ARTICLE11
 
 

vendredi 12 décembre 2014

Littérature

posté à 12h15, par Lémi
8 commentaires

Des plans sur les comètes

Ils sont rares, les bouquins qui extraient de la torpeur tout en parlant du temps présent. Et d’autant plus précieux. Constellations. Trajectoires révolutionnaires du jeune 21e siècle (éditions de l’Éclat) ne dépeint pas le Barcelone de 1936 ou l’Italie du Mai Rampant, mais s’ancre au contraire en terre contemporaine. Et pourtant, il déborde de furies constructives et de désertions dans la joie. Mal barré, ce millénaire ? Ça se discute.

Cette chronique a été publiée dans le numéro 16 d’Article11, début 2014

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« All music is political, right ? » (Godspeed You ! Black Emperor, entretien au Guardian, 2012)

Constellation, pour moi, c’est d’abord un label de zique indépendant de Montréal. Une structure azimutée, qui sort des disques de rock progressif majestueux en brâmant « Fuck les majors ». Enfin, ça l’était il y a quinze ans, quand je suivais de près leurs sorties – sûr qu’il en reste quelque chose. Parmi les étoiles abritées par la maison-mère Constellation, la plus scintillante était Godspeed You ! Black Emperor (GYBE), collectif sonique décapant et ouvertement anticapitaliste, aux longs morceaux instrumentaux.

Si leurs disques valaient le détour1, c’est surtout en concert qu’ils passaient du côté frissonnant de la force. Ils étaient une bonne dizaine sur scène et entre eux régnait une alchimie indéniable, un truc mystérieux faisant office de liant entre les divers instruments – guitares, violoncelle, basse, batterie, etc. Des lignes sonores émergeaient, stridentes ou douces, puis, comme rattrapées par le magma, se fondaient en une vague fonçant vers l’explosion sonique. Un chaos ordonné, une putain de métaphore musicale des possibilités presque magiques d’un collectif habité.

De 2004 à 2012, GYBE a gardé le silence, les membres du groupe se consacrant à d’autres projets. Et puis, sans prévenir, ils sont revenus avec un nouvel album : Allelujah ! Don’t Bend ! Ascend !. Au cœur de ce disque, sorti à l’autonome 2012, ce Printemps Érable dont ils avaient été partie prenante quelques mois auparavant. Les braises rougeoyaient encore ? Ils soufflaient dessus. « Mladic » ouvrait l’album, vingt minutes de tension se concluant par le vacarme d’une armée de casseroles malmenées. La répression suivait, avec « Their Helicopters’ Sing ». Mais les « lumières du Printemps Érable » l’emportaient finalement, avec « Strung Like Lights at Thee Printemps Erable ». Cette révolte fraîche, encore brûlante, ils se l’appropriaient en beauté. Pas question que les vampires habituels la leur dérobent.

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Avec Constellations, le collectif Mauvaise troupe s’est lancé dans une entreprise similaire, à grande échelle (d’une Constellation aux Constellations), versant mots plutôt que versant notes. Soit : un récit subjectif des diverses lignes de contestation radicale des années 2000, sous nos latitudes2. « De ce début de siècle, nous avons encore le souvenir, écrivent-ils. De ses révoltes, de ses insoumissions, nous sommes nombreux à ne rien vouloir oublier. Nous savons pourtant que nous vivons dans un monde qui s’en emparera, nous en dépossédera afin que des enseignements n’en soient jamais tirés, et que rien de ce qui est advenu ne vienne repassionner les subversions à venir. »

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« Nous avons moins besoin de grands récits, fussent-ils de libération, que d’un peuple de conteurs. » (Mauvaise Troupe, 2014)

En menant à bout Constellations, la douzaine de météores du collectif Mauvaise Troupe a abattu un travail maousse sans tomber dans les travers du genre. Vingt-quatre mains, voire plus3, mais un seul souffle, bien symbolisé par ce « chœur » qui fait lien entre les diverses parties. Je ne vois que les Italiens de Wu Ming4 pour avoir récemment relevé (dans un autre registre) un tel défi. Lesquels, ça tombe bien, sont interviewés dans le livre. Et y livrent cet éclairage : « Personne ne s’étonne que des gens puissent écrire et faire de la musique ensemble dans un groupe, personne ne s’étonne qu’on puisse écrire un scénario à plusieurs mains, mais tout le monde s’étonne quand on dit : ’’On a écrit un roman ensemble.’’ On voulait voir si là, il y avait réellement une difficulté, s’il y avait quelque chose de particulier à la littérature qui empêcherait l’écriture collective, ou bien si c’était un préjugé hérité du romantisme : l’auteur avec un A majuscule [...]. »

