vrai et pour les raisons que vous évoquez. Ceci dit la HALDE ne me semble pas faire de différence dans le rejet du racisme quel qu’il soit et à propos de quelque communauté que ce soit ... Pour ma part, je me refuse à mettre en avant les crispations de telle ou telle communauté car le faire c’est risquer de se faire instrumentaliser. Je maintiens donc qu’il existe au sein des élites financières, notamment même américaines, un antisémitisme latent (c’est une des supercheries de l’extrême-droite de faire croire le contraire .. ;)

                      Ce que vous écrivez plus loin sur le capitalisme niveleur des identités demanderait un autre débat ; débat qui ne peut certainement pas se faire, je vous l’accorde, en restant au niveau d’un discours militant même paré d’une « aura » extrême-gauche que vous caricaturez peut- être tout de même un peu...

                      Sur Levi Strauss, je vous conseille le livre de Wiktor Stoczkowki qui montre que la pensée de l’anthropologue est bien plus subtile que ne veulent le faire croire ceux qui, dans certains des courants idéologiques dont nous parlons ici, l’ont instrumentalisé ...

                      Sur Péguy et Bernanos, dont vous avez raison de souligner l’importance, l’originalité et le courage existentiel, il faut également rester très circonspect tant les sophistes dont nous parlons tentent d’en récupérer l’aura.

                      • jeudi 31 mars 2011 à 14h36, par Mehdi B.

                        Ravi de vos réponses, c’est avec plaisir que je poursuivrai avec vous cette discussion. Voici mon mail : alalfred@laposte.net.

                        • samedi 2 avril 2011 à 12h16, par Caro

                          Bonjour Mehdi et merci pour votre mail.

                          En attendant, vous pouvez, si cela vous intéresse, venir ICI apporter votre « grain de sel » à une discussion sur l’essayiste rouge brun ...

                          Le lien vers le livre de Wiktor Stoczkowski est cassé . En voici

                          un autre



  • lundi 28 février 2011 à 11h53, par CATH

    Info pour l’excellent Mathieu Colloghan : sur l’affiche de l’ « Art qui dit non », expo à la Petite Roquette des bruns masqués de Château Pirate, on peut lire le nom suivant : « Matieu Collogan » : effectivement, va falloir sévir !

    • jeudi 3 mars 2011 à 00h45, par JBB

      Merci, info transmise. Colloghan va les défoncer.



  • lundi 28 février 2011 à 13h28, par wuwei

    Article XI version papier c’est rien que du bon ! mais c’est toujours avec plaisir que je viens faire un petit coucou ici . Juste aussi pour dire que mon fils avec quelques potes d’université monte des réflexions sur certains des thèmes abordés dans vos pages et là ce n’est pas le moindre de vos mérites.

    • jeudi 3 mars 2011 à 00h17, par JBB

      Merci, compadre

      Tel père, tel fils : vous assurez dans la famille :-)



  • lundi 28 février 2011 à 16h47, par A2KA 33

    Tres bon article camarade . Il faut faire un vrai travail d’information dans le mouvement ouvrier en genral . Combien ne savent pas qui sont les egalité et reconciliation qui chez nous on essayé de distribuer des autocolants dans les manifs pour les retraites ...
    Il faut arreter l’autosatisfaction des années 90 qui paralyse le mouvement antifa. Un jour comme tu l’a dit on les aura dans les manifs ces gens la et il faut savoir reagir , savoir qui ils sont et surtout faire un grand travail pour démasquer leur discours antisocial qui se cache derrière des critiques du mondialisme et du capital financier. C’est ça , a mon avis , notre première tache et ce n’est pas la plus évidente vu leurs manipulations ...
    Salutation antifasciste.

    • jeudi 3 mars 2011 à 00h41, par JBB

      Merci à toi.

      Et oui, les gens d’Égalité et réconciliation sont ceux qui tentent le plus de de mener ces opérations d’entrisme, façon mine de rien et bouche en coeur. Il faut les jeter - et à grands coups de pied au cul !

    • vendredi 4 mars 2011 à 12h56, par Frédéric

      Un jour comme tu l’a dit on les aura dans les manifs ces gens la et il faut savoir reagir , savoir qui ils sont et surtout faire un grand travail pour démasquer leur discours antisocial qui se cache derrière des critiques du mondialisme et du capital financier. C’est ça , a mon avis , notre première tache et ce n’est pas la plus évidente vu leurs manipulations ...