Ok, il n’est pas ici question de roman. Les récits et entretiens formant la colonne vertébrale de Constellations ne sont en rien imaginaires. Ils ont les deux pieds ancrés dans la réalité, répercutent des voix tout sauf fictives. Au fil des pages, cependant, d’autres formes d’écriture pointent le bout de leur plume, marquant une volonté claire de dépoussiérer l’écriture en terres radicales : correspondances, formes courtes, récits à la première personne, communiqués fictifs, etc. Entre des blocs parfois arides s’intercalent des respirations, des pauses, des illustrations ou des envolées. L’imaginaire, sous toutes ses formes, est ainsi omniprésent dans Constellations, sans pour autant couper l’ouvrage du réel et de ses luttes. Paradoxe ? Nope. L’écrivain Alain Damasio5, lui aussi interrogé dans l’ouvrage, donne quelques clés à ce sujet : « Il y a pour moi deux types d’imaginaire, celui qui divertit – littéralement te détourne de la voie – et celui qui subvertit, c’est-à-dire passe sous la voie, incline le sol, le fracture, explique-t-il. Divertir, l’industrie vidéo-ludique le fait magistralement, Hollywood aussi, la littérature de gare, les séries TV... Mais subvertir, c’est devenu difficile car subvertir, c’est créer. »

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« […] Lorsqu’il s’agit de trouver des mythes, c’est souvent vers le passé que nous nous tournons. […] Peut-être sommes-nous aveugles aux récits qui existent. » (Alice, Constellations)

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Photo Lémi

C’est con à dire, mais parcourir ces 700 pages ciselées m’a regonflé à bloc. Sautant d’une lutte à une autre, d’un lieu grenoblois squatté à un aéroport contesté, de l’esprit des free-parties au journal Rebetiko, des charivaris marseillais contre la vidéosurveillance aux assemblées du plateau de Millevaches, des affrontements du CPE à ceux du Val de Suse, Constellations multiplie les pistes6. Et dresse un tableau de cette période beaucoup plus enthousiasmant que celui ancré dans les imaginaires collectifs – même dans notre camp. Les belles luttes n’appartiennent pas forcément à un passé révolu et mythifié, clame Constellations : elles s’ancrent aussi dans le présent, survivent et croissent, n’attendant qu’une pichenette pour revivre.

Rien de naïf dans les propos des auteurs, ni de magnifié à outrance. Le doute et les questions en suspens sont là, les défaites et les errances aussi. Mais de ces trajectoires soulignées, entrelacées et débattues émerge une vision d’ensemble qui défie joyeusement toute forme de désespérance. Ou de caricature. Les cagoulés parlent sans provoc’. Les jardiniers ont autant d’ « importance » que les lanceurs de pavés, les musiciens que les agitateurs de rue. Mieux : ces figures se mélangent, échangent leur rôle, réfutant ces petites cases que le pouvoir aime tant leur réserver. « Ce qui se dégage de plus profondément politique se niche jusque dans les plis de l’existence », écrit Mauvaise Troupe. Qui glane et reglane, prenant appui sur les désertions : « Nous partons là, de ce sentiment de désaccord avec le monde qui se concrétise en actes de décalage. »

De décalages en décalages, des constructions émergent, des bases, des zones d’insurrection ou de repli temporaire. En fond sonore, derrière les riffs de Godspeed, un chœur chuchote qu’il ne manque pas grand-chose pour que de nouveau l’histoire tressaute. Et Mauvaise Troupe de citer Pierre Mabille7 : « Dans une atmosphère collective aiguë, rien n’est impossible à l’homme ; il ne perçoit plus les barrières sociales et matérielles, celles-ci disparaissent effectivement, la puissance humaine est alors réellement décuplée. »



1 Deux albums particulièrement conseillés : f♯a♯∞ (1997) et Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven (2000).

2 Si le livre se concentre sur les expériences hexagonales, il ne s’interdit pas des incursions en terre étrangère - Italie, Espagne, Palestine, etc.

3 Aux côtés de ce noyau dur coordonnant le projet, de nombreux motivés ont participé par divers textes, illustrations ou entretiens.

4 Un entretien avec ce collectif est à lire sur le site d’A11, « Si le pouvoir impose son récit, nous devons rétorquer avec mille histoires alternatives ». A lire également sur notre site : « Les zombies, c’est nous » : Dialogue entre Wu Ming 2 et Giuliano Santoro.

5 A11 a évoqué son travail à plusieurs reprises, notamment via un entretien mis en ligne sur le site le 20 mars 2009 : « Change, plutôt que tes désirs, l’ordre du monde ». A lire également : « L’élixir Alain Damasio – 1/ Voies » et « L’élixir Alain Damasio – 2/ Voix ».

6 Note même, fidèle lecteur, qu’A11 y fait une rapide apparition, sous forme d’un entretien croisé avec les aminches de CQFD, Rebellyon et Z.

7 Le Miroir du merveilleux, 1940.


COMMENTAIRES

 


  • vendredi 12 décembre 2014 à 13h07, par B

    great

    Il s’est trouvé des chacals pour claironner...



  • samedi 13 décembre 2014 à 16h27, par Nyx Odd

    Hello, Vous, d’Article 11.
    Mêlant dans un site FB ouvert il y a moins d’un mois car seule possibilité d’entrer en contact avec une connaissance dont j’avais perdue les coordonnées, j’en ai profité pour faire un site dédié à ce qui fait art, et métalangage ai-je dit, ce qui en art se passe d’explication et de « communication culturelle » (attendez, je vous quitte deux seconde et je vais vomir un peu). Ca me laisse de la marge.
    Je ne voulais pas faire du politique car j’ai donné dans le pistage de l’info « la plus probable » ( il faut y passer au moins 5h par jour) qui a en général rien à voir avec l’officielle, mon taux de probabilité finissant par s’imprimer dans les Gros (pas grands, non, pas grands) médias quand elle finissait par y arriver, il y avait un délai de 3 ou 4 ans. Donc je suis une fortiche du pistage et du croisement. Résultat, quand on commence à savoir ce qu’il se passe vraiment partout dans le monde à tous les niveaux, on tombe gravement malade.
    Bon bref, j’ai vu que Yann Minh, un pro hype de la SF, arts numériques, prof d’art et lui grand programmateur du virtuel, qui évolue dans des lieux « côtés » a cité CQFD, alors je me suis tapée une bardée de commentaires sur eux et vous. Car je sais que les gens qui ont des sous sont totalement incapables d’imaginer qu’on puisse s’atteler à un boulot de dingue sans y gagner un bombec, je leur conseille vaillamment, encore plus que de vous lire (pas sûre que tout leur plaira) de s’abonner au « new » journalisme. NEW NEWS. J’espère que ça marchera.
    Nyx Odd, Eve pour JBB que j’ai rencontré trois fois. Je pense qu’il se souvient de moi car comme je suis sociophobe, quand je rencontre des gens ils me trouvent forcément bizarre. Ce que je suis par ailleurs aussi. Kiss aux lecteurs du site A11 de la première heure et de leurs commentaires éclarés, kiss au papier (J’Aime le papier, j’aime les livres, Kisses à l’équipe d’hier et à celle d’aujourd’hui.



  • samedi 13 décembre 2014 à 20h48, par Je reste dans ma torpeur

    Consternation, parcours de jeunes hommes blancs après le CPE.
    Pardon je déverse ma bile c’est mal on devrait pas dans des commentaires. Je vais être plus constructif… enfin essayer.

    La possibilité d’éditer un pavasse de 700 pages et de lui donner une diffusion importante avec présentation dans de « grand lieu culturel » n’est pas à la porté de n’importe lequel des subalternes. C’est ce qu’oublie allégrement les auteur.e.s de constellations. Ilelles pensent être légitime pour parler au nom du jeune 21e siècle dans son entier du point de vue de leur nombril. Très peu sur le féminisme, rien sur les luttes dans les boîtes, rien dans les quartiers… Tout n’est que « pas de côté », « désertion » et autres lubies des classes moyennes en déshérence. C’est beau j’aime, ça fait des récit sympathiques mais ça manque de coffre et de souffle et nous fait passer des feu de poubelles pour des émeutes, des émeutes pour des insurrections.
    Hola la la, je sens que je n’arrive pas à être constructif.
    Je m’explique lorsque les personnes qui ont les capacités de faire l’histoire avec cette puissance de feu s’engagent dans cette voie ilelles sont les artificiers d’une guerre de positions idéologique. Lorsqu’ilelles accouchent de souvenir de vacance du CPE aux ZAD en passant par une lettre des copines de Grenoble (représentant le féminisme radicale) et des copains de Barcelone, la participation à l’écriture d’une histoire des subalternes est proche de zéro… Pire elle contribue à la réduire en une suite d’anecdotes libératrices. 68 a été victime du procédé, les années 70 aussi, ceux et celles qui pouvaient écrire on déversé un tombereau de conneries (68 révolution cutlturelle, 70 l’aventure des communautés) et il a fallut des années pour remonter la pente. C’est dommage l’idée de faire des récits pour raconter des luttes était bonne, peut être qu’une revue permettant de confronter et de tisser un récit en comblant les vides petit à petit aurait mieux convenue à ce genre de projet.