      Tu es en train de décrire le Parti socialiste. Mais les socialistes, du moins ceux qui se prétendent tels, sont déjà dans les manifs. Sinon je suis d’accord avec toi : « faire un grand travail pour démasquer leur discours antisocial qui se cache derrière des critiques du mondialisme et du capital financier. C’est ça , a mon avis , notre première tache et ce n’est pas la plus évidente vu leurs manipulations ... »



  • mardi 1er mars 2011 à 09h36, par un-e anonyme

    Je voudrais mettre en garde contre la tentation de l’utilisation de l’étiquette infamante de fasciste ou d’extrême droite infiltré envers des personnes que l’on n’apprécie pas politiquement mais qui ne le sont pas pas (ou pas clairement). Ce que cet excellent article ne fait pas mais que j’ai vu récemment un article sur indy paris faire. Ça serait assez ravageur dans nos rangs.

    Sinon un bon article sur le soutien ou l’absence de critique de la gauche gouvernementale sud-américaine
    http://lecourrier.ch/index.php?name...

    Ils oublient juste le facteur médiatique.

    • mardi 1er mars 2011 à 20h19, par un-e anonyme

      l’étiquette, on s’en fiche mon enfant

      toute personne qui est dans le déni :

      Coup de boule

      (là, je t’avertis)

      • mardi 1er mars 2011 à 23h36, par un-e anonyme

        Lapin compris

        • jeudi 3 mars 2011 à 00h33, par JBB

          @ anonyme de 9 h 36 : si vous entendez par là qu’il faut historiquement réserver le terme fascistes aux gens et groupes relevant clairement d’une idéologie et de références précises, je vous rejoins en partie (si la distinction se défend dans le cadre d’articles d’analyse, elle n’a plus guère de sens dans un cadre plus immédiat). Après, pour comprendre à quoi vous faites allusion, il faudrait un lien vers ce papier publié sur Indymedia ; et je ne suis vraiment pas sûr qu’on soit d’accord.

          • vendredi 4 mars 2011 à 11h43, par un-e anonyme

            C’est pas exactement ça.

            J’ai la flemme de chercher l’article exact mais je peux le résumer. En gros ça parlait d’un squat d’artistes parisien contrôlé par des fafs en mode sous-marin comme décrit ici. Pour illustrer le confusianisme, il y avait un passage a propos d’une affiche citant un certains nombre de noms que l’auteur classifiait en faf/pas faf.

            Le truc c’est que dans la liste des fafs il y avait 3 noms (Seb Musset, Michel Collon, Anne Riz-Lacroix) que je connaissais et qui ne me semblent pas être des fachos. Ce qui me semblait séparer ces 3 noms de la l’autre liste était plus la compatibilité libertaire, sachant que les 3 sus-cité sont plutôt soc-dem, communiste et/ou plus ou moins stal.

            Alors en fouillant bien il est certainement possible de leur trouver des accointances avec les fafs (par exemple Seb Musset et Egalité & Réconciliation) mais rien d’évident ou de direct ni quand on lit l’article ni quand on lit leur blog/site. Et paradoxalement le seul que je connais à avoir préfacé un négationniste ou avoir pétitionné pour eux est classé -à juste titre- en non faf.

            Alors dénoncer l’extrême droite et ses tentatives de récupération du mouvement social oui, mais il faut rester prudent et ne pas instrumentaliser ça.



  • mardi 1er mars 2011 à 14h04, par fred

    Re-merci pour l’article !

    Entrisme - Confusionnisme - Brouillage des pistes... Mais comme tu le dis encore dans les commentaires :

    le programme du FN est peu ou prou appliqué par le locataire de l’Elysée

    Les politiques d’immigration :

    Chacun doit bien comprendre au niveau européen que ce qui se passe en Méditerranée est l’affaire de tous les Etats membres de l’Espace Schengen et exige des mesures urgentes et collectives.

    Dès le 21 septembre, j’ai (Feldmarechal BESSON) demandé à tous les ministres européens d’agir pour renforcer Frontex. A la veille du conseil européen des 29 et 30 octobre, Nicolas SARKOZY et Silvio BERLUSCONI ont présenté une initiative conjointe pour y parvenir

    La politique d’expulsion des Rroms durant l’été 2010 où les seules voix contraires se sont faites entendre via le Parlement Européen en demandant une résolution à la France et aux Etats membres de l’Union européenne de « suspendre immédiatement » ces agissements, avec le succès qu’on leur connait...

    Sans compter que les consanguins se penchent aussi sur lesquestions d’élevage de chèvre bio...

    un univers intellectuel dans lequel l’attitude et le style importent finalement davantage que la cohérence

    ben oui... comme notre cher Président.

    amitiés

    • jeudi 3 mars 2011 à 00h50, par JBB

      « Feldmarechal BESSON »

       :-)

      (L’appellation est parfaite)

      « les consanguins se penchent aussi sur les questions d’élevage de chèvre bio... »

      Ils sont partout....

      Amitiés itou.



  • mardi 1er mars 2011 à 18h58, par koyuki*

    juste un petit post sur mon blog pour saluer votre travail que je consulte depuis longtemps - merci à vous - :
    http://letourbillonmasquepointdeux....

    • jeudi 3 mars 2011 à 00h18, par JBB

      Grand merci, c’est cool.



  • mercredi 2 mars 2011 à 15h05, par oliv

    Je profite de cet article pour vous féliciter et vous remercier de ce n°2, riche en articles intéressants...on sent que vous commencez à trouver votre place dans le monde de la presse indépendante et militante, avec des textes et analyses qui amènent de nouvelles réflexions originales et nécessaires...
    Notamment ce texte sur le retour du brun. Mais j’ai été surpris de découvrir le mot complotiste sous la plume de jbb, dont j’ai toujours apprécier les textes et la justesse de ces analyses. Après avoir lu il y a quelques semaines ce textes sur la novlangue, ce mot pourrait en être un parfait exemple. Car j’ai toujours entendu cette expression simpliste et remplie de connotations négatives, de la bouche de personnes qui n’avaient souvent aucun arguments et utilisaient ce termes dans le seul but de discréditer leur interlocuteur en détournant le débat des vraies questions...Ce terme est utilisé pour désigner le site reopen, pour ensuite m’informer qu’ils auraient des relations troubles avec l’extrême droite...J’aurais bien aimé un peu plus de précisions sur ces relations, même si je ne suis pas un fan de ce site que j’ai pu lire quelques fois sans vraiment adhérer à toutes les réflexions, je n’ai pas aperçu de brun...
    Si on veut vraiment faire tomber les masques de ces imposteurs et les combattre, il faudrait tout d’abord s’appuyer sur des bases solides et consistantes et ne pas tirer dans tous les sens...
    en attendant le n°3, merci à vous tous....

    • mercredi 2 mars 2011 à 16h42, par Laffreux

      « (...)J’aurais bien aimé un peu plus de précisions sur ces relations »

      Peut-être faut-il chercher du côté des thèses de Thierry Meyssan et son « Réseau Voltaire » ?

      Quant à certains commentaires ici, ils illustrent à eux seuls, les « tactiques de camouflage » développées par l’extrême Droite, au niveau du discours.

      Qu’ils s’agissent de quelques allumés (au final), ou des chefs de file du néo(?)-fascisme français.

      D’accord avec JBB, par ailleurs, sur la récup’ de la Droite Extrême qui nous gouverne, fascisante plus que sur les bords...

      Voir en ligne : http://affreuxsalebeteetmechant.20m...

      • jeudi 3 mars 2011 à 01h03, par JBB

        @ oliv : merci pour les compliments sur la version papier, c’est cool. Je ne sais pas si on trouvé notre place, mais en tout cas on n’est pas encore morts. C’est déjà ça.

        Pour le reste, je ne suis pas d’accord. Pour moi, l’appellation de complotisme - si elle est en effet assez vague et générale - renvoie à une réalité, celle de ces gens qui propagent des visions du monde basées sur l’idée de complot, ne reposant sur rien de rationnel ni de tangible hors leurs propres fantasmes ou peurs (par exemple, entre autres, sur le prétendu pouvoir des francs-maçons ou des juifs). Des visions du monde qui offrent souvent de belles passerelles, idéologiques et réelles, avec l’extrême-droite. CQFD a d’ailleurs récemment publié une chronique sur le sujet.
        Mais en l’espèce, ReOpen 911 n’est cité que par la bande, en passant. Essentiellement, comme le souligne L’Affreux, pour ses évidents liens avec Meyssan et le réseau Voltaire - pour le coup, résolument à l’extrême-droite de l’échiquier politique.

        @ Laffreux : tout d’accord, je n’ajoute rien :—)



  • dimanche 6 mars 2011 à 00h10, par AltZ

    Super article, mis de côté dans sa version papier... Le nombre un peu inhabituel de réactions et les quelques personnes vaguement habiles qui tentent de retourner votre propos montrent que vous avez tapé juste. Moi avec mes gros sabots, je viens juste soutenir et vous encourager à poursuivre !



  • mardi 8 mars 2011 à 11h00, par Rveric

    « We are change et ReOpen 911 sont deux associations complotistes ».
    Complotiste et antisémitisme.
    deux mots à la mode qui courrent souvent sur les langues des têtes de pont médiatique pour discréditer à peu de frais en esquivant un débat de fond.
    par quoi remplacer « complotiste » histoire d’éviter le cacatage conformiste ambiant ? Je ne sais pas .
    Donc l’association Reopen et la ligne Meyssan ça sent pas bon effectivement.