    Ce livre est un gâchis d’histoire et le signe que notre époque manque cruellement de repère politique… la preuve « à nos amis » se vend au rayon politique… et non à celui de la science fiction.
    J’ai vraiment mauvais esprit…

    • dimanche 14 décembre 2014 à 11h59, par Lucie Métal

      Intéressant commentaire « Je reste dans ma torpeur ». Je suis trop jeune (et trop ignorant) pour pouvoir faire une critique des années 70. Ce que tu dis de la façon dont on a traité les différents événements est interessant, mais je crois que je ne saisis pas tout.

      Fais-tu la même critique à l’égard d’A11 et de CQFD ?
      > Je trouve que finalement, les articles de ces journaux me laissent souvent sur ma faim. Il y est souvent plus question de décrire une « réalité » un peu idéalisée par l’auteur de l’article que d’y dresser une vraie critique. On se retrouve avec un petit paquet « d’expériences » déformées" sans lien réel entre elles.

      Quelle est exactement la nature des « blancs » dont tu parles ?

      • Pour avoir parcouru Consterlations et lu le dernier Comité (in)visible (qui passe à la télé pour s’indigner), j’ai pu remarquer le même vocabulaire, les mêmes procédés littéraires, de ces mêmes étudiants attardés, régurgitant leurs petites leçons de french philosophie. Cette clique, comme on a pu le remarquer lors de « l’affaire de Tarnac » et très bien organisée et elle dispose presque d’un petit monopole de La Fabrique du discours, très peu ose l’attaquer pour ce qu’elle est vraiment, c’est-à-dire un leurre. Ces écrits semblent en effet être attendus avec impatience par les journaflics, qui ne manquent pas d’en préconiser la lecture aux conseillers sécurité de l’État, ce Comité (in)visible mettant en danger la démocratie (dont il abuserait et/ou dont il révélerait les « faiblesses ») par ces écrits hautement subversifs.

        Retour en arrière

        On sait que les stratèges de l’État aime à se fabriquer des ennemis sur mesure à leur mesure, il leur faut toujours avoir un coup d’avance pour maitriser le jeu, créer des appels d’air dans des impasses. L’opération Tarnac (quel humour !!) est exemplaire. Il s’agit de mettre en avant, à l’insu des protagonistes eux-mêmes (c’est là toute l’astuce) une vraie-fausse dissidence. Celle-ci a était choisie avec soin dans le marécage de la pensée universitaire/épicière.

        Le montage de l’opération est exemplaire, l’État c’est en effet ridiculisé (quel idiot) et donc décrédibilisé (il n’est donc pas si machiavélique) tout en faisant réellement peur (il peut accuser n’importe qui de n’importe quoi sans preuves, mais finalement l’État de Droit triomphe avec la Démocratie, ouf !!). De « dangereux terroristes » ont donc étaient médiatiquement arrêtés au petit matin et emprisonnés pour un sabotage de caténaire Sncf (ils auraient bloqué ce flux durant quelques heures !! waouh !!). Voilà une belle publicité pour des gens qui n’étaient connus que du petit milieu contestataire « d’ultra-gôche » de l’Essec/Ehess (ha ha ha !!).

        Mise en avant

        S’en ait suivi une mobilisation exemplaire : comités de soutien, intellectuels, journalistes et même des flics prennent la défense des accusés/martyrs de l’anti-terrorisme aveugle. Les accusés eux-mêmes donnent moult entretiens interviews et déclarations dans la presse et à la télé, il y a même des manifestations…de masse… Décidemment ce Comité (in)visible est bien prévisible, c’est même à ça qu’on le reconnait. Bien sûr le Groupe de Tarnac a déclaré qu’il n’était pas le Comité (in)visible, est après tout, d’habiles littérateurs (de la Police probablement !!) ont pu imiter le style de Tiqqun, Appel, Théorie de la Jeune Fille etc…, comme en d’autres temps la police tsariste.

        Une machination…

        Mais bref, quel serait donc le but de cet habile montage ; l’État ce serait sciemment ridiculisé, il aurait choisi délibérément un groupe d’épiciers contestataires pour le mettre médiatiquement en avant, en aurait fait sciemment des héros/martyrs en les flanquant en prison sur des accusations fallacieuses pour mieux les libérer. Voilà qui relève de la pure fantaisie, pour ne pas dire d’une paranoïa certaine, voire d’un esprit jaloux et malfaisant ou d’un complotisme exacerbé, bref c’est débile. Les agents de l’État sont bien trop lourdingues pour mettre en place de pareil scénario, on n’a jamais vu ça ailleurs qu’au cinéma !!

        …opportune !?

        Et donc, le but !! En faire des interlocuteurs, des représentants de la marge contestataire, ça peut toujours servir pour plus tard, maintenant (voir Burnel faire son petit numéro à Ce soir ou jamais) vu la situation. Comme ils se prêtent au jeu, l’État pourra les intégrer ou les désintégrer selon les circonstances, en faire des martyrs, des ministrables ou rien, l’essentiel pour l’instant c’est qu’ils occupent la place sur l’échiquier du spectacle de la contestation.

        Damned, mais c’est bien sûr !!

        Et Consterlation dans tout ça ; ben c’est les mêmes, ils pensent et écrivent pareillement avec les mêmes concepts de la fumeuse french theory et habilement se placent en rassembleur/collecteur d’expériences alternatives et donc en représentants qualifiés pour parlementer (un jour) avec le pouvoir… qui ne demande que ça justement des interlocuteurs représentants.

        Cooptons, il en restera toujours quelques-uns !!

        Avec des révolutionnaires comme ceux-là, elle est bien barrée la Trajectoire révolutionnaire du 21e siècle.

        • mercredi 24 décembre 2014 à 18h12, par el mexicano

          Le vieux con aigri et monomaniaque de PMO est prié de nous épargner ses récriminations complotistes. « Constellations » et « A nos amis » valent la peine d’être lus, avec la nécessaire distance critique, ils ne méritent certainement pas d’être aussi grossièrement calomniés.

          • T’as vu un complot PMO !?, sans déc !! C’est une obsession chez certains, il voit PMO partout (ah ! ah ! ah !). C’est raté, je ne parle qu’en mon pseudo. Quant aux Pseudo-Comité (in)visible de La Fabrique de l’Éclat du pétard mouillé, il n’est nullement calomnié, il est juste utilisé par le pouvoir à des fins qui apparemment le dépasse(C’est en tout cas une hypothèse !!). Quand ON croit pouvoir utiliser Ce soir ou jamais par exemple, pour faire passer SON message... à qui parle-t-ON ? Quel est l’objectif, c’est quoi cette stratégie ? Explique nous ça Ramón Mercader !!

    • mercredi 31 décembre 2014 à 17h31, par un de la mauvaise troupe

      Tiens, de passage sur a11, je constate que le site a dû se récupérer les commentateurs de feu indymedia paris...
      m’enfin il faut certainement des lieux pour épancher sa bile, et l’espace des commentaires sur internet est finalement assez indiqué pour cela...

      cela dit, j’ai quelques minutes à perdre avant la fin de l’année, donc je me permets de répondre à un des « arguments » contre constellations, ou plus exactement contre le collectif mauvaise troupe duquel je fais partie :

      « La possibilité d’éditer un pavasse de 700 pages et de lui donner une diffusion importante avec présentation dans de « grand lieu culturel » n’est pas à la porté de n’importe lequel des subalternes. C’est ce qu’oublie allégrement les auteur.e.s de constellations. »

      Les auteur.e.s ne peuvent pas l’avoir « oublié », puisqu’on n’avaient aucune idée en écrivant le bouquin d’où ni si il serait publié, et encore moins de potentielles invitations (hors des lieux amis) pour aller en parler. Figurez-vous qu’on peut donc se lancer dans l’écriture d’une pavasse de 700 pages (avec une cinquantaine de contributeurs et contributrices) sans avoir ses entrées dans le milieu littéraire, et être assez confiant sur le fait d’être capable de prendre en charge la diffusion de manière autonome si besoin. Il se trouve que les éditions de l’Éclat, dont on connaissait à peine l’existence avant de chercher un éditeur, étaient motivés pour le sortir, et que ça a effectivement donné au bouquin un écho assez large. (au passage, on ne peut pas dire que ça soit pour autant une grosse machine éditoriale, c’est plutôt les 30 ans de métier qui joue...).

      Pour le reste, une seul chose à réaffirmer : oui, nous avons fait le choix de parler de ce qu’on a directement ou indirectement vécu, en ayant bien conscience que ça ne recouvre pas la totalité des expériences de vies et de luttes des années 2000, plutôt que de parler au nom de ce qui est appelé ici les « subalternes » (ce qu’on n’aurait pas manqué de nous reprocher, à juste titre).

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