  • mardi 8 mars 2011 à 19h08, par fred

    « Le temps n’est plus à la parole mais aux actes et aux décisions », a ajouté Chantal Brunel. « Marine Le Pen n’a aucune solution à proposer. Nous, on doit montrer qu’on a des solutions », a-t-elle ajouté.

    Boosté par le score de la Marine, l’UMP se lâche !

    amitiés



  • samedi 9 avril 2011 à 00h24, par JG

    content de relire article 11, ça faisait un moment.

    concernant la montée réactionnaire à travers le monde occidental ( n’oubliez pas les tea-party aux usa ) , on en est vraiment qu’au début à mon avis.

    le terrain habituel de l’extrème-droite ayant été bien labouré, la crise étant venue, il s’agit maintenant pour eux de se déplacer sur le terrain de la « gauche »

    et au vu de certains commentaires, les anti-fascistes ont du soucis à se faire s’ils pensent que la solution c’est de se coltiner à la batte de base-ball les fafs ou de montrer au peuple ouh les méchants.

    la réalité, c’est que la disparition de l’URSS a signé la fin d’un cycle qui remonte au XIXe siècle et même aux lumières.

    certains ont cru, le mur de berlin tombé, leur temps venu ( les anars et les trotskistes )

    en fait c’est tout l’arc de la gauche radicale qui a été touché ; plus personne ne croit, même les militants ( je dirai surtout les militants ) qu’un autre monde est possible.
    L’aventure stalinienne a tué cette croyance.

    Alors qu’avons nous à opposer aux propositions concrètes ( abjectes mais concrètes ) des extrème-droites ?

    Les peuples sont las de tous les mensonges politiciens , des retour de veste des plus rouges (ou noir) que moi tu meurs.

    Alors virer les fachos de nos manifs, oui mais bientôt nous le pourrons plus si à côté un espoir ne renait pas

    Et pour l’instant, ce que l’on voit c’est la guerre de chapelle et la recherche de la pureté idéologique qui en fait masque le vide d’une proposition alternative qui accrochent les masses.

    Le temps s’obscurcit ; la vaillance révolutionnaire est morte avec le stalinisme et tout est à reconstruire.

    Une boussole à garder : la lutte des classes

    Et un rappel aux anars : un certain nombre de traducteurs et vulgarisateurs de Marx au XIX étaient des anarchistes

    peut-on enfin arrêter les guerres d’excommunication révolutionnaire ?
    sans rien n’oublier, se parler, écouter l’autre, se faire confiance et remobiliser les énergies sur un projet positif : la meilleur défense est l’attaque.

    • vendredi 29 juillet 2011 à 22h54, par Crieur

      Je reprens le débat seulement maintenant, mais avec le recul, ce que je craignais aussi sur le « retour de brun » se confirme. Le brun, et le conspirationnisme. D’une part, les problèmes des Palestiniens sont de plus en plus l’occasion pour de nombreux sites pas très connus pour diffuser des thèses antisémites, staliniennes, islamistes, « anti-impérialistes », pro-syriennes et iraniennes et que sais-je, si bien qu’il faut être très prudent pour comprendre la réalité.
      D’autre part, le mouvement espagnol des « indignés » est beaucoup plus avancé politiquement que son homologue français. Et là, on voit bien à quel point l’extreme droite peut « avaler » toutes sortes de luttes. Ainsi, sur le site « Marche pacifique de Madrid à Bruxelles » et son groupe facebook, à coté d’interventions intéressantes, on trouve une bonne partie d’obsédés des « Illuminati », de la pyramide et du triangle du dollar, voire des partisans de Dieudonné, et surtout Etienne Chouard séduit pas mal de personnes.
      Le profil de certaines personnes (Reddust) par exemple, est curieux. « Cinquième colonne » : Etrange. Certains sites d’indignés français se réfèrent aussi bien à des personnes de gauche qu’à des "rouges-bruns. Cette tendance semble augmenter depuis 15 jours.
      N’oublions pas la Bastille en juin. Etienne Chouard va-t-il incarner le mouvement ? paumés, désespérés,les

      ".



  • jeudi 18 août 2011 à 14h01, par Nono

    Dans cette nébuleuse j’ai trouvé cette daube récemment : http://rebellion.hautetfort.com/

    On ne sort pas des mêmes cercles d’abrutis, c’est juste le graphisme qui change.

    Et toujours cette faculté à parler pour les autres, quand ils ne représentent qu’eux-même.

    • mardi 1er novembre 2011 à 14h26, par Caro

      Les gens de Rebellion sont des amis E&R (le groupuscule néo-faf de Soral). Leurs « Dieux » intellectuels sont, entre autres membres, Alain de Benoist et un certain Isabel Thibault dont on peut connaître les orientations idéologiques ici

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